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  • : SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • : Parce que c’est un art populaire entre tous, qui touche à la vie de chacun et appartient à la mémoire collective, la chanson constitue le meilleur reflet de l’air du temps : via son histoire (qui « est la même que la nôtre », chantait Charles Trenet) et son actualité, ce blog destiné surtout à illustrer et promouvoir la chanson de l’espace francophone ne se fixera donc aucune limite…
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  • Fred Hidalgo
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 11:42

La légende d’Hiva Oa

 
1929 : grand millésime pour la petite Belgique qui voit naître deux personnages appelés à devenir mondialement célèbres par leurs aventures, l’un arborant une houppe, l’autre inséparable de sa pipe… Mais un troisième, né le 8 avril de cette même année, n’aura besoin de personne, ni d’Hergé ni de Simenon, pour se forger lui-même un destin… et, au-delà de sa carrière exceptionnelle, pour vivre des aventures d’autant plus étonnantes qu’elles ne seront pas de papier. Quand la réalité dépassera la fiction, le navigateur au long cours devenu pilote au grand cœur, « là-bas, sous un ciel de corail » (où tout le monde l’appelait affectueusement Jacbrel, sans distinction de prénom ou de nom), surpassera le chanteur-comédien…


brel_Jojo.jpg
« Veux-tu que je te dise ? », ami amoureux de la chanson et admirateur de Jacques Brel, si je sais bien que « Gémir n’est pas de mise aux Marquises », j’aimerais néanmoins te confier l’impatience qui est la mienne, dans l’attente de pouvoir enfin partager la suite des aventures du Grand Jacques... Car si L’aventure commence à l’aurore, en 1974, au plat pays, elle se prolonge encore, en 2014, en Polynésie !

Inutile de revenir sur la raison d’être de ce livre – dont l’idée ne m’avait pas même effleuré auparavant –, sinon pour rappeler que son écriture s’est comme imposée à moi, après coup, tant il semblait indispensable et urgent de partager autant que possible les découvertes effectuées sur place, les informations et témoignages recueillis. La vie « d’après » de Jacques Brel, sa vie méconnue d’aventurier, éclaire en effet celle du chanteur d’un jour nouveau en crédibilisant totalement et définitivement son œuvre. Après les déclarations d’intention, les actes : une « chanson de geste » d’autant plus admirable qu’on ne lui connaît aucun équivalent.
  

Barbara – Gauguin (Lettre à Jacques Brel)


Bonheur, donc, d’offrir pour la première fois cette histoire-là en partage, et bonheur, ensuite, de constater que ce qui nous a touchés « là-bas » où sa voix « chante encore » (cf. la Lettre à Jacques Brel de Barbara) touche pareillement ceux qui en lisent le récit. Mais surtout, depuis, bonheur d’aller plus loin, beaucoup plus loin, dans ce voyage au bout de la vie, avec les anciens amis du Grand Jacques qui l’ont fréquenté durant ses trois dernières années, à Tahiti comme aux Marquises, à Punaauia comme à Hiva Oa... où la légende (comme le chantait le regretté Pierre Rapsat) est en marche.
  

Pierre Rapsat – La légende d'Hiva Oa

 

Depuis la parution du livre, en effet, ma satisfaction principale (voire mon principal motif de fierté) est d’être devenu proche… des proches de Brel aux antipodes. Nous n’arrêtons plus de converser, d’échanger des idées, de vérifier des informations, de les recouper et même d’échafauder des hypothèses sur ce qui aurait pu être le quotidien de « Jacbrel » (sobriquet phonétique sous lequel le connaissaient les Marquisiens, comme s’il s’agissait d’un patronyme en soi) une fois construite sa propre maison sur les hauteurs d’Atuona. Pourquoi ? Parce que chacun d’entre eux s’est déclaré heureux, ému même, de retrouver « le » Brel qu’ils ont connu, qu’ils ont été très peu à connaître d’aussi près, dans la vérité des choses et non dans l’artifice du spectacle (bien qu’une même sincérité, dans son cas, l’ait toujours accompagné à la ville comme à la scène).  

 

 
Bonheur, oui, d’avoir intégré le cercle restreint des amis du poète disparu. Mieux : ses membres me font à présent la joie (et l’insigne honneur) de me considérer comme leur confident privilégié s’agissant de Jacky le Polynésien. Tant et si bien qu’en l’espace de six mois, j’ai amassé nombre d’informations complémentaires sur son (modeste) mode de vie, ses paris (fous) d’aviateur ou son altruisme (exemplaire), des anecdotes aussi (souvent savoureuses), des documents (uniques) et même des lettres (éloquentes) qui ne demandent – avec l’accord des intéressés – qu’à être portées à la connaissance du plus grand nombre.

