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Les rêves sont en nous
Besoin de faire une pause, tant la quête entreprise sur les traces de Jacques Brel aux Marquises est émotionnellement intense, presque épuisante. Alors, voici une plage de bonheur avec Pierre Rapsat, l’artiste (belge) que j’ai le plus aimé… après un certain Grand Jacques.
Les choses étant ce qu’elles sont, le hasard et le destin s’amusant parfois à lancer des passerelles éloquentes entre les êtres, si le père de Pierre Rapsat était flamand comme celui de Brel, sa mère était espagnole (comme le chantait Jacques Debronckart, mon second grand Jacques à moi), arrivée en Belgique à l’issue de la guerre civile. Cette hérédité vaudra d’ailleurs à Rapsat d’écrire deux chansons magnifiques, Aurore, sur sa grand-mère antifranquiste qui dut fuir l’Espagne avec ses enfants (« Ils sont venus lui prendre / Celui qu’elle aime / […] L’histoire est souvent cruelle / Elle a quitté le soleil / Pour arriver dans ce plat pays / Pour que ses enfants grandissent ici… »), et Adeu (« Adieu »), sur son dernier album studio, où il est question, comme pour conjurer l’histoire, de tramontane et de douceur catalane « sous un ciel de folie à la Dali ».
Son dernier album, oui, car Pierre Rapsat, qui reste très méconnu en France, est mort le 21 avril 2002 – il y aura bientôt dix ans – à l’âge de 53 ans. Quatre ans de plus, seulement, que Brel... Il se trouvait alors, professionnellement parlant, lancé sur une orbite irréversible de nature à lui faire atteindre bientôt son apogée. S’il était déjà et depuis longtemps, chez lui, l’auteur-compositeur-interprète le plus populaire après Brel, du moins celui qui jouissait en Belgique du plus grand crédit de tendresse, il lui restait encore et toujours à conquérir la France, ce que son album de 2001, Dazibao, et un passage annoncé à l’Olympia, à l’automne 2002, en… première partie (!) de Maurane (l’occasion, en fait, d’accompagner la sortie simultanée de son disque dans l'Hexagone), allaient probablement concrétiser. Mais la maladie et une grave opération rejetèrent brusquement ce projet aux calendes grecques.
Enthousiasmé par la splendeur de son album (l’un des dix ou douze qui figurent aujourd’hui dans mon panthéon personnel), je décidai néanmoins de lui confirmer notre propre projet de « Rencontre », pour Chorus, dès qu’il serait en état d’accueillir notre correspondant en Belgique, Francis Chenot. Ce qui fut fait chez lui, à Verviers, durant sa convalescence, le premier jour du mois d’octobre 2001. Quelques semaines plus tard, Pierre « montait » à Paris pour régler les détails de la sortie de son disque dans l’Hexagone et participer à une seule et unique séance de photos, avec Francis Vernhet, pour compléter l’illustration de sa « chronique » chorusienne. À la parution de celle-ci (entre celles de Goldman et de Noir Désir, excusez du peu) dans le numéro suivant (n° 38, hiver 2001) – dont il eut le geste rare de se déclarer heureux et même ému –, Pierre apprécia tellement le portrait d’ouverture réalisé par notre talentueux collaborateur, qu’il sollicita l’autorisation de l’utiliser pour la pochette d’un album live à paraître en Belgique : l’enregistrement du concert donné le 28 avril 2001 au Cirque royal de Bruxelles, avant que la maladie ne le frappe de plein fouet, pour marquer la sortie de Dazibao.
