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  • : SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • : Parce que c’est un art populaire entre tous, qui touche à la vie de chacun et appartient à la mémoire collective, la chanson constitue le meilleur reflet de l’air du temps : via son histoire (qui « est la même que la nôtre », chantait Charles Trenet) et son actualité, ce blog destiné surtout à illustrer et promouvoir la chanson de l’espace francophone ne se fixera donc aucune limite…
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  • Fred Hidalgo
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.

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La Maison de la chanson vivante
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Jean-Jacques Goldman, confidentiel
  (page dédiée au livre)

Livres

5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 13:16

Merci de faire chorus pour accroître sa diffusion

 

100 % de l’objectif fixé en moins de deux jours, c’est incroyable, formidable ! VOUS êtes formidables... et vous pouvez être sûrs, à présent, de n’être pas remboursés (mais de recevoir l’ouvrage à domicile), car La mémoire qui chante sera bien autoédité à la rentrée !

Ça n’est pas une surprise, mais quand même : si nous étions globalement confiants, nous partions dans l’inconnu avec cette formule inédite pour nous de financement participatif. Arriverions-nous au seuil minimum nécessaire pour faire exister le livre... ou pas (auquel cas les contributions versées auraient été remboursées) ? Et si oui, au bout de combien de temps ? C’est pourquoi un délai assez long de 58 jours (période estivale n’aidant pas) avait été prévu pour nous donner toutes les chances d’y parvenir.

LA MÉMOIRE QUI CHANTE… EN CHŒUR

En définitive, il nous aura fallu MOINS DE DEUX JOURS, c’est fou, puisque la souscription, mise en ligne vendredi premier juillet à 16 h environ, a atteint et même dépassé la barre fixée dimanche 3 à 15 h 29 !!! C’est « un record », paraît-il... mais il faut dire que Dieu, aussi, y a mis du sien en franchissant lui-même la  barre du record ! Alleluia ! Dieu existe, nous l’avons rencontré et Il a souscrit à La mémoire qui chante ! Précision à l’usage des incrédules – la preuve qu’Il existe bien, sinon comment le saurions-nous ? –, son petit nom est Jean-Luc.

Bon, trêve de théologie, passons à la philosophie : ce livre a pour postulat, thèse, antithèse et synthèse de partager tout simplement mais le plus largement possible notre passion commune pour la chanson francophone vivante. Alors :

1. Bonne chose de faite : grâce aux premiers souscripteurs, la sortie du livre est assurée. Son expédition postale (en France, dans les Dom-Tom, en Belgique et en Suisse, mais aussi – et déjà parmi les premières commandes – en Argentine, en Espagne, au Japon et bien sûr au Québec... en attendant le reste du monde) aura lieu comme indiqué dans mon sujet précédent aux alentours de la mi-octobre.

2. Puisque la formule est ainsi conçue et qu’il faut aller au bout du délai fixé sur le site Ulule (au terme duquel, seulement, nous sera versé le montant des contributions), loin de se démobiliser, il faut en profiter au contraire pour multiplier voire décupler, d’ici au samedi 27 août exactement, le nombre de souscriptions. Le tirage et donc la diffusion du livre en seront augmentés d’autant.

 3. Si vous n’avez pas encore souscrit et que ça vous chante, bien sûr, vous pouvez le faire tout l’été soit par Internet sur la page concernée d’Ulule (si vous réglez par carte bancaire), soit en nous adressant directement votre commande si vous êtes en France et souhaitez plutôt régler par chèque. Dans ce cas, contactez-nous à l’adresse suivante et nous vous indiquerons les modalités par retour de courriel – sachant, pour rappel, que le livre, rendu chez vous, est proposé à un tarif unique, pour tous les pays, de 30 € port compris.

4. Si vous l’avez déjà fait, vous pouvez toujours contribuer à un tirage accru de La mémoire qui chante en diffusant l’information autant que possible, notamment sur les réseaux sociaux (pages personnelles, groupes, sites et blogs dédiés à la chanson francophone et aux artistes au sommaire du livre, etc.).
MERCI !

Promesses, promesses…

Puisque j’ai annoncé sur la page Facebook de « Si ça vous chante » que « l’échanson de la chanson » vous servirait une bonne rasade de vers et de notes pour le cas où l’on parviendrait à 100 % du seuil fixé en moins de deux jours – et que vous m’avez pris au mot ! –, me voilà pris moi-même à mon propre piège ! Alors, attendez-vous dans les prochains jours et les suivants à un feuilleton chansonnier inédit. Un bonus à La mémoire qui chante, en somme, car je vais jouer les cigales en continuant de la faire chanter tout l’été, avec des anecdotes inédites vécues en compagnie de certains artistes au sommaire du livre. 

Attention, aucune ambition particulière là-dedans, simple (et modeste) façon de vous remercier pour l’accueil réservé à ce qui n’était encore qu’un projet il y a moins d’une semaine... et n’aurait sans doute jamais vu le jour sans vous.

 

Extrait du prologue, en avant-première

C’est un livre sur la vie, l’amour, l’argent, les amis et les roses, comme dit la chanson. Un livre sur les choses de la vie… et de la mort aussi. Un livre, surtout, qui donne à voir la couleur des choses à travers le prisme de la chanson, de ceux qui en vivent et en meurent, dans les fastes de la célébrité ou le drame de l’anonymat. C’est le journal d’un passeur, ou plutôt « la chanson d’un échanson, au sens où celui-ci a pour vocation d’offrir le nec plus ultra de son expérience, le plus raffiné, le plus délectable dont on puisse gratifier le palais des sens, situé quelque part entre l’âme et le cœur.

