Partager l'article ! FRENCH SONG: Chant libre - 1 Eh bien voilà, c’est parti ! La première contribution extérieure à « Si ça vous chan ...
Eh bien
voilà, c’est parti ! La première contribution extérieure à « Si ça vous chante » nous vient d’un songwriter anglais et elle parle de
francophonie. C’est une réaction, en fait, au « Carnet de notes » de Jean-Michel Boris publié dans l’ultime numéro de Chorus, chronique
d’un acteur du métier on ne peut plus « autorisé » (quarante ans et des poussières directeur artistique de l’Olympia…) sur une certaine dérive anglomaniaque de la jeune chanson
française…
Comme le seront toutes les contributions futures à cette « maison de la chanson » (lire « Le Joli Fil ») – telles autant
de pierres apportées à l’édifice collectif pour le rendre de plus en plus accueillant –, elle est repérée et repérable en tête d’article par la mention « Chant libre » et le logo
spécifique (dû à Damien Glez). J’y ajouterai simplement, pour plus de convivialité
encore, quelques chansons et/ou vidéos qui me semblent bien illustrer le propos, voire le dépasser, en montrant au passage qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil. « La nouveauté ? disait Jacques Prévert. C’est vieux comme le
monde ! »
Quoi de mieux en l’occurrence que de convoquer les « grands
anciens » ? Léo Ferré avec La Langue française (1962), Julos Beaucarne avec Nous sommes 180
millions de francophones (1974, revisité ici par Jean-Louis Daulne en 2007), Jean Ferrat avec Pour être encore en haut d’l’affiche (1980) ou
Claude Nougaro avec Vive l’alexandrin (1989). À ces plats de… résistance, un zeste de Daniel Lavoie et de Philippe Léotard pour faire bonne mesure (Jours de plaine et Ch’te play plus, 1990). En dessert savoureux, enfin, une spécialité
d’outre-Quiévrain, La Sanchon sans fraises (1981), concoctée par André Bialek. On pourrait bien sûr compléter le menu, le prolonger à l’infini, le
transformer en festin (de Juliette ?) – de la méconnue French Song (1987) de Mouron et Romain Didier jusqu’à l’incontournable Langue de chez nous (1985) d’Yves Duteil – mais ne risquons pas l’indigestion, il faut savoir rester sur sa faim.
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Assiette anglaise
Par Stephen William Rowe
La chronique « anti-anglais » de Jean-Michel Boris dans le tout dernier numéro de Chorus a attiré mon attention. Étant moi-même Anglais et de surcroît auteur-compositeur, la tendance des jeunes Français à favoriser ma langue pour s’exprimer en chanson ne m’a pas échappé non plus. Je présume qu’ils l’emploient en pensant ainsi pouvoir toucher une plus large palette de chasseurs de talent. J’espère que c’est bien ça… car l’autre terme de l’alternative serait qu’ils s’en servent pour cacher un manque chronique d’inspiration voire pour camoufler des insuffisances linguistiques.
Dans mon cas, même habitant la France depuis longtemps, l’idée d’écrire dans une langue autre que la mienne ne me venait pas à l’esprit. Je n’en ressentais pas le besoin. Et quand, finalement,
l’envie de m’essayer à la langue française me vint, j’avoue que je ne me sentis pas à la hauteur et j’abandonnais rapidement le projet. Cependant, il y a quelques années, des paroles pour une
nouvelle mélodie ont fini par se matérialiser directement et tout naturellement en français. Même ainsi, pourtant, j’ai longtemps hésité avant de les enregistrer. En effet, comment savoir de
quelle façon ces paroles peuvent être perçues par les autres, quand la langue employée n’est pas la sienne ?... Sont-elles mièvres, puériles, paraîtront-elles insipides, ennuyeuses ?
Comment savoir si les sentiments exprimés l’ont été de manière convaincante ?!
Malgré ces doutes, j’écris maintenant en français chaque fois que le
thème traité me semble plus naturel dans cette langue subtile. Il est vrai, aussi, que je maudis souvent la grammaire française et le genre, car à eux deux ils interdisent souvent des rimes
qui m’auraient bien arrangé...
Cela me paraît étrange mais je suis convaincu que nombre de mes chansons n’auraient jamais été écrites si j’avais eu seulement l’anglais à ma disposition. Nous Anglais, avons-nous donc perdu l’habitude d’aborder des thèmes profonds en chanson ? Avons-nous peur de nous ridiculiser ? Avons-nous perdu nos âmes de poètes ? Bien sûr que non, mais en France, en revanche, vous avez su conserver un genre musical qui n’existe ni en Angleterre ni aux USA et qui tire fortement la qualité des paroles vers le haut. Il s’agit évidemment de ce que vous appelez « la chanson à texte ». Un des piliers de la culture française, à protéger à tout prix car il s’agit d’un patrimoine unique autorisant une étendue d’expression sans égale.