Tout au long de cette histoire, pendant que je la vivais ou la retranscrivais, je l’ai déjà dit, j’ai été interpellé par de curieuses coïncidences. Retrouvailles inattendues, passerelles improbables… Bizarre, vous avez dit bizarre ? Comme c’est bizarre. « Il n’y a pas de hasard, affirmait Eluard, il n’y a que des rendez-vous. » Justement, ne voilà-t-il pas que l’un des principaux personnages de la saga brélienne aux Marquises se révèle, par alliance, être l’un de mes parents ?! Un cousin de ma chère et tendre, laquelle a régulièrement fréquenté sa famille jusqu’à la fin de son adolescence… Pas croyable, c’est sûr... Et pourtant vrai : il a fallu que notre voyage accouchât d’un livre imprévu, puis que celui-ci fasse naître un dialogue nourri, malgré douze heures de décalage horaire, pour que cette parenté nous saute aux yeux ! « Ce n’est pas moi qui écris, note Charley Marouani dans son livre de souvenirs, c’était écrit... »




En annonçant l’automne dernier sur ma page Facebook un second tirage de Jacques Brel – L’aventure commence à l’aurore, je posais la question : « Deux sans trois ? Il n’en tient qu’à vous… » Depuis, une autre réimpression a bel et bien été effectuée avant les fêtes de fin d’année ; Askoy-haut-copie-1.jpgpreuve que l’histoire du Grand Jacques aux antipodes suscite autant d’intérêt que d’enthousiasme. L’histoire véridique d’un homme pétri d’empathie parti à l’assaut des moulins à vent du Pacifique… Le jour où Brel est mort, Brassens lui-même ne disait-il pas : « Ce n’est pas pour rien qu’il a fait L’Homme de la Mancha, c’est parce qu’il était un véritable Don Quichotte. Il l’était dans la vie. »

Aujourd’hui, ami amoureux de la chanson et admirateur de Jacques Brel, j’espère que le prochain tirage de l’ouvrage pourra donner lieu à une édition « revue et augmentée », intégrant l’essentiel des éléments inédits recueillis depuis six mois. En début d’année, j’avais même annoncé au site « Planète francophone » qui a consacré un long sujet au livre (sous l’angle « Bilan et perspectives ») que je travaillais d’ores et déjà à une nouvelle mouture…

À vrai dire, je bous d’impatience, tellement il est frustrant d’être à la tête d’une somme pareille d’informations (et de savoir qu’on est le seul à l’être !) et de ne point pouvoir en faire aussitôt profiter les autres… Peut-être à l’occasion d’un prochain épisode de la saga ? Si ce 8 avril est la date anniversaire de la naissance du Grand Jacques (lui qui disait que ça n’était pas la durée d’une vie, l’essentiel, mais son intensité, l’imagine-t-on à 85 ans ?!), c’est aussi et surtout le début du compte à rebours jusqu’au jour très attendu de la remise à l’eau de l’Askoy. En effet, « le voilier de Jacques » (comme l’a joliment chanté Jean-Roger Caussimon), rescapé des sables de Nouvelle-Zélande où il s’était échoué dans les années 90 et restauré depuis en Belgique, devrait reprendre la mer le 24 juillet prochain : quarante ans pile après que Jacques en eut levé l’ancre et largué les amarres avec sa fille France et sa compagne Maddly pour mettre – à l’aurore – le cap sur l’aventure !


D’ici là, sans vous commander bien sûr, quelques précisions à partager autour de vous – si ça vous chante ! –, histoire de répondre collectivement à de nombreux messages faisant état de la difficulté à trouver désormais l’ouvrage en librairie. Le monde de l’édition est ainsi fait, aujourd’hui, qu’un livre – même bénéficiant d’un réel succès d'estime – se voit vite remplacé dans les étagères par plus récents que lui. Seuls échappent à ce système de cavalerie les best-sellers et autres nouveautés « vues à la télé »… 

couv-Brel-internet2

Alors, qu’on se le dise : pour n’être plus visible en magasins, L’aventure commence à l’aurore reste bel et bien disponible – dans les meilleurs délais – sur commande chez votre libraire (via l’éditeur, les bien-nommées Éditions de l’Archipel), ou en ligne dans les différents sites de vente par correspondance. Notamment chez : Amazon ; Chapitre ; Decitre ; Dialogues ; Fnac, Le Furet du Nord ; Mollat ; ou encore Archambault (Québec). Disponible également en numérique, en « e-book », chez Google ; Kobo ; Les Libraires ; Numilog, etc. Il n’y a vraiment que l’embarras du choix. Cela dit, n’attendez pas pour le commander (ou le recommander à vos amis) la parution d’une éventuelle édition augmentée, car celle-ci – encore hypothétique et de toute façon lointaine – est forcément conditionnée par l’épuisement des stocks actuels... Condition sine qua non pour tout éditeur.