Si tu aimes la chanson de son hameçon
Si tu aimes le son, le son de son âme
Elle te servira comme un échanson

Rayonnez, fleurissez, soyez des échansonnes
De rêve, d’un sourire enchantez un trépas,
Inspirez-nous des vers… mais ne les jugez pas !
 

» […] Ce livre n’est pas, ni ne se veut, une somme de notices biographiques, encore moins une approche encyclopédique de la chanson (pour cela on consultera avec bonheur et profit les collections du magazine Paroles et Musique et de la revue Chorus), mais un carnet du temps qui passe et retrace au passage, d’une chanson l’autre, de Léo Ferré à Cali ou de Leny Escudero à Olivia Ruiz, une histoire familiale marquée par la guerre d’Espagne et la Retirada ; un carnet de bord qui nous mène de l’Île Saint-Louis de Moustaki à l’Île d’Orléans de Félix Leclerc, de la mer Rouge de Monfreid et de Manset aux Marquises de Gauguin et de Jacques Brel ; un carnet de notes pour nous empêcher d’oublier Victor Jara, mutilé puis exécuté dans le grand stade de Santiago de Chile, ou Cabu et ses copains de Charlie Hebdo abattus dans leur salle de rédaction parisienne…

» C’est tout cela à la fois : un calepin que l’on feuillette pour découvrir ou retrouver des artistes hors normes, du plus francophone des chanteurs néo-zélandais, Graeme Allwright, au plus français des chanteurs espagnols, Paco Ibañez, mais aussi d’autres passeurs dont les traces ne sont pas prêtes de s’effacer : Jean-Louis Foulquier, Jean-Pierre Leloir, Marc Robine… Et puis Frédéric Dard, qui aimait tant la chanson ; Bernard Giraudeau, qui s’y était essayé, avant de “faire” écrivain de marine… Tous et toutes embarqués à mon bord, tous gens de mon pays, comme Nilda Fernandez avec qui je partage une certaine croyance en “l’organisation du hasard” que ce livre, si besoin était, pourrait du reste illustrer.

» Qui sait, même, par les connexions improbables et parfois déterminantes qu’il révèle l’air de rien, s’il n’aurait pas fait le délice d’Éluard ou de Jung ? Organisé au petit bonheur (ou chagrin) d’un désordre apparent, il jette ou plutôt laisse naturellement apparaître des passerelles, parfois étonnantes mais bien réelles, entre les êtres et les destinées ; lesquels vont jusqu’à dialoguer d’un continent à l’autre à plusieurs générations de distance. Ainsi Bernard Dimey, prince des poètes de la Butte Montmartre, infatigable résistant au travail de sape du français par le franglais, rejoignait-il la “reine de la turlute” québécoise, La Bolduc, qui, dès les années 1930 à Montréal, montait au créneau avec son franc-parler : “Je parle comme l’ancien temps / J’ai pas honte de mes vieux parents / Pourvu que j’mets pas d’anglais / J’nuis pas au bon parler français.”

» La francophonie, justement, occupe une place importante dans ces pages, tant il est vrai, comme le dit joliment Yves Duteil, que “le français n’est pas un Goncourt de circonstances” et que “sa poésie ne joue pas petit bras face aux géants culturels”. De même que les rêves, omniprésents car indispensables à l’accouchement du réel : “Où vont les rêves quand on les oublie ?” chante Michel Jonasz qui fut à la Une du premier numéro de Chorus“Tous ces désirs inassouvis qui s’amoncellent ?” Réponse : “Ils se baladent au cœur de la nuit” en espérant “qu’une mémoire ancienne / leur accorde une dernière chance”… » Une mémoire qui chante, peut-être ?

• Plus de 650 pages, grand format (152 x 240 mm) ; 87 chapitres divisés en 4 parties, plus un avant-propos, un prologue, un épilogue et des annexes ; des centaines de chanteurs (et professionnels) évoqués dont une cinquantaine « en haut de l’affiche ».

____________

NB. On nous a déjà posé plusieurs fois la question. Pour les numéros de Chorus offerts en « contreparties », comme précisé sur le site d’Ulule (sous l’intertitre « Le projet »), il suffit de nous communiquer votre choix par courriel à souscription.hidalgo@orange.fr (où l’on arrive directement en cliquant sur le lien « cette adresse », en gras et marron dans ledit projet : « En fonction de votre choix de contrepartie, merci de nous adresser un mél à cette adresse pour indiquer le ou les numéros de Chorus souhaités » ainsi que vos nom et coordonnées postales pour éviter toute erreur). Et pour accéder à la liste des numéros disponibles, il faut cliquer sur « liste » (en colonne de droite du site)… ou bien ICI.

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Published by Fred Hidalgo - dans Actu livres
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 13:35

… en financement participatif

C’est parti… et ça n’est pas hâtif, mais après mûre réflexion : je vous propose de souscrire à La mémoire qui chante, un ouvrage (dérivé de ce blog) auquel j’ai travaillé avec bonheur, avant d’essuyer des refus d’éditeurs pour cause de trop grande “originalité” ou de “risque” financier trop important. Finalement, j'ai choisi l'aventure du financement participatif (sur le site d’Ulule) pour publier cette “somme” (650 pages…) et l’adresser directement à chaque souscripteur, je l'espère, à la rentrée prochaine.

« LA MÉMOIRE QUI CHANTE », LE LIVRE

Mais attention, la règle du financement participatif qui fixe un montant minimal nécessaire à l’équilibre des frais engagés pour fabriquer l’ouvrage est claire et sans appel : si ledit montant n’est pas atteint dans le délai prescrit (samedi 27 août en l’occurrence), les contributions versées sur (le site sécurisé) Ulule chargé de les recueillir seront aussitôt remboursées… et le livre renvoyé aux oubliettes de l’histoire éditoriale.

