Profil

  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.
  • Le blog de Fred Hidalgo

Présentation

  • : Le blog de Fred Hidalgo
  • : Parce que c’est un art populaire entre tous, qui touche à la vie de chacun et appartient à la mémoire collective, la chanson constitue le meilleur reflet de l’air du temps : via son histoire (qui « est la même que la nôtre », chantait Charles Trenet) et son actualité, ce blog destiné surtout à illustrer et promouvoir la chanson de l’espace francophone ne se fixera donc aucune limite…

S’il vous enchante...

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Lundi 9 juillet 2012 1 09 /07 /Juil /2012 11:05

Entrez dans le rêve…

 

Depuis quelque temps, je réfléchis à ce que je pourrais continuer d’apporter à la chanson, d’utile et de spécifique à la fois, compte tenu de ce qui existe déjà sur le Net. Si la création de Si ça vous chante, le 18 novembre 2009, a répondu au grand vide laissé par la brusque disparition de « la revue de référence de la chanson vivante » durant l’été précédent (jusqu’à se retrouver, sans l’avoir cherché le moins du monde, au « Top des blogs » de l’espace francophone), aujourd’hui, deux ans et demi plus tard, le panorama a bien changé avec la multiplication des blogs et des sites musicaux. Le temps est venu d’assigner de nouvelles missions, de nouvelles ambitions à cette « Maison d’amour » ouverte à tous les amis de la chanson…

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Pour éviter d’inutiles redondances, je laisse donc volontiers aux autres, je veux dire à ceux qui le font bien, dont certains anciens collaborateurs de la revue (en particulier, s’agissant des créations les moins médiatisées, à Michel Kemper qui poursuit et amplifie – via son blog « Nos Enchanteurs », devenu récemment un site collectif – le travail qu’il menait à Chorus avec la rubrique « De bouche à oreille » consacrée surtout à l’autoproduction), le soin de couvrir l’actualité proprement dite du disque et de la scène. Après plus de trente ans passés à promouvoir la chanson dans tous ses états, à partager noir sur blanc mon amour multicolore de la chanson vivante, il me semble en effet préférable, désormais (et sans rien m’interdire pour autant), de m’attacher plutôt à des sujets ou à des thématiques en rapport direct avec mon expérience du monde de la chanson, dont personne ne parle par ailleurs… ou ne peut parler à ma place.

Mais j’y reviendrai… dans quelque temps. En attendant, je vous propose déjà d’entrer dans ma fête foraine comme disait Antoine, d’entrer dans le rêve comme le suggérait Manset… Autrement dit de rejoindre le groupe « Si ça vous chante » que j’ai ouvert sur Facebook à la mi-mai, afin de prolonger, compléter voire orienter ce blog. Son but ? Toujours le même : contribuer à mieux faire connaître et apprécier la chanson – trop généralement considérée comme un passe-temps futile et/ou un simple produit marchand – voire à la faire reconnaître pour ce qu’elle est, un art à part entière… et même davantage encore (puisque résultante, excusez du peu, de l’art de la poésie, de l’art de la musique et de l’art dramatique, la chanson n’existant qu’en s’incarnant dans l’interprétation), à savoir l’art populaire par excellence.  

 

 

Ramenez le drap sur vos yeux
Et…
Entrez dans le rêve
Reprendre la vie des autres où on l'a laissée
Quand le jour s'achève
Voir les couleurs, voir les formes
Enfin marcher pendant que les autres dorment…

Ramenez le drap sur vos yeux
Et…
Entrez dans le rêve
Allumez l'écran merveilleux
Quand le jour s'achève...

 

lit-ordi.jpg

 

Ce groupe, évidemment ouvert à tous (artistes, professionnels et amoureux de la chanson), a d’ores et déjà pris l’allure d’une auberge espagnole, riche de ce que chacun et chacune veut bien y apporter pour faire avancer cette conception de la chanson, un art mais aussi (et peut-être surtout, en définitive) un lien unique en son genre, une chaîne d’union entre les hommes (et les femmes) de bonne volonté. Témoignages, débats, commentaires, informations (disques, spectacles, agenda, contacts…), illustrations audiovisuelles, etc., on y trouve déjà tout ça : des échanges pratiques et du plaisir partagé. N’hésitez donc pas à entrer dans cette « maison d’amour » – vous y êtes cordialement convié(e)s – ni à y inviter vos propres amis pour que la passion de la chanson qui nous relie (comme un « fil », disait-on à Chorus, ou comme « Le Joli Fil » dont parle Souchon) fasse tache d’huile.  