Cela dit, j’ai appris à ne pas tenter d’imposer une langue sur une nouvelle chanson, car le résultat est rarement satisfaisant. Par exemple, récemment, j’avais décidé d’écrire d’office une
chanson en français, mais une fois terminée ses paroles ne m’ont pas du tout semblé convaincantes. En anglais, par contre, la chanson s’est écrite presque toute seule et aujourd’hui, au lieu de
s’appeler « Au sud de la Loire », elle s’intitule « South of the Loire »...
Bref, j’avoue être en accord total avec Jean-Michel Boris. Les jeunes doivent être encouragés à explorer toutes les possibilités offertes par leur propre langue avant d’en utiliser une autre qu’ils maîtrisent insuffisamment. Je refuserais ainsi des paroles anglaises dans des concours de chanson francophone, tout en favorisant la rencontre entre musiciens et paroliers (Sir Elton John semble avoir pas mal réussi en n’écrivant pas lui-même ses propres paroles…).
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NB de F.H. : merci de cette première contribution qui appelle sans doute bien des commentaires. À vos pl…, pardon, claviers, et comme disait l’autre Boris, en avant la zizique ! Merci aussi – vous connaissez la chanson – de faire chorus aussi largement que possible en amenant vos amis et relations à découvrir ce blog et – si ça leur chante, bien sûr – à s’y inscrire voire y participer : au rôle de soliste, en effet, j’ai toujours préféré celui de chef d’orchestre.
Depuis plus de nombreuses années, (Radio Méduse, M’Radio, jusqu’en 2006) je propose avec "Chants Libres L’Emission", de promouvoir et de faire connaître des Artistes et des Chansons, qu’on n’entend pas mais qu’on écoute.
Aujourd’hui, où que vous soyez, avec INTERNET, vous pouvez écouter « Chants Libres L'Emission » sur :
"MYSPACE JEAN-LUC HERIDEL COM'ça m'CHANTE !" :
http://www.myspace.com/heridelsong
« Chants Libres L’Emission » sur :
LA COMPAGNIE DES ONDES
(Radio Web du Pays de LORIENT-56)
http://www.lacompagniedesondes.fr
Et "COM'ça m'CHANTE" Chaque Premier
VENDREDI du Mois de 16H00 A 17H00 sur :
RADIO PLUM’FM
(Radio Locale Morbihan Centre)
www.plumfm.net
« Chants Libres L’Emission » s’adresse à tous les Artistes et les Amoureux d’une autre chanson. Celle qu’on entend trop peu, mais qu’on aime à écouter avec une autre oreille et en dehors des sentiers battus.
Sans Drapeaux ! Ni Frontières !
LA « LETTRE AUX Z’ENCHANTEES » :
Chaque semaine, je vous propose de vous envoyer La Lettre "aux Z'enchanté(e)s" par MAIL, pour vous faire découvrir quelques chansons d'un ou d'une Artiste.
Vos "coups de cœur", vos "coups de gueule", sont bienvenue.
Si vous désirez recevoir régulièrement ce courrier, écrivez-moi : heridel.jl@wanadoo.fr
Longue vie à votre beau blog !
Amusicalement
Jean-Yves Liévaux
Merci pour ce joli billet et à bientôt.
Duo du sud ouest qui se "balade" avec son petit panier de chansons.La Rouquiquinante c'est Karin (une Rouquine Enquiquinante !!!) interprète et guitariste et David multi instrumentistes ... comme on dit ...piano, accordéon, guitare, cajon,...
Nous avons sorti en Février un album consacré à Georges Brassens "Brassens au bois de mon coeur" enregistré en public à Berlin et nous sommes sur un nouveau CD pour lequel nous avons lancé une souscription ...
pour nous connaitre un peu plus faites un saut sur notre site : http://larouquiquinante.fr
mais la seule chose importante c'est que les chansons, les textes vivent! qu'ils passent de bouches en bouches, d'oreilles en oreilles qu'ils se transmettent entre les générations...
petite anecdote une fois on jouait dans un quartier "dit chaud!!!" Karin à chanté une chanson de Boby Lapointe et tous les Rappeurs sont venus et nous on dit :
"Mais c'est du Rap " on à fini avec 15 Gamins autour de nous en train de chanter ... L'auvergnat !quel souvenir !
et, à l'inverse,un jour une Dame Âgée ... Très âgée c'est levée à la fin d'une chanson que nous venions de faire (nous venions de citer l'auteur)et c'est écriée :
"c'est drôlement bien les textes de La Tordue"
Voilà, le travail d'interprète c'est ça!
merci à tous et longue vie à la chanson, à la musique et au partage !