En cette attente (du moins je l’espère), je reste à votre entière disposition – et avec grand plaisir – pour répondre à toute demande d’envoi d’exemplaires dédicacés (en l’adressant ICI). Pour répondre à vos questions aussi (ou simplement prolonger la conversation) sur cette quête qui a mené « Jacbrel » jusqu’à l’archipel le plus isolé au monde ; l’histoire d’un homme qui tourna le dos à la gloire pour réaliser son « impossible rêve » : transformer une vie d’artiste en destinée d’exception. La légende d’Hiva Oa ne fait que commencer. À suivre !

 ____________

NB. Pour rappel, je propose une conférence illustrée, complémentaire du livre, sur « la fabuleuse histoire du Grand Jacques aux Marquises » : précisions et comptes rendus sur mon site, rubrique « Conférences », ou sur ce blog (cf. « L’Echappée Brel »)... si ça vous chante.


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Published by Fred Hidalgo - dans En bref et en vrac
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commentaires

Hélène Texier 19/06/2014 21:38

Merci pour le livre à propos de Jacques Brel. c'est intéressant, émouvant, passionnant, bouleversant. Ma fille m'a prêté ce livre, nous avons beaucoup appris et nous en parlons avec émotion. J'ai
conseillé cette lecture aux membres de ma famille. Nous avons aussi ressorti les CD, nous comprenons mieux le sens des paroles. Le livre est très bien écrit et se lit aisément. Quant à Atuona, on a
l'impression d'y être.
Merci beaucoup.
Hélène.

Fred Hidalgo 28/07/2014 16:35



Au-delà de vos compliments, dont je vous remercie, votre message montre que l'essentiel de ce que j'ai voulu partager est bien "passé" : cette adéquation entre
l'homme et son oeuvre, d'une période de gloire intense à une autre dans l'anonymat le plus total, qui vous permet aujourd'hui de mieux comprendre, dans les chansons de Jacques Brel, "le sens des
paroles". Heureux aussi d'avoir pu vous communiquer "l'impression d'y être"... Un peu comme moi-même j'ai eu plusieurs fois l'impression très vive qu' "il" allait surgir au détour d'une rue
d'Atuona, l'air de rien...



ROUSSET Jean 22/05/2014 14:21

C'est avec beaucoup d'émotion et une grande tristesse que j'ai lu votre courrier. Je vais avoir 79 ans et suis donc un témoin (encore)vivant de ce long déclin. Quand je pense qu'après l'invasion
normande de Guillaume le Conquérant on parlait français à la cour d'Angleterre ; "cat" vient de "chat", "tennis" vient de "tenez", etc... Et au siècle des lumières le français était, en Europe, la
langue des élites! Merci Monsieur Fred Hidalgo, je suis de tout cœur avec vous!

Claire Sc 05/05/2014 20:06

Bonjour Fred,
Il y a quelque temps, poussée par la curiosité, j'ai soulevé la couverture de votre livre. Je ne suis pas "fan" de Jacques Brel, non que je ne lui reconnaisse pas de talent, mais voilà... Une
question de voix, peut-être, et à cela on ne peut rien... Mystérieuse alchimie qui produit la rencontre entre deux sensibilités, entre celui qui chante, celui qui l'écoute. Et puis il y a cette
image, figée dans mon esprit : image noir et blanc, sur le petit écran de la télévision familiale d'un homme grimaçant et suant, scandant "Ne me quitte pas"... Cette représentation reste pour moi
associée à Jacques Brel, c'est bien pauvre, j'en conviens et bien sûr c’est trop résumer une homme, un artiste, or ni un homme ni un artiste ne se résument. J'aurais pu en rester là, mais
heureusement, muée par la curiosité, je vous ai suivi dans votre périple, à la rencontre de Brel.
J'aime les histoires et celle que vous me contez, dans un récit parfois suspendu, interrompu au rythme de vos pérégrinations, des rencontres, il y a tant de choses à dire... m'a captivée. Moi-même
j'ai interrompu ma lecture, écouté quelques titres, relu quelques textes, repris ma lecture. En vous lisant, j'ai découvert un artiste, un homme, j'ai souri, je me suis étonnée et j'ai ri aussi, je
me suis laissée porter, peu à peu j'ai lâché mes a priori. Je découvre un homme attendrissant, touchant, drôle, généreux, "multiple", un homme dans la vie. Lorsque s'achève le livre, j'ai le
sentiment que... c'est un peu court ; je serais bien restée encore un peu, en la compagnie amicale de Jacques. Qu'importe, je poursuis le voyage je vais aller l'écouter un peu, j'ai envie d'en
savoir un peu plus.
Il n'y a pas meilleure façon pour découvrir une personne que de saisir la main tendue de quelqu'un qui l'aime.
Merci pour ce voyage,
Amicalement,
Claire

