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  • : SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • : Parce que c’est un art populaire entre tous, qui touche à la vie de chacun et appartient à la mémoire collective, la chanson constitue le meilleur reflet de l’air du temps : via son histoire (qui « est la même que la nôtre », chantait Charles Trenet) et son actualité, ce blog destiné surtout à illustrer et promouvoir la chanson de l’espace francophone ne se fixera donc aucune limite…
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  • Fred Hidalgo
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 09:20

Le trou dans le seau

 

Peuchère ! Quelle galère ! Misère de misère ! Mieux vaut en rire qu’en pleurer. Le « mythique Chorus » (j’ai encore lu ça tout récemment dans un hebdo de la presse nationale) a beau ne plus exister depuis un an et les patrons de labels s’en déclarer « orphelins », les disques ne cessent d’affluer dans ma boîte à lettres. Quasiment par pelletées… Et souvent de bons, voire d’excellents crus ! Et je ne parle pas de ces lettres et courriels (fort sympathiques au demeurant) quémandant une petite place au soleil de Si ça vous chante… C’est dire si le créateur est en quête (en manque ?) de débouchés médiatiques, d’intermédiaires crédibles entre lui et son public potentiel.

 

Alors, pauvre misère, pauvre de moi, pauvre passeur qui, à l’inverse d’un fossoyeur – vous me connaissez, j’ai plutôt l’âme d’un Martin-pêcheur (de talents) –, n’a d’autre objectif que de mettre en lumière les meilleurs d’entre nous (salut Sommer !), je culpabilise à l’idée de contribuer à enterrer toutes ces belles créations, faute de n’avoir ni le temps ni les moyens de remplir à moi seul la fonction unique qu’occupait Chorus naguère dans l’espace francophone. Comment faire, misère de misère ?! « Avec une bêche à l’épaule / Avec à la lèvre un doux chant / Avec à l’âme un grand courage / Il s’en allait trimer aux champs / Pauvre Martin, pauvre misère / Creuse la terre, creuse le temps… »

 

 

Même si, de leur côté, mes camarades et ex-confrères de la revue font un beau travail d’écrémage dans leurs propres blogs (voir colonne de gauche « Le fil nous lie, nous relie » et « Le fil tendu entre nous »), pour ma part je ne peux m’empêcher de ressentir la désagréable impression de jouer les porteurs d’eau… à l’aide d’un seau percé. Comme dans la chanson (de Béart, du grand Guy Béart) : « “Jacques ! Va chercher de l’eau !” / De l’eau ? On y va chère Lise, on y va / Y a un trou dans le seau / Chère Lise, y a un trou ! / “Cher Jacques bouche-le / Cher Jacques bouche-le” / Avec quoi le boucher / Chère Lise, le boucher ?… »

   

Guy Béart (avec Dominique Grange) – Le Trou dans le seau

 

Impossible en effet à quiconque voudrait présenter l’essentiel de la création (surtout francophone et non exclusivement française), sans faire d’impasses criantes et injustes, de consacrer, seul dans son coin, une chronique véritable à chaque album qui le mériterait. Mais conscient (ô combien !) de l’attente légitime des artistes (d’autant que je me garde bien de les solliciter…), je ne vois pas d’autre façon de procéder qu’en publiant, de loin en loin (comme au printemps dernier), un florilège purement informatif ou presque. Mon florilège. Une sélection subjective, donc (et puis je ne reçois pas non plus – ni ne suis informé de – toute la création, loin s’en faut), mais une sélection dont je revendique la qualité et l’éclectisme, sans autre jugement de valeur. Priorité à l’info. Dans l’espoir de me montrer utile à tout le monde, aux créateurs et aux amateurs de chanson. Bref, d’être aussi efficace que possible.

À vous ensuite, si ça vous chante, d’aller plus loin avec l’album et l’artiste (ou le groupe) concerné, sur les sites (où l’on peut souvent écouter des chansons et visionner des clips) dont je donne systématiquement les liens directs. D’accord ? Alors, c’est parti pour plusieurs séries d’albums recommandés et recommandables (ne manquez pas de contribuer à leur partage), sans hiérarchie autre que celle de l’ordre alphabétique.

dessinRaisin.jpg

Dernière chose : vous apprendrez en écoutant les radios nationales, en lisant la « grande » presse que la production française a subi une baisse notable depuis un an, en parallèle à un coup d’arrêt brutal de nouvelles signatures. C’est absolument exact et on ne peut que le déplorer. Sauf… sauf que cela ne concerne que les « majors » du disque, la production phonographique de talent existant toujours bel et bien, et peut-être même de façon plus florissante que jamais : la différence (mais il y a longtemps déjà que le glissement avait commencé de se produire), c’est que celle-ci se développe aujourd’hui plus souvent à travers des labels indépendants et l’autoproduction… auxquels les grands médias, prisonniers des indices d’audience, se montrent assez rétifs, soit qu’on juge les artistes trop éloignés de la norme grand public, soit que leurs albums ne bénéficient pas d’une large distribution nationale. Et c’est bien ça le plus regrettable, qui empêche le public d’être réellement informé. « Dans regrettable / Il y a regret / Il y a table / Il y a blé / Est-ce le nom / De ceux qui n’ont / Rien à se mettre dans le râble ? / […] Dans regrettable / Il y a râler / Dressons la table / Pour bramer… »

