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  • : SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • : Parce que c’est un art populaire entre tous, qui touche à la vie de chacun et appartient à la mémoire collective, la chanson constitue le meilleur reflet de l’air du temps : via son histoire (qui « est la même que la nôtre », chantait Charles Trenet) et son actualité, ce blog destiné surtout à illustrer et promouvoir la chanson de l’espace francophone ne se fixera donc aucune limite…
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  • Fred Hidalgo
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 09:00

Voyage en Hélénie

 

L’œuvre d’Hélène Martin, grande dame trop méconnue de la chanson contemporaine, vient d’être rassemblée dans un coffret de treize disques et un DVD en forme d’autoprortrait. Plus de deux cents titres pour découvrir, outre ses propres chansons (dont plusieurs inédites), tous les poètes qu’elle a mis en musique et qu’elle interprète… depuis cinquante ans. Au final, c’est une véritable Pléiade de la poésie chantée qu’à elle seule Hélène Martin offre à nos oreilles éblouies. Unique et magnifique.

 

CoffretMartin_2.jpg« Je suis de ce pays frontalier entre les mots et la musique » : ainsi se définit parfois Hélène Martin, dont l’image – depuis ses débuts en 1956 dans les cabarets de la rive gauche – est à jamais attachée, dans l’esprit du public, à cette forme de chanson un peu particulière qui consiste à mettre en musique les mots des poètes. Un exercice où les grandes plumes de la chanson francophone se sont illustrées, mais qui, dans son cas particulier, a un peu tendance à faire oublier que, derrière la compositrice et l’interprète (dont Christiane Rochefort disait que « son respect de la poésie confine au délire »), persiste et signe un auteur fécond intense et essentiel.

Un auteur d’une sensibilité contagieuse, n’ayant pas peur d’afficher ses coups de cœur, cicatrices et enthousiasmes, mais dont le verbe n’a de comptes à rendre à personne, en dépit de ce long cheminement fraternel en compagnie de quelques-unes des plus belles figures de notre histoire littéraire (Aragon, Char, Lucienne Desnoues, Eluard, Genet, Géraldy, Giono, Queneau, Rimbaud, Seghers…). Une chanteuse dont le parcours – entre la gestion de son propre label phonographique, Les Disques du Cavalier, créé en 1968 en Provence où elle s’est installée –, les émissions qu’elle réalise pour la télévision (en particulier, à partir de 1970, la série Plain-Chant sur les poètes et le téléfilm Jean le Bleu d’après l’œuvre de Giono) et ses passages à Paris (Bobino 70, Théâtre Montparnasse 72, Carré Silvia-Monfort 76, Théâtre des Champs-Élysées 78, Palace 80, Centre Georges-Pompidou 82, Bouffes-du-Nord 83, Palais des Glaces 84/85 pour la création du Condamné à mort…) – pourrait se résumer au simple titre d’un de ses nombreux albums, Liberté femme, et dont l’ambition artistique profonde est : « Que nous demeure le goût de passer, de troubler, d’intervenir ; le goût du chant et de l’amitié. »

Cette introduction à l’interview qu’Hélène Martin donna à Chorus en l’an 2000 (n° 32), pour la sortie de son livre-CD La Douceur du bagne, est empruntée à un certain Marc Robine… dont j’évoquais récemment la mémoire dans ce blog – un connaisseur, s’il en est, en la matière, puisque créateur notamment de la fameuse collection Poètes & Chansons chez EPM.

 

  

Hélène y racontait notamment ses rapports avec Jean Genet, dont on connaît sa superbe mise en musique du Condamné à mort, œuvre emblématique du poète :

« J’étais chez une amie qui connaissait Genet et avait beaucoup de livres et de manuscrits de lui. Dont ce long poème du Condamné à mort. C’est là que j’ai découvert cette sorte de classicisme, cette espèce de chant. Je ne me suis pas dit, d’ailleurs, que j’allais le mettre en musique parce que ça chantait de soi-même. Parfois je sais que je fais une vraie mise en musique, qu’il faut trouver une mélodie pour épouser des brèves, ou des longues, et un sens, un climat. Mais d’autres fois – je n’aime pas trop le dire parce qu’on s’en sert contre moi – c’est un exercice très linéaire où il suffit de “suivre” les mots. Un peu comme le plain-chant qui est à la fois une discipline et quelque chose où il n’y a pas de barres de mesures… On ne peut pas dire que la chanson, ce soit ça, pourtant le premier poème de Jean Genet que j’ai chanté reste pour moi une marche harmonique extrêmement simple. À la limite, ce qui me plaisait, c’était tout juste de porter les mots…

– Comment a-t-il réagi ?