Nous comptons donc sur vous, si cela vous chante, bien sûr – mais vous êtes des milliers à l’exprimer ici depuis la création de ce blog en novembre 2009 – pour jouer le jeu en souscrivant pour un ou plusieurs exemplaires ou simplement (la formule est ainsi conçue) apporter une contribution (à partir de 10 euros) à son existence. Outre des contreparties offertes par nous (des numéros à l’état neuf et désormais collectors de la revue Chorus), vous aurez le plaisir (j’espère) d’être remercié(e) nommément dans l’ouvrage.

Cette souscription, cela va de soi, est ouverte à qui le souhaite, qu’on soit en France où n’importe où ailleurs dans le monde. Le prix du livre est arrêté à 25 euros. Seule aurait pu varier, en fonction du pays d’expédition, le montant de votre participation aux frais de port (dont nous prendrons une bonne part à notre charge) ; nous préférons toutefois proposer un tarif unique, port et emballage compris (France et reste du monde) de 30 € l'exemplaire (avec des prix dégressifs en fonction du nombre d’exemplaires commandés).

 

La mémoire qui chante

Ce livre aurait très bien s'intituler Si ça vous chante, puisqu'il propose un florilège d’articles de ce blog, mais revus, corrigés, complétés et « mis en scène » de telle sorte qu'ils deviennent une création originale : il s'appellera donc La mémoire qui chante et sera probablement sous-titré « Journal d’un échanson ». L’ensemble des chapitres, pouvant être lus indépendamment (bien que dotés de passerelles entre eux, du début à la fin, du prologue à l’épilogue), constitue une sorte d’histoire de la chanson francophone des années 1950 à aujourd’hui. Mais une histoire originale, loin d’être rebattue, écrite sous l’angle du témoignage vécu, fruit de mes souvenirs et rapports d’amitié avec les artistes et autres passeurs de chanson au long cours que j’ai fréquentés (pour certains depuis les années 1970). Mais nul besoin de vous faire un dessin, vous m’connaissez, depuis le temps ! Trente-six ans pour les plus fidèles d’entre vous, premiers lecteurs et lectrices du mensuel de la chanson vivante, dès juin 1980…

Des noms ? Allwright, Bashung, Ricet Barrier, Béart, Bebey, Bertin, Brassens, Brel, Bühler, Cabrel, Cali, Darnal, Debronckart, Desjardins, Duteil, Escudero, Nilda Fernandez, Ferrat, Ferré, Rémo Gary, Paco Ibañez, Juliette, Félix Leclerc, Léveillée, Leprest, Lhasa, Hélène Martin, Moustaki, Nougaro, Rapsat, Romann, Olivia Ruiz, Mano Solo, Souchon, Anne Sylvestre, Tachan, Thiéfaine, Trenet, Vasca, Vigneault... beaucoup d’autres, plusieurs dizaines de grands artistes, célèbres ou méconnus, vivants ou disparus. D’autres encore, très nombreux, évoqués au fil des pages… Forcément, La mémoire qui chante retrace aussi, en creux, l’histoire de Paroles et Musique et de Chorus, qui ont marqué la chanson francophone de leur empreinte, et compose au final un hymne à la chanson et à la langue françaises.

Pourquoi la mémoire (qui chante) ? Pas pour se complaire dans le passé, sûrement pas – au contraire j’ai voué l'essentiel de ma vie professionnelle (de ma vie tout court, tant l’une et l’autre se sont confondues) à la découverte et à son partage immédiat d’artistes en tout genre, de talents à peine en herbe aux vieilles branches invisibles de loin mais toujours pleines de sève, des français, des belges, des suisses, des québécois et des africains – ; mais parce que la mémoire, c’est une évidence, est indispensable à qui veut défricher des chemins encore jamais empruntés. Sans mémoire, donc sans culture, pas d’avenir ; sinon des errements sans lendemains, voire pire… comme on ne le constate que trop aujourd’hui. Et puis, pour moi, la mémoire est la reconnaissance du cœur. Une forme de gratitude élémentaire envers ceux et celles qui ont contribué à nous construire et à nous permettre de rester debout. Vous ne vous étonnerez pas, dans ces conditions, de retrouver aussi dans cet ouvrage des professionnels et personnalités qui ont compté dans ma vie, comme José Artur, Cabu, Jean-Louis Foulquier, Roger Gicquel, Marc Robine, Frédéric Dard alias San-Antonio ou Jean Théfaine (pour ne parler que des disparus), sans oublier certains de mes poètes de prédilection (Aragon, Dimey, Éluard ou Machado).

« Trop original... Trop risqué... »

Et donc… une fois achevé mon gros œuvre (au sens maçonnique du terme !), je l’ai proposé à un « gros » éditeur qui, après avoir pris tout son temps, m’a dit : « C’est très original et plein d’émotion, mais trop original pour nous. Ce genre de livre, on ne sait pas faire, on ne saurait pas le vendre... Voyez plutôt avec un éditeur de taille moyenne qui publie moins mais sait mieux travailler chaque nouveauté, l’une après l’autre. » Bon, ben… d’accord.