Karin et David
donc si je peux faire passer cette info.
la Dernière Newsletter de FanMusik est en ligne.
http://www.fanmusik.com/newsletter/novembre-2009/
cordialement
Ma langue est comme une île
Battue par tous les vents,
La force de l’exil,
Le poids de l’isol’ment.
C’est une citadelle,
Que chaque jour assaille,
Une dame en dentelle
Au pays des GI.
Que tangue ce fétu,
Ballotté, négligé,
Cette terre inconnue,
Ma langue naufragée.
Trop belle et volubile
Pour les affair’s du monde,
C’est une fleur fragile
Aux racines profondes.
Et je tourne sept fois
Ma langue dans ma bouche,
Embrassant à la fois
Tous ses mots qui me touchent.
Ma langue est un oiseau
Dans le soleil couchant,
La plume de Rimbaud
Trempée dans l’océan.
C’est un champ de galets
Où roulent ses accents,
L’accord plus que parfait
Et de l’encre et du vent.
Que volent les voyelles
Contre vents et marées,
Les mots à tire d’aile,
Ma langue chamarrée.
D’aussi loin que reviennent
Les premières paroles,
C’est sa chanson lointaine,
Qui me berc’, me console.
Et je tourne sept fois
Ma langue dans ma bouche,
Embrassant à la fois
Tous ses mots qui me touchent.
Ma langue est un écho
A l’autre bout du monde,
Sans frontièr’ ni drapeau,
Des voix qui se répondent.
Et que tournent sept fois
Nos langues dans nos bouches.
Philippe Thivet
http://pierremichelsivadier.free.fr/ALBUM_FRANCOEUR.htm
http://musique.fnac.com/a2461203/P-M-Sivadier-Rue-francoeur-CD-album?Mn=-1&Mu=-13&Ra=-28&To=0&Nu=1&Fr=0
Tu m’étonneras toujours ! C’est sans doute pour cela que tu es mon ami, ou pour cela que je suis ton ami, va savoir !... Même si on ne se voit qu’une fois tous les dix ans, hélas ! Car enfin, on t’a cru, on te croit en fin de course, et chaque fois tu rebondis !
Je suis sur ton blog, et suis émerveillé, moi qui suis encore plus novice que toi en la matière : j’écoute « Vive l’alexandrin », après avoir (re)découvert Ferrat et son « angliche », et lu l’auteur-compositeur du sud de la Loire. Et je me dis qu’en fait, ton feu PM aurait bien mérité son nom ici, sur ton blog, tel que je le-lis-et-l’écoute !
Tu m’as demandé si ça me disait de t’envoyer une petite contribution. Et je t’ai répondu que ce serait difficile, vu que mon éditeur vient de me rappeler à l’ordre, et que je dois remettre un manuscrit avant la mi-janvier… Et puis, ce matin, avant de retrouver mon sujet et mes personnages, je me suis mis à t’écrire… Et voilà que tu risques de regretter ta demande… Vu la longueur de mes délires, ou plutôt de mes souvenirs un peu décousus, un peu sélectifs, sans doute, et pas littéraires pour un sou ! Mais je n’ai pas le temps de revenir sur le métier, Charles Martel m’attend, j’y vais. Je t’envoie ça en vrac…
SOUVENIRS, SOUVENIRS !
Un quart de siècle, déjà ! Depuis que j’ai fait la connaissance de Fred et de « Paroles et Musique », grâce à ce cher Jacques Vassal… J’allais bientôt rejoindre l’équipe, et ses collaborateurs, des passionnés, parfois décalés, parfois iconoclastes, mais toujours fidèles et appliqués. Rien ne me prédisposait à parler musiques, du moins professionnellement : ni praticien ni théoricien, hors de mes études en ethnomusique dans le Jussieu de Robert Jaulin, et hors mon côté mélomane, tout de même. J’ai toujours pensé que l’on devient critique littéraire pour compenser la frustration de n’avoir pas su ou pu se faire auteur. Ainsi, suis-je devenu critique musical (un grand mot, je sais) comme pour compenser mon immense et profonde et vieille frustration de n’être pas musicien ou chanteur. Mais je suis devenu, sur le tard, auteur. Entre-temps, P&M a mis les clés (la clé !) sous la porte.
