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  • : SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • : Parce que c’est un art populaire entre tous, qui touche à la vie de chacun et appartient à la mémoire collective, la chanson constitue le meilleur reflet de l’air du temps : via son histoire (qui « est la même que la nôtre », chantait Charles Trenet) et son actualité, ce blog destiné surtout à illustrer et promouvoir la chanson de l’espace francophone ne se fixera donc aucune limite…
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  • Fred Hidalgo
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 17:57

Vendanges d’automne (3)

 

Petite entorse à notre « hiérarchie » alphabétique : après deux premières balades dans les vignobles chansonniers des cépages A à D, retour vers la cuve ou plutôt la cave (là où l’on conserve les crus « hors catégorie » !) du B avec un « spécial Brassens* » (et plus, si affinités, via une envolée aussi rapide que « royale » jusqu’au monde du L), actualité oblige… Aujourd’hui, nous avons en effet rendez-vous avec les Amis de Georges !

 

 

LES AMIS DE GEORGES

Brassens.jpgL’actu, d’abord : ce samedi 25 septembre, le gala annuel de la revue Les Amis de Georges se déroule à La Grande Comédie (40 rue de Clichy), avec de nombreux interprètes qui, non contents de faire comme toujours la fête au Bon Georges, vont également chanter Guy Béart, Jean Ferrat, Léo Ferré et Édith Piaf. Parmi ces artistes, certains de ceux que l’on retrouve sur le disque réalisé à l’initiative de l’association et de la revue éponymes : Valérie Ambroise, Canta U Populu Corsu, André Chiron, Eva Dénia, Sandrine Devienne, Joël Favreau, Goun, Bruno Granier, Guénaëlle, La Mauvaise Réputation, La Rouquinante, Les Étrangers Familiers, Les Z’Embruns d’Comptoirs, Jacques Muñoz, Miquel Pujado, Soul’Sens, Jacques Yvart, Yves Uzureau… et notre Serge Llado à nous (oui, oui, celui de « L’Amusicoscope » de Si ça vous chante), s’offrant tout spécialement La Femme d’Hector.

Au final, un florilège brassénien dans le texte, et dans le respect de la forme originale… ou pas : Tonton Georges en versions hip-hop ou folk, ça vaut le détour, tout comme chanté en provençal (André Chiron), en catalan (Miquel Pujado), en anglais (Les Étrangers Familiers, lire ci-dessous) ou en corse (magnifique adaptation et interprétation de La Prière par le groupe historique Canta U Populu Corsu !). Une belle réussite qui annonce un second volume… En attendant, rendez-vous à la Grande Comédie, ce samedi, où l’on retrouvera aussi avec plaisir Marcel Amont qui chantera Brassens et… Amont. Sinon, ce premier CD vous tend les bras, comme la première fille qu’on a…

• Les Amis de Georges chantent Brassens, 19 titres, 62’06 ; Prod. Les Amis de Georges, distr. : 13 av. Pierre-Brossolette, 94400 Vitry-sur-Seine (Site).

 

LES ÉTRANGERS FAMILIERS

Etrangers.jpgVoilà sans doute le disque (un double album) et le spectacle (une coprod’ de l’association rouennaise Les Musiques à Ouïr et de la Scène Nationale de Sète) réalisés à partir du répertoire brassénien sans doute les plus originaux, inventifs… et dérangeants (pour les partisans de l’ordre établi – contraire même à l’esprit anar de Tonton Georges, faut-il le rappeler ? – et du respect scrupuleux du « dogme » originel) qu’il m’ait été donné d’écouter. Étranges, comme le nom de ce groupe composé sur mesure… et pourtant familiers, vu le répertoire en question que l’on a tous et toutes plus ou moins en mémoire, voire sur le bout des lèvres.

Le groupe ? Sept drôles de garnements au chant et/ou aux instruments : Alexandre Authelain, Denis Charolles, Joseph Doherty, Julien Eil, François Pierron… et puis Loïc Lantoine et Éric Lareine ! Le répertoire ? En français dans le texte, mais aussi en anglais (deux titres adaptés et chantés par Joseph Doherty, dont Saturne), en espagnol (La Juana – Jeanne – par Éric Lareine) et même en c’hti avec une adaptation de J’ai rendez-vous avec vous qui, dans le « parlé-chanté » propre à Loïc Lantoine, devient Mi c’hé vous aut’ que j’attinds !

