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  • : SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • : Parce que c’est un art populaire entre tous, qui touche à la vie de chacun et appartient à la mémoire collective, la chanson constitue le meilleur reflet de l’air du temps : via son histoire (qui « est la même que la nôtre », chantait Charles Trenet) et son actualité, ce blog destiné surtout à illustrer et promouvoir la chanson de l’espace francophone ne se fixera donc aucune limite…
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  • Fred Hidalgo
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.

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Jean-Jacques Goldman, confidentiel
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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 11:11

Tri sélectif… à consommer sans modération

   

Déjà des centaines de disques proposés à votre attention par « l’échanson de la chanson », à travers quarante-cinq sujets publiés dans cette rubrique. En voici quatre dizaines supplémentaires en deux cuvées d’affilée : autant de crus recommandables, fruits d'une sélection aussi nécessaire que difficile à opérer. Pour le simple plaisir de continuer à s’abreuver à la dive bouteille de la chanson francophone. Pour l’amour de la chanson.

   

 

À mettre entre toutes les oreilles, c’est l’objectif. La méthode, elle, est tout aussi radicale, tant sont nombreuses les sorties remarquables, avec une liste de disques le plus souvent sans commentaires ou presque (sauf à y consacrer tout son temps, impossible pour un seul homme de les chroniquer tous en détail), mais avec un lien systématique vers le site de l’artiste, du groupe ou de l’album conseillé. Vous connaissez la musique (voir notre série des « Vendanges d’automne » 2010) : nous essayons de susciter votre intérêt à l’égard d’albums pour le moins dignes d’être écoutés, et vous faites le reste du chemin en allant picorer l’une ou l’autre chanson (voire plus si affinités) chez l’intéressé(e) en question.

Autrement dit, le travail de Si ça vous chante (important et délicat travail de « tri sélectif », comme dit Yvon Étienne – voir ci-dessous –, avec le risque à l’erreur qu’il suppose) se situe en amont ; le vôtre en aval. OK ? Alors, c’est (re)parti pour ces nouvelles « Vendanges d’automne », plus quelques rattrapages des mois précédents, un disque n’étant pas un produit périssable d’une saison à l’autre. Bien au contraire, il s’apprécie parfois davantage en prenant de la bouteille. « Dans ma maison, quand tu viendras, chante Gérard Morel (cf. le second volet), On t’accueillera / À cœur ouvert à tour de bras / Tu s’ras reçu comme un pacha / […] On goûtera / À mes meilleurs vins de syrah… » Allez, entrez, entrez dans ma maison d’amour et trinquons ensemble encore une fois à l’amitié, l’amour, la joie. Tchin !

 

• ALDEBERT : Les Meilleurs Amis
En 2010, Aldebert a célébré ses dix ans de carrière (voir « Alors... Chante ! »). Ce sixième album studio s’accompagnera à partir de février 2012 d’une tournée d’une centaine de dates qui passera le 31 mars par le Casino de Paris. Aldebert ? L’un des artistes les plus brillants et représentatifs – des plus sympathiques et solidaires aussi, ce qui ne gâche rien ! – de la « Génération Chorus ». 13 titres, 42’38 ; prod. Warner (site de l’artiste). 

 FRED ALPI : J’y croyais pas
Quatrième album d’un artiste rock aux convictions libertaires et au parcours atypique, qui montre qu’on peut très bien mettre en harmonie ses paroles (et musiques) avec ses actes. 15 titres, 55’44 ; prod. Nidstang, distr. Sed et Believe Digital (site de l’artiste).

 WLADIMIR ANSELME : Les Heures courtes
ACI mais aussi « dessinateur, vidéaste, truqueur et feuilletoniste », il signe là son troisième opus, sept ans après Deuxième round (et onze après Mauvaises herbes). 10 titres, 33’51 ; coprod. W.A./Atlas Crocodiles/Klakson, distr. L’Autre Distribution (site de l’artiste).