Je me souviens… C’était alors que nous travaillions rue de Lodi, à Paris (P&M nouvelle formule vivait ses derniers mois), que j’avais commencé à fréquenter la bibliothèque Mazarine… Une manière de me préparer au chômage ? En fait, je venais de me lancer un défi, sans rapport aucun avec la chanson, et pour cause : écrire un roman historique sur la bataille de Poitiers ! Quelle idée, n’est-ce pas ? Pour un Arabe, qui plus est ! Maso ? Pas du tout : je voulais lui rendre sa monnaie, à Charles…
C’était mon premier roman, mais pas mon premier livre. J’étais étudiant à Jussieu, quand Fred a eu l’idée saugrenue de me proposer d’écrire une bio de Sapho pour Seghers. Je sais que cela en avait froissé certains, qui s’estimaient plus légitimes que moi à traiter de la rockeuse franco-judéo-marocaine. Sans doute. Souvent, je l’avoue, je prends prétexte de ce travail d’écriture pour expliquer ma sortie du milieu universitaire, où je préparais une thèse en communication (« L’événement made in media » : titre pompeux mais précurseur, car des années plus tard tout un mouvement de sociologues des médias commencera à se pencher sur le phénomène du « comment se fabrique un événement »).
En 1988, la même année où sortait mon « Sapho », j’avais cosigné un essai (collectif) : « Le JT – Mise scène de l’actualité à la télévision » (Ed. INA /Documentation française). Pardon de donner l’impression de livrer ma bibliographie, mais c’est juste pour moi, pour étouffer ce regret d’avoir raté un poste d’assistant au CNRS, pour cause de dossier non suivi, poste qui m’aurait évité par la suite de tirer le diable par la queue… Chercheur au CNRS, c’est connu (mais est-ce vraiment un cliché ?), c’est du temps disponible pour faire plein d’autres choses, comme écrire, par exemple !)…
Donc, « Sapho », en librairie. Je me souviens… J’avais commencé à y travailler, dans une maison de campagne qu’une amie, fille d’un éditeur historique, avait gracieusement mise à ma disposition, lorsque Sapho m’apprend qu’elle se mariait… au Mexique ! Et que j’y étais invité… Il y avait juste à payer le billet de charter… Et j’avais décliné l’invitation (un autre regret !), vu que j’avais une date butoir pour la remise du manuscrit… Sapho, mariée, avec un Monsieur « Mescal », importateur pour toute l’Europe, mais moi, j’ai toujours été plutôt whisky, et particulièrement l’irlandais, le rye (et en plus, ça se prononce « raï » !). Bref…
J’étais en train de rédiger mon « Sapho », quand j’apprends que dans la région où je me trouvais, il y avait grabuge… L’arrestation, je ne sais plus, si c’était de Frédéric Oriach, ou de sympathisants d’Action directe ! L’Arabe que je suis, se trouvant dans les parages, isolé, n’en menait pas large… Plus tard, après la sortie du « Sapho », j’apprends que la maison où je l’avais écrit avait servi dans les années 60 pour des réunions d’extrémistes OAS ! Je ne vous raconte pas le choc…
Pour en revenir à P&M, que de beaux souvenirs ! Nous ne le savions pas, mais nous vivions certainement de grands moments de la chanson française. Et pas seulement : la world music avait déferlé sur la France, et nous étions sur le front ! Puis vint la vague du raï. C’est curieux, comme les gens aiment vous mettre dans une boîte, avec une étiquette : étant Algérien, donc, pour certains confrères, j’étais fait pour m’occuper uniquement du rayon « arabe, oriental »… J’avais tout fait pour ne pas tomber dans le piège : Ferrat, Louis Chédid, Escudero, Bohringer, Le Forestier, Paco Ibañez, les inénarrables Chanson plus Bifluorée (qu’est-ce qu’on avait festoyé, chez moi, à Pantin, comme à Montauban !)… Et Julien Clerc… Ah, là, ça avait bardé… J’avais écrit un article, dans lequel j’évoquai la chute mortelle d’un machiniste de l’équipe Clerc, je ne sais plus dans quelle ville. Et le chanteur avait maintenu son concert, le soir même ! Récemment, Madonna n’a pas osé faire un tel coup… Et devinez qui, après mon article, avait, au téléphone, subi les foudres du chanteur ? JFK, en personne. Gens de P&M et gens de « Chorus » apprécieront…
Julien Clerc, donc, mais aussi Fayrouz, mais aussi tous les chebs, les Rachid Taha. Et puis…Vanessa Paradis ! Là, j’avoue m’être grossièrement trompé. J’avais fait, pour un numéro spécial, deux pleines pages sur le top-50, avec comme titre (qui sera repris et sans référence, les bougres !) : « L’évanescent paradis du top-50 ». Clin d’œil, évidemment, à Vanessa Paradis. Mea culpa : elle n’aura pas été si « évanescente » que ça !