Étrange, ça l’est indubitablement, au plan du chant, plutôt « à l’arrache » (Lareine et Lantoine le plus souvent, ainsi que Charolles, Doherty et Eil, chacun son morceau ou parfois à deux ou bien en groupe), comme des arrangements musicaux, disons jazzy (pour aller vite !). Parfois cela paraît totalement dépouillé, d’autres fois extrêmement riche avec, il est vrai, une ribambelle d’instruments, qu’ils soient traditionnels (guitares, flûtes, saxophones, clarinettes, trombone, contrebasse, percussions, batterie, harmonica, synthé, accordéon…) ou beaucoup moins (« percutterie » et « graviers »). Au final, on revisite la maison Brassens (et certains des poètes qu’il a mis en musique : Hugo, Richepin, Fort, Pol…) de fond en comble, tant dans l’interprétation (parfois seulement parlée, comme pour Hécatombe) que dans les mélodies.

 

 

Vous l’aurez compris : si vous êtes du genre néo-classique (voire un rien atrabilaire), pour éviter d’en faire une jaunisse, mieux vaut passer votre chemin ; en revanche, si vous appréciez les recréations (qui, réussies, nous font de belles récréations tout en contribuant à maintenir vivant le patrimoine) et… si vous avez un tant soit peu le goût du risque, ce Salut à Georges Brassens est fait pour vous. Même si, sans doute, un tel travail porte davantage ses fruits en scène (à noter que dans la vidéo présentant de brefs extraits de ce spectacle, Éric Lareine porte une moustache de circonstance !) : « Soirée magique, témoigne un spectateur, “inconditionnel du moustachu”, qui m’a fait voguer du rire aux larmes, où mon seul désir fut que cela ne s’arrêtât jamais. Larmes d’émotion en buvant les mots de Loïc Lantoine soulignés par ces traits de contrebasse, […] larmes de rire avec cette interprétation fantastique par le corps et par la voix d’Éric Lareine… »

Mon choix perso dans tout ça ? Sans exclusive, La Supplique… fabuleuse version lantonienne (« Place aux jeunes, en quelque sorte » !), La Religieuse déshabillée par Éric Lareine, à l’aide d’une guitare cristalline puis d’un harmonica orgasmique (« Encore, encore… »), et Le Vieux Léon en chant nord-sud (Lantoine le Lillois, Lareine le Toulousain) mâtiné d’une touche britannique avec Joseph Doherty : émotion garantie ! Mais aussi deux « bonus » apparemment hors sujet : La Romance de la pluie (de Hornez/Stern et Meskiel) par Lareine, et Presque oui de Jean Nohain et Mireille également en duo Lantoine-Lareine. Bref, comme l’indique la première de ces vingt-sept chansons, Il suffit de passer le pont

• Un salut à Georges Brassens, double CD digipack quatre volets, 15 titres, 53’21 + 12 titres, 53’58 ; Prod. Label Ouïe, distr. Anticraft (Site).

 

ÉRIC LAREINE

Lareine.jpgÔ Toulouse ! Ces dernières années, Éric Lareine (grand ami et compagnon de galère de Mano Solo) les a passées loin de sa ville natale. Cinq ans outre-Loire « engagé volontaire dans la “Campagnie” des Musiques à Ouïr » fondée par Denis Charolles (voir ci-dessus). Cinq ans et cent cinquante concerts en trois créations, dont celle consacrée à Brassens. Aujourd’hui, Éric est de retour à la maison où il a trouvé trois musiciens, frais émoulus de l’improvisation jazz, habiles artisans « d’un rock de décharge » : Frédéric Cavallin (batt., percussions), Frédéric Gastard (saxophone basse, claviers), Pascal Maupeu (guitares électriques). Comme ils pourraient être ses fils, Éric (le roi ?) s’est marié avec Lareine pour former un groupe avec « leurs enfants ». Avec un album – de tout premier ordre – à la clé.

Éric Lareine ? Encore un qui se fait bien discret (à son corps défendant) dans les grands médias. Lui aussi est pourtant une pointure, incontestable, de la chanson. Un… enfant de la « Génération Chorus » (vous savez, ce que la télévision a nommé finalement « la nouvelle scène »… à laquelle elle refusait obstinément l’accès à ses plateaux, pendant que Chorus, dans les années 1992 à 2000, remplissait sans faillir et sans relâche sa « mission » de découverte de nouveaux talents). Lareine était en effet au sommaire de Chorus (un « Portrait » d’une double page) dès son n° 1, il y a exactement dix-huit ans, presque jour pour jour ! « Ambulancier en maraude ou danseur de soleils italiens, étrange joueur de mots et rocker réaliste, ce prince de la scène lance de nouvelles pistes, un peu sauvages, pour la chanson », écrivait alors notre excellente amie et collaboratrice Pascale Bigot.