Je remets alors le manuscrit à un moins « gros » éditeur, genre artisan mais avec pas mal de belles biographies et recueils de chansons à son catalogue... Lui aussi prend son temps, donne mon texte à lire à plusieurs éditeurs de la maison, hésite, tergiverse et me répond finalement : « On aurait adoré le publier, mais il est trop “lourd” pour nous. Plus d’un million de signes… Il nous coûterait trop cher à la fabrication, alors que l’édition va de plus en plus mal : il n’y a quasiment plus de place chez le peu de bons libraires existant encore pour des livres comme celui-ci, qui ne toucheront pas le grand public. C'est trop risqué. Impossible pour nous de prendre pareil risque... »

Bon, ben… bis repetita. Ça n’intéresse donc personne, la chanson francophone ?! Et mon manuscrit, j’en fais quoi ? Je le range dans mes tiroirs, rayon projets inaboutis, et tant pis pour ces mois passés à le cajoler amoureusement ?... Je m’y étais presque résigné, voyez-vous, et d’ailleurs je me suis mis aussitôt à en écrire un autre, une biographie subjective (eh oui, on s’refait pas !)... et puis ces jours-ci, plusieurs amis qui étaient dans « le secret » (et m’avaient vivement encouragé à faire ce bouquin) m’ont donné un même conseil, sans se concerter : « Et si tu l’éditais toi-même à travers un financement participatif ? Ça se fait de plus en plus et ça permet à de nombreux projets alternatifs de voir le jour. »

Financement participatif ?!

Je me renseigne : il faut calculer la somme nécessaire à l’équilibre et tenter d’y parvenir dans un délai imparti. En cas contraire, les contributions individuelles sont aussitôt remboursées. Bien, c’est sans risque aucun pour l’éventuel souscripteur et puis ça ne mange pas de pain ! Nous sollicitons des devis de fabrication auprès de certains imprimeurs avec lesquels nous avons eu l'occasion de travailler, pour être assurés de la qualité de la forme – pas de souci, elle sera optimale – et l’on établit un budget en équilibre entre frais incompressibles et recettes nécessaires...

« LA MÉMOIRE QUI CHANTE », LE LIVRE

Problème, s’agissant d’un livre considérable (c’est de l’humour : 650 pages grand format et plus ou moins un kilo, sacré pavé !) : non seulement le prix de fabrication à l’exemplaire est assez élevé, c’est vrai, mais les frais d’envoi aussi (pas de tarif préférentiel en France pour le livre…), d’autant plus que, pour éviter des pertes coûteuses – qu’il faudrait remplacer à fonds perdus – l’expédition en « colissimo suivi » s’avère quasiment obligatoire.

De toute façon, c’est foncer ou renoncer, il n’y a pas d’autre alternative ! Alors, on fonce. Si ça vous chante, cliquez sur ce lien pour aller directement sur la page « La mémoire qui chante » (symbolisée par le dessin d’ouverture spécialement réalisé par le subtil et si talentueux Bridenne, qui me fera également le bonheur d’illustrer la couverture) et choisissez l’option qui vous convient : un exemplaire, deux, trois, quatre… ou une simple contribution, peu importe ou plutôt tout importe, car ça fera avancer le schmilblick !

Soyons positifs et admettons que la barre fixée à 6 mètres (pardon, à 6 000 euros) soit assez vite atteinte. Cela déclenchera automatiquement la composition et la mise en page du livre (gros travail…) qui sera fabriqué normalement à la rentrée pour être expédié vers la mi-octobre. Mais, qu’on se le dise, ça n’est pas une « hauteur » définitive : tant que le délai imparti n’est pas écoulé, on peut continuer de souscrire jusqu’au dernier jour. Jusqu’au samedi 27 août. Dans ce cas, ce qui excédera ce seuil sine qua non permettra de procéder d’emblée à un tirage plus important que le strict nécessaire, pour que La mémoire qui chante ait une chance de se projeter au-delà du cercle confidentiel des happy few, comme disent les anglo-saxons. Après tout, l’histoire qu’il raconte nous concerne tous et toutes, autant que nous sommes dans l’espace francophone, qui n’avons rien renié de notre culture, de notre langue et nous battons encore et toujours pour des lendemains qui chantent.

À vous de jouer maintenant, sachant bien sûr qu’en cas de besoin nous sommes là pour répondre à vos questions* (soit en commentaire à cet article, soit par courriel en nous écrivant à cette adresse). Grand MERCI d’avance pour vos contributions sans lesquelles ce livre ne pourrait pas voir le jour, mais aussi, SVP, pour bien vouloir faire chorus en sus (ou à la place), en répercutant cet appel le plus largement possible auprès de vos amis et relations aimant la chanson, sur les pages de vos réseaux sociaux, blogs, sites et autres groupes d’artistes (au sommaire du livre) auxquels vous appartenez, etc.

« LA MÉMOIRE QUI CHANTE », LE LIVRE

Le temps nous est compté ! Nous avons à peine deux mois devant nous. Jusqu’au samedi 27 août précisément, je le rappelle. Pas un jour de plus. Ça vous paraît beaucoup ? Ne vous y fiez pas, compte tenu de la période estivale… Alors, vous savez quoi ? Il vaut mieux ne pas remettre au lendemain ce qu’on peut faire le jour même. Vous êtes prêts ? Attention… c’est parti ! Compte à rebours enclenché.

PS. Et pourquoi ce sous-titre, « Journal d’un échanson », vous demanderez-vous peut-être ? Parce que l’auteur qu’est votre serviteur se voit tout simplement en chevalier servant de la chanson, en « échanson » flanqué en toutes circonstances de l’exigence absolue du partage et de la transmission. Et parce que cet hymne à l’écriture, à la poésie, à la musique et à la langue, à la chanson vivante d’abord et avant tout, invite à goûter aux plus divins des nectars, comme autant de philtres d’amour enchanteurs. Tendez votre verre SVP et souffrez que je vous en serve une bonne rasade… Tchin !

