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  • : SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • : Parce que c’est un art populaire entre tous, qui touche à la vie de chacun et appartient à la mémoire collective, la chanson constitue le meilleur reflet de l’air du temps : via son histoire (qui « est la même que la nôtre », chantait Charles Trenet) et son actualité, ce blog destiné surtout à illustrer et promouvoir la chanson de l’espace francophone ne se fixera donc aucune limite…
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  • Fred Hidalgo
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.

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9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 18:20

Du Plat Pays à la Terre des Hommes


 Jacques Brel, mort à 49 ans, en avait 45 lorsqu’il a pris la mer le 24 juillet 1974 pour réaliser un rêve d’enfance : faire le tour du monde à la voile. On le sait – je l’ai raconté dans L’aventure commence à l’aurore –, le projet a tourné court lorsque Brel a posé le pied sur « l’île en partance » dont il rêvait aussi « depuis l’enfance ». Hiva Oa, archipel des Marquises. Quarante ans pile après qu’il eut largué les amarres, on espérait que l’Askoy, son voilier échoué sur les côtes de Nouvelle-Zélande, rapatrié en Flandre et restauré depuis, pourrait être remis à l’eau et, pourquoi pas, remettre le cap sur cet archipel du bout du monde, le plus isolé au monde… Où en est-on ? Que s’est-il passé ce 24 juillet à Anvers ? Si ça vous chante d’en savoir plus, je vous invite à embarquer pour un nouveau voyage du Plat Pays aux Marquises, en collaboration (du 11 au 14 août) avec France Culture…
  

Brel-dinghy-copie-1.jpg

Quand l’Askoy mettra les voiles

24 juillet 1974-24 juillet 2014… Je l’avais laissé entendre dans mon précédent article consacré aux aventures de « Jacbrel », comme on l’appelait là-bas : ses amis et plus particulièrement les Askoyers (autrement dit le groupe d’amateurs-promoteurs de l’Askoy, auquel j’ai le plaisir d’être associé), ceux et celles qui suivent de près l’incroyable épopée de la restauration de ce bateau (après qu’on l’eut retrouvé en piteux état – il ne restait plus que sa coque –, enfoui sur une plage de Nouvelle-Zélande où une tempête l’avait fait s’échouer), espéraient que celui-ci pourrait être remis à l’eau cet été pour marquer symboliquement ce quarantième anniversaire.
  

Askoy.jpg

Les circonstances et surtout le manque de moyens ne l’auront pas permis : les voiles sont toujours en attente d’être confectionnées… Un comble, ou plutôt un clin d’œil malicieux du destin, puisque les maîtres d’œuvre de cette restauration (une entreprise purement philanthropique, je le rappelle, qui ne bénéficie d’aucune aide officielle ; Staftout comme la restauration du Jojo, l’avion de Brel, a été à Hiva Oa le fruit d’une chaîne fraternelle de solidarité) ne sont autres que les fils de Johan Wittevrongel, le spécialiste flamand auquel Jacques Brel, justement, avait commandé ses voiles !

Piet et Staf (diminutifs de leurs prénoms) nous avaient cependant donné rendez-vous ce 24 juillet, après nous avoir ainsi, discrètement et humblement, prévenus : « Quarante ans après l’appareillage de Jacques Brel sur l’Escaut, la restauration de l’Askoy avance plus lentement que prévu. Doucement donc… mais sûrement (voir notre site “Save Askoy II”) : nous espérons naviguer bientôt avec l’Askoy, ayant retrouvé toute sa gloire, l’an prochain sans doute, peut-être à l’occasion de l’anniversaire de Jacques, le 8 avril 2015.

» En attendant, nous voudrions vous inviter à Anvers ce 24 juillet 2014 à 11 heures à une petite cérémonie, à l’endroit où l’Askoy est restauré (Imalsosluis Thonetlaan 131, 2050 Antwerp), où nous inaugurerons un petit mémorial adapté, lui souhaitant un bon voyage… »
   

Askoy-Ancre.jpg

Le 24 juillet 1974, Jacques Brel larguait, concrètement, les amarres. Mais surtout il rompait complètement avec ses vies antérieures de fils de bourgeois, de chanteur et de comédien. Ce jour-là, naissait un aventurier libertaire, marin au long cours (avec les traversées de l’Atlantique et du Pacifique) puis pilote (au grand cœur) dans les mers du Sud. Un Don Quichotte en chair et en os, ce héros idéaliste et altruiste auquel il vouait depuis toujours une grande admiration, comme il le confiait ici (à Michel Polac) sur son premier voilier, l’Albena (un ketch de quatorze mètres, contre 18 pour l’Askoy), dix mois précisément avant qu’il n’incarne l’Homme de la Mancha à la scène.  