 ARCHIMÈDE : Trafalgar
Premier album d’un « groupe » formé des jeunes frères Boisnard (Nicolas aux textes et au chant, Frédéric à la musique et aux guitares). Affaire d’indignés bien dans l’air du temps, au plan musical y compris (ils étaient récemment en première partie de Thiéfaine à Bercy). 11 titres, 37’09 ; prod. Sony Music (site du groupe).

 DOMINIQUE BABILOTTE : En public…
Double CD et DVD d’un artiste au long cours, hélas trop peu connu. Interprète convaincant dans le CD1, Chante Reggiani, il redevient ACI tout de tendresse dans le second, Pianoviolonissimo, accompagné par trois excellents musiciens. Le DVD, lui, propose l’intégrale de ces deux spectacles. CD1 : 15 titres, 53’25 ; CD2, 12 titres, 54’49 ; prod. On tour un prod, distr. Coop Breizh (site de l’artiste). 

 DIDIER BARBELIVIEN : Mes préférences
Après tout un album dédié à Ferré (Léo, 2003), place à Barbara, Brassens, Ferrat (Jean de France), Nougaro et Trenet. Des hommages « à la manière de », que chacun appréciera comme il l’entend, un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout. Côté anglo-saxon, Barbelivien donne un coup de chapeau à Lennon, Elton John, Michael Jackson et Bob Dylan. Un DVD proposant une interview exclusive et des extraits d’émissions de TV et de clips complète cette espèce d’album concept. 16 titres, 57’42 + DVD ; prod. Sony Music (site de l’artiste)

 LIZ CHERHAL : Il est arrivé quelque chose
Quelle famille ! Après Jeanne, que Chorus accompagna avec constance dès ses premiers pas sur scène, voici Liz, la petite sœur dont on a déjà signalé ici le talent à suivre (voir « Les Affranchis de Chant’Appart ») depuis ses débuts avec le groupe Uztaglote. Dans ce premier album, qui est un petit bijou de bout en bout, elle signe quasiment tout : les paroles, les musiques, les programmations, elle fait les chœurs, assure la réalisation, la production… Ce qui ne l’empêche pas d’être entourée par une douzaine de musiciens et même une chorale. Un petit bijou, vous dis-je, un régal de premier album que bien des majors regretteront à son écoute de n’avoir pas signé ! 14 titres, 46’27 ; prod. Kalmia, distr. L’Autre Distribution (site de l’artiste).

 CRISTINI : Tenir debout
Troisième album « résolument folk et épique » d’un artiste « libre et définitivement engagé » à suivre de près. 10 titres (dont Bella ciao en v.o. à la coda), 35’10 ; autoproduit, distr. Dadii/SED (site de l’artiste).

 LILI CROS & THIERRY CHAZELLE : Voyager léger
Un duo d’amour et d’humour, farceur et charmeur, habitué à Voyager léger (voir leur vidéo « en cuisine » dans « Étoiles des neiges »). Guitares-voix, sax, clarinettes et autres « ustensiles de cuisine, guimbarde et légères bidouilles ». Leur tube ? Le Client d’Érotika (anciennement – puis à nouveau – Théâtre des Trois Baudets) où Gréco, Gainsbourg, Brassens, Vian, Brel et Leclerc se muent en vrais polissons de la chanson… Irrésistible. 10 titres, 37’22 ; autoproduction (site du duo).

 JAMES DELLECK : L’Impoli
Second album d’un presque quadragénaire qui s’éloigne des chapelles électro hip-hop de ses débuts pour « un ailleurs inventé » d’amour, d’humour et de colère. 13 titres, 44’29 ; prod. tôt Ou tard, distr. Wagram Music (site de l’artiste).

 JEAN-PAUL DEN : En harmonie
Un ACI belge au long cours, « un de ces artisans, soucieux de bel ouvrage, qui poursuivent leur petit bonhomme de chemin en dehors des modes et des pressions du show-business » (cf. Francis Chenot, Une autre chanson). 12 titres, 44’07 ; autoproduction (site de l’artiste). 