Voilà toute l’histoire… ou presque. On attendait le disque. Il nous arriva au moment du bouclage du n° 40 de Chorus, un mois environ après la mort subite de Pierre, le 21 avril 2002. Dimanche noir. Chagrin… Que dire de plus ? Peut-être, encore, que nous nous étions retrouvés à Bruxelles, Pierre et moi (la première fois, c’était à Bobino où j’étais allé le saluer, séduit par sa prestation en première partie de Mama Béa, en avril 1982), pour une émission de télévision de la RTBF animée par Jacques Mercier, le 10 février 1994. Pierre y chantait des chansons de son dernier album en date, Brasero, mais dialoguait aussi avec nous – Chorus, qui venait de publier un dossier sur la chanson belge, constituant d’un artiste à l’autre le fil rouge de cette émission (dans laquelle débutait une certaine Axelle Red). Hors antenne, j’évoquai avec lui notre vécu commun, de ces événements qui, au-delà d’une même sensibilité, font de deux frères humains deux frères d’âme et de cœur. Car c’est dans Brasero, justement, que figurait son hommage à Aurore, lequel semblait raconter l’histoire de ma propre grand-mère, contrainte à l’exil avec ses enfants, après que les fascistes à la solde de Franco eurent fait disparaître son trop humaniste d’époux…
Dix ans presque entre Brasero (1992) et Dazibao (2001), dix ans pile entre Brasero et Tous les rêves... Un album double (son dix-neuvième) à la sortie duquel Pierre ne put assister. Un album posthume, « absolument parfait de bout en bout », écrivais-je alors, dont la somptuosité dans le fond comme dans la forme aurait dû lui valoir enfin la reconnaissance des médias et du public français. C’est de ce spectacle, où il était accompagné par son groupe rock et un orchestre symphonique (et qui a heureusement été filmé : un DVD est disponible auprès du label bruxellois Team For Action), dont je tire deux des vidéos de ce sujet : L’Enfant du 92e (qui lui apporta en 1977 un semblant de renommée en France, quatre ans après le succès d’estime de la chanson titre de son premier album, New York) et Les rêves sont en nous, où l’on croit retrouver le Grand Jacques : « Tous les rêves, tous les rêves / Que l’on a partagés / Tous les rêves, tous ces rêves / Faut pas les oublier / […] Tous les rêves, tous ces rêves / Tous ces baisers volés / Tous ces rêves envolés / Qu’on a abandonnés / Et qui nous donnent l’envie / D’aller jusqu’au bout / À présent nous supplient / De rester debout. »
Je réécoute Pierre et je pleure… de bonheur et de tristesse mêlés. Quelle beauté formelle ! Quelle force d’émotion ! De la chanson populaire dans le meilleur sens du terme. Comme Maurane le confia à Chorus, juste après sa disparition : « Son dernier album, déjà disque d’or en Belgique, était sur le point de passer les frontières… Artistiquement, Pierre avait créé une sorte de rock en français, avec une empreinte particulière. Ses albums ont toujours été d’une grande qualité, non seulement grâce à ses chansons, mais aussi parce qu’il était attentif au moindre détail… Il était vigilant sur tout ! C’était un grand chanteur populaire… » La ferveur populaire qu’il savait créer spontanément, sans la quémander comme trop d’artistes, trop souvent, ni même la suggérer car le talent n’a pas besoin d’expédients, ce soir du 28 avril 2001, il l’avait si intensément ressentie, sur scène, qu’il s’adressa ainsi au public : « Quand je vous entends aussi chaleureux à mon égard, aussi émus…, j’ai l’impression que je rêve. Je rêve… et les rêves sont en nous. » Oui, malgré le renoncement des adultes, les chausse-trapes dont les nuisibles parsèment notre chemin, l’envie d’aller voir reste là, le besoin d’accomplir nos rêves d’enfance, pour vivre debout, jusqu’au bout.
