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  • : SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • : Parce que c’est un art populaire entre tous, qui touche à la vie de chacun et appartient à la mémoire collective, la chanson constitue le meilleur reflet de l’air du temps : via son histoire (qui « est la même que la nôtre », chantait Charles Trenet) et son actualité, ce blog destiné surtout à illustrer et promouvoir la chanson de l’espace francophone ne se fixera donc aucune limite…
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  • Fred Hidalgo
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 09:00

Voyage en Hélénie

 

L’œuvre d’Hélène Martin, grande dame trop méconnue de la chanson contemporaine, vient d’être rassemblée dans un coffret de treize disques et un DVD en forme d’autoprortrait. Plus de deux cents titres pour découvrir, outre ses propres chansons (dont plusieurs inédites), tous les poètes qu’elle a mis en musique et qu’elle interprète… depuis cinquante ans. Au final, c’est une véritable Pléiade de la poésie chantée qu’à elle seule Hélène Martin offre à nos oreilles éblouies. Unique et magnifique.

 

CoffretMartin_2.jpg« Je suis de ce pays frontalier entre les mots et la musique » : ainsi se définit parfois Hélène Martin, dont l’image – depuis ses débuts en 1956 dans les cabarets de la rive gauche – est à jamais attachée, dans l’esprit du public, à cette forme de chanson un peu particulière qui consiste à mettre en musique les mots des poètes. Un exercice où les grandes plumes de la chanson francophone se sont illustrées, mais qui, dans son cas particulier, a un peu tendance à faire oublier que, derrière la compositrice et l’interprète (dont Christiane Rochefort disait que « son respect de la poésie confine au délire »), persiste et signe un auteur fécond intense et essentiel.

Un auteur d’une sensibilité contagieuse, n’ayant pas peur d’afficher ses coups de cœur, cicatrices et enthousiasmes, mais dont le verbe n’a de comptes à rendre à personne, en dépit de ce long cheminement fraternel en compagnie de quelques-unes des plus belles figures de notre histoire littéraire (Aragon, Char, Lucienne Desnoues, Eluard, Genet, Géraldy, Giono, Queneau, Rimbaud, Seghers…). Une chanteuse dont le parcours – entre la gestion de son propre label phonographique, Les Disques du Cavalier, créé en 1968 en Provence où elle s’est installée –, les émissions qu’elle réalise pour la télévision (en particulier, à partir de 1970, la série Plain-Chant sur les poètes et le téléfilm Jean le Bleu d’après l’œuvre de Giono) et ses passages à Paris (Bobino 70, Théâtre Montparnasse 72, Carré Silvia-Monfort 76, Théâtre des Champs-Élysées 78, Palace 80, Centre Georges-Pompidou 82, Bouffes-du-Nord 83, Palais des Glaces 84/85 pour la création du Condamné à mort…) – pourrait se résumer au simple titre d’un de ses nombreux albums, Liberté femme, et dont l’ambition artistique profonde est : « Que nous demeure le goût de passer, de troubler, d’intervenir ; le goût du chant et de l’amitié. »

Cette introduction à l’interview qu’Hélène Martin donna à Chorus en l’an 2000 (n° 32), pour la sortie de son livre-CD La Douceur du bagne, est empruntée à un certain Marc Robine… dont j’évoquais récemment la mémoire dans ce blog – un connaisseur, s’il en est, en la matière, puisque créateur notamment de la fameuse collection Poètes & Chansons chez EPM.

 

  

Hélène y racontait notamment ses rapports avec Jean Genet, dont on connaît sa superbe mise en musique du Condamné à mort, œuvre emblématique du poète :

« J’étais chez une amie qui connaissait Genet et avait beaucoup de livres et de manuscrits de lui. Dont ce long poème du Condamné à mort. C’est là que j’ai découvert cette sorte de classicisme, cette espèce de chant. Je ne me suis pas dit, d’ailleurs, que j’allais le mettre en musique parce que ça chantait de soi-même. Parfois je sais que je fais une vraie mise en musique, qu’il faut trouver une mélodie pour épouser des brèves, ou des longues, et un sens, un climat. Mais d’autres fois – je n’aime pas trop le dire parce qu’on s’en sert contre moi – c’est un exercice très linéaire où il suffit de “suivre” les mots. Un peu comme le plain-chant qui est à la fois une discipline et quelque chose où il n’y a pas de barres de mesures… On ne peut pas dire que la chanson, ce soit ça, pourtant le premier poème de Jean Genet que j’ai chanté reste pour moi une marche harmonique extrêmement simple. À la limite, ce qui me plaisait, c’était tout juste de porter les mots…

– Comment a-t-il réagi ?