 



En très peu de temps, nous avons accueilli dans cette auberge la fine fleur de la chanson francophone : une foule (sentimentale) où se côtoient plusieurs centaines de professionnels et d’amateurs (éclairés) qui constituent autant de relais (directeurs de festivals et de salles, éditeurs, tourneurs, responsables de labels, agents, attachés de presse, musiciens, techniciens, animateurs culturels et associatifs…), et au moins autant de créateurs, auteurs, compositeurs et/ou interprètes, grands noms de la chanson, talents en herbe et artistes confirmés peu ou prou médiatisés. D’Europe ou d’Amérique, des Antilles, de Polynésie, d’Afrique ou de l’océan Indien… Une Académie – certes virtuelle mais bien vivante – de la chanson française, forte déjà de plus de mille cinq cents pensionnaires.  

 

 

« Il y a des maisons où les chansons aiment entrer », disait Félix Leclerc. Celle de Si ça vous chante en est l’exemple type. Elle n’attend plus que vous. Accueil convivial assuré. Une fois franchi son seuil, c’est la balade des gens heureux qui s’offre à chacun : vous y découvrirez un « jardin extraordinaire » qui ne cesse de croître et d’embellir. À vous de le parcourir et, surtout, de le dessiner à votre goût, afin qu’il devienne vraiment le lieu des lendemains qui (vous) chantent.

Moi, j’aime le music-hall
C’est l’refuge des chanteurs poètes
Ceux qui s’montent pas du col
Et qui restent pour ça de grandes gentilles vedettes…

 On dira tout c’qu’on peut en dire
Mais ça restera toujours, toujours, l’école
Où l’on apprend à mieux voir,
Entendre, applaudir, à s’émouvoir
En s’fendant de larmes ou de rire.

Voilà pourquoi, la, do, mi, sol,
J’aim’rai toujours le music-hall
J’aim’rai toujours, toujours, toujours,
Toujours, toujours, le music-hall.
  

 

 

Bienvenue dans notre « music-hall », dans notre auberge espagnole, dans cette maison d’amour de la chanson, bienvenue à tous les héritiers de « Patachou, Brassens, Léo Ferré, Juliette Gréco, Mouloudji, Ulmer, les Frères Jacques, Charles Aznavour, Gilbert Bécaud... » sans oublier « ces grands garçons / De la chanson / Les Compagnons… » Bienvenue chez vous, à tous ceux et celles qui font vivre la chanson de part et d’autre de la rampe, bienvenue à tous les compagnons de la chanson d’aujourd’hui et de demain. Oui, « entrez, entrez dans ma fête foraine » pour défendre et illustrer au mieux la chanson, à la façon dont le faisait la « Chorus liste » de belle mémoire ; peut-être la première liste de discussion sur la chanson francophone (créée en 1998 en complément au site de Chorus), la seule en tout cas qui donna lieu spontanément à d’efficaces et inattendus développements, à des spectacles et à des albums collectifs proposés, organisés, enregistrés ou réalisés par certains de ses membres…

C’est également dans cet espoir que j’ai souhaité ouvrir ce groupe : qu’il fonctionne non pas en autarcie mais par lui-même, en autogestion. Un peu à la façon, aussi, dont j’avais imaginé la rubrique « Chant libre » de ce blog, hélas restée lettre morte… Qu’il soit l’œuvre de copains d’abord et navigue toutes voiles dehors sur la toile mondiale, en père peinard ou contre vents et marées, c’est à lui de voir. Embarquement immédiat, dirait Nougaro : c’est ICI (et maintenant) que cela se passe.

 

 


QUELQUES PRÉCISIONS TECHNIQUES INDISPENSABLES  

« Est-il possible, sans se désinscrire, d’échapper aux “notifications” envoyées automatiquement sur sa boîte e-mail ? » La réponse est oui ! Il suffit de cliquer à droite de la barre d’outils supérieure sur l’icône « Notifications » puis sur « Paramètres » et de décocher la case « Envoyer également un courrier électronique à… » (et/ou de cliquer sur « Notifications » puis « Désactiver »). cle.jpgOn peut ainsi continuer à suivre les contributions des uns et des autres (et apporter les siennes) à sa convenance, en venant sur cette page au gré de ses humeurs, envies, besoins et/ou disponibilités.

