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  • : SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • : Parce que c’est un art populaire entre tous, qui touche à la vie de chacun et appartient à la mémoire collective, la chanson constitue le meilleur reflet de l’air du temps : via son histoire (qui « est la même que la nôtre », chantait Charles Trenet) et son actualité, ce blog destiné surtout à illustrer et promouvoir la chanson de l’espace francophone ne se fixera donc aucune limite…
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  • Fred Hidalgo
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.

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Jean-Jacques Goldman, confidentiel
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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 16:49

Les « Découvertes » au cœur… d’Alors Chante ! 


Cela fera cinq ans, l’été prochain, que Chorus a disparu. Mais chaque printemps à Montauban, l’affiche d’Alors… Chante ! continue de faire chorus en associant artistes émergents et confirmés de la plus belle eau, offrant ainsi « un panorama riche et singulier de la chanson » qui s’exprime dans la langue de Molière. Revue de détail, du lundi 26 au samedi 31 mai, d’une édition qui fêtera les vingt ans des Ogres de Barback : la vingt-neuvième d’un festival où l’on se sent comme en famille…
  

 

 
Au départ, en 1986, celui-ci s’était donné – à la façon du mensuel Paroles et Musique avec lequel les dirigeants d’Alors… Chante !, son directeur Jo Masure en tête, ont souvent revendiqué une filiation d’esprit – une sorte de ligne éditoriale composée de trois critères essentiels : refléter la réalité de la chanson vivante, médiatisée ou pas ; saluer la carrière des grands de la chanson et leur faire « la fête » ; s’appliquer à déceler le meilleur des lendemains qui chantent et le donner à voir et à entendre au public et aux professionnels.

Avec le temps, le premier critère étant imprescriptible et le deuxième se heurtant à l’impitoyable « évolution » d’un métier qui, depuis une dizaine d’années, rend les carrières au long cours de plus en plus difficiles pour ne pas dire improbables, Alors… Chante ! s’est particulièrement attaché au renforcement de son troisième axe fondateur : les jeunes talents. 

 

 
Fini les « Fêtes à… » où l’invité(e) d’honneur se voyait célébré(e) par ses pairs lors d’une soirée finale, après qu’il (ou elle) avait assisté à toute l’édition, côtoyant les spectateurs au quotidien. Fini les grands moments partagés avec (par exemple) Hugues Aufray, Pierre Barouh, Leny Escudero, Léo Ferré, Juliette Gréco, Georges Moustaki, Claude Nougaro, Serge Reggiani, Pierre Perret… ou, pour les générations suivantes, avec Catherine Lara, Louis Chedid, Francis Cabrel, Laurent Voulzy, Renaud et ainsi de suite (sans parler de leurs amis présents, les Maxime Le Forestier, Allain Leprest, Kent, Nilda Fernandez, Romain Didier, Jean Guidoni, Juliette, Yves Jamait, etc.), jusqu’aux paris engagés avec certains représentants de la « relève » comme Bénabar, Sanseverino ou Renan Luce. Fini, oui, les fêtes collectives autour d’un artiste et place aux « Découvertes » de Montauban, avec un espace spécifique formalisé en l’an 2000.
  
 

 
Dès lors, douze artistes ou groupes sélectionnés par l’équipe de programmation se succédaient pendant la semaine de l’Ascension devant un parterre de curieux et de professionnels (parmi lesquels les directeurs d’une trentaine de festivals chanson de l’espace francophone rassemblés en fédération). En l’espace d’une douzaine d’années, le public a pu découvrir ainsi nombre d’artistes prometteurs, comme Agnès Bihl, Nicolas Jules, Bénabar, La Rue Kétanou, Franck Monnet, Jeanne Cherhal, Pierre Lapointe, Jamait, Camille, Thierry Romanens, Aldebert, Tom Poisson, Amélie-les-Crayons, Émily Loizeau, Karpatt, Khaban’, Catherine Major, Balbino Medellin, Renan Luce, Damien Robitaille, Daphné, Benoît Dorémus, Imbert Imbert, Barcella, Presque Oui, Mélissmell, Carmen Maria Vega, Zaz, Chloé Lacan, Zoufris Maracas, Liz Cherhal, bien d’autres encore, avant que les producteurs et les grands médias, pour les plus chanceux d’entre eux, ne s’y intéressent. Mais cette année, à la veille de sa trentième édition, le festival a mené une importante réflexion sur la question de ses découvertes, compte tenu de l’époque, « très mouvante, et de ses nouveaux enjeux ».
       