Pierre Rapsat, Jacques Brel… On y revient. Et on terminera cette fois par ce plat pays qui les relie. « Mon père venait du nord / Ma mère vient du sud / Je suis né dans un pays / Grand comme un confetti… » On sait combien il est difficile de chanter Brel sans faire du sous-Brel ou, à l’opposé, sans le dénaturer lamentablement. Les exemples de réussites sont relativement rares, tant son interprétation a marqué ses chansons d’une empreinte indélébile. Mais, pour reprendre le commentaire d’un auditeur découvrant la version rapsatienne du Plat Pays, comment ne pas s’avouer « simplement soufflé ! » ? « Réinterpréter ce texte et cette mélodie sans donner l’envie de crier de rage n’est pas donné à tout le monde. Alors, réussir à faire couler les larmes… là, c'est juste inespéré. » Pierre Rapsat ? « Un “grand” tout simplement ». Dont Le Plat Pays, quand il l’enregistre en 1997, est « encore » le sien… alors que Jacques Brel a rejoint celui, tourmenté, de Gauguin où « s’il n’y a pas d’hiver, cela n’est pas l’été ». Pour créer, sans le vouloir, en toute humilité, La Légende d’Hiva Oa (album J’ouvre les yeux, 1989) : « On raconte souvent / Que dans l’île d’Hiva Oa, dans Atuona / Là-bas dans le Grand Bleu / Un voilier pêcheur d’étoiles / Cherche les alizés qui feront danser la voile / […] Le vent se lève, le vent se lève et on l’entend chanter / Il vient du Nord et son rire nous emporte… »
Voilà. C’était un moment de pause, un simple instant suspendu qui rend la chanson vivante. Comme « en apesanteur / Loin de la douleur / Loin de la gravité / Prêt à s’évader / Comme libéré. » C’était rien qu’une chanson, « un manque de raison / Un peu d’émotion / Qu’on lâche comme des ballons / […] Et plonger et plonger / Plonger dans une eau claire / Et nager et nager / À contre-courant / Prolonger prolonger / Prolonger l’éphémère… » Merci, merci, Pierre ; merci pour tout. On n’oublie rien, tu sais, on n’oublie rien du tout. On s’habitue, c’est tout.
Merci Charles-Albert de cette précision, dans l'intérêt général ; que je connaissais évidemment, Chorus ayant rendu compte systématiquement de la programmation (puis du déroulement) des Francofolies de Spa jusqu'en 2009, et moi-même ayant été proche de l'agent et ami de Pierre, je veux nommer Denis Gérardy qui, le dimanche de sa mort, m'écrivait sa "véritable déchirure" et son "sentiment d'injustice indéfinissable" (entre autres choses). Les Francofolies de Spa ont justement voulu compenser, par un minimum de justice, cette immense injustice...
Merci également pour vos billets et votre amour pour la chanson où seule la composante artistique et humaine est valorisée.
J'ai peur du mois d'avril 2012, j'ai peur de relire, j'ai peur de reprendre la route de ses chansons, j'ai peur. Cette mort broie toujours un talent fou, mal compris, indéfinissablement fidèle à lui. Ton texte, une fois de plus magnifique me rappelle trop de choses, trop d'écriture, trop de bonheur. Mais voilà. Toi, tu ne manques aucun rendez-vous de la mémoire vive et ton Chorus de jadis, mort aussi, me rend tout aussi triste ce soir. C'est vrai : les rêves sont en nous, quelle formidable chanson pour l'éternité. Te salue bien et continue à nous ravir
Guy
Merci, cher Guy.
L’occasion pour moi de saluer ton beau livre sur l’ami Pierrot, paru dès 2003 aux Editions Luc Pire, à Bruxelles : PIERRE RAPSAT, par Guy DELHASSE. 166 pages qui retracent toute son histoire, écrites avec une plume trempée dans l’encre de la tendresse « pour ne jamais oublier un chanteur qui nous a quittés beaucoup trop tôt ! ».
N’est-ce pas lui qui l’a chanté ? : « Ensemble »… « On existe encore » !
On comprend que le public l'ait aimé d'emblée...
Quel dommage qu'il n'ait pas passé les frontières... A l'époque, j'étais plutôt du côté de la Suisse, ou un certain Michel Bühler, pour avoir lui aussi refusé les compromissions, a accepté de se cantonner...
Il est de ces rares artistes capables de jeter un pont entre Flandre et Wallonie ce qui c’est produit avec « Scala » la chorale d’Aerschot et l’album « Dans les yeux d’Aurore ». Parmi les 13 titres de cet album, celui qui a sans doute, le plus, marqué l’esprit des belges réunis, un dimanche en automne, par l’horreur et dans la douleur d’une marche blanche : http://www.4shared.com/mp3/2aPMEL2g/05-Un_dimanche_en_automne.html
Je voudrais vous poser la question sur la biographie de Daniel Balavoine publié dans le magazine Chorus. Ou puis-je vous joindre?