* Par exemple, si vous êtes réfractaire au règlement par carte bancaire sur internet, le cas peut se présenter, vous pouvez nous adresser directement un chèque (qui ne sera tiré qu’une fois la sortie du livre actée) en nous contactant par mail à : souscription.hidalgo@orange.fr

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Published by Fred Hidalgo - dans Actu livres
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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 14:41

La rose, le livre, la lettre, la chanson... et Roda-Gil !
 

À l’occasion de la Sant Jordi, la fête catalane du livre et de la rose, on a célébré en Roussillon la mémoire de Jordi Barre, disparu il y a cinq ans, et fait l’éloge de la lettre dans la chanson française. Émouvante cohabitation entre la voix du peuple nord-catalan (attention, scoop audio inattendu !) et celles de Barbara, Brel, Duteil, Goldman, Juliette, Leprest, Nougaro, Sheller, Anne Sylvestre, etc., revisitées avec bonheur par le duo féminin Rim’Elles...

AVENUE JORDI BARRE

Jordi ? C’est le saint patron de la Catalogne, de part et d’autre des Pyrénées. La Sant Jordi ? C’est, chaque 23 avril, la fête catalane par excellence qui veut que l’on offre une rose à sa bien-aimée et un livre à celui qu’on aime. Ça, c’est la (jolie) coutume et une réalité bien vivace. La légende, elle, remonte au quinzième siècle, à l’époque où Sant Jordi (saint Georges) affronta le « drac », le dragon cracheur de feu. En coulant sur le sol, le sang du dragon donna naissance à un rosier à fleurs rouge… sang.

AVENUE JORDI BARRE

Jordi Barre ? C’était un personnage étonnant, généreux et authentique, un chanteur à la voix émouvante, qui consacra la majeure partie de sa vie, jusqu’à 90 ans bien tassés, à défendre l’identité catalane mais hors toute revendication politique, à travers l’art de la chanson. Reconnu par ses pairs d’outre-Pyrénées, il fut accueilli avec enthousiasme lors d’un grand spectacle collectif au somptueux Palau de la Musica de Barcelone par les fondateurs de la Nova Canço catalane, Raimon et Pi de la Serra en tête. En France, l’Olympia lui ouvrit ses portes en 1983 pour un concert à jamais mémorable pour les Catalans de Paris. Louis Amade, le poète et grand parolier de Gilbert Bécaud (natif d’Ille-sur-Têt, pas bien loin du Canigou, où Prosper Mérimée avait écrit et situé sa Vénus…) était dans la salle, enchanté, subjugué… Vingt ans plus tard, Jordi mettra en musique et enregistrera l’un de ses poèmes, Ta mà (Ta main)…

Mais Jordi Barre n’a jamais ambitionné ni même songé à faire carrière dans le métier, car cela l’aurait obligé à quitter trop souvent son « país catala ». Alors, il a passé sa vie à composer et à chanter « ses » poètes (avec Joan Tocabens en auteur de prédilection). Ce faisant il a créé un répertoire entré de son vivant dans la mémoire collective du Roussillon, tout en continuant à exercer à Perpignan ses fonctions de responsable de l’atelier de typographie du quotidien L’Indépendant. Finalement, cas unique peut-être dans l’histoire de la chanson contemporaine, on peut dire que Jordi est vraiment rentré dans la carrière à l’âge de la retraite…

AVENUE JORDI BARRE

La mémoire collective ? Loin d’être une figure de style, c’est une réalité bien actuelle. À la radio, sur France Bleu Roussillon où l’on a entendu témoigner ses proches ce week-end (sa fille Virginie, notamment), l’émotion restait palpable chez les auditeurs intervenants. Il faut dire que Jordi Barre était devenu l’incarnation même de ce que Michel Trihoreau appellerait un chanteur de proximité (voir ici « La Chanson de proximité ») : un artiste évoluant et créant dans sa région natale, sans la moindre frustration, pour son bonheur, même, et celui de tous ses « compatriotes » pour lesquels il était plus que le chantre du pays, presque le père ou le grand-père de tous et toutes… Il fallait le voir pour le croire, mais encore aujourd’hui, il suscite l’émotion à sa seule évocation ou à la diffusion de ses chansons…

Car Jordi ne s’économisait jamais. Au contraire, il se faisait un devoir (et un plaisir) de répondre à toutes les sollicitations en dehors de ses concerts ; il allait chanter dans les écoles, lors de baptêmes, de mariages, de fêtes, partout où on l’invitait… Il était de toutes les circonstances de la vie où il fait bon partager le pain, le vin et l’amitié.

« C’était un monument, notre monument… » a déclaré ce samedi 23 avril 2016 le maire d’Argelès, où il était né le 7 avril 1920, en dévoilant devant tous les représentants de la région, les membres de sa famille, dont sa femme Danièle, et une foule importante, une plaque d’une avenue désormais baptisée « avenue Jordi-Barre ». Celle-ci aboutit à la jolie plage du Racou qui est à Jordi ce que la plage de Sète était à Brassens…

Ce samedi, jour de la Sant Jordi, avec le ciel bleu du pays catalan, la sardane et les chansons de Jordi étaient de sortie : entre autres Parlem catala (Parlons catalan) et La Torre d’en Sorra du nom de la tour (détruite par les nazis) d’un ancien moulin qui surplombait le Racou ; point de départ, à présent, d’un sentier pédestre menant le long de la côte Vermeille à Collioure, Port-Vendres puis Banyuls, lieux imprégnés des souvenirs de Matisse, Derain, Terrus, Monfreid (Georges-Daniel, le père d’Henry et ami privilégié de Gauguin), Maillol, Machado et autre Walter Benjamin… Désormais il faudra emprunter l’avenue (ou l’avinguda) Jordi-Barre pour parvenir jusqu’à ce site splendide.