 

 

ALDEBERT

aldebertPour fêter ses dix ans de carrière (dont cinq albums en studio : le dernier, Enfantillages, est paru en 2008), Aldebert a monté un formidable spectacle mêlant cirque et chanson dont j’ai dit, à propos de sa création au dernier festival de Montauban (voir « Alors… Chante ! » dans ce blog), tout le bien (sans réserve) qu’on en a pensé, tout le bonheur (palpable) qu’en ont ressenti les spectateurs. À votre tour d’en profiter : en tournée à partir du 2 octobre, on pourra notamment le voir aux Nuits de Champagne de Troyes le 26 octobre et au Zénith de Paris le 20 novembre. Cet album-anniversaire, qui sort le 11 octobre, en reprend les chansons enregistrées en public lors des premières représentations, outre trois inédits en studio et plusieurs « incontournables » de son répertoire revisités en jazz manouche.

• J’ai dix ans, 17 titres, 70’39 ; Prod. et distr. Warner Music (site de l’artiste ; ou Myspace).

 

BARCELLA

barcella.jpgOn l’a vu et apprécié en début d’année à Risoul (voir « Étoiles des neiges »), puis à Chant’Appart (cf. « Les Affranchis de Chant’Appart ») pour son art de manier le verbe, son côté pince-sans-rire et son éclectisme qui se moque des barrières musicales : Barcella, « avec deux ailes pour vous faire voyager », est aussi inclassable qu’impayable. Renouant avec la tradition des chanteurs de cabaret, il alterne aussi bien valse et hip-hop qu’humour et désarroi. Innovant mais héritier à la fois de la chanson française d’auteur. Un personnage jubilatoire sur scène (en solo ou accompagné d’un seul instrumentiste) auquel ce troisième album (après L’Air du temps en 2005, avec la superbe chanson Mademoiselle qu’on retrouve ici avec bonheur, et Le Manège enchanté en 2006), enregistré au studio de la Cartonnerie de Reims avec une vingtaine de musiciens (piano, accordéon, cuivres, percussions et une belle section de cordes !), fait indéniablement passer un cap.

• La Boîte à musiques, 14 titres + 2 bonus vidéo, 43’54 ; Ulysse Productions, distr. L’Autre Distribution (Myspace).

 

LES BLAIREAUX

Blaireaux.jpgDix ans déjà et maintenant quatre albums pour nos six Blaireaux préférés ! Dix ans que ces copains de William Schotte, Jeff Kino et autres Marcel et son orchestre jouent les bêtes de scène… « Le blaireau est un animal fouisseur : il construit patiemment de longues galeries souterraines, observe l’ami Philippe Meyer. Les Blaireaux ont fait leur trou en une dizaine d’années. D’abord à Lille, chez eux, avant de conquérir les six coins de l’Hexagone, et aussi son centre et même ses départements les plus retirés… Le blaireau ne fiche rien de toute la sainte journée. Il ne sort que le soir, pour chercher sa nourriture. Les Blaireaux en fichent-ils une rame de plus ? Peut-on appeler en ficher quelque chose l’écriture de chansons divertissantes ou énergétiques, sentimentales ou chroniqueuses, moqueuses ou oniriques ?... Une fois réveillés, ils viennent raconter sur scène leurs songeries de la nuit avant d’aller assurer la fermeture des bars. Les Blaireaux, dix ans après leurs premiers pas, c’est toujours le même plaisir. Simplement, nous sommes plus nombreux à le partager. » Bien vu, Philippe : je confirme et cosigne des deux mains, d’autant plus que ce Bouquet d’orties, avant-goût de leur prochain festin collectif, est un plat de « chansons swing à textes » qui se déguste intrinsèquement !

• Bouquet d’orties, 15 chansons, 51’24 ; Prod. At(h)ome, distr. Wagram (site ; Myspace).

 

FABIEN BŒUF

boeuf.jpgIl y a trois ans, Yannick Delneste soulignait dans Chorus la « belle surprise » que représentait le premier album de celui qui se faisait alors appeler tout simplement « Bœuf ». On l’avait découvert en première partie de Dick Annegarn, des Ogres de Barback ou, plus tôt, au sein de P.O.C., un groupe landais. « Notre auteur-compositeur, notait Yannick, fait preuve à la fois d’éclectisme et de cohérence dans les textes comme dans les musiques. Une voix douce et précise, des cordes boisées de contrebasse et de violoncelle, des machines pertinentes, un folk chaud. » L’homme persiste et signe, creusant son sillon avec ce troisième opus, au point que Valérie Lehoux (autre ex-plume sensible de Chorus) écrit maintenant dans Télérama qu’il déroule « un joli collier de chansons mélodiques », metttant à juste titre l’accent sur « la finesse, la souplesse et la tendresse d’une écriture pas démonstrative, souvent même assez touchante » ; relevant enfin (et je crois Valérie sur parole, n’ayant pas encore vu cet artiste sur scène) que cet album ne reflète pas « du tout la force d’interprétation dont le jeune homme est capable en public ». On ne cesse de le dire : pour réussi qu’il soit, un album ne remplacera jamais la performance d’un (véritable) artiste sur scène.