 

  

Ne croirait-on pas – vu ce que l’on sait aujourd’hui de son parcours ultérieur, des risques pris pour défendre « la veuve et l’orphelin » aux Marquises, parfois au péril de sa vie – que Jacques Brel parle (inconsciemment) de lui-même ?! « Ce refus systématique d’accepter la réalité, j’aime ça… Il m’a un petit peu cautionné, cet homme… alors, obligatoirement j’ai une tendresse pour lui… Et puis il y a ce côté : il repart… Don Quichotte repart. Il ne souffle jamais, cet homme… Il meurt, c’est sa seule façon de souffler. Il se relève, il continue… Il redémarre et c’est ça qui est fantastique. »
 
Depart-Brel.jpg  

La grande traversée de l’Aranui

Aujourd’hui, le souvenir qu’il laisse aux Marquises est impérissable, même si les Marquisiens, discrets par nature à son sujet (par respect envers ce qu’il souhaitait lui-même) autant qu’ils sont accueillants, n’en parlent pas volontiers au premier venu. Mais surtout il suscite de nouveaux « pèlerinages »… Ainsi, le grand reporter de France Culture, Jean-Paul Taillardas, a-t-il fait le voyage aux Marquises, en avril dernier. Et comme il s’agissait d’en tirer une série estivale de l’émission « La Grande Traversée », il a élargi son sujet aux différentes îles de l’archipel. Choisissant d’utiliser en fil rouge l’Aranui, le cargo mixte qui relie Tahiti aux Marquises une fois par mois environ, « comme un cordon ombilical entre les îles », nous avait expliqué son capitaine. « L’idée, précise Taillardas, est d’accompagner l’équipage de l’Aranui au long de son périple. Elle est aussi de rencontrer nos lointains concitoyens marquisiens qui, malgré les contraintes de l’isolement, affirment une exubérante joie de vivre. Elle est enfin de montrer comment ils se réapproprient une culture qui, du haka au tatouage, en passant par la sculpture, a essaimé au-delà de la Polynésie jusqu’à l’île de Pâques et Hawaï. »
  

Ua-Pou.jpg

L’Aranui, aujourd’hui rendu à sa troisième mouture, n’était du temps de Jacques Brel qu’une « goélette ». C’est ce bateau qui ravitaillait les îles, c’est par lui par exemple que le Grand Jacques avait fait venir depuis Papeete l’orgue électrique sur lequel, outre sa guitare, il allait composer les chansons (et chefs-d’œuvre) de son futur et dernier album… Entre deux bières partagées avec « le Chinois », le patron « du » magasin d’Atuona, dans la rue principale, où, trois quarts de siècle plus tôt, allait déjà s’approvisionner Paul Gauguin.
  

MagasinGauguin

Quatre émissions au total sous le titre générique « Marquises, Terre des Hommes », chacune de près de deux heures, vont être diffusées quotidiennement, entre 9 heures 09 et 11 heures du matin, du lundi 11 au jeudi 14 août. Et la deuxième, « L’Aranui d’île en île », propose des témoignages d’anciens amis de Jacques Brel, ou des documents comme celui du maire de Ua Pou (et président de la communauté de communes des Marquises) Joseph Kaiha, interprétant au chant et à l’ukuléle, de façon aussi prenante qu’émouvante, la chanson du Grand Jacques devenue depuis sa mort une sorte d’hymne officieux des Marquises…  

 

 
Une émission qui se prolonge ensuite, pendant une heure, par une table ronde autour de Jacques Brel, avec Charley Marouani, qui fut d’abord son impresario puis son ami fidèle à la vie à la mort, et votre serviteur. Débat enregistré il y a quelques semaines...
  