TOUT RESTE DISPONIBLE et visible depuis le jour d’ouverture du groupe. Il suffit de descendre en bas de la page d’accueil pour laisser se dérouler automatiquement les pages précédentes, ou bien – pour une recherche affinée – de cliquer sur l’icône représentant une petite loupe (tout à droite de la barre d’outil, après « Notifications » et l’icône en forme de roue dentelée, laquelle permet notamment de « quitter le groupe » à tout moment), de taper le nom de l’artiste souhaité (ou de n’importe quel autre pensionnaire de cette Maison de la chanson) et tous les messages correspondant à la recherche s’afficheront avec leurs date et heure précises (reste alors à cliquer sur la petite « bulle » située à droite pour faire apparaître le message de son choix).

ON PEUT FAIRE « REMONTER » UN ANCIEN MESSAGE à tout moment pour relancer le dialogue à son sujet : après avoir trouvé le message voulu (voir ci-dessus), en y ajoutant un commentaire, il « remonte » automatiquement en tête de la page d’accueil (quelle que soit la date initiale à laquelle a été « posté » ledit message). N’hésitez donc pas à procéder de cette façon si, par exemple, vous appréciez un artiste et que vous avez envie de parler de lui : cela relance la discussion générale à son sujet… et peut aussi inciter l’intéressé à intervenir lui-même (certains le font naturellement, d’autres qui adorent pourtant se produire sur les planches se montrent bien timides noir sur blanc…).


   

Publié dans : Chant libre - Par Fred Hidalgo
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Commentaires

La chanson de Martin

Bien qu'étant d'origine toscane le chauffeur du tram 33 a lu Proust dans le texte, il aime les madeleines. Il s'appelait Martini avant sa demande de francisation. Maintenant il s'appelle Martin et on le surnomme pauvre Martin, c'est extra pour passer inaperçu.
Pour une amourette qui passait par là, il avait perdu sa jolie môme, celle qui dit maman quand on la touche. Cette fameuse amourette quand elle s’obstinait à passer par là, c'était Alain le garde barrière qui la trouvait si jolie, Martin, lui, avait tendance à penser qu'elle se laissait légèrement aller avec ses bas sur les chevilles en longeant le bois de trousse-chemise, c'était une sorcière comme les autre qu'on appelait Eléonore.
Tout me monde n'a pas la sveltesse de la nageuse olympique, l'inoubliable Fanette, capable de ligaturer deux continents avec son crawl bleu de dauphin. La légende prétend, méfions nous des légendes, qu'elle était capable de partir de Sète aux pins parasols de préférence pour rejoindre Ostende et ses plages vert de gris. Personne, à ma connaissance, ne sait si ça valait le coup de vivre cette vie, mais parlons d'autre chose. Sa préférence, à lui, allait à l'embellie qui déployait ses sortilèges de perlimpinpin, elle venait d'Adélaïde et se nourrissait exclusivement de hot-dog aux coins des rues. Tant pis si la route est longue, un jour, il fera le tour du monde avec son doux, son tendre, son merveilleux amour juste avant de perdre son âme.


Un jour tu verras, se disait-il, si tu t’imagines que j’suis heureux et que ça t’va, ce que tu te goures, à tout choisir je préfère élever des chats sauvages gominés, ou pire, des chaussettes noires.

Fils de bourgeois, il gardait de son enfance passée cette blessure des bonnes manières, mais de ces gens-là il ne voyait plus que l'oncle Archibald, celui qui rêvait de vivre pour des idées, ou de mourir, qui sait ?
Le dimanche matin, Martin le pauvre, fleurissait sa cambuse de myosotis, parfois de roses blanches, il avait dû mal y penser à sa Sylvie, son Ostendaise, pour qu'elle s'en aille avec son chien et sa fille vers Amsterdam. Belge ou Batave il ne le savait pas et finalement n'accordait aucune importance à la nationalité, son cri venait de l’intérieur.
A midi, pauvre Martin arrosait son repas composé d'une pizza surgelée et de quelques rasades de mauvais vin d'Arbois ou de Moselle avant que ne revienne la question essentielle: Et maintenant que vais-je faire ?
Rien. Je vais continuer à ne rien faire, en y mettant un peu plus d'assiduité.