• Les Premiers Papillons, 13 titres, 43’12 ; Prod. Jaba, distr. Differ-ant (site ; Myspace).

 

BORI

bori.jpgACI québécois, Egard Bori a sorti son premier album, Vire et valse, en 1994. En 1997, alors qu’il se présentait masqué sur scène (comme dans les médias), ou en ombre chinoise derrière un paravent, il reçut le Prix Miroir de la Révélation du Festival d’été de Québec, dont le jury présidé cette année-là par François Cousineau (et auquel participait, subjuguée par ledit Bori, ma chère et tendre « Blonde ») releva « le bonheur de l’imagination, de l’étonnement continuel : du rire aux larmes, du théâtre qui ensemence la chanson et vice-versa ». Depuis, c’est une œuvre qui s’est bâtie, qui ne  ressemble à aucune autre au Québec (tout au plus pourrait-on dire qu’elle a préparé la venue d’un Pierre Lapointe, y compris dans le chant « à la française »), faite de chansons d’auteur tendre qui demandent parfois à être apprivoisées au fil d’écoutes successives. Ici encore, comme dans certains des six albums précédents, on apprécie la complicité de Michel Rivard, cette fois pour une jolie ballade écrite ensemble (Toute ta lettre) et interprétée par « le duo Borivard » ! Finalement, après dix ans à s’avancer masqué, Bori a levé le voile ; profitez-en pour le découvrir (si ce n’est déjà fait) : il sera en tournée en France pour une dizaine de concerts du 12 octobre (au FestiVal de Marne) au 5 novembre (Les Oreilles en pointe, dans la Loire) en passant par Rennes, Nantes, Roubaix…

• Fous les canards, 12 titres, 48’17 ; Productions de l’onde ; distr. Canada : Sélect (site de l'artiste).

 

STÉPHANE CADÉ

cade.jpgIl a cosigné des chansons avec Allain Leprest, Florent Marchet, Florent Vintrigner, Suzy Firth… Auteur-compositeur, ses chansons ont été interprétées par Bernard Joyet, Dikès… Comme ACI, ce Cityrama est son troisième album : une sorte de carnet de voyage égrenant des chansons nées lors d’une tournée avec La Rue Kétanou. Neuilly, Charleville-Mézières, Strasbourg, Metz, Mulhouse… et jusqu’à Taïwan ! Si la voix est du genre minimaliste, l’univers musical, lui, est pop et acoustique : guitare, clarinette, violon, basse électrique, batterie, trompette, claviers… et scratchs. Pas commercial pour un sou, personnel, planant… Atmosphère, atmosphère ! Certains y seront sensibles, d’autres pas du tout. Envoûter les uns, dérouter les autres, tel est peut-être le destin de l’artiste ?

• Cityrama, 12 titres, 49’49 ; Prod. Stylenouille, distr. Musicast (site et Myspace de l'artiste).

 

ANNICK CISARUK

Cizaruk.jpgEnfance dans la région de Roanne, découverte du théâtre à Tours : elle joue Brecht qui, avec Kurt Weill, la mène inévitablement à la chanson. « C’est avec les atouts de son double parcours, vocal et dramatique, écrit Michel Trihoreau dans son “Portrait” de Chorus, qu’Annick Cisaruk mène le combat pour l’émotion naturelle des mots avec l’intelligence du cœur. Ce genre d’interprète est pourtant une espèce en grand danger de disparition. À côté des stars que l’on habille d’un répertoire sur mesure, combien sont-ils aujourd’hui qui – comme naguère Catherine Sauvage, Cora Vaucaire ou Yves Montand – savent choisir dans le prêt-à-chanter le meilleur de la création, pour lui apporter leur propre style ? Annick Cisaruk, elle, possède ces atouts, qualités de ceux, comme disait Léo Ferré, qui “sont d’une autre race” ? » Tout est dit : avec cet album entièrement consacré à Ferré, justement, la chanteuse parvient à un superbe travail de recréation. Superbe et sobre à la fois, puisque ce troisième opus, après un premier CD en piano-voix en 2001 (du Vian et Aragon, surtout), bénéficie comme le précédent (un spécial « Barbara » en 2005) du seul accompagnement de l’excellent David Venitucci à l’accordéon. Comme un remake de la formule scénique d’un Léo avec un Popaul (Castanier) désormais au piano du pauvre…

• Léo Ferré, l’âge d’or, 20 titres, 61’45 ; Le Chant du Monde, distr. Harmonia Mundi (site de l'artiste).