« Les Affranchies »

La veille déjà, comme autant de roses, on avait eu droit à un superbe florilège de titres faisant l’éloge de la lettre dans la chanson française ; un spectacle conçu et monté par le duo Rim’Elles – autrement dit la chanteuse Dalila (du groupe Soham avec l’excellent Christian Laborde, guitariste-compositeur et « homme à tout faire » de la chanson) et la pianiste Fabienne Balancie-Argiro (également de L’Échappée Brel). Cela se passait dans un joli petit village, au pied des Albères, le massif qui relie la France et l’Espagne à cet endroit-là… un peu à l’image de Jean-Pierre Lacombe-Massot, habitant du lieu, historien de la région et trait d’union entre Jordi Barre et Rim’Elles.

Car tout se recoupe et se complète pour le mieux : Dalila enregistra et chanta sur scène avec Jordi (cf. vidéo ci-dessus, au Théâtre municipal de Perpignan, en avril 2005), dont Jean-Pierre Lacombe fut l’ami et le metteur en scène durant un quart de siècle, jusqu’à un formidable et ambitieux oratorio nommé O Món (Ô ! Monde). Christian Laborde composa et travailla également avec Jordi. Il faut dire aussi que ces deux-là, Dalila et Christian, originaires du Gers, ont collaboré très tôt avec un certain Francis Cabrel (qui les a pris en première partie et fait appel régulièrement à Dalila pour ses chœurs – et à nouveau pour son dernier album), pour qui Jean-Pierre Lacombe n’est pas un inconnu. Bref…

AVENUE JORDI BARRE

C’est ce dernier, en effet, qui a eu la bonne idée de proposer la venue de Rim’Elles à l’association Laroque Arts et Culture dans le cadre de la Sant Jordi. Et, cerise sur le gâteau qui bouclait la boucle de la fête de la rose, du livre et de la chanson, après les trésors exhumés d’un joli coffre à souvenirs dont elle extrait des lettres au fur et à mesure, Dalila a interprété en duo tout à fait exceptionnel avec Jean-Pierre l’émouvante chanson en hommage à l’ami (Tu, l’Amic Jordi), dont il est l’auteur… et Christian Laborde le compositeur ! Une chanson qui figure dans le dernier album à ce jour de Soham, Absoluble

AVENUE JORDI BARRE
Soham – Tu, l’amic Jordi

Auparavant, on avait effectué avec bonheur une balade rare dans le jardin extraordinaire des « lettres » françaises enmusiquées : « les Affranchies » de Barbara à Jacques Brel (« Je signe Léonie, tu sauras qui je suis… »), d’Anne Sylvestre à Élise, Le Carnet à spirale de William Sheller, la Petite écriture grise de Marie-Paule Belle, L’Écritoire d’Yves Duteil, Arrose les fleurs d’Allain Leprest ; et puis presque vingt autres, comme la Lettre oubliée de Juliette qu’elle avait enregistrée avec Guillaume Depardieu, Les Séparés de Marceline Desbordes-Valmore mise en musique et créée par Julien Clerc, Espoir Benjamin et La Marge de Rémo Gary, Les Mots de La Rue Kétanou puis de Nougaro...

AVENUE JORDI BARRE

Autant de mots d’amour, tendres, malicieux ou déchirants, qui ont la particularité d’être revisités de telle sorte qu’on les redécouvre totalement, en particulier Je voudrais vous revoir de Jean-Jacques Goldman ou Au fur et à mesure que Liane Foly popularisa. D’autres encore que l’on découvre tout simplement, telle J’écris cette lettre que Line Renaud a enregistrée en 2010 (paroles et musique de Flavien Compagnon et Fabien Marsaud), qui symbolise bien ce concert concept et sa fin ouverte :

Et puisque rien ne vaut les gens, j’écris cette lettre à mes rencontres
On n’est pas riche que d’argent, j’ai des amis, je m’en rends compte
À tous ceux qui m’ont fait grandir, tous ces regards épanouissants
Ceux qui sont là, et puis les autres, j’écris cette lettre à mes absents

Et si ma plume parlait d’avenir, car il n’est pas l’heure de se taire
Je n’ai pas fini d’en finir, pour moi, souvent, tout reste à faire
J’écris cette lettre à mon présent, j’ai les deux pieds sur mon chemin
Je regarde droit devant, j’écris cette lettre aux lendemains

Je sais comment finir cette lettre, puisqu'elle ne fait que débuter
Je vais trouver d’autres histoires, d’autres espoirs à raconter
J’écris cette lettre à la vie comme un remerciement
J’écris cette lettre à mes envies comme un commencement.

Il y a l’harmonisation, les arrangements nouveaux, bien sûr, de Fabienne dont le piano joue à lui seul comme un petit orchestre, il y a sa complicité scénique qui déclenche les rires, et puis le charisme et le charme de Dalila, son aisance sur scène, assise ou debout, comédienne ou chanteuse ou tout à la fois, avec une gestuelle et des mimiques qui vous embarquent sans coup férir dans ce voyage épistolaire.