– À l’époque, vers 1966, Roger Blin venait très souvent au Petit Pont, le cabaret où je chantais en permanence ; un jour il m’a demandé : “Est-ce que Genet sait que vous le chantez ?” Moi, timidement : “Non”. Alors, Blin m’a dit : “S’il ne le sait pas, il faudrait qu’il le sache, qu’il vous entende…” On a donc fait un disque souple avec deux guitares, dont l’une était jouée par Michel Legrand, et Blin s’est chargé de l’apporter à Genet… qui vivait en Italie car il était interdit de séjour en France. […] Un beau jour j’ai reçu une lettre de lui. Une lettre que j’ai finalement décidé de rendre publique, car beaucoup me reprochaient d’utiliser Genet à son insu : “Vous avez une voix magnifique. Chantez Le Condamné à mort tant que vous voudrez et où vous voudrez. Je l’ai entendu, grâce à vous il était rayonnant…” C’était une simple chanson au départ, puis j’ai mis le poème entier en musique pour Marc Ogeret qui en a fait en 1971 un album, aux Disques du Cavalier que j’avais créés entre-temps. »

Surprise ! Peu de temps avant notre rencontre avec Hélène Martin, cette chanson du Condamné à mort, qui marque indubitablement une date importante dans l’histoire de la poésie chantée, avait été reprise par… Étienne Daho ! « C’est une histoire un peu particulière, expliquait la Grande Dame, car j’ai rencontré Étienne alors qu’il ne chantait pas encore. C’était à la Maison de la Culture de Rennes où je présentais un spectacle doublé d’une exposition à partir de poèmes de Soupault, Tardieu, Guillevic… Étienne avait alors dix-sept ans et il parlait avec une espèce de ferveur de Françoise Hardy, Barbara et moi, en disant que nous étions les trois qui lui avaient donné goût à la chanson. Et puis, beaucoup plus tard, en 1992, il est venu me voir après un spectacle et c’est là qu’il m’a dit qu’il aimerait bien essayer… Quand j’ai donné mon récital sur les poètes, au Théâtre Molière, en février 1997, j’ai invité certaines personnes à chanter sur scène avec moi : Étienne est venu deux fois et je l’ai accompagné pendant qu’il interprétait Le Condamné à mort. Ça m’a beaucoup plu, parce qu’il en faisait tout à fait autre chose… Il ne porte pas du tout les mêmes mots de la même façon et en même temps c’est extrêmement dépouillé. Ensuite, il l’a repris dans un spectacle à l’Olympia. »

Et aujourd’hui, en cette rentrée 2010, l’histoire se prolonge au théâtre puisque Daho a monté Le Condamné à mort (en tournée en France dès ce mois-ci), avec Jeanne Moreau – excusez du peu – et lui-même au chant et aux arrangements (avec cinq musiciens), dans la mise en musique d’Hélène Martin !

 

 

Couronnée à trois reprises par le Grand Prix du Disque (en 1961 pour son premier 33 tours, en 1973 pour Hélène Martin/Fine Fleur et en 1980 pour Hélène Martin chante les poètes, également Grand Prix la même année de l’académie du Disque Français qu’elle avait déjà obtenu en 1969 pour Mes amis mes amours, Grand Prix de la Sacem en 1986 et 1988 pour l’ensemble de son œuvre, Hélène Martin est restée paradoxalement un personnage fort discret de la chanson. Elle a pourtant côtoyé les plus grands, qui l’ont à la fois soutenue et saluée (dont Philippe Soupault qui lui rendit d’ailleurs hommage dans une monographie en 1974 de la célèbre collection Poètes d’aujourd’hui des éditions Seghers). Au fil des ans, 33 tours (son premier 25 cm date de 1960, avec Aragon, Cocteau, Supervielle, Cadou et Rimbaud aux paroles !) puis CD se succèdent (plus de trente au total !) : Élégie à Pablo Neruda, en 1975, remporte un grand succès public, ainsi que le double CD Hélène Martin chante les poètes en 1985.

Écrivain, elle publie en 1982 Journal d’une voix (éd. Des femmes), en 1999 Sorgue, livre d’artiste (gravures de D. Limon), et en 2000 La Douceur du bagne (livre-CD EPM/Castor Astral), à l’occasion duquel le regretté Marc Robine la rencontra pour Chorus.

 

portraitMartin.jpg

  

Ces quelques rappels pour ceux et celles qui seraient passés à leur corps défendant à côté d’Hélène Martin, artiste plurielle cultivant l’excellence, la beauté et la rigueur en tous domaines, qu’on a pu revoir récemment à Paris, aux Bouffes du Nord, en septembre 2009 (pour le tournage d’un Plain Chant consacré à Aragon) puis en mai dernier pour la sortie de Voyage en Hélénie. L’occasion faisant le larron, ce témoignage formidable de cinquante ans de carrière va permettre non seulement aux « retardataires » de combler d’un seul coup toutes leurs lacunes à son endroit mais surtout de satisfaire jusqu’à satiété la soif de poésie chantée du plus exigeant d’entre nous. L’académie Charles-Cros ne s’y est d’ailleurs pas trompée, qui lui a décerné un Grand Prix 2010.