 

 
Le choix de douze artistes par édition restait-il pertinent, alors que « la chanson a changé, décalant petit à petit ses frontières vers d’autres genres musicaux » ? Jo Masure et son équipe ont donc décidé « de faire de la scène découverte le cœur du projet d’Alors… Chante ! à Montauban, en passant de 12 à 28 artistes et formations venant de la pop, de l’électro, du hip hop, de la chanson, mais tous et toutes rassemblés par la même langue qu’ils défendent. » C’est un pari, certes, qui ne connaîtra peut-être qu’un printemps, mais un pari assumé : « Certains n’existeront peut-être plus dans quelques mois ou quelques années, d’autres seront les futures têtes d’affiche des grands événements. Mais tous auront le mérite d’avoir participé au renouveau de la chanson et à son questionnement, ainsi qu’à la vitalité d’un festival fêtant sa vingt-neuvième année, donc encore très jeune… et pour longtemps encore. »
       
 

 

On le voit, l’optimisme est de rigueur à Montauban, malgré un contexte général plutôt déprimant : production en berne, tournées et fréquentation en baisse, peu ou plus de suivi des nouveaux talents encensés la veille et oubliés des médias et des tourneurs-producteurs le lendemain… L’absence d’une revue de référence capable d’assurer le suivi artistique, de faciliter l’évolution de carrière et de constituer le lien (indispensable) entre toutes les parties composantes de la chanson vivante – des mots pour lutter contre les maux – n’a pas fini de se faire (douloureusement) sentir.
   

 
Passons – provisoirement. Et revenons à nos moutons non pas de Panurge mais à ceux que s’apprête à recevoir le Tarn-et-Garonne, tous fièrement enracinés dans leur espace francophone. On trouvera le programme détaillé de l’édition sur le SITE du festival, que l’on peut toutefois résumer de la sorte, réparti en quatre lieux principaux. Au Magic Mirrors : vingt-huit nouveaux talents, donc, offerts à la découverte, à raison de quatre artistes ou groupes à partir de 14h30 et trois autres à partir de 21h30 ; soit, dans l’ordre d’apparition sur scène, français, belges et québécois confondus : Volin, Baptiste W. Hamon, Horla, Les Hay Babies, Minuit 6 heures, Bigflo & Oli, D-Bangerz, La Demoiselle inconnue, Chouf, Lior Shoov, Nicolas Michaux, Bagarre, Pendentif, Schlauberg, Ottilie (B), Bessa, Le Noiseur, Olivier Juprelle, Marvin Jouno, Av, Peter Peter, Eskelina, Martin Rahin, Auden, Estelle Meyer, Radio Elvis, Grand Blanc et Feu Chatterton.ay NaHay...
       

Cette année, les festivaliers (porteurs d’un passeport donnant droit à ces découvertes) et un large jury de professionnels (composé notamment des directeurs de festivals francophones), chargés de voter pour deux lauréats seulement (« Bravos du Public » et « Bravos des Pros »), ont du pain sur… les planches ! En fait, non (c’était juste pour le plaisir de la formule), rassurez-vous, les spectateurs, le festival ne vous obligera pas à jouer les stakhanovistes de la découverte (au risque de louper bien d’autres petits bonheurs aux mêmes heures) : désormais, en lieu et place des « Bravos » habituels, et quitte à n’assister qu’à une partie de cette programmation, le public et les pros n’auront d’autre obligation que de décerner des « Coups de cœur »... Logique, quand on a la découverte au cœur !

