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  • : SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • : Parce que c’est un art populaire entre tous, qui touche à la vie de chacun et appartient à la mémoire collective, la chanson constitue le meilleur reflet de l’air du temps : via son histoire (qui « est la même que la nôtre », chantait Charles Trenet) et son actualité, ce blog destiné surtout à illustrer et promouvoir la chanson de l’espace francophone ne se fixera donc aucune limite…
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Profil

  • Fred Hidalgo
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 20:19

Leçon de blog sommaire

 

Ceci n’est pas une guitare, c’est un blog de saucisson (de cheval), pardon de chanson... Autrement dit, un truc, un machin qui se faufile (ah ! le joli fil…) sur la toile mondiale, pour partager des choses, des impressions, des sentiments, des émotions, des informations, des notes, du son, de l’image et du verbe… Précisons tout de suite que je ne joue pas du blog classique, ni du blog flamenco, encore moins du blog démago, mais du blog sommaire, avec tout juste six mois de pratique-tac-tic. Et je ne suis pas ici pour vous distraire, qu’on se le dise, mais pour instruire. Maintenant, s'il y en a que ça amuse de rire, je peux aussi distraire. Ou instruire en « distraisant »... dix ans, treize ans, trente ans de Paroles et Musique en Chorus, trente ans… et demi maximum... Après, je prends ma retraite ! 

 

   

Mais trêve de paraphrase bobylapointesque. Bien qu’il y ait pire en la matière que cette espèce de Brassens punk-rock avant l’heure, génie méconnu… de son vivant – je me souviens d’Yves Montand me répondant qu’il n’existait pas, en chanson, de grand talent méconnu ; cela m’avait fichu en rogne. Il est vrai qu’à ce moment-là notre Bobo Léon n’était plus de ce monde depuis une dizaine d’années (Robert, Jean-François, Joseph, Pascal Lapointe, dit Boby Lapointe, avait passé l’arme à gauche à Pézenas, sa ville natale, à l’âge de 50 ans, le 29 juin 1972)… et que ses œuvres complètes s’écoulaient alors, post mortem, comme du petit lait à la framboise des mamelles (du destin) de votre nourrice. Pas de talent méconnu ? « Pour une sonnerie, c'est une belle sonnerie ! » Je préfère la tendresse de Tonton Georges à la pseudo-lucidité condescendante de Montand (et je ne parle pas de l’artiste, évidemment fabuleux) : « Ce satané Boby Lapointe, depuis qu’il a tourné le coin, à Pézenas comme à Paris ses copains et admirateurs ont du mal à s’y habituer. En ce qui me concerne, les soirs où son amitié et sa bonhomie me manquent un peu, je fais comme si rien n’était, j’écoute ses chansons pour qu’il continue à vivre, le bougre, et il continue. Mon vieux Boby, putain de moine et de Piscénois, fais croire à qui tu veux que tu es mort ; avec nous, les copains, ça ne prend pas. »  

 

 

Bref, retour à nos moutons : leçon de blog sommaire. Parce que, figurez-vous, il semble que quantité d’internautes novices ignorent « comment ça marche », quelles sont les fonctionnalités d’un blog et les possibilités qu’il offre. Ici et là, des indices nous alertaient de cette méconnaissance avouée ou pas : des messages sibyllins, des commentaires, et surtout ces jours-ci – lors d’un marathon de spectacles où nous avons rencontré nombre d’anciens lecteurs de Chorus, d’artistes et de professionnels – des discussionsd’où il ressortait à l’évidence la nécessité d’apporter quelques précisions sur l’usage d’un blog, son mode d’emploi.

Alors, les férus en bloguerie, les premiers de la classe section Web, passez votre chemin ! Vous êtes prévenus, ceci ne vous concerne pas… mais vous pouvez néanmoins mettre à profit cette récréation pour prendre du plaisir (c’est gratuit) avec le son et lumière bibinaire, le cours de grammaire bobylapointenaire illustrant cette leçon de blog sommaire destinée surtout – sinon à faire découvrir l’intéressé (on peut penser que c’est fait depuis belle lurette, quoique…) – à offrir une bonne pinte de rire à sa santé (moi, son écriture sans pareille, géniale, son rythme de forcené de la chanson, son air de ne pas en avoir, de ne pas être concerné quand il chante – comme ici dans Tirez sur le pianiste de Truffaut, avec Aznavour au piano – m’ont toujours fait et me font toujours hurler de rire).  

  

   

Leçon n° 1 : l’inscription (et la désinscription)

Vous pouvez recevoir de loin en loin un message de notre part sans être inscrit au blog pour autant. Cela signifie seulement que vous avez manifesté votre intérêt pour la chanson auprès de nous ou que quelqu’un connaissant cet intérêt nous a communiqué votre adresse. Mais, dans ce cas, vous ne recevrez que des messages aléatoires, souvent très espacés, et risquez donc de manquer des informations d’actualité.