 

PETITE SÉLECTION D’AUTRES PARUTIONS :

• ADISSABEBA : Sous la Lune, 13 titres ; Eben Prod., Mosaic Music distr. (site).
• ALEX TOUCOURT : StudiOrange,15 titres ; La Prod Toucourt (site).
• ALLO CAROLINE : Pincez-moi, 13 titres ; Coquelicot Prod, L’Autre Distribution (site).
• AURÈLE & LUDOVIC HELLET : Vocalcordes, 13 titres, Coprod. Lapin Lapin Prod. & Service Compris (site).
• LES BECS BIEN ZEN : À la force du vent, 13 titres ; Azai.d Productions (site).
• LES BERTHES : Chroniques amères, 13 titres ; Trollsprod (site).
• CHRISTOPHE BOURDOISEAU : Constellation périphérique, 15 titres, livret de 24 pages ; autoproduction (site).
• FLORIAN BRINKER : Filer à l’anglaise, 10 titres ; Atlantis Productions, Anticraft distr. (site).
• MILTON ÉDOUARD : Foto di Milton, 10 titres ; Toschuss Prod. (site).
• FRANÇOISE HAUTFENNE : Palimpseste, 14 titres ; Prod. Clair de Mer (site).
• JEAN-MARIE KOLTÈS : 1974-2009, 2 CD, 24 et 22 titres ; et Jean-Marie Koltès par Jean-Baptiste Mersiol, 25 titres ; Akoufène Productions/Five Lights Records (site du premier et du second).
• LA GOUAILLE : éponyme, 12 titres ; autoproduction (site).
• PIERRE MARGOT : Kamaïeu, en public, 15 titres ; Édito Musiques, distr. Rue Stendhal (site)
• (Collection) « POÈTES & CHANSONS » : La Poésie érotique, anthologie, 2 CD, 50 titres ; Couleur femme, 25 titres, anthologie avec Bernard Ascal, Julos Beaucarne, Michèle Bernard, Martine Caplanne, Georges Chelon, Chantal Grimm, Catherine Sauvage… (site).
• LE P’TIT SON : En cavale…, 14 titres ; Sur Ta Tête Prod., distr. Avel Ouest (site).
• VERBEKE & FILS : La P’tite Ceinture, 13 titres, Coprod. Adima/Frémeaux & Associés (site de Frémeaux).
• RAPHA DE WARNING : Rêveries marines, 14 titres ; autoproduction (site).

À suivre…

___________

NB. Vous aimez la chanson ? Alors, inscrivez-vous à la « newsletter » de ce blog : pour citer un de ses lecteurs, « c’est gratuit et ça rapporte plein de petits bonheurs » ! N’hésitez pas non plus à y ajouter vos commentaires (sur quelque article que ce soit : tous les sujets restent disponibles depuis la création de Si ça vous chante, le 18 novembre 2009, par ordre chronologique, par rubriques ou individuellement, selon que vous cliquiez sur « Archives », « Catégories » ou « Articles récents » et « liste complète » dans la colonne de gauche) : ceux-ci sont en effet très courus (et fréquentés) par ses lecteurs. Enfin, si vous appréciez cet outil ludique de découverte et d’illustration de la chanson, ne manquez pas de faire chorus en incitant vos amis et relations aimant celle-ci à s’y inscrire également (on trouve sur la ligne ci-dessous les moyens techniques de le partager aisément, soit sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter, soit par simples courriels). Merci !

 

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Published by Fred Hidalgo - dans Actu disques et DVD
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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 09:00

Voyage en Hélénie

 

L’œuvre d’Hélène Martin, grande dame trop méconnue de la chanson contemporaine, vient d’être rassemblée dans un coffret de treize disques et un DVD en forme d’autoprortrait. Plus de deux cents titres pour découvrir, outre ses propres chansons (dont plusieurs inédites), tous les poètes qu’elle a mis en musique et qu’elle interprète… depuis cinquante ans. Au final, c’est une véritable Pléiade de la poésie chantée qu’à elle seule Hélène Martin offre à nos oreilles éblouies. Unique et magnifique.

 

CoffretMartin_2.jpg« Je suis de ce pays frontalier entre les mots et la musique » : ainsi se définit parfois Hélène Martin, dont l’image – depuis ses débuts en 1956 dans les cabarets de la rive gauche – est à jamais attachée, dans l’esprit du public, à cette forme de chanson un peu particulière qui consiste à mettre en musique les mots des poètes. Un exercice où les grandes plumes de la chanson francophone se sont illustrées, mais qui, dans son cas particulier, a un peu tendance à faire oublier que, derrière la compositrice et l’interprète (dont Christiane Rochefort disait que « son respect de la poésie confine au délire »), persiste et signe un auteur fécond intense et essentiel.