Au Théâtre Olympe de Gouges (à partir de 19h) : Strange Enquête (« Bravos Public » 2013), Les Innocents, Iaross (« Bravos Pros » 2013), Thomas Fersen en solo (ukulélé ou piano-voix), Des Fourmis dans les mains, Dominique Dalcan, Nevché (ex-Nevchehirlian) et Babx à qui l’on remettra sur scène le prix Raoul-Breton de la Francophonie (après Alexis HK l’an dernier).
     

 
Dans la grande salle d’Eurythmie (à partir de 20h) : Bensé puis Zaz, le mardi 27 mai ; Nathalie Natiembé (la Réunion), Giédré puis Les Ogres de Barback qui fêteront leurs vingt ans, le mercredi ; François & The Atlas Mountains, Jeanne Cherhal puis Renan Luce, le jeudi ; Florent Marchet, Gaëtan Roussel puis Jacques Higelin, le vendredi ; Cause Commune, S-Crew puis Fauve, le samedi.
 

Au Chapitô enfin, « Mômes en Zic », en matinée (10h) et en début d’après-midi (14h30), la programmation jeune public toujours très attendue : Les Frères Léon, Soul Béton, Virginie Capizzi, Les Frères Casquette, H2ommes, Vincent Malone, Weepers Circus, Pascal Parisot et Aldebert, à trois reprises (dont une « tous publics »), pour de nouveaux, contagieux et entraînants Enfantillages.
       
 

 

On notera enfin une nouveauté, à 12h15 (les 28, 29 et 30 mai), au Musée Ingres (où l’on trouve non seulement quelques-uns de ses tableaux mais aussi son fameux violon !) : une séance de lecture chansonnière par Christian Olivier. Sous le titre Chut, l’auteur-compositeur-interprète se propose en effet de nous dire des chansons bien connues pour donner à les entendre autrement. Partant du constat qu’« un chanteur sachant chanter sans chanter est un bon chanteur ! », gageons que l’exercice vaudra le déplacement jusqu’à la ville natale de l’auteur de La Grande Odalisque.
  

ChristianOlivier.jpg 

« C’est quoi une chanson sans musique ? » s’interroge le penseur des Têtes Raides. Un « sketch en vers » comme dit Fersen ? « Un skontch » selon Gilbert Laffaille… Un poème, dans le meilleur des cas ? Et une chanson sans texte, au fait ? C’est quoi ? Du bruit qui pense ? Une mélodie ? Une symphonie inachevée ? La réponse, peut-être, à Montauban où, quoi qu’il en soit, a cappella ou pas, le mot d’ordre reste inchangé : Alors… Chante !


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Published by Fred Hidalgo - dans Concerts et festivals
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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 11:42

La légende d’Hiva Oa

 
1929 : grand millésime pour la petite Belgique qui voit naître deux personnages appelés à devenir mondialement célèbres par leurs aventures, l’un arborant une houppe, l’autre inséparable de sa pipe… Mais un troisième, né le 8 avril de cette même année, n’aura besoin de personne, ni d’Hergé ni de Simenon, pour se forger lui-même un destin… et, au-delà de sa carrière exceptionnelle, pour vivre des aventures d’autant plus étonnantes qu’elles ne seront pas de papier. Quand la réalité dépassera la fiction, le navigateur au long cours devenu pilote au grand cœur, « là-bas, sous un ciel de corail » (où tout le monde l’appelait affectueusement Jacbrel, sans distinction de prénom ou de nom), surpassera le chanteur-comédien…


brel_Jojo.jpg
« Veux-tu que je te dise ? », ami amoureux de la chanson et admirateur de Jacques Brel, si je sais bien que « Gémir n’est pas de mise aux Marquises », j’aimerais néanmoins te confier l’impatience qui est la mienne, dans l’attente de pouvoir enfin partager la suite des aventures du Grand Jacques... Car si L’aventure commence à l’aurore, en 1974, au plat pays, elle se prolonge encore, en 2014, en Polynésie !