Treize CD accompagnés d’un DVD (Autoportrait : Il doit faire bon en mer) et de trois livrets de textes et d’illustrations composent ce Voyage en Hélénie : quatre volumes d’un Abécédaire des poètes (1 : Aragon, Audiberti, Benedetto, Bérimont ; 2 : Broussard, Cadou, Char, Clancier, Desnoues, Draghincescu, Eluard, Emré ; 3 : Genet, Giono, Grandmont, Jouanard, Labé, Martin, Michelangelo, Mogin ; 4 : Moiziard, Moulin, Neruda, Obaldia, Queneau, Riffaud, Rimbaud, Roy, Saint Martin, Seghers, Soupault, Supervielle, Vian) ; trois volumes d’Hélène Martin chante les poètes (1 : Chanter Genet ; 2 : Élégie à Pablo Neruda, Testament d’automne ; 3 : Saluer Jean Giono) ; cinq volumes d’Hélène chante Martin (Bossa Diva ; La Discordance ; Lettre à l’inconnu ; Va savoir ; Il est venu l’enfant) et un dernier, Hélène chante Martin et quelques autres (parmi lesquels Béart, Brassens, Brecht, Clément, Ferrat, Ferré, Christine Sèvres, Vigneault ou Villon).

CoffretMartin_1.jpgOn peut imaginer que ce Voyage ne sera pas excessivement annoncé par les programmateurs et autres décideurs du paysage audiovisuel français (même s’ils en apprécient les étapes et les sites en privé). C’est dommage pour leurs auditeurs et téléspectateurs. En revanche, et c’est bien là l’essentiel, nul doute que ce coffret fera partie du Grand Livre de la poésie chantée. Mieux, peut-être : il en est déjà l’un de ses plus beaux écrins.

Pour mémoire, les deux vidéos-documents proposées dans ce sujet datent de 1964 où Hélène Martin s’exprime sur les poètes et chante Le Condamné à mort à l’occasion d’un gala qu’elle donnait à Douai, et de 1967 où elle chante La Ballade de Bessie Smith dans la fameuse émission La Fine Fleur de la chanson française de Luc Bérimont.

 

• Hélène Martin : Voyage en Hélénie – Hélène Martin chante les poètes & Hélène Martin, 13 CD + 1 DVD ; production Cavalier-Hélène Martin, distribution EPM/Universal ; informations sur le site de l’artiste. 
______ 

NB. À suivre dans Si ça vous chante une importante sélection, tous genres musicaux et toutes générations confondus, de nouveautés disques et DVD. Qu’on se le dise…



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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 11:57

Le griot des Flandres

   

Attention, cador ! Un poète lucide au cœur lunaire, reconnu et respecté de longue date en Nord-Pas-de-Calais : « Ribouldingue en pays flamand ! » écrivait serge Dillaz dans Chorus. Passé successivement par la guitare, la contrebasse et le piano, il s’accompagne principalement sur scène au violoncelle et a pris en quelque sorte la relève de Raoul de Godewarsvelde, le fameux « barde des Flandres » disparu en 1977, d’où son surnom de « Griot des Flandres ». Grand frère de Dany Boon, des Blaireaux et autres Marcel et son Orchestre, William Schotte sort son sixième album, Dédicaces, et tourne pour l’occasion en duo avec l’accordéoniste Sonia Rekis.

 

Il y a urgence. D’abord parce que William Schotte a démarré sa nouvelle tournée et qu’il ne faut pas le manquer (lui qu’on voit rarement dans la capitale se produit du 7 au 10 septembre à 22 h au Connétable – 55 rue des Archives, Paris 3e). Ensuite et surtout parce qu’il est temps de reconnaître en lui une vraie pointure de la chanson. « Souris-moi, souris-moi / Je n’suis pas un clown si triste / Souris-moi, souris-moi / Ou alors je quitte la piste… » prévient-il dans Cabot, le premier titre de Dédicaces.

 

 

C’est après avoir composé pour le théâtre et la télévision qu’il se lance dans la chanson, la presse écrite saluant aussitôt la richesse de l’univers du « plus flamand des chanteurs hexagonaux », pionnier du violoncelle : drôlerie, brio, émotion et sensualité sont au rendez-vous et font de William ce « poète halluciné » qui n’a jamais transigé sur la tolérance, mouillant sa chemise à volonté tant pour l’amour et l’amitié que pour les estaminets ! Alors, vite fait (à vous ensuite de parcourir le reste du chemin, notamment via les liens ci-dessous), résumons son parcours (fléché de plusieurs Cœur Chorus, la distinction qu’offrait la « revue de référence de la chanson francophone »), grâce à ce qu’écrivait Serge Dillaz – l’un des deux chtis de l’équipe ! – dans une « Rencontre » avec lui (n° 44, été 2003).