Salutations
Pawel Stachyra
muzykafrancuska@gmail.com
Vous pouvez me joindre sur mon adresse directe à laquelle vous avez accès en cliquant, dans la barre au-dessus du titre SI ÇA VOUS CHANTE, sur l’icône « J’aime ce blog » : vous verrez alors apparaître cinq liens (« Partager ce blog », « Voir le profil du blogueur », etc.), le dernier étant « Contacter le blogueur ». Vous n’avez plus alors qu’à m’envoyer votre message.
C’était un spectacle plein air, tous les ans, beaucoup de monde, plus de 15 000 personnes, c'était vers la fin de sa vie, il était trés abordable… et quel auteur !
Je sais, je me répéte, toujours en train de vous remercier à chacun de vos articles; mais force est de constater que j'ai comblé de nombreuses lacunes grâce à ce blog passionnant.
Interprétation magistrale de la chanson de Brel " le plat pays". L'auteur n'est pas trahi.
Je découvre un grand artiste avec l'envie d'acheter un CD
Ravi de vous avoir fait découvrir Pierre Rapsat. Un grand artiste effectivement. Si vous devez acheter un premier album de lui (n'hésitez surtout pas, parole d'amateur-né de bonne et grande chanson), commencez par le double en public dont je parle, l'album hélas posthume, Tous les rêves... Il est somptueux. Vous pouvez le commander par Internet sur le site de Team For Action (ainsi d'ailleurs que toute la discographie de "Pierrot"). Il vous suffit de cliquer sur le lien ci-dessous (et je n'ai aucune action dans ce label ! Pas plus que dans aucun autre d'ailleurs), ma seule récompense figure simplement et justement dans votre message :
http://www.t4a.com/
Nous savons tous que vous n'avez aucune action dans quelque label que ce soit, que votre seul but est de nous faire partager votre passion.
Je vais suivre votre conseil pour le choix de ce CD
Bonne fin de semaine
Comme quoi, les propos que je tiens, sur la chanson, au sujet de s'élever, dans le but de sentir mieux, de moins avoir mal, n'est pas une chose nouvelle, il pratiquait la "chansontherapie", bien avant moi, visiblement.
http://www.dailymotion.com/video/xmbu1_pierre-rapsat-joan-joue-aux-dominos_music
http://www.jukebo.fr/pierre-rapsat/clip,elle-m-appelle,8q5kp.html
A propos de la racaille franquiste, vous connaissez ça, bien sûr ?
http://www.youtube.com/watch?v=sznP9MzxHxE
Grand monsieur à la carrière trop brève, pour d’autres raisons…
Guy Bontempelli, bien sûr : Madrid, chanson ô combien importante à mettre entre toutes les oreilles (et tous les yeux grâce à votre lien... que j'avais déjà partagé sur ma page Facebook et que je redonne ci-dessous). L'un des premiers chanteurs français, avec Léo Ferré, à s'être ainsi impliqué dans la dénonciation des atrocités franquistes...
http://www.youtube.com/watch?v=sznP9MzxHxE
Cela me permet au passage de saluer le juge Garzon (celui qui, notamment, a permis qu'on arrête Pinochet), condamné avant-hier par l'Injustice espagnole pour avoir dénoncé les fosses communes où "la racaille franquiste" jetait les républicains... dont mon grand-père maternel. En déroute économique, l'Espagne a choisi de retrouver politiquement ses vieux démons. Au moins "Pierrot" aura-t-il échappé à ça...
Où sont nos premières blessures
On les retrouve quelquefois la nuit
Dans nos coeurs leur signature »
(Michel Jonasz, « où vont les rêves » album 2002)
Amitiés,
Martha
Superbe album, au demeurant... Merci Martha.
Très juste.
Madeleine… de Bruxelles
Merci Fred d'avoir rappeler à tout le monde ce grand Monsieur qui avait en outre, je ne sais pas si cela ce sait, la particularité d'être très connu en France à.. Bordeaux, seule ville où l'on trouvait très facilement ses albums, y compris en présentoir lors de leur sortie dans les années 80 et qui faisait le plein pour ses concerts.