Inutile de revenir sur la raison d’être de ce livre – dont l’idée ne m’avait pas même effleuré auparavant –, sinon pour rappeler que son écriture s’est comme imposée à moi, après coup, tant il semblait indispensable et urgent de partager autant que possible les découvertes effectuées sur place, les informations et témoignages recueillis. La vie « d’après » de Jacques Brel, sa vie méconnue d’aventurier, éclaire en effet celle du chanteur d’un jour nouveau en crédibilisant totalement et définitivement son œuvre. Après les déclarations d’intention, les actes : une « chanson de geste » d’autant plus admirable qu’on ne lui connaît aucun équivalent.
  

Barbara – Gauguin (Lettre à Jacques Brel)


Bonheur, donc, d’offrir pour la première fois cette histoire-là en partage, et bonheur, ensuite, de constater que ce qui nous a touchés « là-bas » où sa voix « chante encore » (cf. la Lettre à Jacques Brel de Barbara) touche pareillement ceux qui en lisent le récit. Mais surtout, depuis, bonheur d’aller plus loin, beaucoup plus loin, dans ce voyage au bout de la vie, avec les anciens amis du Grand Jacques qui l’ont fréquenté durant ses trois dernières années, à Tahiti comme aux Marquises, à Punaauia comme à Hiva Oa... où la légende (comme le chantait le regretté Pierre Rapsat) est en marche.
  

Pierre Rapsat – La légende d'Hiva Oa

 

Depuis la parution du livre, en effet, ma satisfaction principale (voire mon principal motif de fierté) est d’être devenu proche… des proches de Brel aux antipodes. Nous n’arrêtons plus de converser, d’échanger des idées, de vérifier des informations, de les recouper et même d’échafauder des hypothèses sur ce qui aurait pu être le quotidien de « Jacbrel » (sobriquet phonétique sous lequel le connaissaient les Marquisiens, comme s’il s’agissait d’un patronyme en soi) une fois construite sa propre maison sur les hauteurs d’Atuona. Pourquoi ? Parce que chacun d’entre eux s’est déclaré heureux, ému même, de retrouver « le » Brel qu’ils ont connu, qu’ils ont été très peu à connaître d’aussi près, dans la vérité des choses et non dans l’artifice du spectacle (bien qu’une même sincérité, dans son cas, l’ait toujours accompagné à la ville comme à la scène).  

 

 
Bonheur, oui, d’avoir intégré le cercle restreint des amis du poète disparu. Mieux : ses membres me font à présent la joie (et l’insigne honneur) de me considérer comme leur confident privilégié s’agissant de Jacky le Polynésien. Tant et si bien qu’en l’espace de six mois, j’ai amassé nombre d’informations complémentaires sur son (modeste) mode de vie, ses paris (fous) d’aviateur ou son altruisme (exemplaire), des anecdotes aussi (souvent savoureuses), des documents (uniques) et même des lettres (éloquentes) qui ne demandent – avec l’accord des intéressés – qu’à être portées à la connaissance du plus grand nombre.

Tout au long de cette histoire, pendant que je la vivais ou la retranscrivais, je l’ai déjà dit, j’ai été interpellé par de curieuses coïncidences. Retrouvailles inattendues, passerelles improbables… Bizarre, vous avez dit bizarre ? Comme c’est bizarre. « Il n’y a pas de hasard, affirmait Eluard, il n’y a que des rendez-vous. » Justement, ne voilà-t-il pas que l’un des principaux personnages de la saga brélienne aux Marquises se révèle, par alliance, être l’un de mes parents ?! Un cousin de ma chère et tendre, laquelle a régulièrement fréquenté sa famille jusqu’à la fin de son adolescence… Pas croyable, c’est sûr... Et pourtant vrai : il a fallu que notre voyage accouchât d’un livre imprévu, puis que celui-ci fasse naître un dialogue nourri, malgré douze heures de décalage horaire, pour que cette parenté nous saute aux yeux ! « Ce n’est pas moi qui écris, note Charley Marouani dans son livre de souvenirs, c’était écrit... »