Un auteur d’une sensibilité contagieuse, n’ayant pas peur d’afficher ses coups de cœur, cicatrices et enthousiasmes, mais dont le verbe n’a de comptes à rendre à personne, en dépit de ce long cheminement fraternel en compagnie de quelques-unes des plus belles figures de notre histoire littéraire (Aragon, Char, Lucienne Desnoues, Eluard, Genet, Géraldy, Giono, Queneau, Rimbaud, Seghers…). Une chanteuse dont le parcours – entre la gestion de son propre label phonographique, Les Disques du Cavalier, créé en 1968 en Provence où elle s’est installée –, les émissions qu’elle réalise pour la télévision (en particulier, à partir de 1970, la série Plain-Chant sur les poètes et le téléfilm Jean le Bleu d’après l’œuvre de Giono) et ses passages à Paris (Bobino 70, Théâtre Montparnasse 72, Carré Silvia-Monfort 76, Théâtre des Champs-Élysées 78, Palace 80, Centre Georges-Pompidou 82, Bouffes-du-Nord 83, Palais des Glaces 84/85 pour la création du Condamné à mort…) – pourrait se résumer au simple titre d’un de ses nombreux albums, Liberté femme, et dont l’ambition artistique profonde est : « Que nous demeure le goût de passer, de troubler, d’intervenir ; le goût du chant et de l’amitié. »

Cette introduction à l’interview qu’Hélène Martin donna à Chorus en l’an 2000 (n° 32), pour la sortie de son livre-CD La Douceur du bagne, est empruntée à un certain Marc Robine… dont j’évoquais récemment la mémoire dans ce blog – un connaisseur, s’il en est, en la matière, puisque créateur notamment de la fameuse collection Poètes & Chansons chez EPM.

 

  

Hélène y racontait notamment ses rapports avec Jean Genet, dont on connaît sa superbe mise en musique du Condamné à mort, œuvre emblématique du poète :

« J’étais chez une amie qui connaissait Genet et avait beaucoup de livres et de manuscrits de lui. Dont ce long poème du Condamné à mort. C’est là que j’ai découvert cette sorte de classicisme, cette espèce de chant. Je ne me suis pas dit, d’ailleurs, que j’allais le mettre en musique parce que ça chantait de soi-même. Parfois je sais que je fais une vraie mise en musique, qu’il faut trouver une mélodie pour épouser des brèves, ou des longues, et un sens, un climat. Mais d’autres fois – je n’aime pas trop le dire parce qu’on s’en sert contre moi – c’est un exercice très linéaire où il suffit de “suivre” les mots. Un peu comme le plain-chant qui est à la fois une discipline et quelque chose où il n’y a pas de barres de mesures… On ne peut pas dire que la chanson, ce soit ça, pourtant le premier poème de Jean Genet que j’ai chanté reste pour moi une marche harmonique extrêmement simple. À la limite, ce qui me plaisait, c’était tout juste de porter les mots…

– Comment a-t-il réagi ?

– À l’époque, vers 1966, Roger Blin venait très souvent au Petit Pont, le cabaret où je chantais en permanence ; un jour il m’a demandé : “Est-ce que Genet sait que vous le chantez ?” Moi, timidement : “Non”. Alors, Blin m’a dit : “S’il ne le sait pas, il faudrait qu’il le sache, qu’il vous entende…” On a donc fait un disque souple avec deux guitares, dont l’une était jouée par Michel Legrand, et Blin s’est chargé de l’apporter à Genet… qui vivait en Italie car il était interdit de séjour en France. […] Un beau jour j’ai reçu une lettre de lui. Une lettre que j’ai finalement décidé de rendre publique, car beaucoup me reprochaient d’utiliser Genet à son insu : “Vous avez une voix magnifique. Chantez Le Condamné à mort tant que vous voudrez et où vous voudrez. Je l’ai entendu, grâce à vous il était rayonnant…” C’était une simple chanson au départ, puis j’ai mis le poème entier en musique pour Marc Ogeret qui en a fait en 1971 un album, aux Disques du Cavalier que j’avais créés entre-temps. »

Surprise ! Peu de temps avant notre rencontre avec Hélène Martin, cette chanson du Condamné à mort, qui marque indubitablement une date importante dans l’histoire de la poésie chantée, avait été reprise par… Étienne Daho ! « C’est une histoire un peu particulière, expliquait la Grande Dame, car j’ai rencontré Étienne alors qu’il ne chantait pas encore. C’était à la Maison de la Culture de Rennes où je présentais un spectacle doublé d’une exposition à partir de poèmes de Soupault, Tardieu, Guillevic… Étienne avait alors dix-sept ans et il parlait avec une espèce de ferveur de Françoise Hardy, Barbara et moi, en disant que nous étions les trois qui lui avaient donné goût à la chanson. Et puis, beaucoup plus tard, en 1992, il est venu me voir après un spectacle et c’est là qu’il m’a dit qu’il aimerait bien essayer… Quand j’ai donné mon récital sur les poètes, au Théâtre Molière, en février 1997, j’ai invité certaines personnes à chanter sur scène avec moi : Étienne est venu deux fois et je l’ai accompagné pendant qu’il interprétait Le Condamné à mort. Ça m’a beaucoup plu, parce qu’il en faisait tout à fait autre chose… Il ne porte pas du tout les mêmes mots de la même façon et en même temps c’est extrêmement dépouillé. Ensuite, il l’a repris dans un spectacle à l’Olympia. »