Je me souviens aussi du « Spécial Guy Bedos »… J’avais proposé l’idée, puis le temps a passé… Mais un jour, en réunion de rédaction, l’idée est revenue sur le tapis. Nous étions trois ou quatre à vouloir l’interviewer, Bedos… Finalement, ce fut Jacques Erwan et moi… Au domicile de GB, ce n’était pas rien, pour moi. Jacques, lui, était tellement du métier… Je mentionnerai juste une petite découverte, qui m’avait troublé : nous (Bedos et moi) avions eu à Annaba (Bône) le même professeur de français, à quelques années de distance, mais c’était le même, et nous en avions parlé, de M. Schneider... Un médium, il était, en plus. Je ne vais pas vous raconter, non…
Et Ferrat ! Dans son douar ardéchois… C’était dans le cadre d’une série d’émissions de Radio France (une semaine avec un artiste, chaque fois, si mes souvenirs sont bons). J’avais passé des jours, inoubliables. Sauf que, au retour, j’avais attrapé une de ces crises de foie… Le contrôleur du train avait dû lancer un appel dans le train même (cela ne risque pas d’arriver, aujourd’hui, chez Madame la SNCF !) : deux médecins étaient venus à mon secours ! Et, arrivé à Paris, une ambulance m’attendait : direction l’hôpital… Une cuite mémorable, oui !...
Je n’oublierai pas la meilleure… Plusieurs fois, j’avais été sollicité comme juré pour des festivals et autres concours : la Truffe d’argent à Périgueux, avec Jean-Louis Foulquier (celui-là, chapeau, j’y reviendrai), Montauban, et, surtout, le Québec ! Au Festival d’été de Québec, nous étions réunis, tout le jury… A un moment des délibérations, j’interviens pour glisser le nom d’un chanteur, indigène, enfin du cru. Toutes les têtes s’étaient tournées vers moi… C’était le prix de la Francophonie… Et qu’est-ce qu’il nous propose, l’Arabe, là ? Un chanteur CAJUN ! Premier tour de table, pas d’unanimité, deuxième tour… On se tâte, on s’accorde, on se décide : Zachary Richard ! Eh bien, vous n’allez pas me croire : la nouvelle était si inattendue que même à la radio, on a dû fouiller longtemps avant de retrouver un « son frais » du lauréat… !
De cela, ma mémoire est moins défaillante : j’étais content de moi, je l’avoue ! Il faut que je précise : le même jour, j’avais publié une tribune dans « Le Soleil » (de Québec), intitulée « Vive la francophonie libre ! », et dans laquelle, sous ce titre clin d’œil à qui vous savez, j’évoquais mon rapport à la francophonie ainsi que mon émotion après un… Tour de l’Île.
Je reviens donc à Foulquier… Un jour, je suis invité pour une spéciale raï (c’était au début de la vogue). Je devais apporter avec moi des
Le Père Noël n’existe pas. Joyet & Miravette si !
N’attendez pas, faites-vous vous-même votre cadeau de fin d’année, et… faites-en profiter les amis !
Allez-y de ma part, vous aurez droit au tarif d’amis.
Cordialement
GM
Je reviens donc à Foulquier… Un jour, je suis invité pour une spéciale raï (c’était au début de la vogue). Je devais apporter avec moi des morceaux pour illustrer mes propos. J’avais choisi, parmi d’autres, un titre d’un vieux chanteur populaire de Mostaganem, que je situe personnellement aux origines du raï (en fait, il faisait dans le genre mi-raï mi… slam, avant l’heure !). Seulement, je dis à Jean-Louis : « le titre fait plus de 7 mn ! » Quand on sait que 3 à 4 mn, c’est limite en radio… Eh bien, JLF a laissé « courir », et moi, de temps en temps, je glissais une traduction de tel ou tel passage. C’est que le sujet n’était pas banal : une déclaration d’amour d’un bédouin à son amante, une chrétienne (roumia)… Plus de 7 mn, et sur France Inter ! Du jamais « vu » ! Et JLF, hors micro : « Qu’est-ce que ça va pester dans les chaumières de France et de Navarre ! »… Chapeau, l’artiste !
Je me rends compte que ça va dans tous les sens… Alors, je vous laisse… Je retourne à mon Charles Martel. Ah oui, que je vous dise : après « ma » bataille de Poitiers, je publie en avril prochain une bio du tombeur des Sarrasins. Comme quoi, chassez le naturel…
Avec une immense pensée amicale et mes meilleurs souvenirs !
Salah GUEMRICHE
(Ecrivain algérien de France. Dernier ouvrage : « Dictionnaire des mots français d’origine arabe », Seuil, 2007.)
Mais ce qu'on gagne sur le blog, perdu depuis les cassettes accompagnant les toutes 1ères éditions, ce qui manquait parfois cruellement : le son !
