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  • : SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • : Parce que c’est un art populaire entre tous, qui touche à la vie de chacun et appartient à la mémoire collective, la chanson constitue le meilleur reflet de l’air du temps : via son histoire (qui « est la même que la nôtre », chantait Charles Trenet) et son actualité, ce blog destiné surtout à illustrer et promouvoir la chanson de l’espace francophone ne se fixera donc aucune limite…
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  • Fred Hidalgo
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 17:00

Ne chantez pas la mort (2/3)

 

Comme Jean-Claude Darnal, Ricet Barrier ne songeait pas à faire carrière dans la chanson. Né en région parisienne, il se destinait plutôt au métier de professeur d’éducation physique. il nourrissait pourtant, même inconsciemment, d’autres ambitions. « Après le bac, confiait-il à Serge Dillaz pour une rencontre-bilan de Chorus (n° 15), ma mère a tout de même consenti à m’emmener voir Félix Leclerc aux Trois Baudets. C’est lui, en fait, qui m’a donné envie de gratter de la guitare… ». Tout est parti de là. Près d’un demi-siècle de chanson. C’est le temps que la grande Faucheuse lui a concédé, avant de lui fixer à son corps défendant (« N’insistez pas, Stanislas… ») un ultime Rendez-vous, le 20 mai dernier.

 

 

À l’âge de vingt-trois ans, en 1955, il fait la connaissance de Bernard Lelou qui devient dès lors un compagnon de chansons inséparable (ils travailleront, paroles et musiques, en étroite complicité jusqu'à la mort de celui-ci en 1990), et c’est grâce aux Frères Jacques en particulier, qui interprètent Dolly 25 (la première des vingt et une chansons signées Barrier/Lelou qu’ils auront chantées), que Ricet Barrier se fait connaître. En 1958, son premier album (produit par Jacques Canetti) obtient le Grand Prix de l’académie du disque français : La Servante du château, La Java des Gaulois, Dolly 25, Le Crieur de journaux… Sa carrière est lancée, caractérisée par « une joyeuseté de bon aloi », famille Boby Lapointe. « Depuis quarante ans, écrivait l’ami Dillaz dans Chorus au printemps 96, ce fabuliste aux personnages pittoresques, tout droit sortis du petit théâtre de la vie, brosse à coups d’éclats de rire le portrait de notre société. »

Tout comme pour Darnal avec son dernier album, Chorus chercha à rafraîchir les mémoires en promouvant et en offrant à ses abonnés, en accord et en collaboration avec Ricet et son épouse, trois de ses albums dont une compilation, le Disque d’or (Les Spermatozoïdes, Les Vacanciers, L’Enterrement, Isabelle v’là l’printemps, Stanislas/Rendez-vous, La Java des hommes-grenouilles, Eh ! la Marie, Y a plus d’sous – une chanson plus que jamais d’actualité !) et les deux derniers, celui de 1991 (vingt titres de Faut qu’ça plaise à Thérèse à Trompet’ Spleen) et le superbe digipack double (Ricet Barrier tel quel) enregistré en décembre 1994 à la Maison de la Chanson de Québec, ex-Théâtre du Petit-Champlain où il avait fêté en 1988 ses trente ans de métier, à l’initiative, tiens tiens, d’un certain Pierre Jobin. Quand je vous dis qu’il n’y a pas de hasard...

L’an dernier à Montauban, où l’on célébrait les vingt-cinq ans du festival, l’une des « découvertes » d’Alors… Chante !, Manu Galure, avait choisi d’interpréter Les Spermatozoïdes de Ricet, son grand classique, une merveille d’humour et d’intelligence, rappelant que ce même festival lui avait fait « la Fête » en 1989. L’occasion alors, pour Si ça vous chante, de remettre à l’honneur « les Spermatos », sous-titrés 300 millions, dans leur version originale. À Chorus, l’auteur-compositeur avait confié l’origine de cette chanson qui s’était imposée d’emblée, en 1975, suite à une manifestation sanglante à la Bastille : « Maurice Fanon est arrivé au Port du Salut où je me produisais. Il était bouleversé. Dame, on déplorait des dizaines de blessés, un tué ! Là-dessus, on a gambergé sur la vie, la mort. L’idée des “Spermatos”, curieusement, est venue de cette discussion. Du hasard, de la série de miracles nécessaires à ce qu’on appelle la vie humaine… »

Vainqueur des 299 millions 999 999 autres spermatozoïdes de sa course personnelle à la vie à la mort, le dénommé Ricet Barrier (né Maurice-Pierre Barrier, le 25 août 1932 à Romilly-sur Seine) a pris définitivement la poudre d’escampette le 20 mai 2011 à Sainte-Christine, en Auvergne. Loin de la grande ville, il aimait à y cultiver son jardin personnel, entre deux séjours dans son pied-à-terre de La Chaux-de-Fonds où, il y a deux ans, fut réalisé le « portrait » suivant. Il avait alors 77 ans.  

 


Il y aurait évidemment beaucoup à dire, encore, sur lui (voir son SITE officiel) pour tenter simplement de retracer les grandes lignes de sa carrière, de La Mythologie (un album-concept pour les Frères Jacques) au Roman de Renart adapté en comédie musicale, en passant par l’anecdotique qui lui valut pourtant une renommée certaine : la voix qu’il prêta de 1964 à 1970 au personnage principal de la série télévisée, fort populaire, de Jean Tourane, Saturnin le canard… Mais le mieux à faire, aujourd’hui, c’est plutôt de l’écouter, lui. Dans ses chansons bien sûr, mais aussi dans la dernière interview qu’il donna le 3 mars 2011 à l’émission Carnet de notes de la Radio Suisse Romande, et dont Añe Barrier nous a fait l’amitié de nous informer.