Fred Hidalgo 06/05/2014 10:45



Merci, Claire, c’est là le plus beau compliment que mon livre pouvait espérer : faire tomber les a priori et donner à
aimer quelqu’un qui, au mieux, vous indifférait jusque-là. Au-delà de l’urgence (pour moi irrépressible) de partager toutes ces informations – pour compléter l’histoire de Jacques Brel et
apporter ainsi un petit plus à l’histoire même de la chanson –, votre réaction est la meilleure justification de l’existence de cet ouvrage.
Cela dit, votre message me donne envie de rebondir sur un point précis : celui de la retransmission, en gros
plan et en noir et blanc, de l’interprétation de Ne me quitte pas dans Le Palmarès des chansons (c’était juste à l’issue des adieux de Brel à l’Olympia 66). C’est fou, en effet,
comme le choix du réalisateur de l’émission – privilégiant cette image en très gros plan par rapport à celles, fournies par d’autres caméras, où l'on voyait Brel en entier – a pu
influer sur nombre et nombre de personnes ! Si ceux et celles qui connaissaient Brel de son vivant, et a fortiori qui avaient eu la chance immense d’assister à l’un de ses récitals,
n’ont pas été plus touchés par cette image que par une autre, en revanche nombreux ont été ceux et celles, parmi les générations suivantes, qui ont été marqués – défavorablement –
par elle.
Pour ne citer qu’un exemple personnel, au moment de publier le second dossier Brel de Paroles et Musique
(c’était en 1988, le premier l’avait été en 1982), je me souviens d’une conversation avec deux jeunes collaboratrices qui travaillaient à la correction et à la révision des articles et dont
j’avais constaté que l’idée même de ce dossier les indifférait totalement. Pour faire court, car j’avais tenté de leur opposer mes arguments, ne comprenant pas comment on pouvait ainsi rejeter en
bloc le Grand Jacques, elles m’avouèrent l’une et l’autre qu’elles ne pouvaient supporter – “c’est physique !” – cette même image du Palmarès des chansons !

Depuis qu’elles l’avaient vue la première fois, très jeunes, elles avaient conçu une sorte d’aversion pour le chanteur... Comme si c’était “trop” : trop sensible, trop authentique, trop
humain... à une époque, en plus – la fin des années 80 – où le genre de chanson qui l’emportait sur les autres, du moins dans les médias, était une “pop music” lisse et désincarnée,
façon Daho ; ce qui ne veut pas dire que la pop music n’a pas d’intérêt, attention je ne dis pas cela, simplement que c’est une autre école et que je comprends le choc que d’aucun(e)s pouvaient
ressentir en découvrant ce Brel, déchiré, pleurant presque, en gros plan accentuant d'autant plus ses mimiques (...faites pour la salle et non pour la caméra), quand on a été “formés” par une
chanson beaucoup plus retenue, beaucoup moins “pudique”.

Voilà. Je voulais relever ce point, puisque vous m’en donnez l’occasion... et qu’après cette conversation avec mes collaboratrices en 1988, j’ai rencontré bien d’autres jeunes qui,
curieusement, m’ont fait la même remarque lorsque je leur demandais pourquoi ils n’aimaient pas Brel !!! Comme quoi, les médias – l’image – et la chanson vivante – la réalité
sur le terrain – ça fait deux. Merci encore, chère Claire Sc.



marlène ingrand 12/04/2014 17:29

Ce serait chouette, Fred, de vous rencontrer à l'écoute d'une conférence ... je l'espère de tout coeur car ce livre m'a beaucoup émue et je le recommande à tous ceux qui ont aimé, qui aiment encore
Jacques Brel . Amitiés bien sincères depuis si longtemps !