(A propos de Pierre Rapsat, de sa chanson "Aurore" et du commentaire ci-dessus de Fred Hidalgo en réponse à Pierre-Marie Bourdaud) :
Après un premier rassemblement samedi à midi sur la place de la Comédie à Montpellier où nous avons distribué l'appel au soutien au juge Garzon où nous ne sommes pas passés inaperçus (Le Midi Libre et l'Hérault du Jour étaient présents, probablement pour un reportage à paraître aujourd’hui), nous envisageons d'appeler à un nouveau rassemblement à Montpellier dans les jours qui viennent en nous adressant aux organisations progressistes :
- associations mémorielles de la région : espagnoles et françaises, partis de gauche et syndicats qui souhaiteraient se joindre à notre appel. Ce qui se passe en Espagne autour de cette affaire concerne tout le monde.
En attendant, voici une pétition en ligne en soutien au juge Baltasar Garzon :
http://www.petitionduweb.com/Petition_soutien_au_juge_baltasar_garzon-10843.htm
Amitiés républicaines
Eloi Martinez
Président d'ASEREF
(Association pour le Souvenir de l’Exil Républicain Espagnol en France)
Et c’est bien volontiers que, pour ma part, je reprends ici le texte de l’ASEREF en soutien au juge Baltasar Garzon qui vient d’être condamné à l’interdiction d’exercer son métier pendant onze ans par la Justice (?) espagnole aux tristes relents franquistes...
Appel pour la vérité, la justice et réparation en Espagne et en France
Soutien au juge Baltasar Garzon
L’Association pour le Souvenir de l’Exil Républicain Espagnol en France (ASEREF) s’élève une fois de plus avec force contre l’injustice et la provocation des nostalgiques du franquisme qui a pour objectif de réduire au silence le juge Baltasar Garzon. Notre association a organisé et rassemblé plus de vingt associations mémorielles françaises et espagnoles à la Jonquera le 6 juin 2010 pour une manifestation en soutien à Baltasar Garzon.
En France, nous survivants, nous filles et fils, nous petites-filles et petits-fils de combattants républicains espagnols et tous leurs amis sommes indignés qu’en 2012, alors que les crimes du nazisme ont été jugés depuis des décennies, l’Espagne jouisse d’impunité sur son passé franquiste et sur les crimes contre l’humanité perpétrés au nom de « Dios, España y Franco ». Sont-ils intouchables, les héritiers du franquisme !
ASEREF entend mener toutes les actions nécessaires au rétablissement d’une vraie justice en Espagne qui reconnaisse les crimes contre l’humanité des franquistes qui ouvrirent la voie de ceux d’Hitler. N’ayons pas la mémoire courte. La loi d’amnistie de 1977 doit être abrogée et remplacée par une véritable loi permettant le rétablissement de la mémoire historique reconnaissant les victimes et désignant les bourreaux. On ne peut mettre sur un pied d’égalité les franquistes soutenus par Hitler et Mussolini et les républicains espagnols qui défendaient la République et un gouvernement légalement élu.
ASEREF interpelle également l’Etat français et la présidence de la République ainsi que tous les candidats à l’élection présidentielle sur cette situation intolérable. L’Espagne jouira-t-elle encore longtemps de l’impunité sur les crimes du franquisme au mépris des lois internationales, la France va-t-elle continuer à fermer les yeux alors qu’elle-même devrait se rappeler que la Troisième République a accueilli des centaines de milliers de républicains espagnols dans des camps de concentration en France ? Plus de 10 000 d’entre eux y sont morts, eux qui pensaient se réfugier au pays des Droits de l’Homme. Elle se grandirait à reconnaître ses responsabilités immenses dans cette tragédie notamment par la décision de non-intervention pendant la guerre d’Espagne, ce qui permit aux fascistes de mettre à terre la république espagnole et ensuite d’occuper la France. Encore une fois n’ayons pas la mémoire courte.
ASEREF se solidarise avec toutes les associations espagnoles qui luttent contre l’impunité des crimes du franquisme et portera en justice aux côtés des victimes et associations les recours nécessaires.
ASEREF demande avec force et détermination que le juge Baltasar Garzon soit rétabli dans ses fonctions de juge et qu’il lui soit donné tous les moyens de poursuivre ses investigations contre les crimes du franquisme.