1984-1993 : William décide de former une compagnie. « Rien à voir avec le théâtre pour lequel j’avais pourtant déjà travaillé. Non, en fait, je pensais au rock, aux groupes plus ou moins associatifs de mon adolescence. » Pour le coup, on est plus proche des Blues Brothers que des Stones. Qu’à cela ne tienne, « William Schotte et Cie » jouent les rockers pour rire… Ambiance farfelue pour kermesses de bord de mer. Juste de quoi se faire remarquer par les gens du Printemps de Bourges où nos lascars seront invités en 1989 et 1993 après avoir raflé le prix Jeunes talents de la Sacem.

schotte.jpg

 

1994 : Parution du premier album, Geel en Swart, aux couleurs de Flandres. Ce que William résume par « le jaune, soleil, et le noir, traumatisme de l’enfance ». Une formule lapidaire qui définit plutôt bien le bonhomme : entre rayonnement et ombre mouillée. Apparemment, le clown a toujours un sourire pour les jours mauvais ! Le ton est décalé, volontairement inclassable. Sur fond de musique hybride, les paroles racontent des histoires de gens simples comme ceux que William côtoyait naguère. Avec drôlerie mais aussi avec une bonne flopée de tendresse. Les origines sont clairement revendiquées. Et si la fronde existe en filigrane de ce beau programme, c’est façon Thyl Uylenspiegel : en tirant une (ir)révérence en direction du jacobinisme hexagonal.

1996 : Dès l’album suivant, la bonne franquette reprend d’ailleurs ses droits. Intitulé Au roi du potje vleesch (c’est le boucher-charcutier de William…), le disque dévoile la composition de cette recette gastronomique : du musette, du jazz, du rock, du pop. Dans l’intervalle, William a tout de même eu le temps d’enregistrer un autre opus en trio, Vues d’Ostende. Un pur instrumental, celui-là.

1998 : Pour la « Compagnie » ce n’est pas encore le Nirvana mais quasiment. Pensez donc : leur potée a été mitonnée au studio Gorgone de Lille, là même où Philippe Léotard, Sapho et Renaud (pour l’album Cante el Nord) ont déjà traîné guêtres et guépières ! C’est dans ce lieu magique des vieux quartiers lillois que William mettra en boîte ses Échos du Westhoek. Une sorte de gazette provinciale, de journal musical agencé de main de maître par Joël Cartigny, compagnon de route des Tri Yann.

 



2003 : Quatre ans d’attente et de remise en cause ont été nécessaires pour relancer la machine. L’arrivée du piano à bretelles est à cet égard des plus significative. Le classicisme de William Schotte découle de ses racines. Il est ancré dans la tradition populaire d’un pays où le vent colporte les souvenirs d’autrefois, cette époque où l’enfance est éternelle. C’est Le Grand Biscornu, avec notamment cette Valse à Toto à plusieurs temps, plusieurs niveaux de compréhension : « Allez Toto, chante-nous ta chanson / Pendant c’temps-là, tu pourras pas boire ! / Allez Toto, chante-nous ta chanson / Elle n’est pas bonne, mais t’as l’air d’y croire ! / Tu sais bien, cette chanson où tu parles de la mer / Où tu quittes ta maison, où tu quittes père et mère… »

2006 : Changement de look… Pour le coup, William  a décidé d’aller au Bal des amours. Une façon de taquiner les rythmes en matant les seins de sa cavalière. Passant de la rumba à la valse, du slow au tango, du calypso à la bourrée (manouche), il promène sa silhouette d’escogriffe sur les pistes des dancings, des bals de village ainsi que dans la moiteur des boîtes à champagne. Le personnage, à vrai dire, est resté le même. Un brin fanfaron, ce timide aux allures de M. Hulot endimanché ressemble à un héron égaré dans un magasin de porcelaine…

quichote_3.jpg

Schotte CD originalEt voici que nous arrive Dédicaces, son sixième opus, dont il signe tous les titres, paroles et musique, enfonçant le clou du précédent avec les mêmes musiques de genre. Enregistré cette fois rien qu’à deux, avec sa complice de scène Sonia Rekis, il est néanmoins très dense, musicalement parlant (violoncelle, guitare, piano et basse pour William, accordéon, basse et percussions pour Sonia qui intervient aussi de loin en loin au chant). Et chaleureux au point de susciter chez l’âme sensible (c’est-à-dire, par définition, chez tous les amateurs de chanson vivante) des larmes de plaisir, ou du moins plein de petits bonheurs… et de lui valoir, chez Si ça vous chante, un « QuiSchotte » on ne peut plus approprié !