En annonçant l’automne dernier sur ma page Facebook un second tirage de Jacques Brel – L’aventure commence à l’aurore, je posais la question : « Deux sans trois ? Il n’en tient qu’à vous… » Depuis, une autre réimpression a bel et bien été effectuée avant les fêtes de fin d’année ; Askoy-haut-copie-1.jpgpreuve que l’histoire du Grand Jacques aux antipodes suscite autant d’intérêt que d’enthousiasme. L’histoire véridique d’un homme pétri d’empathie parti à l’assaut des moulins à vent du Pacifique… Le jour où Brel est mort, Brassens lui-même ne disait-il pas : « Ce n’est pas pour rien qu’il a fait L’Homme de la Mancha, c’est parce qu’il était un véritable Don Quichotte. Il l’était dans la vie. »

Aujourd’hui, ami amoureux de la chanson et admirateur de Jacques Brel, j’espère que le prochain tirage de l’ouvrage pourra donner lieu à une édition « revue et augmentée », intégrant l’essentiel des éléments inédits recueillis depuis six mois. En début d’année, j’avais même annoncé au site « Planète francophone » qui a consacré un long sujet au livre (sous l’angle « Bilan et perspectives ») que je travaillais d’ores et déjà à une nouvelle mouture…

À vrai dire, je bous d’impatience, tellement il est frustrant d’être à la tête d’une somme pareille d’informations (et de savoir qu’on est le seul à l’être !) et de ne point pouvoir en faire aussitôt profiter les autres… Peut-être à l’occasion d’un prochain épisode de la saga ? Si ce 8 avril est la date anniversaire de la naissance du Grand Jacques (lui qui disait que ça n’était pas la durée d’une vie, l’essentiel, mais son intensité, l’imagine-t-on à 85 ans ?!), c’est aussi et surtout le début du compte à rebours jusqu’au jour très attendu de la remise à l’eau de l’Askoy. En effet, « le voilier de Jacques » (comme l’a joliment chanté Jean-Roger Caussimon), rescapé des sables de Nouvelle-Zélande où il s’était échoué dans les années 90 et restauré depuis en Belgique, devrait reprendre la mer le 24 juillet prochain : quarante ans pile après que Jacques en eut levé l’ancre et largué les amarres avec sa fille France et sa compagne Maddly pour mettre – à l’aurore – le cap sur l’aventure !


D’ici là, sans vous commander bien sûr, quelques précisions à partager autour de vous – si ça vous chante ! –, histoire de répondre collectivement à de nombreux messages faisant état de la difficulté à trouver désormais l’ouvrage en librairie. Le monde de l’édition est ainsi fait, aujourd’hui, qu’un livre – même bénéficiant d’un réel succès d'estime – se voit vite remplacé dans les étagères par plus récents que lui. Seuls échappent à ce système de cavalerie les best-sellers et autres nouveautés « vues à la télé »… 

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Alors, qu’on se le dise : pour n’être plus visible en magasins, L’aventure commence à l’aurore reste bel et bien disponible – dans les meilleurs délais – sur commande chez votre libraire (via l’éditeur, les bien-nommées Éditions de l’Archipel), ou en ligne dans les différents sites de vente par correspondance. Notamment chez : Amazon ; Chapitre ; Decitre ; Dialogues ; Fnac, Le Furet du Nord ; Mollat ; ou encore Archambault (Québec). Disponible également en numérique, en « e-book », chez Google ; Kobo ; Les Libraires ; Numilog, etc. Il n’y a vraiment que l’embarras du choix. Cela dit, n’attendez pas pour le commander (ou le recommander à vos amis) la parution d’une éventuelle édition augmentée, car celle-ci – encore hypothétique et de toute façon lointaine – est forcément conditionnée par l’épuisement des stocks actuels... Condition sine qua non pour tout éditeur.

En cette attente (du moins je l’espère), je reste à votre entière disposition – et avec grand plaisir – pour répondre à toute demande d’envoi d’exemplaires dédicacés (en l’adressant ICI). Pour répondre à vos questions aussi (ou simplement prolonger la conversation) sur cette quête qui a mené « Jacbrel » jusqu’à l’archipel le plus isolé au monde ; l’histoire d’un homme qui tourna le dos à la gloire pour réaliser son « impossible rêve » : transformer une vie d’artiste en destinée d’exception. La légende d’Hiva Oa ne fait que commencer. À suivre !