ASEREF appelle toutes les associations de républicains espagnols, les associations d’anciens guerilleros républicains espagnols dans la résistance en France, associations de déportés, d’anciens combattants et toutes et celles et ceux attachés au devoir de mémoire qui considèrent qu’il est temps de rendre justice aux victimes du franquisme et à leurs familles de se joindre à notre appel.
Vérité, Justice et réparation en Espagne et en France !
Soutien au juge Garzon !
Vivent les valeurs de la République !
Appel voté à l’unanimité par l’assemblée générale d’ASEREF qui s’est tenue à Sète, le samedi 4 février 2012.
Eloi Martinez Monegal
Président d’ASEREF
(eloimartinez@hotmail.fr)
Pétition en ligne pour le soutien au juge Garzon :
http://www.petitionduweb.com/Petition_soutien_au_juge_baltasar_garzon-10843.html
Je me suis passé "Les rêves sont en nous" en boucle au moins une dizaine de fois.
Maaagnifique, prenant…
Un soufflet pour le talent et le charisme de P.Rapsat que je n'avais pas intercepté à notre frontière (franco - belge et pourtant je vis à 10 mn de la Belgique ...).Ce frottement Nord/Sud ,ce mélange chaud /froid loin de produire du tiède est éclatant ,brûlant et
un autre soufflet pour Madrid (la video )et le lien avec le juge Garzon ,je n'ai pas d'origine espagnole () ne suis liée à aucun parti pris politique mais suis troublée et admirative de la volonté des descendants d'exilés à rester debout !
J'en profite pour faire le lien avec deux autres auteurs-compositeurs -interprètes de talent dont je pense vous devinerez aisément les nomns et titres :
1/
"Tout étonnés d'être vivants
ils sont souvent les en - dehors
Ceux qui n'écriront pas l'histoire
Et devant eux,c'est la nuit noire
Et derrière eux marche la mort
Ils sont toujours les emmerdants
Les empêcheurs ,les troubles-fêtes
Qui n'ont su baisser la tête
Qui sont venus à contre temps (...)"
...
et pour le second :
2/
"Tu es debout dessous la pluie
Tu attends quoi tu attends qui
Mouillé parmi ceux qui s'en foutent
Ne t'en fais pas regarde ,écoute
D'autres suivront que j'ai suivis ,
Descendus de quelques maquis
Sans effrayer celui qui doute
Dessine la nouvelle route (...)"
Bonne recherche ..
Valérie Fromont
Merci Valérie... et bonne recherche en effet à ceux qui n'auront pas trouvé de suite les auteurs ou les titres des chansons dont vous citez des extraits. Qui sera le premier ou la première à donner les réponses, ou au moins l'une des deux ?
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Ce samedi 18 février, aucune réponse... Alors je vends la mèche pour le premier couplet, tiré du Siècle des réfugiés de Leny Escudero. Superbe chanson méconnue... Et la suivante ? Y a-t-il quelqu'un dans la salle d'attente de Si ça vous chante ?
J'ai connu un peu Pierre Rapsat, nous étions à l'époque dans la même maison de disque : RCA ; j'aime énormément cette chanson, très grande émotion…
Je m'étais éloigné du milieu de la chanson et je n'ai appris sa disparition que tres récemment.
Merci
Aram
“Des mots chair, des mots sang” c’était le titre (emprunté à Bernard Haillant), de l’article-hommage que j’aurais préféré ne jamais avoir à écrire. Six pages en ouverture du n° 40 de CHORUS (été 2002) :
“Avril noir, très noir, terrible pour la chanson francophone, notais-je : Bernard Haillant, Francis Lemarque, Pierre Rapsat puis Sylvain Lelièvre nous ont quittés, sans prévenir, en l’espace de deux semaines ! Quatre grands amis de Chorus, quatre grands noms pour tous les amoureux de la chanson : deux Français, un Belge et un Québécois aux modes d’expression musicale aussi spécifiques que différents, mais unis par un même esprit de simplicité, d’ouverture, de fraternité et de solidarité. Par un même talent, surtout, scandaleusement méconnu ou à jamais populaire, mais un talent immense…”
Un grand monsieur, un grand artiste ...
Sourire aux lèvres .. le coeur plein de rêves ... pleins de rêves ...
Merci .
Lionel
Vous permettez, monsieur ?...