Amitiés
Marie Volta
Et malgré le respect pour le grand Léo,je voulais le dire. Bravo et bonne continuation. Marc Havet chanteur têtu
on reconnaît bien là, la ligne éditoriale de Chorus
et tu donnes envie - à nouveau - d'aller écouter Guilam ou Michel Boutet (entre autres)
BRAVO !!
et longue vie aux Facteurs d'Enthousiasme
Hervé Lapalud
Facteur de Chansons
Ainsi, par distraction, on risque que "Si ça vous chante" disparaisse dans la foule anonyme sans que ça fasse de vagues - il y a de quoi hurler...
Je suis confrontée au même phénomène sur notre www.vivrodrigues.com - comme si le NET était un désert ! - dont le forum n'a pas décollé du tout. Pourtant le compteur totalise les gens qui ouvrent régulièrement mais ils n'ont même pas la politesse de saluer les auteurs, ils passent en toute indifférence. Il est vrai qu’on est tous confrontés à un problème de gestion au plus juste de notre temps.
Quand je vois ton lien s'afficher dans ma boîte mails, je fais des bonds de joie - je commence par le dispatcher à plein de gens - mais sais-tu qu'il est souvent bien plus que minuit quand je peux m'offrir
ce temps de culture ?...
Là, on prépare un tournage à BARJAC pour raconter JEAN FERRAT vu par ses amis et intimes, et là aussi c'est la galère coté emploi du temps.
Anne
N'exagérons rien, mais c'est vrai que je ne comprends pas bien pourquoi les "usagers" de Si ça vous chante n'utilisent pas davantage cette sympathique spécificité du blog qu'est le commentaire, qui permet de réagir, dialoguer, partager... surtout quand il y a quelques milliers de personnes au bout de la toile.
Bravo en tout cas pour le projet de film sur Jean Ferrat. On sera quelques-uns cet été à Barjac, au festival Chansons de Parole, à célébrer sa mémoire...
j'aurais aimé vouq envoyer un mail mais je n'ai trouvé que le média commentaire afin de m'exprimer : j'ai envie de vous faire connaitre notre groupe "hugo for ever" qui "revisite" certaines poésies d'Hugo sur des musiques actuelles. enespérant que ce petit mot suscitera votre curiosité... Voici le lien de notre dernier clip réalisé dans une version bollywood:
http://www.youtube.com/user/lalanguedesoiseaux
bravo pour l'éclectisme et l'intérêt de votre blog
cordialement,
Philippe
Bonjour et merci de votre message.
Pour info, au-dessus du titre "Si ça vous chante", sur la barre d'outils de la page d'accueil figure la mention "J'AIME CE BLOG" où, en cliquant dessus, apparaissent plusieurs "liens" : Partager ce blog, Voir le profil du blogueur, S'abonner à la newsletter... et enfin "Contacter le blogueur" (en direct).
Je vais de ce pas aller visionner votre clip, dont je remets ci-dessous le lien activé pour l'ensemble des lecteurs et lectrices de Si ça vous chante :
http://www.youtube.com/user/lalanguedesoiseaux
Merci Baptiste pour cette réaction, qui fait référence à ce que je viens de mettre en ligne sur ma page Facebook (ainsi que sur celle du groupe associé à Si ça vous chante) et dont voici le lien :
http://www.facebook.com/fred.hidalgo.5#!/fred.hidalgo.5
Mais, à l’attention de ceux et celles qui n’ont pas de compte FB, voici mon commentaire suivi de la contribution de Jacques Vassal :
BOUTONS LE FRANGLAIS HORS DE LA FRANCOPHONIE !
Ceux et celles qui me connaissent savent que ces décennies passées à “défendre et illustrer” la chanson francophone ont toujours été liées, dans mon cas, à la défense et à l’illustration de la langue française. Sans esprit chauvin ni encore moins sectaire ou réactionnaire, étant enfant de double culture (d’où mon souci de diversité et d’éclectisme opposé à l’impérialisme d’une monoculture à vocation banalisante et tirant toujours vers le bas) et ayant eu la chance, aussi, de vivre une décennie en Afrique francophone... Voilà pourquoi aujourd’hui, je voudrais porter à votre connaissance cette contribution de mon ami Jacques Vassal (ex-Paroles et Musique depuis 1980 et ex-Chorus jusqu'à la fin, auteur de nombreux ouvrages de référence sur la chanson – Français, si vous chantiez… – et les chanteurs – Brassens, Brel, Ferré, Higelin… mais aussi Woody Guthrie, etc.).