– À l’époque, vers 1966, Roger Blin venait très souvent au Petit Pont, le cabaret où je chantais en permanence ; un jour il m’a demandé : “Est-ce que Genet sait que vous le chantez ?” Moi, timidement : “Non”. Alors, Blin m’a dit : “S’il ne le sait pas, il faudrait qu’il le sache, qu’il vous entende…” On a donc fait un disque souple avec deux guitares, dont l’une était jouée par Michel Legrand, et Blin s’est chargé de l’apporter à Genet… qui vivait en Italie car il était interdit de séjour en France. […] Un beau jour j’ai reçu une lettre de lui. Une lettre que j’ai finalement décidé de rendre publique, car beaucoup me reprochaient d’utiliser Genet à son insu : “Vous avez une voix magnifique. Chantez Le Condamné à mort tant que vous voudrez et où vous voudrez. Je l’ai entendu, grâce à vous il était rayonnant…” C’était une simple chanson au départ, puis j’ai mis le poème entier en musique pour Marc Ogeret qui en a fait en 1971 un album, aux Disques du Cavalier que j’avais créés entre-temps. »

Surprise ! Peu de temps avant notre rencontre avec Hélène Martin, cette chanson du Condamné à mort, qui marque indubitablement une date importante dans l’histoire de la poésie chantée, avait été reprise par… Étienne Daho ! « C’est une histoire un peu particulière, expliquait la Grande Dame, car j’ai rencontré Étienne alors qu’il ne chantait pas encore. C’était à la Maison de la Culture de Rennes où je présentais un spectacle doublé d’une exposition à partir de poèmes de Soupault, Tardieu, Guillevic… Étienne avait alors dix-sept ans et il parlait avec une espèce de ferveur de Françoise Hardy, Barbara et moi, en disant que nous étions les trois qui lui avaient donné goût à la chanson. Et puis, beaucoup plus tard, en 1992, il est venu me voir après un spectacle et c’est là qu’il m’a dit qu’il aimerait bien essayer… Quand j’ai donné mon récital sur les poètes, au Théâtre Molière, en février 1997, j’ai invité certaines personnes à chanter sur scène avec moi : Étienne est venu deux fois et je l’ai accompagné pendant qu’il interprétait Le Condamné à mort. Ça m’a beaucoup plu, parce qu’il en faisait tout à fait autre chose… Il ne porte pas du tout les mêmes mots de la même façon et en même temps c’est extrêmement dépouillé. Ensuite, il l’a repris dans un spectacle à l’Olympia. »

Et aujourd’hui, en cette rentrée 2010, l’histoire se prolonge au théâtre puisque Daho a monté Le Condamné à mort (en tournée en France dès ce mois-ci), avec Jeanne Moreau – excusez du peu – et lui-même au chant et aux arrangements (avec cinq musiciens), dans la mise en musique d’Hélène Martin !

 

 

Couronnée à trois reprises par le Grand Prix du Disque (en 1961 pour son premier 33 tours, en 1973 pour Hélène Martin/Fine Fleur et en 1980 pour Hélène Martin chante les poètes, également Grand Prix la même année de l’académie du Disque Français qu’elle avait déjà obtenu en 1969 pour Mes amis mes amours, Grand Prix de la Sacem en 1986 et 1988 pour l’ensemble de son œuvre, Hélène Martin est restée paradoxalement un personnage fort discret de la chanson. Elle a pourtant côtoyé les plus grands, qui l’ont à la fois soutenue et saluée (dont Philippe Soupault qui lui rendit d’ailleurs hommage dans une monographie en 1974 de la célèbre collection Poètes d’aujourd’hui des éditions Seghers). Au fil des ans, 33 tours (son premier 25 cm date de 1960, avec Aragon, Cocteau, Supervielle, Cadou et Rimbaud aux paroles !) puis CD se succèdent (plus de trente au total !) : Élégie à Pablo Neruda, en 1975, remporte un grand succès public, ainsi que le double CD Hélène Martin chante les poètes en 1985.

Écrivain, elle publie en 1982 Journal d’une voix (éd. Des femmes), en 1999 Sorgue, livre d’artiste (gravures de D. Limon), et en 2000 La Douceur du bagne (livre-CD EPM/Castor Astral), à l’occasion duquel le regretté Marc Robine la rencontra pour Chorus.