Le plus simple et le plus commode pour tout le monde est donc de vous inscrire en laissant votre e-mail dans la case « Si ça vous chante… » (en colonne de gauche de la page d’accueil), sous la mention « inscription à la newsletter », puis de cliquer sur OK. Vous recevrez dès lors un message toujours très bref mais automatique à chaque actualisation... qui nous évite bien du travail ! A bon entendeur, merci d’avance. Et si, plus tard, vous souhaitez vous désinscrire parce que vous n’avez plus goût à rien, que votre Katie, par exemple, vous a quitté, pas de problème, on est compatissant : vous pouvez nous quitter à votre tour à tout moment d’un seul clic (sans risquer de claques) à l’endroit indiqué (« Pour ne plus recevoir de newsletter provenant de sicavouschante.over-blog.com, cliquez ici ») au bas de chaque « newsletter » (sorry, but it is impossible de franciser ce terme dans la « grille » imposée par le serveur… à moins qu’un blogueur émérite nous apporte la solution) annonçant la mise en ligne d’un nouvel article.  

   

 

Notez qu’en cas d’inscription, votre e-mail reste strictement secret (il n’est même pas visible par l’auteur du blog) et ne peut donc être communiqué à quiconque.

 

Leçon n° 2 : écrire un commentaire

L’un des buts principaux de Si ça vous chante est de susciter des commentaires de ses lecteurs-visiteurs, non seulement pour réagir directement à un article, le compléter, y apporter des précisions mais aussi pour répondre à un autre lecteur, lancer des pistes de réflexion, donner des informations d’actualité, etc. Nombreux sont ceux (et celles) qui hésitent à participer ainsi à la marche du blog, surtout parce qu’ils croient que cela doit être techniquement très compliqué… alors que c’est tout simple : il suffit de cliquer sur la mention « Écrire un commentaire » qui figure systématiquement en fin d’article et vous arrivez sur une page où, après avoir noté votre nom (ou le pseudonyme de votre choix) et votre e-mail (qui n’est lisible par personne d’autre que l’auteur du blog), vous pouvez taper votre message (« Rédigez ici votre commentaire »), avant de cliquer sur « Publier ce commentaire ». C’est tout.

 

Leçon n° 3 : lire les commentaires des autres

L’intérêt du blog ne réside pas uniquement, loin s’en faut, dans les articles de son auteur, mais également dans les commentaires de ses lecteurs qui apportent un plus et se complètent en se répondant souvent les uns les autres. Parfois même à plusieurs semaines (ou mois) d’intervalle, car on peut toujours envoyer un commentaire nouveau sur un ancien article : tout est toujours disponible d’un clic dans un blog comme celui-ci. Pour y accéder, deux possibilités : cliquer en fin d’article sur « Voir les commentaires » (de l’article en question), ou bien en colonne de gauche de la page d’accueil sur les « Derniers commentaires » (leur mention s’affiche au fur et à mesure, avec le jour et l’heure de mise en ligne, au-dessus du titre du sujet concerné) : vous êtes ainsi informé en temps réel de la publication de nouveaux commentaires.

 

Leçon n° 4 : « Actu-info “Si ça vous chante” » dans les commentaires

Une spécificité : des informations d’actualité (annonçant par exemple un concert exceptionnel, le programme d’un festival, une souscription de disque, etc.) sont mises en ligne régulièrement sous le titre « ACTU-INFO “SI ÇA VOUS CHANTE” » sous forme de commentaire, toujours dans le dernier article en ligne. Elles ne sont donc visibles (et ne peuvent s’avérer efficaces) que si l’on va régulièrement consulter les commentaires...

 

Leçon n° 5 : tous les articles sont disponibles

On pense généralement (et on nous le dit parfois, pour le regretter) que « les articles apparaissent et disparaissent sans qu’on puisse les garder », mais tel n’est pas le cas : si nous avons choisi de ne garder systématiquement à l’écran, quand on se connecte à Si ça vous chante, que les trois derniers sujets publiés, en revanche TOUS les articles de Si ça vous chante restent (et resteront) lisibles en permanence depuis son « Prologue » (qui situe ses objectifs et donne le ton, en précise l’esprit) mis en ligne le 18 novembre 2009.