 

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 ROMAIN DIDIER : De loin on aurait cru des oies…
Paru au printemps dernier, trente ans exactement après son premier album, voici le nouveau Romain Didier concocté entre autres avec le fidèle complice Thierry Garcia à la guitare, David Venitucci à l’accordéon... et Allain Leprest pour le texte de quatre chansons (Mademoiselle sur le pont, Dans de beaux draps, Dieu existe-t-elle, Mon Monk). L’opus s’achève sur une superbe valse lente, « douce, comme un câlin de l’enfance / Pour ceux qui sur la pente / Glissent en silence » : « À ceux qu’la vie assigne / Au bas-côté / J’ai cet air-là, cette mélodie frangine / À chanter. » Et à reprendre en chœur… 13 titres, 39’21 ; prod. Le Chant du Monde (site de l’artiste). 

 DORIAND : Lieu-dit
Sollicité par des interprètes, il avait mis sa carrière d’ACI entre parenthèses. Le voici de retour (son premier album, Contact, date de 1997) avec de jolies chansons mélodiques, dans une famille d’esprit proche d’Étienne Daho. 11 titres, 38’40 ; prod. Doriand/Kwaidan, distr. Discograph (site de l’artiste). 

 YVON ÉTIENNE : Mes 68 chansons indomptables
En presque quarante ans de carrière, il a publié quinze albums pour la plupart épuisés aujourd’hui. Ce triple CD opère un « tri sélectif » parmi ses deux cents chansons enregistrées, en versions originales remastérisées. Avec « la seule chanson de Brassens traduite en breton » : An disclavierig (Le Parapluie). CD1 : Une dose de Bretagne, 24 titres, 76’28 ; CD2 : Une dose d’exotisme, 23 titres, 76’52 ; CD3 : Triple dose (« 50% de chansons d’amour, 50% de nostalgie, 50% de chansons à messages » !), 21 titres, 75’21 ; prod. Coop Breizh (site de l’artiste). 

 ÉVASION : Du vent dans les voix
Sixième album de ce quintette de jeunes femmes complices depuis l’enfance, d’origines culturelles et de langues diverses, qui vient de fêter ses vingt ans de spectacles. 13 titres, 37’41 + DVD du spectacle ; prod. Vocal 26 (site du label), distr. L’Autre Distribution. 

 EWEN, DELAHAYE, FAVENNEC : Kan tri men
Visage emblématique de la scène bretonne, ce trio composé de Patrick Ewen, Gérard Delahaye et Melaine Favennec achève avec ce nouvel album une trilogie folk, « drôle, surprenante et émouvante ». Acoustique explosive, répertoire trilingue et textes imprégnés de l’actualité. 13 titres, 55’36 ; prod. Dylie productions (site du label), distr. Coop Breih. 

 ZAZA FOURNIER : Regarde-moi
Second album de cette chanteuse ACI accordéoniste qui délaisse la gouaille des trottoirs parisiens de ses débuts pour évoluer vers un répertoire lorgnant sur le pop-rock. 12 titres, 45’36 ; prod. et distr. Warner Music (site de l’artiste). 

 ÉVELYNE GALLET : It’s my live !
Après deux albums autodistribués (Les Confitures en 2005 et Infidèle en 2009), voici le premier opus en distribution commerciale de cette chanteuse « volcanique » de la région lyonnaise. Un live intimiste qui reflète cinq ans de tournées et de chansons au vitriol, aux textes pour la plupart signés Patrick Font. 18 titres, 62’02 ; autoproduction, distr. MVS-Anticraft (site de l’artiste). 

 JEAN HUMENRY : Sans doute
On a rappelé dans ce blog (et dans le tout dernier numéro de Chorus) la carrière au long cours de cet artiste chaleureux que résume bien l’anthologie Aussi loin qu’ici (84 titres en 4CD) parue en 2009 à l’occasion de ses 45 ans de chanson. L’homme qui court dans sa tête poursuit donc sa route enchantée, contre vents et médias, bien qu’il assure rêver la fin de l’histoire : « Mais comment finira mon rêve / Est-il une fin dans l’au-delà / Se peut-il que je me relève / Dans le cri d’un harmonica ? » 15 titres, 63’19 ; prod. ADF-Studio SM (site de l’artiste).

