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  • : SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • : Parce que c’est un art populaire entre tous, qui touche à la vie de chacun et appartient à la mémoire collective, la chanson constitue le meilleur reflet de l’air du temps : via son histoire (qui « est la même que la nôtre », chantait Charles Trenet) et son actualité, ce blog destiné surtout à illustrer et promouvoir la chanson de l’espace francophone ne se fixera donc aucune limite…
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  • Fred Hidalgo
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 21:58

L'arbre de vie ou le désespoir des singes 

 

C’était comme un pressentiment. Après la fin de Paroles et Musique et les débuts de Chorus, dans la première moitié des années 90, notre camarade Marc Robine avait pris l’habitude de m’interroger sur la santé de l’araucaria avant de prendre la route, à la veille de chaque nouvelle réunion de rédaction (les collaborateurs des « Cahiers de la chanson » qui souhaitaient participer à ces rencontres trimestrielles, aussi amicales que professionnelles, accouraient spontanément au siège de la rédaction – dans un village sans prétention* situé entre Île-de-France, région Centre et Normandie – de toutes parts de l’Hexagone et parfois de plus loin). Un pressentiment ? En tout cas, c’était devenu une sorte de rite entre nous. « Et l’araucaria, ça va ? » Question apparemment anodine. « Oui, rien à signaler, l’araucaria est en pleine forme et il t’attend – on t’attend ! – de pied ferme. Y a rien qui s’passe… »

   

À l’image de l’araucaria se dressant aux regards admiratifs telle une flèche vivante (Vivre en flèche, dirait Vasca), Chorus a pris son envol et s’est imposé très vite comme « l’organe de référence » de la  chanson française et de l’espace francophone (au sens large, langues vernaculaires incluses). « La bible », disaient simplement ses lecteurs… aussi bien que l’Agence France Presse dans chacune ou presque de ses dépêches annonçant un nouveau numéro. Et puis il y a eu la fameuse tempête de l’an 2000 (plus précisément du 26 décembre 1999, une semaine à peine après notre réunion d’hiver), bourrasque et déluge de concert, qui a occasionné pas mal de dégâts dans le village et la propriété (nommée… « L’Araucaria »), et de grosses pertes pour la revue avec une part des archives et des stocks touchée par une inondation. Mais surtout, surtout, l’araucaria s’est trouvé déraciné et couché à terre comme un vulgaire arbuste, malgré ses quinze mètres et quelque deux à trois tonnes.  

Partout dans le hameau, des dizaines d’arbres abattus ont dû être débités et brûlés sur place. Cela a duré plus d’une semaine, sans interruption. Triste souvenir. Et l’araucaria, me demanderez-vous ? Ses racines miraculeusement indemnes, nous l’avons redressé en prenant moult précautions et replanté à l’aide d’un tractopelle. Du rôle et de la force des symboles… Apparemment, l’ « opération » s’est bien passée puisque trois mois plus tard, à la veille de notre réunion de printemps, l’arbre de vie était redevenu pareil à lui-même. Majestueux, étonnant, attirant les regards mais pas m’as-tu-vu pour un sou. Araucaria.jpgChargé de promesses d’avenir, de lendemains qui chantent. « …Et l’arbre de vie / Tout contre nos cœurs / Déjà refleurit… » Coup de fil de Marc : « Et l’araucaria ? – T’inquiète, bonhomme, tout va bien, y a rien qui s’passe… »

L’araucaria ? Un arbre magnifique originaire des hauts plateaux du Chili. Entre conifère et cactus. Appelé vulgairement « désespoir des singes » – on comprend pourquoi en le touchant, car qui s’y frotte s’y pique ! Séduits par sa forme, son port élégant et sa nature, ma chère et tendre et moi l’avions planté juste avant de créer Paroles et Musique, choisissant même de donner son nom à sa société éditrice : Les Éditions de l’Araucaria, qui allaient ensuite porter leurs fruits, non seulement avec « le mensuel de la chanson vivante » mais aussi avec les premiers « vrais » livres édités en France sur Francis Cabrel, Julien Clerc ou Renaud, en coédition avec Seghers. Un coup de cœur renforcé par la découverte de la magnifique Ode à l’araucaria de Pablo Neruda, le grand poète faisant de celui-ci le symbole de la liberté du peuple, puis les émigrés chiliens et plus généralement latino-américains le considérant comme celui de la résistance à l’oppression.