Qui poursuivait ainsi, ayant tout saisi d’emblée du personnage : « Marin perdu en terre, vacillant et fragile, entre un clavier sage et un batteur fou, […] beau, sombre et maigre, visage aigu, voix écorchée, un sourire comme une morsure douce. Dansant son “rock réaliste” dans une transe, confiant à son harmonica une plainte suspendue, passant du cri au chuchotement, il lance des filins ténus, souffle retenu, entre lui et nous. Du grand art ; l’extrême tension d’un déséquilibre apparent et permanent, la réalité maîtrisée d’un long travail complexe et d’une personnalité peu commune, déroutante, dérangeante. »

 

 

Du grand art, oui. Tout était dit dans cet article. Et même pressenti… jusqu’à ce nouvel album (en 1992, le premier, Plaisir d’offrir, joie de recevoir, venait juste de sortir), tellement sa personnalité est apparue insaisissable, tout ce temps, à l’establishment médiatique… Ce disque lui permettra-t-il enfin de se faire connaître à sa juste valeur d’un public autre que celui des (grands) passionnés de chanson ? C’est pour le moins à souhaiter, tant il échappe à la production courante, tant il est original, personnel, émouvant, emballant, enthousiasmant. Pas dans la norme, quoi. Et c’est bien pour ça, hein, hélas… De toute façon, l’artiste s’en moque, qui trace sa route sans se soucier des contingences, en donnant le meilleur de lui-même, ce qu’il a de plus profond en lui et d’« urgent » à exprimer.

En l’occurrence, « une musique de chambre électrisée comme une cage de Faraday, un combo pour le sens et la liberté, pour les mots pour le dire ; des paysages inventés, parcourus de créatures mythiques, mi-pop mi-rock, et de guitares environnementales. Des bois, des fûts, des lames percutés de plein fouet par une voix qui conte, murmure et hurle ». Une voix qui conte, crie et chante comme si elle devait s’éteindre demain, mais surtout, même étouffée, même inaudible au plus grand nombre par la pression de la consommation de masse à tout crin, une voix qui compte depuis longtemps, et pour longtemps encore, dans la chanson française.

(NB. La vidéo de Beauté, chanson que l’on retrouve sur cet album, a été enregistrée lors du « premier jet » de son nouveau spectacle, le 21 février 2009 à l’Espace Croix-Baragnon de Toulouse. Signalons aussi, à l’attention particulière des Parisiens, le concert d’Éric à l’Alhambra ce 29 septembre puis au FestiVal de Marne le 15 octobre. Autres dates de concerts sur son site).

• Éric Lareine et leurs enfants, 10 titres, 40’15 ; Les Productions du Vendredi/Le Chant du Monde, distr. Harmonia Mundi (Myspace).

(À SUIVRE)

___________

*À noter que « L'Intégrale Brassens », manifestation annuelle organisée à Paris depuis 2006 par l’association « Le Grand Pan » (et qui, comme son nom l’indique, a pour objet la reprise du répertoire de Brassens par différents interprètes), se tiendra cette année du samedi 16 au dimanche 24 octobre, à la salle Rossini de la mairie du 9e arrondissement (6 rue Drouot, Métro Richelieu-Drouot). Avec, en « supplément de programme » samedi 16 à 19 h 30, avant l’ouverture de la manifestation proprement dite (qui a lieu uniquement en soirée à partir de 20 h et le dimanche à 17 h), un spectacle en « Hommage à Jean Ferrat », avec Francesca Solleville. Une exposition de photos de Brassens par son amie Josée Stroobants est présentée dans le hall où auront lieu des signatures de livres. Détail du programme et infos pratiques sur le site de l’association. Précisons enfin que cette 5e édition est dédiée au comédien Pierre Maguelon, dit « Petit-Bobo », qui était un grand ami de Brassens et l’a rejoint, emporté par la Camarde, en juillet dernier.

 

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Published by Fred Hidalgo - dans Actu disques et DVD
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commentaires

eMmA 06/11/2011 12:42


Ah oui, Fred !
Je n'avais pas écrit de com, mais j'avais bien lu cette jolie note !
Chez moi aussi, Georges (Brassens) apparait de temps à autres...
http://www.emmacollages.com/article-saturne-et-gallilee-georges-et-renaud-62767645.html
Merci encore pour votre réponse relative à Georges (Moustaki)...