 YVES JAMAIT : Saison 4
quichote_3.jpgDix ans de carrière, trois albums (le premier, De verre en vers, aussitôt repéré par Chorus en 2001), plus de cinq cents concerts pour quelque 400 000 spectateurs (voir « Génération Chorus »). Mais bien plus qu’à des chiffres, c’est à une tendresse à fleur de peau envers les « petites gens » que se résume le parcours de cet ex-stagiaire des Rencontres d’Astaffort. Cet opus n° 4, toujours réalisé par la même équipe artistique, offre une ampleur musicale nouvelle à la voix écorchée et à l’énergie brute de Jamait. Et la jonction s’opère totalement entre le fond et la forme. Sans hésiter, cette Saison 4 mérite un « Quichotte » de Si ça vous chante. 13 titres, 45’28, prod. Par Hasard Productions, distr. Wagram (site de l’artiste). 

 

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En attendant le second volet de ce sujet, rappelons que l’un des buts de Si ça vous chante est de provoquer le dialogue afin de compléter l’information apportée. Ne manquez donc pas de nous faire part – dans l’intérêt général – de vos appréciations sur l’un ou l’autre des disques retenus ici. Cette « maison d’amour » se veut la vôtre, pour autant qu’on partage le même amour – désintéressé et aussi éclectique que possible – de la chanson. Si c’est le cas, bienvenue chez vous… et faites chorus !

   

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 11:00

Trompe la mort (suite)

  

Brassens, on le sait, est probablement le chanteur d’expression française dont le répertoire est le plus souvent repris par ses pairs, en France et dans le monde, quelles qu’en soient la génération, la langue et le style musical. Entre autres nouveautés brasséniennes de cet automne – qui sont légion, comme à chaque fois que l’auteur de Trompe la mort revient sous les feux des projecteurs –, voici la sélection de Si ça vous chante.

 

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À chacun des dossiers de Paroles et Musique ou de Chorus que nous lui avons consacrés en l’espace de trente ans, un chapitre spécial (souvent signé Michel Trihoreau) était dédié au recensement puis à la réactualisation de ses interprètes, toujours plus innombrables, qu’ils s’expriment en chinois ou en hébreu comme dans la langue de Molière. Rien de tel ici, d’autant plus que d’autres le font maintenant très bien, sur papier (la revue Les Amis de Georges) ou sur le Net (la lettre Auprès de son arbre). Je m’en tiendrai donc à un choix extrêmement pointu et subjectif, non sans préciser que j’ai forcément échappé (à mon corps défendant) à nombre de nouveautés que j’aurais sans doute eu plaisir à présenter. Si les journaux précités étaient l’œuvre de toute une équipe, Si ça vous chante est la résultante d’un seul bonhomme…

   

 

En revanche – voilà une idée, qu’elle est bonne ! –, rien n’interdit aux brasséniens, brassenssophiles et autres brassenssomaniaques d’apporter en commentaires à ce sujet tous les compléments d’information qu’ils souhaitent, avec les références concernées. N’est-ce pas, depuis sa création il y a déjà près de deux ans (le 18 novembre 2009), l’un des objectifs affichés de ce blog de promotion de la chanson française et de l’espace francophone ? Compter sur ses lecteurs-auditeurs-spectateurs pour faire chorus et prolonger ainsi, dans l’intérêt général, le propos initial…

Bref, voici notre sélection brassenssophilique (ou brassenssophilesque ? brassenssonienne ?...) 2011, délibérément diversifiée et limitée, par ordre alphabétique. Pour en savoir plus sur chaque création et surtout pour en écouter des chansons et se faire soi-même sa propre idée, nous renvoyons au site concerné.

alcaz  

• ALCAZ & Georges B. : Vent fripon.
Dix chansons parmi les plus célèbres de Tonton Georges revisitées de façon plutôt swing par Vyvian Cayol et Jean-Yves Liévaux (qui signe également un instrumental). Contrebasse, batterie, saxophones, guitares et harmonica accompagnent leurs voix chaleureuses, éraillée et rock pour lui, claire et tendre pour elle. Alcaz ? Voir « Étoiles des neiges » dans ce blog. 11 titres, 39’07, Transformances Prod (site d’Alcaz).