 ____________

NB. Pour rappel, je propose une conférence illustrée, complémentaire du livre, sur « la fabuleuse histoire du Grand Jacques aux Marquises » : précisions et comptes rendus sur mon site, rubrique « Conférences », ou sur ce blog (cf. « L’Echappée Brel »)... si ça vous chante.


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Published by Fred Hidalgo - dans En bref et en vrac
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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 19:42

« Machado dort à Collioure »… depuis 75 ans


Louis Aragon lui rend hommage dans Les Poètes, mis en musique et chanté par Jean Ferrat : « Machado dort à Collioure / Trois pas suffirent hors d’Espagne / Que le ciel pour lui se fit lourd / Il s’assit dans cette campagne / Et ferma les yeux pour toujours... » C’était le 22 février 1939. Soixante-quinze ans plus tard, j’y étais.  

 

 

« Hasard ? Destinée ? Simples coïncidences ? La question est posée… » écrivais-je ici même il y a trois ans à propos de Giuseppe Caliciuri et d’Alfredo Hidalgo. Après avoir survécu aux principales batailles de la guerre d’Espagne, le grand-père de Cali et mon père, l’un combattant des Brigades internationales et l’autre commandant dans l’armée républicaine, allaient en effet se retrouver (sans se connaître) à Vernet-les-Bains, petite cité célébrée par le chanteur catalan dans son dernier album studio. Plus étonnant encore : selon toute vraisemblance, c’est l’arrière-grand-père de Cali, Alexandre – photographe à Prades (et de Pablo Casals en particulier) – qui fixa sur la pellicule le passage de mon père à Vernet (comme de tous les officiers de l’armée républicaine, regroupés d’abord dans ce village au pied du Canigou, en février-mars 1939, avant d’être internés le long du littoral roussillonnais). Mon père fut parqué ainsi au camp d’Argelès avec ceux de Leny Escudero et de Paco Ibañez… Curieuses destinées croisées d’étranges étrangers, comme disait Prévert.

 Après s’être évadé d’Argelès puis du camp de Saint-Cyprien, arrêté une seconde fois par la police, il fut alors mis aux fers (et au pain sec) dans la forteresse de Collioure, l’ancien Château des Rois de Majorque, si chargé d’histoire, où le régime d’alors embastillait les plus « récalcitrants » des républicains espagnols ou membres des Brigades internationales jugés dangereux pour la sécurité nationale… Et c’est à Collioure justement (rendue plus heureusement célèbre dans la première partie du vingtième siècle par les peintres Derain, Matisse et autres inventeurs du fauvisme), que le 28 janvier 1939 était arrivé Antonio Machadol’un des plus grands poètes de langue castillane, parvenu au bout du chagrin et du chemin que jamais plus il nous est donné d’emprunter à nouveau. « Caminante no hay camino / Se hace camino al andar… »

 Là, totalement dépourvu de moyens de subsistance (ayant dû tout abandonner en cours de route, y compris ses derniers manuscrits), des gens de cœur lui proposèrent de s’installer dans une pension de famille, la maison Quintana, avec son frère Jose, sa belle-sœur Matea, sa mère Ana âgée de 88 ans et un ami écrivain, Corpus Barga, qui l’avaient accompagné dans l’exil. Mais épuisé par l’exode, désespéré par l’inhumanité, il s’éteignit quelques semaines plus tard comme on souffle une chandelle... « Les vents du Sud soufflaient / Et l’homme entreprit son voyage / Son orgueil, un peu de foi et un arrière-goût amer pour tout bagage... / Ni prophète ni martyr Antonio ne voulut être / Il fut pourtant un peu des deux, sans l’avoir voulu... / […] Le poète mourut loin de son foyer / Il est recouvert de la poussière d’un pays voisin… » rappelle Joan-Manuel Serrat dans sa magnifique chanson À Collioure.
  