Et aujourd’hui, en cette rentrée 2010, l’histoire se prolonge au théâtre puisque Daho a monté Le Condamné à mort (en tournée en France dès ce mois-ci), avec Jeanne Moreau – excusez du peu – et lui-même au chant et aux arrangements (avec cinq musiciens), dans la mise en musique d’Hélène Martin !

 

 

Couronnée à trois reprises par le Grand Prix du Disque (en 1961 pour son premier 33 tours, en 1973 pour Hélène Martin/Fine Fleur et en 1980 pour Hélène Martin chante les poètes, également Grand Prix la même année de l’académie du Disque Français qu’elle avait déjà obtenu en 1969 pour Mes amis mes amours, Grand Prix de la Sacem en 1986 et 1988 pour l’ensemble de son œuvre, Hélène Martin est restée paradoxalement un personnage fort discret de la chanson. Elle a pourtant côtoyé les plus grands, qui l’ont à la fois soutenue et saluée (dont Philippe Soupault qui lui rendit d’ailleurs hommage dans une monographie en 1974 de la célèbre collection Poètes d’aujourd’hui des éditions Seghers). Au fil des ans, 33 tours (son premier 25 cm date de 1960, avec Aragon, Cocteau, Supervielle, Cadou et Rimbaud aux paroles !) puis CD se succèdent (plus de trente au total !) : Élégie à Pablo Neruda, en 1975, remporte un grand succès public, ainsi que le double CD Hélène Martin chante les poètes en 1985.

Écrivain, elle publie en 1982 Journal d’une voix (éd. Des femmes), en 1999 Sorgue, livre d’artiste (gravures de D. Limon), et en 2000 La Douceur du bagne (livre-CD EPM/Castor Astral), à l’occasion duquel le regretté Marc Robine la rencontra pour Chorus.

 

portraitMartin.jpg

  

Ces quelques rappels pour ceux et celles qui seraient passés à leur corps défendant à côté d’Hélène Martin, artiste plurielle cultivant l’excellence, la beauté et la rigueur en tous domaines, qu’on a pu revoir récemment à Paris, aux Bouffes du Nord, en septembre 2009 (pour le tournage d’un Plain Chant consacré à Aragon) puis en mai dernier pour la sortie de Voyage en Hélénie. L’occasion faisant le larron, ce témoignage formidable de cinquante ans de carrière va permettre non seulement aux « retardataires » de combler d’un seul coup toutes leurs lacunes à son endroit mais surtout de satisfaire jusqu’à satiété la soif de poésie chantée du plus exigeant d’entre nous. L’académie Charles-Cros ne s’y est d’ailleurs pas trompée, qui lui a décerné un Grand Prix 2010.

Treize CD accompagnés d’un DVD (Autoportrait : Il doit faire bon en mer) et de trois livrets de textes et d’illustrations composent ce Voyage en Hélénie : quatre volumes d’un Abécédaire des poètes (1 : Aragon, Audiberti, Benedetto, Bérimont ; 2 : Broussard, Cadou, Char, Clancier, Desnoues, Draghincescu, Eluard, Emré ; 3 : Genet, Giono, Grandmont, Jouanard, Labé, Martin, Michelangelo, Mogin ; 4 : Moiziard, Moulin, Neruda, Obaldia, Queneau, Riffaud, Rimbaud, Roy, Saint Martin, Seghers, Soupault, Supervielle, Vian) ; trois volumes d’Hélène Martin chante les poètes (1 : Chanter Genet ; 2 : Élégie à Pablo Neruda, Testament d’automne ; 3 : Saluer Jean Giono) ; cinq volumes d’Hélène chante Martin (Bossa Diva ; La Discordance ; Lettre à l’inconnu ; Va savoir ; Il est venu l’enfant) et un dernier, Hélène chante Martin et quelques autres (parmi lesquels Béart, Brassens, Brecht, Clément, Ferrat, Ferré, Christine Sèvres, Vigneault ou Villon).

CoffretMartin_1.jpgOn peut imaginer que ce Voyage ne sera pas excessivement annoncé par les programmateurs et autres décideurs du paysage audiovisuel français (même s’ils en apprécient les étapes et les sites en privé). C’est dommage pour leurs auditeurs et téléspectateurs. En revanche, et c’est bien là l’essentiel, nul doute que ce coffret fera partie du Grand Livre de la poésie chantée. Mieux, peut-être : il en est déjà l’un de ses plus beaux écrins.