 

Pour ma part, je ne pouvais m’empêcher d’y voir un rapport implicite avec l’arbre de vie. Celui de Darwin ? Plus sûrement celui de Leny Escudero dont la chanson éponyme avait marqué ma pré-adolescence et dont l’histoire même, celle de la Guerre d’Espagne et de la Retirada de nos parents respectifs, était tellement proche : son « p’tit père » et le mien, par exemple, se retrouvèrent prisonniers en même temps, au printemps 39, dans un même camp du Roussillon, et tous deux eurent la chance d’en sortir vivants, puis de Vivre pour des idées Le 20 janvier dernier, nous eûmes une nouvelle fois l’occasion, avec Leny – que je considère (au même titre que Paco Ibañez) comme mon « grand frère » – de confronter nos souvenirs et ceux que nous confièrent nos parents.

 

Leny_Fred-copie-1.jpg

 

De cette conversation naquit un sujet de ce blog, à propos de Cali (voir « Tu es de ma famille ») pour rafraîchir les mémoires et rendre hommage à l’esprit de résistance. Puis, dans les jours suivants, convié par Fabrice Lucchini à l’émission Vivement Dimanche de Michel Drucker pour y rechanter Ballade à Sylvie et Pour une amourette, Leny Escudero allait utiliser l’essentiel de son temps de parole à rappeler – devant l’assistance médusée découvrant ce pan longtemps occulté, « ces années noires » de l’histoire de France – l’atrocité de l’accueil réservé alors aux réfugiés républicains espagnols fuyant le franquisme. Lui à la télévision (cliquer ICI pour voir la vidéo de ce témoignage), profitant de son image publique, avec son charisme, sa tendresse, sa profonde authenticité et son extraordinaire capacité à susciter l’attention ; moi, me servant de mon blog pour faire passer le même message. Devoir de mémoire. Il n’y a pas de hasard.

Ce même 20 janvier passé avec Leny, impossible aussi de faire l’impasse sur la fin soudaine et pour le moins prématurée de Chorus, en juillet 2009 ; l’auteur du Cancre et de La Grande Farce insistant sur le fait que cette revue, restée sans équivalent en son domaine, « mériterait » une seconde chance. « Va chercher de l’eau / Au fond du puits / Va chercher de l’eau / Et l’arbre de vie / Tout contre nos cœurs / Déjà refleurit… »

Leny_CD.jpg
C’était comme un pressentiment de Marc Robine, disais-je. Tant que l’araucaria s’est bien porté, Chorus aussi. Et puis, à un moment donné, il s’est mis à végéter. Coïncidence ? Sans doute, mais a posteriori la conjonction des faits, cette chronique de la mort non annoncée de l’un et de l’autre, n’en paraît pas moins troublante. Entre-temps, le 26 août 2003 – il y a huit ans… –, le sieur Marc avait tiré sa révérence et plus jamais, dès lors, les réunions de rédaction de Chorus ne furent les mêmes : autant sa présence y était imposante, constructive et jubilatoire à la fois (parfois intimidante aussi, pour les nouveaux venus de l’équipe, par sa profonde connaissance de l’histoire de la chanson), autant son absence se fit criante.
  

Il a fallu du temps encore pour que meure l’araucaria. Il s’est accroché, a fait ce qu’il a pu, mais l’amour, l’amitié et la tendresse qui l’ont entouré durant plus de trente ans n’ont pu compenser les épreuves et coups subis dans l’intervalle. Loin de ses racines ancestrales, il lui a fallu affronter toutes sortes d’aléas climatiques, le chaud et le froid, la tempête… Les tempêtes, puisqu’une seconde, plus localisée, l’a jeté à bas une nouvelle fois. Une fois de trop. Aujourd’hui, à l’endroit où il trônait en majesté, aucune trace ne subsiste de cet arbre de vie, l’arbre de Pablo Neruda – à la vue duquel se sont extasiés nombre d’artistes, du jeune débutant nommé Allain Leprest au monstre sacré. On appelle ça faire table rase. C’était il y a quelques mois. En parallèle, le projet de relance des « Cahiers de la chanson » mené par certains de ses anciens collaborateurs, auquel on croyait fort, a avorté avec le retrait d’un possible éditeur. Mais aussi, semble-t-il, avec le manque d’envie d’avoir encore envie… Sans parler de la crise qui n’arrange rien. Poussez pas, poussez plus, circulez, y a rien à voir, y a rien qui s’passe.