C’est un courrier envoyé par lui à l’excellent Pierre Schuller, auteur d’une lettre bien connue sur Georges Brassens, Auprès de son arbre (aupresdesonarbre.com), qui demandait à ses lecteurs quelle expression anglaise celui-ci avait pu utiliser dans ses chansons. En pensant seulement à l’expression “At home” que Brassens fait rimer avec “fantôme” (dans “Le Fantôme”). Et voici la “réponse”, merveilleusement pertinente, élégante et drôle, de Jacques Vassal…
PS. J’ajouterais qu’à chacune de nos rencontres, Jacques et moi, nous prenons un malin plaisir (masochiste) à relever les dernières perles franglaises de nos chers locuteurs des grandes stations de radio et chaînes de télé nationales et/ou de leurs invités politiques, etc. Et cela va en s’accélérant, n’est-il pas ? Quant au professeur Etiemble, cité par Jacques, l’inventeur du mot franglais, il se trouve qu’enfant j’ai eu le bonheur de le rencontrer dans la région de Dreux où il vivait car il venait régulièrement voir ma mère pour raisons professionnelles (mais c’est une autre histoire). Place à la contribution de Jacques Vassal (en attendant vos propres commentaires) et merci à Pierre Schuller !
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« Cher Pierre,
C'est toujours un plaisir de lire vos livraisons brasséniennes et d'avoir des nouvelles de quelques amis, connus ou non... Au moment où je m'apprête à publier un nouvel ouvrage sur Léo Ferré (Léo Ferré - La Voix sans Maître, au Cherche-midi, parution le 16 mai), je suis doublement sensible à vos remarques – et à celles de l'excellent Alain Mabanckou – sur la dégradation de la langue française, et notamment sur le chapitre du franglais, sur lequel il y aurait beaucoup à dire.
Alors, d'abord, pour votre "quiz" sur l'exception en question chez Brassens : sans réfléchir ni consulter aucun document, de mémoire, j'en vois ou plutôt j'en entends deux : "un p'tit forget me not pour mon oncle Martin", dans "Les Deux Oncles", mais peut-être que celui-là ne compte pas puisqu'il est mis en lien avec "un p'tit vergist mein nicht pour mon oncle Gaston". Sorte de couleur locale linguistique de rigueur vu le sujet !
Alors il doit s'agir, dans "Le Fantôme", de cet amusant et pittoresque "que je vous reconduise at home". La rime est impeccable mais l'expression, hélas, ne l'est pas ! En effet, en anglais, on dit "at home" quand on est à la maison et qu'on n'en bouge pas ; mais quand il y a mouvement de l'extérieur vers ladite maison, alors le "at" disparaît : "let me drive you home" (si c'est en voiture) : "que je vous reconduise à la maison", ou "que je vous reconduise chez vous" ; ou "let me walk you home", si c'est pour vous raccompagner à pied.
Amusant à rappeler : à l'époque où Colin Evans le tannait pour venir chanter en Grande-Bretagne, plus exactement au Pays de Galles, ce qu'il allait finir par accepter, Brassens apprenait l'anglais ! Pour son plaisir, paraît-il. Mais aussi pour être capable d'échanger un minimum avec ses futurs fans éventuels d'outre-Manche. C'est Pierre Onteniente qui me l'a raconté [cf. Brassens, Le Regard de Gibraltar, Chorus/Fayard, 2006], sans toutefois préciser à quel niveau de compréhension et moins encore, de parole et d'écrit Georges était parvenu.
Quant à Léo Ferré, encore un qui aura rudement œuvré pour défendre "La Langue française" (celle-ci étant d'ailleurs le sujet et le titre d'une sienne chanson de 1962, dans laquelle il se moque de la manie du franglais, déjà bien amorcée il y a cinquante ans, alors qu'en Sorbonne le professeur René Etiemble, inventeur du mot, régalait mais aussi informait ses étudiants ainsi que les auditeurs de Radio-Sorbonne, le jeudi matin, par sa lecture critique de la presse qui se croyait encore grande et qu'on ne disait pas encore "people" !
Il faut dire que le franglais est une sorte de snobisme, pratiqué surtout par des gens qui ne savent ni l'anglais, ni le français, et qui déguisent leur cuistrerie derrière des prétentions de "modernité" totalement vaines. En plus, c'est très mal élevé d'employer un vocabulaire ou un jargon qui ne sera pas compris par tout le monde, sans donner au minimum une explication (ou dans un livre ou un article, une note en bas de page). Ce n'est pas par hasard si ce sont souvent des gens de pouvoir (politique, médiatique ou autre) qui lancent ces expressions. Mais pour autant, l'emploi de certains termes anglais dans un texte parfaitement français par ailleurs, lorsque le mot français n'existe pas pour dire la même chose, n'a selon moi rien de répréhensible - le français s'est toujours nourri d'apports étrangers, au gré des guerres, migrations, conquêtes diverses, au fil du temps ce furent l'arabe, l'espagnol, l'italien, l'allemand qui vinrent s'acoquiner avec le français. Pas de problème, et là je rejoins votre autre correspondant. En d'autres termes, vive le rhythm'n'blues (tout comme vive le flamenco ou le rébétiko), mais à bas les "backstages" et vive(nt ?) les coulisses !