Pourquoi Dédicaces ? Il faudrait le demander à l’intéressé, mais au-delà du fait qu’il a dédié chacune de ces chansons à un ami, un proche, un parent… ou même à une ville, l’auditeur attentif ne manquera pas de déceler ici et là quelques références-révérences, musicales (comme Trenet pour La Petite Violette, Nougaro-Constantin pour Le Cha-Cha de la souris… dédié à Tex Avery) ou textuelles : « Dans la rue du clap en bas […] / Je suis repassé hier / Après de longues années / Y avait plus Brigitte, y avait plus Françoise / Et les autres commerçants / Avaient tous plié bagages / C’est d’un banal effrayant / […] C’est du “Petit bal perdu”… »

   

 

Loin, si loin des bourrasques des faiseurs qui emportent et raflent (presque) tout sur leur passage au détriment de créations au long cours, c’est du « velours-velours » que souffle ici doucement et sans esbroufe le joli vent du Nord : « Tout là-haut, auprès des dieux qui passent leurs journées / À deviser sur l’avenir des hommes / Je fais le malin, je bois de la rosée du vin / Je fais le malin, je bois et je perds mon chemin… » Un conseil : ne passez pas à côté de William Schotte si votre chemin vient à croiser le sien. Une précision, enfin : discret à la ville (et à la télé), William est un bavard à la scène et ses intermèdes entre les chansons valent le déplacement. Souvent drôles mais pas que ! « La tristesse, la douleur, la joie, le plaisir, la danse sont des valeurs communes à tous les hommes et l’intérêt réside en particulier dans la forme que ces sentiments revêtent. C’est la chanson française imbibée d’esprit flamand. » Goûtez-y, vous y reviendrez !

 

• Dédicaces – William Schotte et Sonia Rekis, 13 titres, 43’56 (Bemol Productions ; contact scène : compagnieaece@live.fr, tél. 06 11 37 29 42).

 

 

NB. On peut écouter nombre de chansons (ou d’extraits de chansons) de William Schotte sur les différents sites suivants :
Cliquer ICI pour écouter notamment des chansons de Dédicaces et consulter son agenda des concerts à venir.
Cliquer ICI pour écouter des extraits du Grand Biscornu.
Cliquer ICI pour écouter des chansons de ses albums antérieurs.

 

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 23:16

 Le colporteur de chansons



Il y a des dates impossibles à oublier : le 26 août 2003 est de celles-là qui marquait, avec la disparition de notre ami et collaborateur Marc Robine (à l’âge seulement de 52 ans), une perte irréparable pour la chanson française. Les médias n’en parleront pas davantage cette année que les précédentes, le « métier » restera fort discret à son sujet, mais les uns et les autres – du moins les vrais « pros » – savent combien la collectivité nationale est redevable à Marc Robine de son action sans pareille de préservation de notre patrimoine chansonnier.

  

C’est ainsi : il y a ceux qui occupent le devant de la scène et ceux qui sont cantonnés aux coulisses, malgré un rôle au moins aussi utile, si ce n’est davantage. Bref. J’aurais voulu ici tout rappeler, tout dire, tout expliquer en détail de ce qu’il nous a apportés (parler aussi de sa personnalité exceptionnelle : quel charisme il avait ! Avec lui, nos réunions de rédaction étaient un bonheur…), mais aujourd’hui encore je ne peux écrire sur Marc ni penser à lui sans une vive douleur. Néanmoins, pour ne pas participer au silence sinon à l’oubli généralisé, vous me permettrez de reprendre ici les textes que j’écrivis en ouverture et en conclusion du dossier spécial que nous lui consacrâmes dans le n° 46 de Chorus. S’il faut les lire en les remettant dans le contexte d’il y a (déjà) sept ans, pas un mot n’est à retrancher : le temps passé n’a rien fait à l’affaire, et le vide immense de son absence est toujours aussi présent. Il nous reste heureusement sa voix, comme un prolongement de son âme, dont la seule écoute nous écorche le cœur.

 

Marc Robine – Il pleure dans mon cœur
   

Homme à casquettes (ou plutôt à chapeaux !) d’une étonnante diversité, doué d’une exceptionnelle faculté de partage, d’une égale et rare compétence dans chacun de ses domaines d’activité, Marc Robine n’en redoutait pas moins la confusion des genres. Même si l’ensemble de ses occupations professionnelles convergeait toujours vers la chanson, il tenait à revendiquer d’abord sa vocation de chanteur. Quitte à parler de lui à la troisième personne : « Avant toute chose, avait-il écrit dans un texte autobiographique, dissipons un malentendu : malgré sa collaboration régulière à la revue Chorus et malgré les différents ouvrages qu’il a consacrés à l’histoire de la chanson, Marc Robine n’est pas un écrivain-journaliste qui se serait mis subitement à chanter ; mais un chanteur-musicien qui, après plus de dix ans de pratique professionnelle, s’est soudain découvert l’envie de parler de la chanson, afin de partager un peu ce trop-plein de passion qui l’animait. »  

 

Chapeau

  

En fait, ces deux statuts étaient pour lui absolument complémentaires, et Marc n’a jamais songé à négliger l’un au profit de l’autre. Ainsi fêterait-il aujourd’hui son dixième album, Poétique attitude (le premier remonte à 1976, cinq ans avant qu’il ne commence à collaborer à Paroles et Musique), et s’apprêterait-il à attaquer son septième livre, sans ralentir pour autant sa participation à Chorus... Formé à l’école du folk, au début des années 70, Marc Robine s’est rapidement orienté vers l’écriture de ses propres chansons, tout en ponctuant ses récitals de titres empruntés à des amis comme Michel Bühler, David McNeil, Etienne Roda-Gil, Luc Romann... Toujours par souci de partager cette passion qui faisait de ce nomade dans l’âme un véritable « colporteur de chansons », ainsi qu’il aimait à se définir lui-même.