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Quant à sa voix, hein, pas besoin de vous faire un dessin, depuis le temps… Si ?! Alors, disons qu’au-delà de ses qualités techniques, de son large registre, c’est aujourd’hui l’une des plus belles de la chanson francophone, une voix rare parce que contrairement à nombre d’interprètes dont l’organe en airain semble être la résultante d’un encéphalogramme plat (William Sheller les appelle les gueulardes…), il y a une âme qui apparaît derrière et ne cherche pas à se dissimuler. Comme dans ce formidable montage, à pleurer de tendresse, entre Gauguin, Dis quand reviendras-tu et Voir un ami pleurer, summum de la complicité piano-voix de ces rimes féminines…

Frémissante, bouleversante, la voix de Dalila, c’est du frisson à la Danielle Messia, c’est du sourire à la Sylvestre, c’est du miel et du piment à la Catherine Ribeiro, c’est Violeta Parra qui aurait fait un détour par chez Oum Kalsoum pour fraterniser avec Anne et Barbara… Et chanter avec elles qu’on ne devrait écrire, toujours, que des lettres d’amour…
 

Camins d’amor

Sur mon chemin de mots, chante Dalila sur les pas d’Anne Sylvestre… Jordi Barre, lui, arpentait ses Camins d’amor, du titre d’un album et de son spectacle éponyme auquel assista en 2003, à la salle Charles-Trenet de Perpignan, un certain Étienne Roda-Gil, sous le charme…

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L’auteur de Julien Clerc, l’un des grands écrivains de chanson française, n’était-il pas lui-même d’origine catalane ? Né à Montauban, fils de républicains espagnols, ses parents originaires de Badalona, dans la banlieue de Barcelone, avaient connu le camp d’Argelès-sur-Mer – où, après la Retirada, avaient été parqués aussi nos pères à nous, à Leny EscuderoPaco Ibañez et moi, comme mon oncle Lamolla au Barcarès, bienvenue au club !

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C’est un journaliste-écrivain ami des deux hommes, Henri Fabre, qui avait mis Étienne et Jordi en relation en 2001. En janvier 2002, photographiés côte à côte, ils faisaient la Une de L’Indépendant. Au contact de Jordi, la fièvre catalane remontait en Étienne comme une tendresse d’enfance. Mais Roda-Gil, s’il parlait catalan (« le catalan de Badalona d’avant 1939 »), n’a jamais écrit dans cette langue, alors, disait-il, « apprivoiser deux vers pour la bonne rime, j’aimerais vous y voir… »

Mais l’envie, très forte, est là… « Jordi, tu as été typographe ? Mon père, tu sais, l’était aussi. » Alors, entre deux moments d’écriture de son oratorio sur le Che, il pense aussi à ce projet qui lui tient à cœur... Un beau jour de la fin de l’été 2003, il atterrit à Perpignan avec deux textes : Tinta negra (Encre noire) et Animà, no tinguis por (Alma, n’aie pas peur). Le premier est dédié à son père et à Jordi (« artistes de la vie quotidienne »), le second à sa fille… Le temps pour le compositeur-interprète de les mettre en musique et naissent deux chefs-d’œuvre… restés méconnus à ce jour, puisque non commercialisés !
 

Attention scoop !

Grâce à Balzac Éditeur et à Robert Triquère en particulier, un excellent éditeur « régional » installé à Baixas, qui a publié Jordi Barre l’enchanteur, la bio de référence de l’artiste (signée Jacques Quéralt et Christine Lavaill) – et qui a initié une grande exposition éponyme qui vaut le détour –, nous pouvons vous offrir ici une petite merveille.

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Rien de moins que la primeur de Tinta negra ! Cet enregistrement effectué par Jordi en pays catalan (et arrangé et réalisé par Laurent Marimbert en 2003) a en effet été ajouté au livre, et seulement à celui-ci. Vous savez donc quoi faire si vous souhaitez vous procurer ces deux perles… Les deux seuls titres jamais écrits en catalan par Étienne Roda-Gil, l’homme qui voulait des chansons « utiles à vivre et à rêver », et qui nous a quittés trop tôt, le 28 mai 2004, à l’âge de 62 ans.

Jordi Barre – Tinta Negra

Voici une traduction partielle (et très approximative, traduttore traditore, n'est-ce pas ?) de Tinta negra :

Père, qui m’as appris la vie et l’amour de l’encre noire
Père, qui nous as prouvé qu’aucun croquemitaine
Ne nous emporterait par surprise
Que si nous parlions catalans nous aurions toujours un refuge
Derrière cette dernière barricade
Père, qui m’as appris que défendre la langue est un devoir
Comme de défendre sa mère, un arbre, une rivière, la terre…

Ce catalan « pauvret » de la rue, que tu m’as ouvert
Dans l’encre noire, dit que respecter tout ce qui vit
Est un devoir et un droit, une possible chimère
Que tu as défendue, et vous étiez nombreux
Quand tombaient sur les berceaux
Les bombes de l’Empire, de tous, tous les empires…

Père, qui m’a appris qu’il y a des fleurs rouges qui ont raison
Et qu’il n’y aura jamais de fleurs noires car le noir est une couleur
Celle de l’encre et de l’amour, de l’amour et de la guerre
Celle de l’encre qui crie, l’encre qui crie à la paix
De l’imprimerie au Palais, à l’honneur et au courage
D’inventer une autre vie…