Pour mémoire, les deux vidéos-documents proposées dans ce sujet datent de 1964 où Hélène Martin s’exprime sur les poètes et chante Le Condamné à mort à l’occasion d’un gala qu’elle donnait à Douai, et de 1967 où elle chante La Ballade de Bessie Smith dans la fameuse émission La Fine Fleur de la chanson française de Luc Bérimont.

 

• Hélène Martin : Voyage en Hélénie – Hélène Martin chante les poètes & Hélène Martin, 13 CD + 1 DVD ; production Cavalier-Hélène Martin, distribution EPM/Universal ; informations sur le site de l’artiste. 
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NB. À suivre dans Si ça vous chante une importante sélection, tous genres musicaux et toutes générations confondus, de nouveautés disques et DVD. Qu’on se le dise…



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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 11:57

Le griot des Flandres

   

Attention, cador ! Un poète lucide au cœur lunaire, reconnu et respecté de longue date en Nord-Pas-de-Calais : « Ribouldingue en pays flamand ! » écrivait serge Dillaz dans Chorus. Passé successivement par la guitare, la contrebasse et le piano, il s’accompagne principalement sur scène au violoncelle et a pris en quelque sorte la relève de Raoul de Godewarsvelde, le fameux « barde des Flandres » disparu en 1977, d’où son surnom de « Griot des Flandres ». Grand frère de Dany Boon, des Blaireaux et autres Marcel et son Orchestre, William Schotte sort son sixième album, Dédicaces, et tourne pour l’occasion en duo avec l’accordéoniste Sonia Rekis.

 

Il y a urgence. D’abord parce que William Schotte a démarré sa nouvelle tournée et qu’il ne faut pas le manquer (lui qu’on voit rarement dans la capitale se produit du 7 au 10 septembre à 22 h au Connétable – 55 rue des Archives, Paris 3e). Ensuite et surtout parce qu’il est temps de reconnaître en lui une vraie pointure de la chanson. « Souris-moi, souris-moi / Je n’suis pas un clown si triste / Souris-moi, souris-moi / Ou alors je quitte la piste… » prévient-il dans Cabot, le premier titre de Dédicaces.

 

 

C’est après avoir composé pour le théâtre et la télévision qu’il se lance dans la chanson, la presse écrite saluant aussitôt la richesse de l’univers du « plus flamand des chanteurs hexagonaux », pionnier du violoncelle : drôlerie, brio, émotion et sensualité sont au rendez-vous et font de William ce « poète halluciné » qui n’a jamais transigé sur la tolérance, mouillant sa chemise à volonté tant pour l’amour et l’amitié que pour les estaminets ! Alors, vite fait (à vous ensuite de parcourir le reste du chemin, notamment via les liens ci-dessous), résumons son parcours (fléché de plusieurs Cœur Chorus, la distinction qu’offrait la « revue de référence de la chanson francophone »), grâce à ce qu’écrivait Serge Dillaz – l’un des deux chtis de l’équipe ! – dans une « Rencontre » avec lui (n° 44, été 2003).

1984-1993 : William décide de former une compagnie. « Rien à voir avec le théâtre pour lequel j’avais pourtant déjà travaillé. Non, en fait, je pensais au rock, aux groupes plus ou moins associatifs de mon adolescence. » Pour le coup, on est plus proche des Blues Brothers que des Stones. Qu’à cela ne tienne, « William Schotte et Cie » jouent les rockers pour rire… Ambiance farfelue pour kermesses de bord de mer. Juste de quoi se faire remarquer par les gens du Printemps de Bourges où nos lascars seront invités en 1989 et 1993 après avoir raflé le prix Jeunes talents de la Sacem.

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1994 : Parution du premier album, Geel en Swart, aux couleurs de Flandres. Ce que William résume par « le jaune, soleil, et le noir, traumatisme de l’enfance ». Une formule lapidaire qui définit plutôt bien le bonhomme : entre rayonnement et ombre mouillée. Apparemment, le clown a toujours un sourire pour les jours mauvais ! Le ton est décalé, volontairement inclassable. Sur fond de musique hybride, les paroles racontent des histoires de gens simples comme ceux que William côtoyait naguère. Avec drôlerie mais aussi avec une bonne flopée de tendresse. Les origines sont clairement revendiquées. Et si la fronde existe en filigrane de ce beau programme, c’est façon Thyl Uylenspiegel : en tirant une (ir)révérence en direction du jacobinisme hexagonal.

1996 : Dès l’album suivant, la bonne franquette reprend d’ailleurs ses droits. Intitulé Au roi du potje vleesch (c’est le boucher-charcutier de William…), le disque dévoile la composition de cette recette gastronomique : du musette, du jazz, du rock, du pop. Dans l’intervalle, William a tout de même eu le temps d’enregistrer un autre opus en trio, Vues d’Ostende. Un pur instrumental, celui-là.