 

Quand il est mort, l’araucaria, je venais d’apprendre la disparition soudaine de Bruno Fecteau, pianiste, compositeur et directeur musical de Gilles Vigneault depuis une quinzaine d’années (voir la vidéo ci-dessus où l’un joue et l’autre chante Jack Monoloy), mais aussi le « chum » de l’excellente interprète québécoise Paule-Andrée Cassidy. Il n’avait pas 52 ans. J’avais sympathisé avec lui en juin 2003 (deux mois seulement avant le décès de Marc Robine) au Festival de Tadoussac où il m’avait abordé pour me remercier de nous montrer aussi attentifs, à travers Chorus, au parcours de sa « blonde » : « Vous êtes bien les seuls, en France, à parler d’elle… » Les lecteurs attentifs de Si ça vous chante, eux, auront lu ici ou là (en « commentaires », notamment de Natacha Ezdra) des informations sur les adieux trop précipités de ce talentueux musicien. J’y ajouterais simplement, ici, une vidéo en son hommage que, le 23 juin dernier (après la mise en terre de ses cendres « au cimetière La Souvenance »), nous a envoyée Paule-Andrée avec ce message : « En remerciement pour vos pensées, vos mots, vos témoignages, votre présence, votre écoute... Parce que ce sont ces gestes qui aident à voir ce qu'il reste malgré l'immensité de la perte. En mémoire des onze dernières années où Bruno et moi avons été si intimement liés, où nous avons tant fait ensemble, voici un enregistrement inédit que nous avons réalisé en 2006 et des photos récoltées au fil des ans. C'est bien peu pour vous dire ce que votre soutien a signifié. »

La chanson illustrant ces images, Il faut qu’on s’touche (signée Pascal Rinaldi, encore un auteur-compositeur de talent – suisse romand – par trop méconnu : écouter par exemple Au-delà de cette limite dans « Les Affranchis de Chant’Appart »), est aussi vraie et belle que bouleversante, portée par la voix frémissante d’émotion de Paule-Andrée. 

 

 

Oui, « La vie, ça a d’ces coups d’cravache »… Oui, « La vie, ça ne tient qu’à un fil »… Tous ces amis disparus depuis ce printemps : Jean-Claude, Ricet, Claude… sans parler des proches ou de très proches de grands amis. Jusqu’au camarade Allain qui a décidé lui-même du jour de son départ, ce 15 août de l’Assomption (un mois et quelque après avoir été programmé, en Auvergne, aux « Rencontres Marc-Robine »…). Désespoir de l’un, coup d’assommoir pour les autres, tous ceux qui l’aimaient. Et salaud de destin, salaud de crabe ! Comme Paule-Andrée et Pascal le chantent, je ne vois à tout cela qu’une issue, oh ! toute provisoire, certes, mais quand même : « Il faut qu’on s’aime, il faut s’le dire »… quand il est encore temps. Avant de tourner la page, s’entend, pour « aborder le rivage / Où rien ne fait semblant / Saluer le mystère / Sourire / Et puis se taire. » Là où y a vraiment plus rien à dire, plus rien qui s’passe. 

(À SUIVRE…)

« Ah ! Brézolles… » s’enflamma un beau matin de juillet, sur Radio Canada, le journaliste présentant le journal très écouté de la tranche matinale dont j’étais l’invité (à l’occasion du Festival d’été de Québec), « c’est l’adresse mythique de la chanson francophone ! ».

 

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Published by Fred Hidalgo - dans La Chanson vivante
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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 11:35

Soif d’idéal…


Il y a tout juste un an, dans un sujet dédié à Claude Nougaro sous le titre Ami chemin, je m’interrogeais sur la pertinence de « tourner la page » de ce blog, après cinquante articles publiés depuis le 18 novembre 2009 : « un tous les cinq jours en moyenne, de façon toute naturelle, sans jouer au mineur stakhanoviste, rien que pour le plaisir du partage de l’Art (mineur ?) de fond qu’est la chanson… » Sans le savoir, nous étions de fait à mi-chemin du trajet parcouru ensemble, puisque six mois plus tard, le 28 mars 2011, le centième « numéro » de Si ça vous chante, en hommage à Léo Ferré, ouvrait une large parenthèse de silence.


Pourtant, le « printemps des poètes » s’annonçait pour nous, qui souhaitions continuer à faire chorus, de la plus prometteuse des façons avec une belle exposition consacrée, justement, à Chorus. Inaugurée à la mi-mars à Clermont-Ferrand (en paroles et en musique avec un duo du cru fort talentueux, Gilles et Sylvie – l’écriture de l’un aussi remarquable que la voix de l’autre), conçue par Claude Mercier, fondateur des Rencontres nationales de la chanson française (qui ont révélé de nombreux talents) et actuel responsable de « Clermont-Carrefour de la chanson », elle a été présentée jusqu’au 17 avril, jour de la dix-neuvième édition de ce concours mettant chaque année dix jeunes artistes et groupes en lice (« Ce qui se fait de mieux, dixit Claude Mercier, dans la création de la chanson d’expression »).