     

 quichote_3.jpgArbatz• MICHEL ARBATZ (et Olivier-Roman Garcia) : Chez Jeanne (la jeunesse de Brassens).
C’est indéniablement la réussite la plus originale réalisée cette année en la matière. Et donc un « Quichotte » de Si ça vous chante. Plus qu’un album de reprises, il s’agit en effet d’une création qui marie pour le meilleur le répertoire de Brassens et les chansons spécifiques d’Arbatz avec des commentaires intercalés restituant avec pertinence la jeunesse du Sétois jusqu’à ses débuts. Superbe album et sans doute concert de la même eau (on connaît le talent du bougre : voir ICI la critique de son disque précédent, De A à Z, publiée en mai 2010 dans Si ça vous chante). 29 titres, 78’26, Production Zigzags (site de l’artiste).
 

Favreau.jpg• JOËL FAVREAU (et Jean-Jacques Franchin) : Brassens autour du monde.
C’est une réédition (l’original date de 2008), mais plus que bienvenue provenant de celui qui fut le guitariste de Brassens tant pour les enregistrements que pour les émissions télévisées à partir de 1969 (voir la vidéo de La Supplique dans ce blog). En l’occurrence, Joël Favreau (auteur-compositeur-interprète lui-même, hélas trop méconnu) a réalisé un vieux rêve avec son accordéoniste Jean-Jacques Franchin : « Jouer des chansons de Brassens avec des musiciens de tous les horizons, mêlant ainsi la structure musicale, les mélodies et les paroles de Georges à d’autres cultures traditionnelles. » L’album nous emmène en Nouvelle-Calédonie, au Liban, au Bénin et en Afghanistan, montrant, une fois de plus « à quel point les musiques de Brassens sont universelles et qu’elles sont ouvertes à tous les mélanges ». 11 titres, 40’10, prod. Le Sourire du chat/Le Chant du Monde, distr. Harmonia Mundi (site de Joël Favreau). 

 

affaire.jpg• L’AFFAIRE BRASSENS : éponyme.
Œuvre du quatuor composé de Jean et Pascal Bonnefon, Jacques Gandon et Patrick Salinié, L’Affaire Brassens (qui donne aussi son titre au groupe) est autant une jolie recréation de l’œuvre du bon Georges, à travers dix chansons bien choisies, qu’un hommage intelligent. Les quatre au chant et aux guitares sont accompagnés d’une contrebasse, d’une boîte à musique, de cordes diverses et d’une mandoline (jouée par Francis Cabrel sur un titre : c’est dire, quand on connaît l'admiration de celui-ci pour Brassens, la pertinence de ce projet). Et ça swingue d’une guitare l’autre et ça dialogue d’une voix l’autre et c’est un vrai régal ! Sur scène, le concept va plus loin, les quatre (bacheliers ?) étant convoqués devant un juge (la voix de Claude Villers, président du mythique Tribunal des flagrants délires de France Inter) pour expliquer en paroles et en musiques pourquoi ils chantent l'auteur sulfureux de La Mauvaise Réputation… Au final, du Brassens qui emprunte des chemins de traverse. 10 titres, 33’12, chez V.music (site du groupe).

 

 Brassens-CD• Autre parution à recommander, pour son originalité et le soin apporté à sa réalisation, le CD-livre Georges Brassens, Gare au gorille qui propose deux disques accompagnés d’un livret bilingue (français-anglais) avec illustrations d’époque de 36 pages. Le CD1 rassemble « ses premiers titres », soit 24 chansons de 1952 (La Mauvaise Réputation) à 1960 (Embrasse-les tous), plus un inédit jamais enregistré par son auteur, Le Bout du cœur, extrait de l’émission Télé Vichy (!) diffusée le 11 août 1954 par l’ORTF. Le CD2, lui, réunit « ses premiers interprètes » de 1953 à 1960, à savoir Patachou, Barbara, Les Quatre Barbus, Les Cinq Pères, Les Compagnons de la Chanson, Juliette Gréco, Sidney Bechet, Christian Méry, Pia Colombo, Michèle Arnaud, Michel Frenc et Joss Baselli. Compilation réalisée par Laurent Balandras (CD1, 25 titres, 68’07 ; CD2, 25 titres, 69’05), Discograph (site du label).
 