 

portraitMartin.jpg

  

Ces quelques rappels pour ceux et celles qui seraient passés à leur corps défendant à côté d’Hélène Martin, artiste plurielle cultivant l’excellence, la beauté et la rigueur en tous domaines, qu’on a pu revoir récemment à Paris, aux Bouffes du Nord, en septembre 2009 (pour le tournage d’un Plain Chant consacré à Aragon) puis en mai dernier pour la sortie de Voyage en Hélénie. L’occasion faisant le larron, ce témoignage formidable de cinquante ans de carrière va permettre non seulement aux « retardataires » de combler d’un seul coup toutes leurs lacunes à son endroit mais surtout de satisfaire jusqu’à satiété la soif de poésie chantée du plus exigeant d’entre nous. L’académie Charles-Cros ne s’y est d’ailleurs pas trompée, qui lui a décerné un Grand Prix 2010.

Treize CD accompagnés d’un DVD (Autoportrait : Il doit faire bon en mer) et de trois livrets de textes et d’illustrations composent ce Voyage en Hélénie : quatre volumes d’un Abécédaire des poètes (1 : Aragon, Audiberti, Benedetto, Bérimont ; 2 : Broussard, Cadou, Char, Clancier, Desnoues, Draghincescu, Eluard, Emré ; 3 : Genet, Giono, Grandmont, Jouanard, Labé, Martin, Michelangelo, Mogin ; 4 : Moiziard, Moulin, Neruda, Obaldia, Queneau, Riffaud, Rimbaud, Roy, Saint Martin, Seghers, Soupault, Supervielle, Vian) ; trois volumes d’Hélène Martin chante les poètes (1 : Chanter Genet ; 2 : Élégie à Pablo Neruda, Testament d’automne ; 3 : Saluer Jean Giono) ; cinq volumes d’Hélène chante Martin (Bossa Diva ; La Discordance ; Lettre à l’inconnu ; Va savoir ; Il est venu l’enfant) et un dernier, Hélène chante Martin et quelques autres (parmi lesquels Béart, Brassens, Brecht, Clément, Ferrat, Ferré, Christine Sèvres, Vigneault ou Villon).

CoffretMartin_1.jpgOn peut imaginer que ce Voyage ne sera pas excessivement annoncé par les programmateurs et autres décideurs du paysage audiovisuel français (même s’ils en apprécient les étapes et les sites en privé). C’est dommage pour leurs auditeurs et téléspectateurs. En revanche, et c’est bien là l’essentiel, nul doute que ce coffret fera partie du Grand Livre de la poésie chantée. Mieux, peut-être : il en est déjà l’un de ses plus beaux écrins.

Pour mémoire, les deux vidéos-documents proposées dans ce sujet datent de 1964 où Hélène Martin s’exprime sur les poètes et chante Le Condamné à mort à l’occasion d’un gala qu’elle donnait à Douai, et de 1967 où elle chante La Ballade de Bessie Smith dans la fameuse émission La Fine Fleur de la chanson française de Luc Bérimont.

 

• Hélène Martin : Voyage en Hélénie – Hélène Martin chante les poètes & Hélène Martin, 13 CD + 1 DVD ; production Cavalier-Hélène Martin, distribution EPM/Universal ; informations sur le site de l’artiste. 
______ 

NB. À suivre dans Si ça vous chante une importante sélection, tous genres musicaux et toutes générations confondus, de nouveautés disques et DVD. Qu’on se le dise…



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Published by Fred Hidalgo - dans Actu disques et DVD
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commentaires

frenchpeterpan 03/10/2010 17:02


coffret acheté bien sûr
confirmation de mon amour pour cette dame
et son immense talent d'interprète et de musicienne
colette Magny et elle furent les deux seules femmes (Claire aussi, jadis) qui comptent pour moi dans la chanson française de qualité ; elles sont vraiment au dessus du lot ; après chanter sur scène
à 82 ans, est-ce bien est-ce une fausse bonne idée... je ne sais
chaque disque d'Hélène fut, pour moi, un amer essentiel dans ces océans de chant


Joelle 08/09/2010 13:55


Bonjour à toute l'équipe,
Ce petit mot pour vous signaler ma "déconnexion" momentanée.
Rétablissement de la ligne en début de semaine prochaine.
En attendant, question pour la "leçon de blog" :
- comment fait-on, après une longue absence, pour voir tous les commentaires arrivés entre-temps ? (la page du blog n'affiche que les 6 derniers, si je me souviens bien)
La dernière fois que je m'étais "absentée" j'avais patiemment parcouru à mon retour tous les articles du blog... mais c'était au printemps, il y a bien plus de pages à consulter aujourd'hui...
"bien plus qu'hier et bien moins que demain" !
A bientôt le plaisir de vous lire de nouveau, ces minutes de détente et de découvertes quasi-quotidiennes nous manquent.
Bien amicalement,
Joëlle