Jordi Barre, écrivent ses biographes, n’est pas de la tribu des pieds enflés ni de la secte des grosses têtes. Il est du côté des gens, de ces gens simples, chers au sociologue poète Pierre Sansot, « qui ont l’âme paisible et qui ne frétillent pas sous l’effet de l’ambition ». En guise de postface à l’ouvrage, figure une Petite histoire de la musique et de la chanson nord-catalanes qui situe avec pertinence la vie de Jordi Barre dans le contexte, car celui-ci « n’est pas une création ex-nihilo. Son existence et son développement sont liés à la culture locale dont il est l’un des fécondateurs. Certains ont beau le minimiser, l’occulter ou n’y voir qu’une “retombée” du retour politique catalan au sud des Pyrénées, il n’en demeure pas moins que le phénomène Jordi Barre coïncide avec une “conscientisation catalane” et l’accompagne durant trente ans. Conscience qui va bien au-delà du “cœur” […] et s’alimente d’une critique plus raisonnée du centralisme. »

La préface, elle (forte de deux pages), est signée Roda-Gil et son introduction ne manque pas d’éloquence en faisant référence à deux « patrons » : « …Georges, dans la chanson française, est un mot magique. Jordi est le patron de la terre catalane. Pas le patron qui exploite, celui qui libère du monstre, du “Drac”, du mal. Jordi, un jour, a choisi de chanter en catalan. Il est devenu presque sans le vouloir un Ange souriant qui nous a protégés de tout ce qui voulait nous détruire : l’oubli, le mépris, l’oppression, la réduction et la tentative de la négation de l’espérance…

« Je l’aime pour cette vie. Pour cet engagement qui proclame que nous ne sommes pas un passé facile à abolir, de mauvais souvenirs liés aux vies des gens simples et à leurs souffrances qui n’avaient pas d’autres armes que leur langue. “Ici, chez nous, nous parlons catalan…” C’est ce que chante Jordi modestement et sans affirmation sectaire.

« Vivre, travailler et chanter au pays, ces mots pourraient être la devise de l’éternel jeune homme qu’est resté Jordi. De la fabrication d’un journal à l’élaboration d’une chanson, il n’y a pas de très grande différence. Il faut du caractère et aussi l’idée précise de ce qui peut plaire, interroger, indigner ou séduire. Séduire n’est pas la bonne solution. Au risque de déplaire, il faut savoir que le sens d’une terre n’est pas le sens du poil de n’importe quels puissants de tout acabit… De l’imprimerie à la scène, Jordi a vécu cette expérience. Les chansons sont des journaux d’hier et de demain…

« Ces quelques lignes n’ajoutent rien à ce livre qui raconte tendrement l’histoire d’une vie : une Iliade et une Odyssée en même temps. J’ai vu chanter Jordi dans une église avec des chœurs populaires et dans une simple maison au bord de la mer qui se souvenait des anciens mas. C’était devant une famille presque recueillie et en même temps heureuse d’entendre son passé et son futur possible. Pas de nostalgie, Jordi exprime de la fidélité. »

Fidèle, fidèle à son pays catalan, à Collioure, à Perpignan, comme un autre catalan qui, lui, avait choisi de monter à la capitale, l’était à « un Castillet tout neuf, un Canigou », Jordi Barre est mort le 16 février 2011, dix ans après Charles Trenet (19 février 2001). Celui-ci avait 87 ans, et Jordi, qui avait encore donné en mai précédent un concert resté localement dans toutes les mémoires, presque 91 ans.

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À Perpignan, dans la loge de mer, le patio intérieur de la mairie où, entourée d’eau, se trouve la fameuse statue d’Aristide Maillol, La Méditerranée, celle-ci comme toutes les fontaines de la ville a été fleurie de roses rouge sang. Au-dessus un étendard aux couleurs catalanes représentant la lutte de Sant Jordi contre le « Drac ». En bas, sur le socle de l'oeuvre du maître de Banyuls-sur-Mer, un écriteau en forme de livre ouvert : à gauche la légende de la Sant Jordi, à droite Amb la força de l’amor, la chanson de Jordi Barre (paroles de Joan Tocabens) :

Je veux effacer les frontières
Qui nous privent du trésor
De tant de nouveaux printemps
Avec la force de l’amour

Je veux inonder ma terre
De tous les chants de mon cœur
Pour que tombent les barrières
Pour effacer la rancœur
Par la force de l’amour.

PS. Mes remerciements à Martine Caplanne, délicate interprète-compositrice des grands poètes (Cadou, Desnos, Lorca, etc.), originaire du pays Basque français, amie de Luc Romann, de Dalila, Christian Laborde et de… Jordi Barre (le monde est petit !), grâce à qui j’ai pu rencontrer Jean-Pierre Lacombe. Comme par hasard (…chantait Luc Romann), Martine Caplanne était dans la salle ce soir de la Sant Jordi, pour le spectacle de Rim’Elles. Si vous êtes un(e) adepte du Beau et de l’authentique (et sinon, que feriez-vous ici ?), je vous recommande son site pour en savoir plus sur elle, ou pour le plaisir de réentendre sa voix chaude au service des poètes.

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Et si vous voulez savoir ce qu’elle a pensé des « Affranchies » et de Rim’Elles, voici un petit mot glané chez elle : « Elles avaient le trac à Laroque-des-Albères vendredi dernier avant de jouer. Et ça, c’est plutôt bon signe non ?! Elles nous ont emmenés dans le coffre des souvenirs du répertoire de la chanson française et nous y avons découvert des trésors de textes souvent mal connus. Dalila a atteint une maturité de voix superbe. Fabienne l’accompagne au piano avec un respect rare. La construction du spectacle est fine, fluide. La mise en lumières bien travaillée (merci Christian !). Si elles passent par chez vous, ne les manquez pas. Certains de vos amis présents, eux, pourraient vous “faire bisquer” de n’avoir pas été de la fête ! Oui, un grand bravo, les filles et merci. » CQFD, non ?

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Published by Fred Hidalgo - dans Concerts et festivals
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