   

 Sermonte

• Cerise sur le gâteau, Jean-Paul Sermonte, créateur de la revue Les Amis de Georges (voir plus haut), nous offre un livre-CD intitulé Brassens et les poètes (versions originales des poèmes mis en musique, biographies de leurs auteurs, versions chantées par Brassens…) qui, pour être une nouvelle édition (revue et augmentée) du numéro spécial éponyme paru en 1998, n’en devient pas moins un ouvrage à ajouter à la bibliothèque idéale sur Brassens. D’autant plus que ce livre (cartonné, format 170 x 245 mm) s’accompagne d’un CD (42’) de poèmes commentés, dits ou chantés par Brassens, enregistrements tirés de l’émission Pirouettes de Georges Wargnier diffusée de septembre 1979 à juillet 1980 sur Europe 1. Ouvrage collectif sous la direction de Jean-Paul Sermonte, 128 pages, Editions Didier Carpentier.

___________

NB. Dans le prochain Si ça vous chante, le fruit d’une sélection des nouveautés discographiques du moment, nos « Vendanges d’automne » 2011… avant un grand reportage en plusieurs volets, sur les traces de… Mais chut, chaque chose en son temps.

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 10:00

« Il était une fois la chanson française », suite

 

Après l’exposition Il était une fois la chanson française, dont le texte était signé Marc Robine, voici 80 ans de chanson française, du microphone au MP3, un second volet écrit par Jacques Vassal qui réactualise et complète en quelque sorte le premier : en dix-huit panneaux retraçant l’histoire de la chanson francophone moderne, cette nouvelle exposition conçue et produite par Dazibao est appelée à tourner largement – et pour un bon moment – dans le circuit culturel de l’espace francophone.

 

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Dazibao accompagnait déjà Paroles et Musique dans les années 1980 en publiant, à l’attention des abonnés du mensuel, des cassettes audio (labellisées « La Chanson vivante ») destinées à favoriser la promotion des découvertes les plus intéressantes de notre équipe – parmi lesquelles, j’ai plaisir à le relever, bien des artistes devenus incontournables aujourd’hui. Toujours important de remettre les choses dans leur perspective historique, quand il s’agit de juger de la pertinence et de l’authenticité d’une démarche.

 

 

Quoi de plus naturel, dans ces conditions, que la conception et l’écriture de la première exposition de Dazibao, en 1998, aient été confiées à Marc Robine dont on connaissait les qualités d’historien de la chanson. Il faut d’ailleurs rappeler que, pour lui rendre hommage après sa disparition en 2003, le texte développé de cette expo (qui devait lui-même constituer les bases d’une grande histoire de la chanson française en plusieurs volumes) donna lieu à un ouvrage posthume, Il était une fois la chanson française, des origines à nos jours, chez Fayard/Chorus (2004).

 

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D’excellente facture, cette exposition n’a cessé d’arpenter le territoire francophone, des années durant, jusqu’à ce que le besoin de lui donner une suite se fasse sentir. Cette fois, Dazibao a confié à Jacques Vassal (ex-Paroles et Musique et Chorus, comme on le sait, ainsi qu’auteur tout récent du Brassens, homme libre dont on a signalé ici la rare valeur) le soin de synthétiser l’histoire de la chanson française contemporaine, autrement dit l’histoire de la chanson enregistrée, celle qui s’inscrit en effet entre la mise en service du microphone et l’invention du mp3.

 

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L’ensemble se décompose en dix-huit panneaux illustrés avec pertinence (photos de Francis Vernhet pour l’essentiel), chacun d’entre eux brossant un chapitre important de l’évolution de notre chanson ; celle de l’Hexagone bien sûr mais aussi de la Francophonie tout entière, et sans exclusive de genre musical. Disponible depuis la fin octobre, destinée en priorité aux bibliothèques, médiathèques, maisons de jeunes, instituts culturels et autres lieux de spectacles et festivals, elle s’adresse à tous les amateurs de chanson, peu ou prou connaisseurs, car elle fait œuvre de vulgarisation tout en présentant un large panoramique de la création, médiatisée ou pas.