Hidalgo_Marouani-France-Culture.jpg

Voici l’affiche de ces quatre émissions à ne pas manquer, si toutefois vous avez le cœur marin et la tête dans les étoiles :
Lundi 11 août : « Aranui, un navire qui descend du ciel. »  
  


Mardi 12 août : « Aranui, d’île en île » (avec table ronde sur Jacques Brel en seconde heure).
 Mercredi 13 août : « La culture marquisienne. »
 Jeudi 14 août : « Fatu Hiva, la marquise des Marquises. »
        

 
La bande-son de L’aventure

D’autre part, puisqu’il est question de radio, de son et de chansons, il me plaît de partager ici l’initiative totalement spontanée d’un (très) aimable lecteur, Emmanuel Guilloteau, par ailleurs directeur de médiathèque. Une somme improbable de travail qui lui a réclamé forcément beaucoup de temps, de minutie et de patience : la mise en ligne de « la bande-son » de mon ouvrage. C’est-à-dire de toutes les chansons (et musiques) citées au fil des pages, ou du moins de tous les titres qu’il a pu trouver en écoute légale (il doit en manquer seulement une douzaine). Voici comment il a lui-même expliqué cette initiative : « Aux biographies musicales, il manquera toujours le son pour illustrer les propos de l’auteur. Alors, pour ne pas aller à gauche et à droite et faire d'interminables recherches, et pour un plus grand confort de lecture, voici la bande-son chronologique du livre L’aventure commence à l’aurore de Fred Hidalgo, ou l’aventure si humaine de Jacques Brel aux Marquises. Plus d'une centaine de titres en écoute. Bonne lecture et bonne écoute ! »

Plus de sept heures trente d’un bout à l’autre ! Et plus de 120 titres, en fait, qu’on peut écouter mieux qu’à la radio, dans l’ordre où ils sont cités ou individuellement. La plupart sont évidemment de Jacques Brel, mais on y trouvera aussi ceux, également évoqués dans l’ouvrage, qui sont en rapport avec lui (Antoine, Aubret, Aznavour, Barbara, Bee Gees, Brassens, Caussimon, Dassin, João Donato, Ferrat, Ferré, Escudero, Gréco, Terry Jacks, Lévesque, Paola, Perret, Peyrac, Renaud, Salvador, Serrat, Souchon, Thiéfaine, etc.). Alors, si ça vous chante de lire ou de relire le livre en écoutant « ses » chansons, en situation, n’hésitez pas : pour un petit CLIC ici, je garantis une grande claque ! Et si ça vous chante, ne manquez pas de faire chorus…
  

Tahuata

NB. Je profite de l’occasion pour apporter une réponse collective à des demandes individuelles régulières : oui, je peux (vous) dédicacer un livre (avec grand plaisir) et (vous) l’envoyer rapidement par correspondance… à son prix normal (frais de port offerts pour la France). Il suffit pour cela de nous contacter en cliquant sur cette adresse mail.


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Published by Fred Hidalgo - dans Reportages
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commentaires

RIBANO Jean Claude 22/01/2015 17:33

Bien plus qu'un homme Jacques BREL : Un existentialiste, un humaniste, un philosophe doté d'une conscience politique que beaucoup ignoraient, clairement révélée dans son dernier album. Un
exemple...Que dis-je, un modèle dans ce monde déshumanisé...

Non, Jacques Brel n'est pas mort. Six pieds sous terre il frère encore !

barbara 18/08/2014 08:38

La maison d'amour perd son pingouin il s'est pris les pattes dans la banquise. Marie est bien seule maintenant en Provence.Champs d'amour et chants d'amitiés et tous ensemble parlons d'avenir et
d'amour.
Triste nouvelle.

Fred Hidalgo 11/08/2014 20:06

Voici déjà, dans le commentaire ci-dessous, le lien activé pour écouter ou réécouter à votre convenance (en podcast), la première émission de "La Grande Traversée" de France Culture consacrée aux
îles Marquises (diffusée ce lundi 11 août) ; à commencer par le trajet Papeete-Nuku Hiva à bord de l'Aranui.

Fred Hidalgo 11/08/2014 20:15



"Aranui, un navire qui descend du ciel", émission à écouter ici :


http://www.franceculture.fr/emission-grande-traversee-marquises-terre-des-hommes-aranui-un-navire-qui-descend-du-ciel-2014-08-11


 



Emmanuel Assante 10/08/2014 10:59

J’ai toujours eu pour Fred Hidalgo une certaine admiration ! Je l’ai croisé quelques fois sans oser l’aborder, notamment à l’époque de “Paroles et Musique”, de certains Printemps de Bourges. Cet
article me confirme que FH est un honnête homme et un véritable passeur.
Mes salutations les plus sincères !!!

Myreille Bédard 10/08/2014 10:58

Ton livre sera ma lecture de vacances dans les prochains jours, cher Fred.
Très hâte de lire !!
Amitiés du Québec