Marc Robine – Le Temps des chevaux
   

Si chacun de ses spectacles était une invitation au voyage, ses chansons d’errance, d’amour et d’aventures étaient des jalons d’itinéraire griffonnés en hâte sur un coin de bar, une banquette d’aéroport ou le couvercle d’un étui de guitare, comme « des feuillets épars d’un carnet de route jamais tenu à jour, jamais daté, jamais classé, jamais relié ». Un fragment de mémoire, porté par le regard attentif et tranquille d’un spectateur de passage dont les mots aimaient à se frotter à toutes sortes de musiques, et dont la soif s’étanchait à toutes sortes de rencontres. Un spectateur en éternel transit, curieux de la marche du monde et de l’histoire quotidienne de ceux qu’il croisait en chemin – pour quelques heures ou des pans entiers de vie. 

CD Errance

Grand voyageur devant l’Éternel et aventurier textuel, mi-Corto Maltese mi-Hugo Pratt (qui lui dessinera d’ailleurs sa pochette de L’Errance…) ; héritier spirituel de Woody Guthrie et de Gaston Couté ; frère de cœur du Grand Jacques auquel il aura consacré ses plus belles pages ; Marc Robine, historien, collecteur et directeur artistique, nous lègue surtout une œuvre phonographique unique : son Anthologie de la chanson française, des trouvères à nos jours, véritable monument historique en quatre-vingt-dix albums ! Ni assez long ni jamais tranquille, le fleuve de sa vie a brusquement quitté son lit. Mais la source qui l’alimentait n’est pas près de se tarir et longtemps, longtemps, longtemps après que cet ami des chanteurs et des poètes aura disparu, sa chanson continuera de vivre en nous.

« J’aurais voulu lui dire je t’aime »  

Raconter l’histoire de Marc Robine à Paroles et Musique et à Chorus reviendrait à écrire l’histoire de ces deux journaux, et il y faudrait tout un livre... voire plusieurs tomes ! Alors, au moment de refermer ce dossier sur l’un des personnages objectivement les plus importants que la chanson francophone contemporaine ait connu – l’un des plus compétents, actifs et « partageux » qui soient, jamais amer, jamais cynique ni pessimiste (bien que d’une extrême lucidité), toujours positif et enthousiaste, sans cesse tendu vers des lendemains qui chantent (au sens propre) et de nouveaux projets à mener à bien, comme on réalise ses rêves d’enfance –, on se limitera ici à poser quelques bornes pour la mémoire.

 Marc Robine est venu au journalisme en autodidacte pour faire partager sa passion, dévorante mais non exclusive, pour la chanson (il avait bien d’autres centres d’intérêt, de Cendrars à Moitessier en passant notamment par le polar, la BD, la Formule 1 ou les Amérindiens... !). Pas d’études journalistiques spécifiques, mais une culture générale aussi vaste que sa mémoire était phénoménale, une connaissance approfondie des techniques et de l’histoire de la musique, et une force de conviction hors du commun : le tout mis au service de la chanson – qu’il connaissait comme sa poche et vulgarisait (surtout du temps des trouvères à l’avènement des grands ACI) comme personne –, c’était Marc Robine, auteur, biographe, conférencier, journaliste.

 

reunion 98

Très vite, j’ai compris son fonctionnement en la matière, qu’il s’agisse de presse ou d’édition : inutile de lui demander d’écrire sur des artistes qui le laissaient indifférent. Marc Robine était tout le contraire de ces mercenaires de la plume qui sévissent sans complexe et sans scrupules au service du plus offrant. Il ne travaillait que sur (ou avec) des artistes qu’il aimait vraiment, « têtes d’affiche » ou illustres inconnus – la notoriété n’entrait pas en ligne de compte dans ses choix –, ou appréciait pour leurs grandes qualités professionnelles (quand celles-ci étaient indéniables, sauf à être d’une parfaite mauvaise foi ou à refuser par commodité sectaire d’ouvrir les yeux – et les oreilles ! – sur la réalité, toutes choses parfaitement étrangères à Marc).

D’emblée, il me cita un mot d’Aragon qui définissait à la perfection sa conception du métier : « La critique doit être une pédagogie de l’enthousiasme. » Une assertion qui résumait aussi, grosso modo (car ce n’est pas toujours possible de l’appliquer à la lettre), notre ligne éditoriale...