Bien sûr que je permets, et avec plaisir. Tout ce qui pourra alimenter la mémoire de Pierrot (comme nous avons tenté d'alimenter des années durant, de son vivant, sa découverte en France avec Paroles et Musique dans les années 80 et Chorus ensuite) est le bienvenu. Bravo donc et merci à vous.
Adamo ... qui a chanté Les rêves sont en nous en 2007 :)
Merci :)
J ai un exemplaire de Paroles et Musique de 1987 special "printemps de Bourges" comme neuf ou l on parle de Pierre :)
:) bonne fin de journée.
Oui, il s’agissait du n° 69 d’avril 87 de Paroles et Musique qui comprenait notamment des rencontres avec Malavoi, Rita Mitsouko, Thiéfaine, Pascal Mathieu et… Pierre Rapsat. C’est d’ailleurs l’occasion de le citer ici à propos du Grand Jacques. En effet, lors de cette rencontre précédant son passage au Printemps de Bourges, nous lui avions posé cette question : « Quand tu t’es produit à Forest National pour cet inoubliable concert en mai dernier [1986], tu as conclu avec “Le Plat Pays” de Brel, chanté a cappella. Alors, Rapsat est le nouveau Brel, la liaison est évidente ? »
Et voici quelle fut sa réponse :
« Je crois qu’il faut faire très attention à ce genre de comparaison. Il y a eu un Brel et il n’y en aura plus jamais d’autre ! Il était unique dans son genre et c’est pour ça qu’il traversera le temps, c’est un auteur-compositeur-interprète-cinéaste, un pilote, un navigateur extraordinaires. Je refuse catégoriquement cette étiquette de “Brel 87”. Je n’ai jamais écrit, je crois, un texte comme lui les écrivait, et si j’ai chanté “Le Plat Pays” ce jour-là, c’est parce que l’émotion était là et que j’étais belge et que je chantais devant un public de chez moi. C’était bien dans ces circonstances exceptionnelles de lui rendre hommage en chantant une chanson qui parle de mon pays. J’aurais pu chanter “Amsterdam”, non en fait, j’ai voulu chanter notre pays à nous et une chanson d’un francophone qui parlait de la Flandre, parce que tout compte fait, le Plat Pays, c’est aussi la Wallonie quelque part… »
CQFD : Brel était unique et c’est pour cela qu’il a traversé le temps. Bien vu, encore une fois, ami Pierrot. Tu nous manques…
Eh bien merci, Valérie. J'attendais tout comme vous que quelqu'un donne la bonne réponse (voir votre commentaire n° 28)... mais en vain. Comme quoi il y a encore à faire en matière de défense et illustration de la chanson. De la très belle chanson... Et c'est tant mieux. Saluez Bruno de ma part (nous l'avons régulièrement suivi avec Paroles et Musique puis Chorus, à travers trois décennies), d'autant plus que nous avons quelques points forts en commun...
Effectivement, c'était Classique 21 ,radio belge de la RTBF que l'on reçoit très bien dans le nord de la France et qui rend hommage à Pierre toute cette semaine (surtout le 15 avril ?)et qui permet aux auditeurs de jouer pour gagner l'intégrale de ses titres (par SMS) ! Comme je conduisais cela n'a pas été possible mais promis je recommence demain ,son talent mérite bien qu'on arrête le temps ...
En plus j'en ai assez que ma fille manipule mon portable pour passer ses chansons en boucle (en particulier Aurore )et tout cela à cause de vous ! Je plaisante c'est plutôt l'inverse :une drôle d'impression d'avoir réussi quelque chose aujourd'hui grâce à vous .Merci !
J'avais commandé son double CD " tous les rêves" directement en Belgique. Et j'ai découvert un artiste que je ne connaissais assez mal, dont les chansons m'ont interpelée.
Je regrette qu'il n'y aie pas les textes dans le livret.
Oui, Annie, comme il s'agit d'un album en public, les producteurs ont choisi de proposer plutôt un livret-photos du concert, sachant que les textes figuraient déjà dans les albums originaux en studio. Il n'en reste pas moins que ce disque, un double album de vingt-quatre titres, est absolument magnifique dans le fond comme dans la forme. Merci de m'avoir fait confiance.