Fred Hidalgo 08/09/2010 14:12



C’est simple, Joëlle, tous les sujets mis en ligne depuis la création de Si ça vous chante, le 18 novembre 2009, restent disponibles et lisibles (écoutables et visionnables !) en permanence de plusieurs manières
possibles : par ordre chronologique, par rubriques ou individuellement, selon que vous cliquiez sur "Archives", "Catégories" ou "Articles récents" (et "liste complète") dans
la colonne de gauche de la page d’accueil. Et quel que soit l’article sur lequel vous aurez choisi d’aller, il vous suffira alors de cliquer sur "Voir les X commentaires" en fin de sujet
pour voir s’afficher ceux-ci.
Simple comme bonjour, non ?
Sachez d’autre part que durant l’été de nouvelles fonctionnalités ont été ajoutées à ce blog qui permettent de le partager plus facilement, si… ça vous chante, soit sur les réseaux sociaux
Facebook et Twitter, soit par simples courriels.
Sinon, la page d’accueil n’affiche en effet que les cinq derniers commentaires arrivés et le blog lui-même ne propose "que" quatre
sujets visibles à la suite, les quatre derniers bien sûr ("Hélène Martin", "William Schotte", "Marc Robine" et "Bernard Giraudeau" en ce moment), pour éviter qu’il ne soit trop lourd à monter.
Sauf erreur, nous en sommes aujourd’hui à cinquante-neuf articles.



jacques 07/09/2010 23:52


Non, il ne s'agit pas d'une exécution en règle d'Hélène Martin, et si mes propos sont un peu forts à votre goût, c'est qu'ils sont le reflet de mon immense déception devant la prestation d'une
artiste dont je ne conteste pas pour autant l'apport, par sa longue carrière, à la poésie et à la chanson. Au risque d'être iconoclaste, j'ai dit ce que beaucoup de spectateurs, ce soir là, ont
ressenti, témoins les applaudissements polis à la fin de son récital, comparés aux rappels des artistes précédents.
Si ceux-ci ont eu quelques raisons d'être gênés, c'est à ce moment là peut-être, plus qu'à la lecture de mes propos, qui n'engagent que moi.
"Sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur".

Et mes sincères félicitations pour votre blog.

Jacques Legras.


barbarie CRESPIN 07/09/2010 19:08


merci de ces informations sur H. Martin. Désir de la découvrir car en effet je ne la connais pas bien et les auteurs qu'elle interprète je suis fan!
merci de votre blog et des infos , seul en son genre


Jacques 07/09/2010 18:46


je connais Hélène Martin depuis mes années fac, c'est à, dire depuis... au moins ! Je viens, par hasard, de la découvrir sur scène dans un Festival fort discrèt, de chanson et poésie, en Corrèze, à
Concèze... Quelle désillusion, quelle déception, vraiment, je n'ai pas de mots tellement je suis resté sans voix (comme elle!), devant cette prestation affligeante... Etait-elle fatiguée ? mais
vraiment un moment difficile en conclusion d'une soirée de qualité disparate, dont elle était le clou supposé et bien décevant. Avis partagé de mes voisins et des personnes qui m'accompagnaient,
et, je crois de beaucoup d'autres... Hélène Martin ne chante pas, ou très mal, elle "dit" les poêmes, guère mieux qu'un élève annonant de 6ème, en s'accompagnant, fort mal, à la guitare
désaccordée. Un moment très triste et je préfère mettre en avant deux artistes authentiques sur scène avant elle, Le lever de torchon Jean Alambre, barde moderne à la belle voix au service de
chansons "à l'ancienne" fort bien troussées, et, en "vedette américaine", Jean-Pierre Réginal, un auteur compositeur à propose duquel je ne comprendrai jamais la discrétion des médias, y compris la
vôtre Monsieur Hidalgo. Ca c'est de la chanson, textes et mélodies variées et abouties, qui méritent plus qu'une écoute distraite et justifient l'achat de son excellent dernier CD. Un beau moment
qui a rendu laprestation de Madame Martin encore plus indigeste. Je n 'en suis toujours pas remis...
Jacques


Fred Hidalgo 07/09/2010 19:40




Eh bien, voilà qui s’appelle une exécution en règle ! Et quand bien même un(e) artiste dans sa neuvième décennie (excusez-moi, Madame Martin, je ne voulais pas évoquer votre âge !)
pourrait louper un concert (c'est arrivé aux plus grands), cela n’enlèverait strictement rien, mais rien de rien, pas une note, pas un mot, à son œuvre exceptionnelle et à l’admiration que lui
portent et lui ont porté ses pairs et nombre de grands personnages de notre patrimoine littéraire et musical. Quant à Jean-Pierre Réginal (qui doit être bien gêné, j’imagine, à la lecture de vos
lignes, cher Monsieur Jacques), son dernier album a été présenté dans une sélection de ce blog (voir Florilège de printemps).