Flagrant délit

Une fois prise la décision de créer Paroles et Musique (et le premier numéro de juin 1980 en route), entre autres journalistes pressentis par nous pour former l’équipe première du « mensuel de la chanson vivante » (comme Marc Legras), je sollicitai en particulier Jacques Vassal (alors chef, au « vrai » Rock & Folk, de la rubrique « Les Fous du Folk » et auteur notamment d’un ouvrage de référence sur la chanson française, Français, si vous chantiez). Prudent, il attendit de voir le n° 1 de P&M pour croire vraiment ce que je lui avais annoncé, mais dès le n° 2 il devint l’un de ses piliers essentiels et ce jusqu’à son ultime numéro d’avril 90 – le n° 100 (avec Renaud à la une, en vendeur de journaux à la criée, P&M en main et dans la sacoche) !

 

UneRobine

 

Un numéro dont Marc Robine réalisa le dossier spécial, « L’interview de la décennie » (à partir des propos recueillis tout au long des 99 numéros précédents), plaçant, en exergue, une citation de Woody Guthrie (tirée de Cette machine tue les fascistes, livre traduit par... Jacques Vassal). À relire aujourd’hui ce texte choisi de Woody, c’est Marc que j’entends : « Je hais une chanson qui vous dit que vous n’êtes bon à rien. Je hais une chanson qui vous fait penser que vous êtes né pour perdre. Bon pour personne. Bon pour rien. [...] Je suis là pour combattre ce genre de chansons jusqu’à mon ultime souffle d’air et ma dernière goutte de sang. Je suis là pour chanter des chansons qui vous prouveront que ce monde est à vous. [...] Je suis là pour chanter des chansons qui vous rendent fier de vous et de votre travail. Et les chansons que je chante sont faites, pour la plupart, par toutes sortes de gens à peu près comme vous. »

Des années plus tard, fidèle à ses idées comme à ses amis, Marc (dans la « Rencontre » que Chorus n° 22 lui consacrerait en qualité d’artiste – la seule en onze ans d’existence, car nous nous étions interdits, par souci déontologique, d’en faire trop sur l’un des membres de notre équipe) compléterait les propos du génial folk-singer américain. « La chanson n’appartient à personne, disait Marc à Serge Dillaz. Elle circule et si les gens la fredonnent, elle traverse les siècles. Quelqu’un comme Woody Guthrie ne mettait jamais de copyright sur ses chansons. Mais sur l’un de ses recueils, on trouve cette phrase fabuleuse, que je fais mienne : “Celui qui sera pris en flagrant délit de chanter l’une de ces chansons sans ma permission a toutes les chances de devenir l’un de mes bons copains”... »  

 

Marc Robine – Le Pieu
   
Woody Guthrie, Bob Dylan, Bruce Springsteen, Herman Van Veen, Atahualpa Yupanqui, Paco Ibañez, Lucio Dalla, Francis Bebey, Angélique Ionatos, Klaus Hoffmann, Lluís Llach (dont il adapta L’Estaca en français, devenue Le Pieu), etc., la liste est longue des chanteurs étrangers que Marc appréciait vivement ; car bien sûr (comme toute l’équipe de Chorus, malgré sa prédilection pour la francophonie), il aimait les chansons d’où qu’elles viennent, pourvu qu’elles soient authentiquement populaires, profondément sincères, qu’elles ne mentent pas... À la réflexion, c’est d’ailleurs cet état naturel de sincérité qui caractérisait Marc (parfois bien dissimulé sous des doses, à assommer un bœuf, d’une mauvaise foi provocatrice à but dialectique !) qui nous mettait, à son endroit, en état permanent de tendresse.

C’est donc Jacques Vassal qui nous présenta Marc, fin 1980 ou début 81, je ne sais plus exactement ; l’essentiel étant que nos routes respectives, professionnelles et affectives, seraient dès lors et jusqu’au bout étroitement mêlées. Sur les six livres que Marc a publiés, j’en ai fait quatre avec lui en tant qu’éditeur et/ou directeur d’ouvrage : Cabrel d’abord, Julien Clerc dans la foulée, Brassens ensuite, Brel enfin... Brel surtout dont le contrat d’édition initial fut signé entre lui et « Hidalgo Éditeur » dès 1988 ! Dix ans de travail acharné et sans concessions pour un livre reconnu aujourd’hui (y compris par les collaborateurs les plus proches de Brel : Corti, Jouannest et Rauber) comme la référence absolue. Que de peaux de banane, pourtant, glissées sous les pieds de l’auteur, que de menaces proférées contre l’éditeur par des malfaisants, envieux... et pas forcément désintéressés.