Bon diMAnche,
eMmA


Fred Hidalgo 06/11/2011 12:52



La réponse... en question figure à la suite de votre commentaire sur l'article consacré à Mélissmell. Cela dit pour les lecteurs-lectrices qui voudraient
suivre... :


http://sicavouschante.over-blog.com/article-melissmell-67097847-comments.html#comment91564449


Bon dimanche aussi.



Odile 10/10/2010 15:20


Voilà, j'ai passé le pont!
J'ai applaudi de toute mes forces ces étrangers familiers...
Une pêche d'enfer, qu'ils ont,chanteurs, musiciens, danseurs, et quel talent!
Comme je le disais plus haut, je possède beaucoup de reprises et versions de Brassens, mais là, je crois que c'est du jamais vu.
Le public en redemandait, on aurait pu passer la nuit à les écouter
Je suis repartie avec leur CD, mais ravie de les avoir vu sur scène.
Merci Fred , car sans vous je ne sais pas si j'aurai osé passer le pont....de Valence!
Odile


gerard 30/09/2010 16:29


Sans doute plus classique et moins décoiffant, le travail du groupe vocal Les Octaves mérite, à mon humble avis, d'être souligné. Je les ai vus sur scène l'année dernière, dans leur spectacle
Brassens et aussi leur spectacle Brel. Du bon boulot, avec quelques jolis trouvailles d'interprétation et de mise en scène (ils sont 4 + un musicien , peut-être plus efficace avec le répertoire
brélien, et trop respectueux du grand Georges (ce n'est que mon sentiment, ressenti pendant les spectacles).


odile 28/09/2010 10:59


Puisque personne n'a mis de commentaire sur cette page d'automne,je me dévoue!!
Moi qui suis une inconditionnelle de Brassens, qui collectionne toute les nombreuses interprétations de ses chansons,et bien j'ai apprécié et trouvé très originale, celle des "étrangers familiers
".
Il se trouve qu'ils passent la semaine prochaine, au théâtre de ma ville, je vais donc sans hésiter aller les écouter.
Encore un grand merci Fred pour toute ces pages riches et passionnantes.
Odile


Jeanne 27/09/2010 08:43


Abécédaire ... B comme Brassens F comme florilège I comme inventaire ...

"J" comme Trio JOB, un groupe dont l'interprétation de Brassens nous a laissé forte impression.
Se répondant parmi nos tables, le trio nous avait surpris et conquis par son approche des textes, transformant chaque chanson en véritable tableau vivant.
Des chansons que nous pensions connaître pourtant mais que nous n'avions jamais entendues comme ça, dans toute leur dimension de sensibilité, de cocasserie ou de pittoresque.
Bref, un tour de chant jubilatoire où le sérieux et la délicatesse le disputaient à l'humour et à la fantaisie et dont le souvenir nous reste vif bien des mois plus tard.

A suivre : un album du spectacle du Trio JOB doit sortir bientôt, infos sur leur page :
Trio Job-Chanson Georges Brassens

Merci à « si ça vous chante » pour ces vendanges passionnantes, ce blog est une mine de découvertes, même si, évidemment, le magazine nous manque beaucoup.
Jeanne


Fred Hidalgo 27/09/2010 10:09



Merci de ce complément d'information. C'est exactement ainsi que je concevais le rôle des "commentaires" de Si ça vous chante. N'hésitez pas les uns et les
autres à faire de même (vous êtes des milliers à fréquenter ce blog qui, rappelons-le, reste classé en permanence ou presque au "Top des blogs" francophones, ce qui traduit son
efficacité), en nous faisant part des informations dont vous seriez au courant aux plans local et/ou régional partout à travers l'espace francophone (découvertes d'artistes, disques,
spectacles, manifestations, associations, festivals, rencontres, concours, etc.), dans l'intérêt commun, l'intérêt général de la chanson, de ceux et celles qui la font vivre directement
(créateurs, producteurs, tourneurs, organisateurs...) ou simplement de ceux et celles qui l'aiment (et contribuent donc également à la rendre vivante).

A ce propos, puisque vous évoquez le "magazine" qui vous manque toujours "beaucoup", ne perdons pas espoir puisque tant qu'il y a de la vie (en l'occurrence celle
des principaux collaborateurs de Chorus qui ne peuvent toujours pas admettre les circonstances brutales dans lesquelles il a été mis fin, arbitrairement et sans concertation, à sa
publication... comme des ouvriers trouvant porte close le matin en se rendant à leur travail), justement, il y a de l'espoir. Qu'on se le dise... et, surtout, restez à l'affût de ce blog (et de
ses commentaires) comme un fil tendu entre vous et nous.