expo-Chorus.jpg

Oui, le printemps s’annonçait sous de joyeux auspices ; et puis, un faisceau d’événements indépendants de notre volonté (comme disaient jadis les speakerines), d’ordre personnel autant que professionnel (j’essaierai de revenir notamment sur le projet de relance des « Cahiers de la chanson »), m’a soudainement contraint à interrompre notre dialogue. Enfin, dialogue, ça n’est pas tout à fait le mot tant j’ai eu l’impression, tout ce temps, de mener surtout un monologue – fût-il bien perçu et même extrêmement attendu et suivi (au point de classer Si ça vous chante dans le « Top des blogs » de l’espace francophone, tous thèmes confondus). Soif d’idéal…

 

C’est d’abord pour rassurer les uns et remercier les autres, fort nombreux – qui m’avez fait l’amitié de me contacter en direct pour vous inquiéter de mon silence – que je publie aujourd’hui ces lignes. Je suis toujours là, toujours attentif à l’évolution de la chanson ; laquelle a fort à faire, aujourd’hui, pour que ses mots arrivent à refléter ne serait-ce qu’un petit pan des maux qui assaillent ce monde en décomposition, où l’argent s’est définitivement substitué à l’humain, où la recherche du profit a totalement pris le pas sur la quête de l’inaccessible étoile. « Oh ! le mal qu’on peut nous faire… » Toujours là, debout, mais simplement un parmi d’autres, parmi ceux qu’on prend « pour des cons alors qu’on est / Des foules sentimentales / Avec soif d’idéal / Attirées par les étoiles, les voiles », qui fait ce constat, parfaitement résumé par la Chanson d’amour, si lucide, de Jean-Jacques Goldman : « Mais y a toujours un de ces sales matins / Où l'on se dit que l'amour, ça sert à rien ». Alors, oui, « Trève de discours, y a rien d'pire que l'amour… / Sauf de ne pas aimer ! / Autant le faire, c'est clair… / Et puis se taire. »

 


À suivre…

NB. La version de la Chanson d’amour de Jean-Jacques Goldman, proposée ici en duo avec Édith Lefel (grande chanteuse antillaise décédée à 39 ans le 20/01/2003), est extraite du bel album Marronnage, du groupe Malavoi, paru en 1998 à l’occasion du cent cinquantième anniversaire de l’abolition de l’esclavage.

 

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Published by Fred Hidalgo - dans En bref et en vrac
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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 09:44

« Alors… Chante ! » avec Juliette


Autour du pont de l’Ascension, entre le Printemps de Bourges en avril et les Francofolies de La Rochelle en juillet, se situe chaque année depuis plus d’un quart de siècle le festival Alors… Chante ! de Montauban. Beaucoup moins connu du grand public car beaucoup moins médiatisé par la presse et l’audiovisuel parisiens, Alors… Chante ! n’en est pas moins l’un des hauts lieux principaux de la chanson francophone. Il se trouve même quelques milliers de spectateurs, à chacun de ses millésimes, pour témoigner de sa convivialité sans égale qui en fait peut-être, de tous les grands événements du genre, le festival à dimension humaine par excellence. Sa 26e édition, autour de Juliette, couvre toute la semaine, de ce lundi 30 mai au dimanche 5 juin.

juliette.jpg

En fait, comme à son habitude, Alors… Chante ! propose aux festivaliers une entrée en douceur avec trois spectacles pour enfants dans sa programmation « Mômes en zic » (notamment avec l’excellent Hervé Suhubiette), et une soirée gratuite avec Camélia Jordana et Benjamin Paulin en première partie. De même le dimanche est l’occasion d’offrir un autre concert gratuit, dans l’après-midi, en guise de clôture.

Dans l’intervalle, la chanson bat son plein dans une demi-douzaine de lieux, du théâtre municipal à l’italienne à la grande salle Eurythmie en passant par divers chapiteaux, dont le Magic Mirrors réservé en particulier aux célèbres Découvertes (couronnées par les Bravos du public et les Bravos des professionnels) d’Alors… Chante ! Heureux sélectionnés de l’édition 2011, venus de l’ensemble de l’espace francophone (par ordre d’apparition à l’affiche, du mercredi au samedi à partir de 14 h 30) : Jeanne Garraud, Dimoné, Aliose, Pauvre Martin, Chloé Lacan, La Maison Tellier, Cindy Doire, Kharim Gharbi, Bab, Coco Royal, Brune et Les Becs Bien Zen.