 

 

Ce 22 février 1939, âgé de 64 ans, Antonio Machado léguait à la postérité une œuvre exceptionnelle, et pourtant d’une simplicité sans pareille, n’ayant d’égale que son humanisme. Les non hispanophones l’ignorent peut-être, mais « don Antonio » est l’auteur – entre tant et tant de merveilles (qu’il rassemblait sous le terme générique Cantares – autrement dit « Chansons ») – l’un des plus beaux poèmes du monde, peut-être le plus beau car le plus universel qui puisse être, Caminante no hay camino, d’où sont extraits ces quelques vers : 

Caminante son tus huellas el camino y nada más
[Voyageur, ce sont tes traces le chemin et rien de plus]
Caminante no hay camino, se hace camino al andar
[Voyageur, il n’y a pas de chemin, on trace son chemin en avançant]
Al andar se hace el camino y al volver la vista atrás
[En marchant on trace le chemin et en jetant un regard derrière soi]
Se ve la senda que nunca se ha de volver a pisar
[On voit le sentier que plus jamais on n’aura l’occasion d’emprunter]
Caminante no hay camino sino estelas en la mar…
[Voyageur, il n’y a pas de chemin, seulement un sillage dans la mer...]

Le voici, également mis en musique, adapté (la chanson reprend en fait plusieurs strophes de Proverbios y cantares, dont est tiré ce poème, complétées ensuite par le chanteur) et interprété par le même Serrat (dans un album, véritable chef-d’œuvre, entièrement consacré au poète en 1969, Dedicado a Antonio Machado, poeta), l’un des grands ACI espagnols des cinq dernières décennies : 

Nunca perseguí la gloria
[Je n’ai jamais cherché la gloire]
Ni dejar en la memoria
[Ni à laisser dans la mémoire]
De los hombres mi canción
[Des hommes ma chanson…]

Golpe a golpe, verso a verso
[Peu à peu, vers après vers]
Murió el poeta lejos del hogar
[Le poète est mort loin de son foyer]
Le cubre el polvo de un país vecino
[La poussière d’un pays voisin le recouvre]
Al alejarse, le vieron llorar
[Pendant qu’il s’éloignait, on le vit pleurer]
« Caminante, no hay camino, se hace camino al andar »
[Voyageur, il n’y a pas de chemin,
C’est en avançant qu’on trace le chemin]  

 


Quand enfin mon père a pu quitter Collioure, le poète était mort. Il avait été inhumé le 23 février, son cercueil drapé du drapeau républicain, dans le vieux cimetière du village, à deux pas de la Pension Quintana.Tombe Il y repose toujours, auprès de sa mère, Ana Ruiz Machado... qui le suivit à seulement trois jours de distance dans ce dernier voyage. Soixante-quinze ans plus tard, le 22 février 2014 – je l’ai raconté dans l’un de mes sujets précédents, « L’Échappée Brel » –, je donnais à deux pas de Collioure ma conférence sur l’histoire méconnue de Jacques Brel aux Marquises, lui qui s’était réjoui d’apprendre (et de chanter dans son dernier album) que Franco était « tout à fait mort ». Alors qu’un mémorial à la Retirada (l’arrivée des Républicains espagnols sur le sol français) était inauguré ce même jour à Argelès (en présence d’enfants et petits-enfants de combattants antifascistes de la guerre d’Espagne venus des quatre coins de l’Europe), je ne pouvais quitter cette magnifique région sans me rendre à mon tour sur les traces du poète bien-aimé…

      

 

Pour retrouver d’abord la pension Quintana, restée telle quelle depuis l’époque. Un hôtel-pension, aux allures de grande maison bourgeoise, où Antonio Machado vécut les trois dernières semaines de sa vie…

Plaque_Maison2.jpg

Et bien sûr, pour me recueillir sur sa tombe qui, à l’écart des autres, semble accueillir les visiteurs du petit cimetière du centre-ville ; si lourde de symboles… et si chargée d’affection presque palpable. (Mon père eut-il la possibilité, au printemps 1939, de venir lui confier la sienne ? Je ne le saurai jamais...)    