Si le dimanche est d’ennui et c'est souvent le cas, Martin s'endort comme une enclume après avoir lu une préface. Il ne lit que des préfaces, ce qui lui compose un très large éventail littéraire. Quand il regarde la télé il ne met jamais le son, c'est normal le son est en panne depuis quelques années et cette anomalie lui permet d'être à la fois journaliste, dialoguiste, chanteur, comique et président, ce qui n'est pas incompatible.
Aller où et pour faire quoi ? il ne vous le demande pas. C'est fantastique cette obstination des gens à ne jamais répondre quand on ne leur pose pas de question. Martin est d'une humeur légère, comme un flotteur dans une baignoire.
La baignoire, elle fuit. Martin ne se lave donc pas, il ne veut pas humidifier les voisins du dessous, c'est tout à son honneur.

Martin du tram 33 conduit 35 heures par semaine. Il profite du Mercredi vacant pour s'offrir un cornet de frites chez Eugène et pour parler politique avec Jef, écouter parler politique, plutôt, parce que Martin ne vote pas. Les jours d'élection c’est trop facile de faire semblant alors il glisse d'une urne à l'autre avec un sourire satisfait. On le prend pour un élu. Ils ont voté et puis après ? Ca suffit à son bonheur, qui comme chacun le sait, est un chagrin qui se repose.
Martin invente son bonheur, Martin invente ses souvenirs, Martin est un inventeur d'invention.
Martin n'a pas beaucoup de frais de textiles. Sa tenue préférée est un pantalon un peu court bleu pétrole avec une chemise sable breton un lendemain de pollution et même, parfois, si le fond de l’air est doux, une écharpe de soie prêtée par Frédéric, qui a tendance à se foutre du monde entier.
Quand il se fond dans le social, cramponné à son volant il s'imagine être un chanteur en noir et blanc et 625 lignes et il se fend la poire. Demain, au premier hibou de service, c'est juré, même si ça fait grincer les dents, il rêvera de partir ou personne ne part, vers son île lointaine.


Epilogue

333 pages plus loin, il ne s'est rien passé mais Martin vieillit un peu de temps en temps, délicatement et sans penser à mal, étrange affaire. Si c'était à refaire il s'y prendrait autrement et interdirait toutes les calvities, les ridules et les muscles mous mais on ne se refait pas.
Il ne regrette rien, rien de rien.
Commentaire n°1 posté par Rob le 09/07/2012 à 12h47

Non, Rob, rien de rien, je ne regrette rien...
Mais on n'oublie rien non plus, on s'habitue c'est tout.
Merci et bravo pour ce texte si érudit et intelligent à la fois. Des "chansons" comme celle-là, j'en veux encore et encore ! 

Réponse de Fred Hidalgo le 09/07/2012 à 16h37
YES, il y a canards qui parlent anglais; et certains chanteurs qui chantent en anglais en faisant des canards, dans des émissions où les plus belles chansons françaises de notre patrimoine ne sont pas représentées.
Je ne connais pas les 1200 chansons que Trenet a écrites, mais j'aime toutes celles que je connais. J'aime y trouver la joie et la tendresse, 2 ingrédients du bonheur. Quelle chanson FORMIDABLE " y a d'la joie". C'est du soleil dans les oreilles. On devrait se faire rembourser les disques de TRENET par la sécurité sociale, çà remplacerait avantageusement les antidépresseurs. Et " Boum" quand notre coeur fait Boum. J'ai mis ces 3 chansons dans mon tour de chant bénévole.
Trenet a révolutionné la chanson. Il y a un avant Trenet et un après. Sans lui, aurions nous eu Brassens, Duteil, Le Forestier et tant d'autres grands talents?
Commentaire n°2 posté par Annie Lapeyre le 09/07/2012 à 13h57
La chanson périclite dans les médias, c'est parfaitement normal, je veux dire logique.
La première raison:
L'acte d'achat d'un disque doit être provoqué par le plaisir.
Je n'ai pas le temps de développer,mais il existe des solutions à tous les nivaux, je vous tiendrais au courant de mes projets...Merci pour votre action....Perso, j'ai consacré ma vie à la chanson, et je mourrais en la servant...Cordialement Vivien Vallay
Commentaire n°3 posté par vallay vivien le 04/10/2012 à 12h02
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