 

Corti

 

Pour la petite histoire, le premier article de Marc dans Paroles et Musique fut une rencontre avec Luc Romann (l’auteur du Temps des chevaux...) dans le n° 9 d’avril 81. Suivit une autre dans le n° 11 avec Henri Gougaud, et après deux pages consacrés par Jacques Vassal à Robine-le-chanteur dans le n° 20 de mai 82, Robine-le-journaliste fit son entrée en fanfare chez nous en coréalisant, avec Vassal, le dossier... Brel du n° 21 (été 82). La suite se confond intimement, je l’ai dit, avec l’histoire du mensuel puis avec celle de Chorus où Marc, à son tour, fit entrer d’emblée Michel Bridenne (qui lui avait dessiné plusieurs pochettes d’albums, dont Le Temps des cerises) et Jean Théfaine...

 

CD Cerises 

Rendez-vous dans dix ans

À la parution du Cabrel, à l’automne 87, Marc nous fit cette dédicace : « Notre premier livre ensemble. Vivement la suite... » Elle ne tarda guère puisque son Julien Clerc sortit début 88 : « Déjà dix ans de route ensemble. Quelle aventure ! Rendez-vous dans dix autres. » S’il anticipait quelque peu la durée de notre collaboration passée, en revanche le rendez-vous qu’il nous fixait allait être tenu, ô combien ! En septembre 98 paraissait son Grand Jacques (le roman de Jacques Brel), sitôt couronné du Grand Prix de Littérature de l’académie Charles-Cros ; et après des centaines voire des milliers de feuillets publiés dans cette revue qu’il aura voulue au moins autant que nous, et marquée à jamais de son empreinte*, en 2003 il trouvait encore le moyen – en l’espace de seulement six mois ! – d’écrire le dossier consacré à Jacques Bertin (n° 42), de cosigner celui sur Johnny, en effectuant un travail biographique et d’analyse incroyablement minutieux (n° 43), puis de raconter la vie et l’œuvre de Ferré (n° 44), Léo qu’il fut d’ailleurs le dernier à interviewer (lire son témoignage à ce sujet dans Chorus n° 40, p. 35)… pour la toute première « Rencontre » de la revue !

 

reunion 02

Tout cela – qui, une fois de plus, montre le formidable éclectisme du personnage – en poursuivant d’un numéro à l’autre son extraordinaire série sur l’histoire de la chanson française** (via les auteurs), puis en y mettant le point final – comme s’il avait voulu remplir tous ses engagements avant de plier bagage – pour le n° 45 de l’automne...

Entre autres projets d’écriture, il devait maintenant s’attaquer, sous la forme d’un tête-à-tête avec l’un des plus grands artistes actuels (de ses amis), à un nouveau livre, pour le « Département Chanson Fayard/Chorus »... Plein de dossiers aussi en vue pour Chorus... Mais aujourd’hui c’est lui, Marc Robine, que Chorus épingle à son tableau d’honneur ! Une « consécration » certes on ne peut plus méritée, mais qui constitue vraiment la dernière des choses à laquelle nous aurions voulu sacrifier. Si c’est là, vieux frère, le seul stratagème que tu as trouvé pour qu’on te dise enfin je t’aime***, le prix est cher à payer, mais c’est sûr... t’as gagné, mon salaud !

 

  

*Je n’ose penser dans quel état l’aurait laissé l’annonce, par un simple coup de fil et sans la moindre concertation préalable avec les membres de sa rédaction, de la cessation de parution immédiate de Chorus...

**J’y ajouterais finalement un avant-propos et une postface pour l’éditer en livre : Il était une fois la chanson française, 2004. Autre ouvrage posthume de Marc Robine paru en 2006 chez Fayard/Chorus : Charles Aznavour ou le destin apprivoisé, dont son collègue de Chorus, Daniel Pantchenko, accepta de reprendre le manuscrit (le premier tiers environ en était déjà écrit) pour le mener à son terme.

*** « J’aurais voulu lui dire je t’aime / Et c’est à vous que je le dis... » (Lucienne, album L’Errance, 1990), paroles et musique de Marc Robine.

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NB. Le dossier spécial de Chorus dont sont extraits ces articles comportait trente pages : une longue bio-œuvre (signée Jacques Vassal), une présentation commentée de sa bibliographie (par Serge Dillaz), des témoignages de ses amis et proches (dont ceux de Francis Cabrel et Julien Clerc recueillis par Jean Théfaine), un autre écrit par Didier Daeninckx, un rappel de l’extraordinaire travail mené en commun chez EPM avec son complice François Dacla (par Daniel Pantchenko), un compte rendu de la soirée hommage qui eut lieu le 13 octobre 2003 à la Maroquinerie, la veille de ce qui aurait été son 53anniversaire, des repères biographiques, sa discographie (dix albums personnels, instrumentaux et de chanson, et de nombreuses participations à des disques collectifs)… enfin, une très émouvante « Lettre-océan » d’Hélène Triomphe-Robine, à qui ce sujet de Si ça vous chante est évidemment dédié.

 

Marc Robine – Je parle de la mer
   
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Published by Fred Hidalgo - dans La Chanson vivante
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