BAL 
Attenante à celle-ci, magnifiquement fleurie aux couleurs de la République espagnole dont la bannière est présente, une boîte à lettres qui a déjà recueilli des milliers de messages personnels (que la Fondation Machado de Collioure dépouille et classe soigneusement). Avec Félix Leclerc à qui l’on dépose des courriers sur sa sépulture de l’Île d’Orléans (ainsi que des souliers...), avec Jacques Brel à Hiva Oa, où les passants laissent des mots émouvants sur des galets ramassés sur la grève, voilà un autre grand personnage de notre belle histoire contemporaine, admiré pour sa bonté, son courage et son œuvre admirable, que l’on ne se résout pas à considérer comme absent. Et l’on continue de converser avec lui par-delà le temps et l’espace (puisque des courriers lui sont postés du monde entier)... 

En février 2009, pour les soixante-dix ans de sa disparition, Paco Ibañez – qui a mis ses Proverbios y Cantares en musique – était là, pour lui rendre hommage et le chanter…
  

PacoCollioure.jpg

 

 

Gravée dans le granit, outre les indications de naissance et de mort pour lui et pour sa mère (avec la précision « Mère du poète »), une simple strophe – la dernière – de son poème Retrato (Portrait) en guise d’épitaphe :
   

datesNM.jpg 

Y cuando llegue el día del último viaje,
[Et quand viendra le jour du dernier voyage,]
Y esté al partir la nave que nunca ha de tornar
[Et que soit prêt à partir le navire qui jamais ne revient]
Me encontraréis a bordo ligero de equipaje,
[Vous me trouverez à bord léger de bagages,]
Casi desnudo, como los hijos de la mar.
[Presque nu, comme les enfants de la mer...]
       

 

Usé par le chagrin et fatigué de n’apercevoir, derrière lui, que des cadavres sur des champs de douleur, la liberté et la fraternité foulées aux pieds par la barbarie, le poète vécut ses dernières heures au bord de la Méditerranée. Il repose parmi les fleurs et les vers qu’on continue de lui apporter dans sa dernière demeure. Comme un panthéon à elle seule des lettres espagnoles. Beaucoup plus en fait : ci-gît, sous une grosse dalle grise, loin des poètes de salon, un frère humain qui veille au songe d’un monde meilleur… et qui, aujourd’hui, a bien besoin d’êtres à sa (dé)mesure. Comme l’avoue Joan Manuel Serrat, de retour à Collioure dans le reportage vidéo que je vous propose de découvrir, il est très émouvant de se retrouver ici…

  

 

Enseignant dévoué, professeur de français, philanthrope, amoureux de la vie, solidaire et porte-parole des gens de peu et de bonne volonté, modeste et lucide (ô combien !), merveilleux auteur de cantares… « don Antonio » fut tout cela à la fois. Juste quelqu’un de bien. Un modèle d’homme. Grâce à ses écrits, que d’autres n’ont pas fini de chanter, il nous accompagne à jamais. « Le vrai tombeau des morts, a dit un autre poète, c’est le cœur des vivants... » 
  

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NB. Pour en savoir plus, ces liens sur l’histoire du poète jusqu’à sa mort à Collioure et sur la Fondation Antonio Machado qui, installée dans cette même ville, perpétue sa mémoire tout en encourageant les jeunes poètes actuels : 1. Machado à Collioure ; 2. La Fondation Machado de Collioure. Pour mémoire : la vidéo noir et blanc où Serrat chante En Collioure fut enregistrée en 1969 au Chili ; la vidéo où il chante Caminante, en duo avec Joaquin Sabina (et le public !), est relativement récente ; les fortifications que l’on découvre au début du reportage sur Machado à Collioure sont celles du Château Royal où plusieurs centaines de combattants républicains antifascistes furent embastillés sans procès par le gouvernement Daladier.

 

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Published by Fred Hidalgo - dans Hommage
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