   

 

Qu’on en juge par l’énoncé de ses différents « chapitres », après un panneau introductif résumant l’évolution de la chanson française depuis le Moyen Âge : 1. Un air de liberté (un son nouveau venu d’outre-Atlantique, avec l’essor de la radio et l’utilisation du micro) ; 2. Quand notre cœur fait boum ! (Charles Trenet, père fondateur de la chanson moderne) ; 3. Chantons sous l’Occupation (les heures sombres, entre souffrance et espérance) ; 4. À Saint-Germain-des-Prés (la chanson se réinvente sur un air de liberté) ; 5. La Galaxie Piaf (la chanteuse qui transcende son époque et révèle les talents) ; 6. Les « Exotiques » (la chanson française à l’écoute du monde) ; 7. Le règne des A-C-I (les auteurs-compositeurs-interprètes de Montmartre à la Rive Gauche) ; 8. La tornade jeune (de nouvelles idoles pour la génération du baby-boom) ; 9. L’après yé-yé : les survivants (sans les copains… de nouveaux amis) ; 10. Des carrières au long cours (ils ont résisté à l’âge et au temps) ; 11. Rire et chanson (le rire est le propre de l’homme, il l’est souvent, aussi, de la chanson : de l’art de brocarder les puissants, simples moqueries ou vrais cris de révolte selon l’air du temps) ; 12. Les années télé (les « variétés » vues à travers le petit écran) ; 13. Dans les marges du showbiz (une génération en révolte et en pleine recherche) ; 14. La « Nouvelle Chanson Française » (avec Alain Souchon en figure de proue) ; 15. La langue de chez eux (ailleurs qu’en France, on chante en français) ; 16. Un rock « made in France » (comment faire swinguer la langue de Molière) ; 17. La « Génération Chorus » (la chanson se réinvente sans cesse : « cette génération est aussi celle que, de 1992 à 2009, a régulièrement décrite, présentée, relayée et analysée la revue trimestrielle Chorus. Une expérience de presse indépendante dont les dossiers, interviews, reportages et rubriques constituent rétrospectivement, peut-être, la meilleure photographie chansonnière de la période »).

 

 