 

On ne dira jamais assez l’importance de ces Découvertes, où se sont révélés la plupart des talents de la « nouvelle scène » française (qu’on appelait la « Génération Chorus » avant que les grands médias daignent enfin s’y intéresser), de Mano Solo (1994) ou Miossec (1995) alors que le dispositif n’était pas aussi clairement identifié (son origine remonte néanmoins à 1985 avec le tremplin « Ricochets »), à Jeanne Cherhal en 2001 (ah ! Quand on est très amoureux…), Bénabar, Jamait, Aldebert, Amélie-les-Crayons, Renan Luce, tant d’autres encore, par dizaines, jusqu’à Zaz l’an dernier ; le simple fait d’y être programmé offrant une exposition professionnelle d’exception en raison de la présence systématique à Montauban d’une vingtaine de responsables, directeurs et programmateurs de festivals francophones. L’une des spécificités d’Alors… Chante ! est en effet d’accueillir chaque année en assemblée générale la Fédération des Festivals francophones, dont l’acte fondateur a été une charte « qui pose et arbore une certaine façon de voir et programmer la chanson », écrivait Yannick Delneste dans Chorus n° 52 (été 2005), les principes communs à ses signataires étant d’offrir « une vision culturelle et non pas mercantile du genre, l’existence d’un projet et d’une direction artistique reconnaissant la chanson comme un art majeur ».

L’édition 2011 est dédiée à la grande Juliette qui fut justement l’une des premières artistes à être programmée, au milieu des années 80, par Jo Masure et l’équipe dirigeante de Chants Libres, l’association organisatrice d’Alors… Chante ! Gageons que la soirée qui lui est consacrée en point d’orgue du festival, samedi 4 juin, restera dans les mémoires, pleine de rimes féminines : Juliette, géniale jubilatrice, y accueille ses invités (suprises…) en première partie avant d’offrir son spectacle actuel, No parano, l’entracte étant l’occasion de proclamer en paroles et en musiques le palmarès des Découvertes.

 

Mais auparavant, l’éclectisme et la qualité du programme auront fait bicher plus d’un festivalier. Sans commentaires (voir le site d’Alors… Chante ! pour les détails), citons en vrac – Belgique, France, Québec et Suisse confondus – la présence de Monsieur Lune, Weepers Circus, Chanson Plus Bifluorée, Soprano, Zut, Thibaud Couturier, Manu Galure, Les Vendeurs d’Enclumes, Bernard Lavilliers, Zoé, Été 67, Deportivo, Alex Beaupain, Bertrand Belin, Thomas Fersen, Têtes Raides, Nicolas Fraissinet, Thierry Romanens, Nilda Fernandez, Florent Marchet, Karimouche, Zaz, Stéphane Côté, Pierre Lapointe, CharlÉlie Couture, Art Mengo, Mademoiselle K, etc. Tout cela du début de l’après-midi (voire du matin pour les Mômes en zic) jusqu’à la « Nuit musicale » au Magic Mirrors (à partir de minuit et demie), le tout s’achevant le samedi au même endroit et à la même heure par la « Nuit des découvertes ».

Pour plus de précisions encore, si besoin est, sur ce festival qui apporte un supplément d’âme à la chanson vivante, lire nos différents sujets et comptes rendus de l’an dernier, respectivement intitulés L’Âme des poètes et, justement,  Supplément d’âme (n° 1, 2 et 3). Bénabar lui-même, invité d’honneur et « parrain » d’Alors… Chante ! en 2006 après y avoir été programmé en Découvertes en 2001, ne confiait-il pas à Chorus, en réponse à Yannick Delneste : « C’est la cinquième fois que je viens, et j’ai effectué ici tout le cursus, de la première partie à la grande scène en passant par la scène Découvertes. […] C’est un festival à hauteur d’homme : je le savais, mais j’ai pu le vérifier tout au long de la semaine. » Ici, c’est à préciser, chaque invité d’honneur de l’édition (comme beaucoup d’autres artistes programmés) reste sur place toute la semaine, se mêlant très volontiers aux spectateurs...

La dimension humaine, le suivi artistique : deux principes fondateurs également du travail effectué par notre équipe, trente ans durant, avec Paroles et Musique puis Chorus. Tout est dit. Si vous aimiez notre action, si vous aimiez notre façon de faire – voire notre façon d’être –, sachez que tout cela se poursuit aujourd’hui à travers Alors… Chante ! Alors… si ça vous chante, il suffit de passer le pont… du Tarn et de l’Ascension réunis.

 

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Published by Fred Hidalgo - dans Concerts et festivals
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