Cet entretien d’une heure, entrecoupé de chansons, a été recueilli par Philippe Robin qui annonçait ainsi sa diffusion, le 19 août dernier : « Lorsque nous avons rencontré Ricet Barrier, nous l’avons découvert, comme toujours, accueillant, volubile, malicieux et bavard. Nous pourrions presque dire en pleine forme. Et puis, au cours de la discussion, autour d’un bon café, Ricet nous avouait qu’il avait perdu une vingtaine de kilos. La maladie nous était masquée par sa bonne humeur communicative, et son plaisir d’évoquer ses souvenirs à notre micro. Et puis, le 20 mai 2011, la nouvelle de son décès était publiée. Il aurait eu 79 ans le 25 août. Quelques jours après, Añe Barrier nous envoyait un message pour nous apprendre que notre interview fut la dernière de la vie du chanteur fantaisiste. » C’est cette discussion, « chaleureuse et animée », que l’on vous propose de découvrir aujourd'hui, en cliquant ICI.

ricet 
  

Entre autres souvenirs personnels, je garderai au cœur celui d’un déjeuner de fins gourmets avec lui et son épouse, qui ne s’acheva qu’au milieu bien sonné de l’après-midi : le temps qu’il me raconte toute son histoire, avec la bonne humeur et l’autodérision dont il avait le secret. Sur la même longueur d’ondes, nous refîmes le monde en mode rigolade. Le monde tout court… et celui de la chanson où certains sont beaucoup moins chanceux que d’autres, mais font souvent preuve de beaucoup plus d’humanité. Eh oui, Ricet, comme tu le disais toi-même (cf. On t’enterrera, olé !, 1973), « Ce sont toujours les meilleurs qui nous quittent les premiers. »

(À SUIVRE)

 

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Published by Fred Hidalgo - dans Hommage
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commentaires

Tilly Henry 10/09/2011 01:21


Claude Léveillée, Ricet Barrier! Nul besoin d'évoquer un quelconque "devoir de mémoire" pour ne pas les oublier, en tous cas en ce qui nous concerne. L'émotion ou le plaisir de réentendre leurs
chansons alors qu'elles n'ont pas pris une ride, suffit à les rendre éternels. Si je n'ai connu Claude que par ses chansons, j'ai pu découvrir Ricet dans la vie de tous les jours, en 1967, alors
qu'il venait faire réviser sa moto chez mon ami Henri Mignot, à Savigny/orge, mécano hors pair qui s'occupait aussi de ma BSA Gold Star. Même dans cet atelier, Ricet rayonnait d'humour et on s'est
boyautés quelques bons coups.
Merci aussi, Fred, de ces inclusions musicales qui donnent une dimension particulière au récit.
Henry


Manon 09/09/2011 02:57


Bonjour,

Un grand merci à mon ami Pierre Jobin pour m'avoir fait découvrir votre blog.

La prochaine édition du festival de Pierre; Limoilou m'en chante sera su 28 septembre au 1 octobre.

J'ai le privilège d'aider du mieux que je peux Pierre et espère le faire plus soigneusement dans un proche avenir car Pierre est le meilleur de menthor dans ce domaine de la chanson de parole.

Si ça vous chante, venez nous voir à Québec!

Bienvenu à vous.

Merci et au grand plaisir de vous mieux connaitre.

Manon


Françoise niel Aubin 06/09/2011 10:29


Bonjour !
Comme d'habitude, votre article est fort intéressant.
Je garde, moi, du bonhomme biens sûr, le souvenir du canard saturnin, car j'étais toute petite à cette époque.
Je suis assez troublée, je dois le reconnaitre, par la coïncidence des dates, du 26, qui revient toujours. C'est vraiment troublant.
Je relaie sur le forum des Françoises et de Thomas Fersen, bien sûr.
En espérant vous rencontrer prochainement.
Françoise.


Odile 06/09/2011 09:03


Tellement pressée de mettre un commentaire.
J'avais omis d'écouter l'enregistrement de l'émission du 19 août.
Heureusement Annie qui en parle , m'a permis de réparer cet oubli et moi aussi je n'ai pas vue cette heure passée.
Passionnant et hilarant! Sacré bonhomme!
Merci encore Mr Fred


ANNIE LAPEYRE 05/09/2011 20:54


Je n'ai pas vu passer l'heure, je viens de me régaler avec les chansons de Ricet Barrier, et j'ai écoute intégralement l'interview du 3 mars diffusée le 19 aout dernier.

Quel bon moment !! j'ai passé. J'étais morte de rire avec l'enterrement à la fin et m^me avant de temps à autres.

Des chansons originales, amusantes à souhait et bien construites en plus.

Dans la conjoncture actuelle, je me demande quel chanteur pourrait bien reprendre " Y a plus d'sous"

Après ce moment de plaisir, ces instants de joie, de rire, il serait temps d'aller manger.

Je sais je me répète en disant merci Fred à chacun de mes commentaires.

ANNIE