Voilà pour le scénario de cette grande histoire de la chanson française moderne, qui va en gros de Charles Trenet à Thomas Fersen et aurait sans doute fait le bonheur d’un François Truffaut. « Bonheur fané, cheveux au vent, baisers volés, rêves mouvants, que reste-t-il de tout cela, dites-le-moi… » expo14.jpgQuant à sa distribution, elle pétille (champagne !) de talents en tout genre : Jean Sablon, Jean Tranchant, Mireille et Jean Nohain, Pills et Tabet, Gilles et Julien, Charles et Johnny, Ray Ventura et ses Collégiens, Georgius, Milton, Marie Dubas, Maurice Chevalier, Mistinguett, Fernandel, Georges Guétary, André Dassary, Rina Ketty, Léo Marjane, Germaine Sablon, Anna Marly, Juliette Gréco, Boris Vian, Jacques Douai, Stéphane Golmann, Mouloudji, Renée Lebas, Cora Vaucaire, Catherine Sauvage, Les Frères Jacques, Édith Piaf, Yves Montand, Raymond Asso, Michel Emer, Charles Aznavour, Gilbert Bécaud, Georges Moustaki, Charles Dumont, Les Compagnons de la Chanson, Francis Lemarque, Bernard Dimey, Georges Brassens, Jacques Brel, Guy Béart, Léo Ferré, Jean-Roger Caussimon, Monique Morelli, Anne Sylvestre, Ronnie Bird, Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et Les Chaussettes Noires, Dick Rivers et Les Chats Sauvages, Claude François, Richard Anthony, Françoise Hardy, Sylvie Vartan, Sheila, France Gall, Claude Nougaro, Jean Ferrat, Barbara, Leny Escudero, Henri Tachan, Adamo, Christophe, Antoine, Michel Polnareff, Nino Ferrer, Jacques Dutronc, Serge Gainsbourg, Jane Birkin, Michel Delpech, Michel Sardou, Maxime Le Forestier, François Béranger, Catherine Ribeiro, Gérard Manset, Renaud, Jacques Higelin, Brigitte Fontaine, Colette Magny, Bernard Lavilliers, Hubert-Félix Thiéfaine, CharlElie Couture, Jacques Bertin, Jeaexpo15.jpgn Vasca, Gilles Elbaz, Jean-Max Brua, Bernard Haillant, Môrice Bénin, Alan Stivell, Malicorne, La Bamboche, Mélusine, Alain Souchon, Laurent Voulzy, Francis Cabrel, Michel Jonasz, Alain Bashung, Jean-Jacques Goldman, Yves Duteil, William Sheller, Louis Chedid, Michel Berger, Véronique Sanson, Catherine Lara, Gilbert Laffaille, Téléphone, Starshooter, Trust, Indochine, Garçons Bouchers, Mano Negra, Pigalle, Manu Chao, Louise Attaque, Noir Désir, La Tordue, Têtes Raides, Allain Leprest, Juliette, Thomas Fersen, Bénabar, Vincent Delerm, Cali, Jeanne Cherhal, Olivia Ruiz, Dominique A, Renan Luce, Arthur H, Matthieu Chedid, Thomas Dutronc, Ours, Izia, Tino Rossi, Dario Moreno, Luis Mariano, Eddie Constantine, Dalida, Graeme Allwright, Joe Dassin, Manu Dibango, Pierre Akendengué, Francis Bebey, Dick Annegarn, Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Robert Charlebois, Claude Léveillée, Beau Dommage, Michel Rivard, Richard Séguin, Diane Dufresne, Fabienne Thibeault, Richard Desjardins, Lynda Lemay, Julos Beaucarne, André Bialek, Christiane Stéfanski, Claude Semal, Arno, Maurane, Jofroi, Michel Bühler, Sarcloret, Stephan Eicher, Henri Salvador, Bourvil, Boby Lapointe, Ricet Barrier, Pierre Vassiliu, Richard Gotainer, Annie Cordy, Les Frères Jacques, Les Quatre Barbus, Au Bonheur des Dames, Odeurs, la Confrérie des Fous… et bien d’autres encore !

 

 

Difficile de faire plus et mieux dans le cadre d’une exposition, par définition synthétique et non exhaustive. Gageure au départ, cette véritable quadrature du cercle a été résolue grâce à une maquette intelligente (de Gaston Riou) jouant avec des encadrés mettant en valeur certains « épiphénomènes » du moment et affichant une volonté d’esthétique qui ne sacrifie pas le fond à la forme (les illustrations proviennent du Studio Viollet pour la période précédant la « nouvelle chanson française », et des archives de Jean-Louis Rancurel et de Francis Vernhet pour celle des yé-yés à nos jours).

  expo17.jpg

 

Cerise sur le gâteau : comme pour chacune de ses expositions (voir Il était une fois… la chanson russe dans ce blog), Dazibao propose en complément de celle-ci une conférence de Jacques Vassal qui, c’est le moins qu’on puisse dire, vaut le détour. En attendant l’occasion d’y assister, allez déjà jeter un coup d’œil au synopsis de 80 ans de chanson française, du microphone au mp3 et à ses différents panneaux, en cliquant ICI. Et ne manquez pas (mais vous connaissez la musique !) de faire chorus, « pour chanter le fil enchanté / Le joli fil entre nos cœurs passé / Le fil de nos sentiments enlacés / Le fil tendu entre nous comme un lien / Le fil qui nous tient, nous retient… »

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Toutes précisions auprès de Dazibao Expositions, 4 rue de la Tour, 34500 Béziers (tél. 04 67 62 56 18 ; dazibaoexpo@gmail.com ; site).

 

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Published by Fred Hidalgo - dans En bref et en vrac
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