1998 : Pour la « Compagnie » ce n’est pas encore le Nirvana mais quasiment. Pensez donc : leur potée a été mitonnée au studio Gorgone de Lille, là même où Philippe Léotard, Sapho et Renaud (pour l’album Cante el Nord) ont déjà traîné guêtres et guépières ! C’est dans ce lieu magique des vieux quartiers lillois que William mettra en boîte ses Échos du Westhoek. Une sorte de gazette provinciale, de journal musical agencé de main de maître par Joël Cartigny, compagnon de route des Tri Yann.

 



2003 : Quatre ans d’attente et de remise en cause ont été nécessaires pour relancer la machine. L’arrivée du piano à bretelles est à cet égard des plus significative. Le classicisme de William Schotte découle de ses racines. Il est ancré dans la tradition populaire d’un pays où le vent colporte les souvenirs d’autrefois, cette époque où l’enfance est éternelle. C’est Le Grand Biscornu, avec notamment cette Valse à Toto à plusieurs temps, plusieurs niveaux de compréhension : « Allez Toto, chante-nous ta chanson / Pendant c’temps-là, tu pourras pas boire ! / Allez Toto, chante-nous ta chanson / Elle n’est pas bonne, mais t’as l’air d’y croire ! / Tu sais bien, cette chanson où tu parles de la mer / Où tu quittes ta maison, où tu quittes père et mère… »

2006 : Changement de look… Pour le coup, William  a décidé d’aller au Bal des amours. Une façon de taquiner les rythmes en matant les seins de sa cavalière. Passant de la rumba à la valse, du slow au tango, du calypso à la bourrée (manouche), il promène sa silhouette d’escogriffe sur les pistes des dancings, des bals de village ainsi que dans la moiteur des boîtes à champagne. Le personnage, à vrai dire, est resté le même. Un brin fanfaron, ce timide aux allures de M. Hulot endimanché ressemble à un héron égaré dans un magasin de porcelaine…

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Schotte CD originalEt voici que nous arrive Dédicaces, son sixième opus, dont il signe tous les titres, paroles et musique, enfonçant le clou du précédent avec les mêmes musiques de genre. Enregistré cette fois rien qu’à deux, avec sa complice de scène Sonia Rekis, il est néanmoins très dense, musicalement parlant (violoncelle, guitare, piano et basse pour William, accordéon, basse et percussions pour Sonia qui intervient aussi de loin en loin au chant). Et chaleureux au point de susciter chez l’âme sensible (c’est-à-dire, par définition, chez tous les amateurs de chanson vivante) des larmes de plaisir, ou du moins plein de petits bonheurs… et de lui valoir, chez Si ça vous chante, un « QuiSchotte » on ne peut plus approprié !

Pourquoi Dédicaces ? Il faudrait le demander à l’intéressé, mais au-delà du fait qu’il a dédié chacune de ces chansons à un ami, un proche, un parent… ou même à une ville, l’auditeur attentif ne manquera pas de déceler ici et là quelques références-révérences, musicales (comme Trenet pour La Petite Violette, Nougaro-Constantin pour Le Cha-Cha de la souris… dédié à Tex Avery) ou textuelles : « Dans la rue du clap en bas […] / Je suis repassé hier / Après de longues années / Y avait plus Brigitte, y avait plus Françoise / Et les autres commerçants / Avaient tous plié bagages / C’est d’un banal effrayant / […] C’est du “Petit bal perdu”… »

   

 

Loin, si loin des bourrasques des faiseurs qui emportent et raflent (presque) tout sur leur passage au détriment de créations au long cours, c’est du « velours-velours » que souffle ici doucement et sans esbroufe le joli vent du Nord : « Tout là-haut, auprès des dieux qui passent leurs journées / À deviser sur l’avenir des hommes / Je fais le malin, je bois de la rosée du vin / Je fais le malin, je bois et je perds mon chemin… » Un conseil : ne passez pas à côté de William Schotte si votre chemin vient à croiser le sien. Une précision, enfin : discret à la ville (et à la télé), William est un bavard à la scène et ses intermèdes entre les chansons valent le déplacement. Souvent drôles mais pas que ! « La tristesse, la douleur, la joie, le plaisir, la danse sont des valeurs communes à tous les hommes et l’intérêt réside en particulier dans la forme que ces sentiments revêtent. C’est la chanson française imbibée d’esprit flamand. » Goûtez-y, vous y reviendrez !

 

• Dédicaces – William Schotte et Sonia Rekis, 13 titres, 43’56 (Bemol Productions ; contact scène : compagnieaece@live.fr, tél. 06 11 37 29 42).

 

 

NB. On peut écouter nombre de chansons (ou d’extraits de chansons) de William Schotte sur les différents sites suivants :
Cliquer ICI pour écouter notamment des chansons de Dédicaces et consulter son agenda des concerts à venir.
Cliquer ICI pour écouter des extraits du Grand Biscornu.
Cliquer ICI pour écouter des chansons de ses albums antérieurs.

 

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Published by Fred Hidalgo - dans Actu disques et DVD
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