Autre chose : de nos jours, en français "moderne", la plupart des emprunts à une autre langue viennent de l'anglais et non plus, ou si peu, de l'arabe, de l’italien, etc. Pourquoi cette hégémonie ? Pouvoir de l'argent, impérialisme culturel, et même "coca-colonisation" comme dit ce cher Pete Seeger ? A creuser... Quelqu'un qui connaît bien le cinéma, avec qui j'en parlais récemment, me disait qu'en France, un film américain qui sort sous le titre "Bodyguard" va faire plus d'entrées que le même film sortant sous le titre "Garde du corps". On en arrive à tel point de nos jours que même des films français – ou allemands, ou turcs d'ailleurs – sortent avec un titre en anglais.
Alain Mabanckou a raison de souligner que les Français se foutent de plus en plus de la qualité de leur langue, et j'ajouterai : écrite ou parlée. Heureusement qu'il y a les Québécois, les Maliens, les Sénégalais, les Marocains, les Allemands, les Chinois ou les Latino-américains (liste non exhaustive) pour relever le niveau. Il y a peut-être plus grave, chez nous, que le seul franglais, sur lequel on aurait tort de trop se focaliser. Même derrière certains mots, français en apparence, se cachent des mots anglais ou des locutions anglaises – voire des modes de pensée nord-américains : ainsi, de plus en plus, même dans la presse, et encore plus sur les affiches de cinéma, on lit, on écrit "le jour d'après", ou "le jour d'avant", parce que c'est un calque de l'anglais "the day after" ou "the day before", et peu à peu, tout le monde oublie que nous avons "le lendemain" ou "la veille". Pis encore : comme, en anglais, on dit sur le même modèle "the morning after" ou the night before", les mêmes incultes français nous servent "le matin d'après" ou "le soir d'avant", oubliant "le lendemain matin" et "la veille au soir" qui, jusqu'alors, étaient employés à la satisfaction générale.
Dans les films américains doublés, à chaque scène de procès, on a droit au ridicule "votre honneur" qui, en français, ne veut rien dire (sauf si vous voulez sauver le vôtre – mais c'est un autre film !). En français, on dit "Monsieur le Président" quand on s'adresse à un président de tribunal, ou "Monsieur le juge" ou "Monsieur l'avocat général", mais jamais "votre honneur" ! Ce charabia n'a pas de limites, notamment dans les milieux de la radio et de la télé : ainsi on entend "Izraël" et "l'armée izraélienne" alors qu'en français, un s devant une consonne se prononce s et non z comme en anglais. Et pourquoi ça ? Parce qu'à force de regarder – et d'entendre - "scie - ène - ène" et les séries américaines, on croit que l'américain, c'est la norme.
Même chose pour "l'Arabie saoudite", alors que de tout temps, en français, c'était "l'Arabie séoudite" – le nom étant dérivé de la famille du roi Ibn Séoud. MAIS, pour sonner comme un "é" français, proche de la consonne arabe de l'origine, l'anglais est obligé d'écrire "SAUDI Arabia" ("SAY - UH - DEE") pour s'y retrouver. Résultat : tous les médias français, qui recopient servilement les dépêches d'agences de Reuters ou de UPI (pardon, de "You - Pie - Aïe") croient qu'en français, on doit dire "Arabie SA-OUDITE". Et quand, par hasard, un vieux ringard dans mon genre prononce "Arabie Séoudite", ils le reprennent en croyant que c'est lui qui se trompe !
Un petit dernier pour la route, qui m'énerve aussi celui-là : les "vétérans" du Vietnam ; ça a commencé dans les années 70 (pardon, dans les seventies !). En anglais, "a veteran", c'est un ancien combattant. Faites le test autour de vous, surtout auprès de ceux qui ont moins de 30 ans : ils vous diront tous qu'un vétéran, c'est un ancien combattant – c'est du franglais en pensée, mais déguisé en mot français. Chez nous, un vétéran (avec deux accents aigus), c'est un homme qui a de l'ancienneté mais qui est encore en service ; alors que les "Vietnam veterans", ce sont les gars qui sont revenus de la guerre du Vietnam, mais celle-ci est finie. Encore un petit effort : avec tous les technocrates incultes qui veulent réformer la France, un de ces quatre on va se réveiller avec un "Ministère des Vétérans" ! Votre honneur, je demande la motion de censure !
Amitiés et bonne fin de semaine, comme diraient ces ringards de Québécois !
Jacques Vassal »