Pour y accéder, il suffit de cliquer sur « liste complète » en page d’accueil sous la rubrique « Articles récents » (où ils sont tous classés par ordre chronologique et d’où l’on peut accéder d’un clic à l’un ou l’autre des dix derniers) ou bien sur la rubrique voulue (« Concerts et festivals », « Éditoriaux », « Actu disques et DVD », « Reportages », « Hommages », « En bref et en vrac », etc.) de la colonne « Catégories » (où ils sont répertoriés par genre) : vous verrez alors apparaître, dans l’ordre chronologique d’apparition à l’image (!) TOUS les articles d’une même rubrique. TOUT reste donc, toujours, à portée de main, du moins de clic, toujours prêt à être lu, écouté et visionné, et qui plus est, tout (du moins le texte et les illustrations) peut être imprimé.

 

Leçon n° 6 : rubrique « Chant libre »

Comme son nom l’indique, allez-y voir, cette rubrique est ouverte en particulier aux artistes et professionnels qui le souhaitent, sous la seule réserve que le sujet traité soit d’intérêt général. Cela peut être une carte blanche, un billet d’humeur, un texte en hommage à un artiste disparu… ou quoi que ce soit d’autre. Par définition, ce « Chant libre » est la rubrique qui ne se donne aucune limite (que celle, encore une fois, de l’intérêt général et du respect d’autrui). Si vous désirez l’utiliser, il suffit de nous contacter au préalable pour régler les détails ensemble (à l’adresse e-mail suivante : sicavouschante.blog@orange.fr).

 

Leçon n° 7 : rubrique « L’Amusicoscope »

Cas particulier, « L’Amusicoscope » est proposé spécifiquement par Serge Llado, artiste chansonnier (chansonneur ?) de son état (il tourne régulièrement en spectacle) et chroniqueur radio bien connu. Son but principal : nous amuser en chanson, avec des quizz et autres (cela ne fait que commencer) mais aussi nous instruire en nous distrayant (salut Boby !), entre autres en traquant sans relâche – montages sonores à l’appui – les chansons qui se ressemblent… Et notre homme (« l’inspecteur DorémifasolLlado » !) est vivement demandeur d’informations, d’indices en la matière pour lui permettre de nourrir ses enquêtes à venir. Alors, si ça vous chante… Serge Llado se chargera ensuite de faire chanter (« en tout bien tout honneur, monsieur le commissaire blogueur ! Pas de délation, que de l’information… ») les artistes repris de musiques…

 

Conclusion

Ce blog est fait pour servir la chanson et non s’en servir. Et il ne s’use que si l’on ne s’en sert pas. Donc, à vous de jouer en utilisant d’une part toutes ses potentialités (nouveaux lecteurs, « inscrits » ou pas, vous pouvez prendre le temps de lire les articles qui vous intéressent, publiés depuis l’origine, il y a exactement six mois) et en répercutant d’autre part, SVP, le plus largement possible, l’annonce de son existence. Travail bénévole à usage gracieux, ce blog sera d’autant plus utile aux artistes, aux professionnels et à tous ceux de la « société civile » pour lesquels la chanson est plus qu’un loisir, plus qu’un divertissement (tout en l’étant aussi) : un art en soi. Le plus populaire et à la fois le plus immédiat des arts, celui qui rassemble « les gens » et les fait communier dans l’esprit et l’émotion comme nul autre. Donc, plus on est de fous à chanter en chœur et plus la chanson a de chances de se faire entendre !

Enfin, ce que j’en dis, moi, c’est rien que mon avis… Chacun fait c’qui lui plaît, c’qui lui chante. Pas vrai Boby ? Allez, assez ri, on reprend tout au début ! « Première leçon : Les deux accords ; en guitare sommaire, nous avons deux accords. C'est beaucoup... Ce n'est pas trop. Pour effectuer ces deux accords, nous avons une main gauche avec un pouce (qui ne compte pas... ah ! ah !) et un index. Avec l'index, nous viendrons appuyer sur les cordes à proximité (c'est-à-dire pas trop loin). Soit sur cette corde-ci (que nous appellerons la corde “si”), soit sur cette corde-là (que nous appellerons donc la corde “mi”) et, nous obtiendrons les deux accords suivants : bling et blang !... Exercice pour la prochaine fois, sur un cahier propre : dix lignes de "bling", dix lignes  de "blang". » Récompense ? Une glace vanille… et citron !  

   

   

Bling, blang, bling-bling ? Exercice sommaire ? Pour ceux et celles qui chercheraient à l’éviter, voici une première (et dernière) session de rattrapage, le premier et dernier sommaire (non détaillé) de Si ça vous chante (pour le détail, vous savez à présent comment procéder : cf. leçon n° 5). Histoire d’embarquer à bord en toute connaissance de cause, en remontant le temps jusqu’à la mise en ligne initiale (en eau ?) de ce navire virtuel sillonnant les mers enchantées de l’espace francophone… et au-delà si affinités.

 

• Sommaire du premier semestre de Si ça vous chante
Article n° 35 : Des yeux noirs aux mains d’or (rubrique « L'Amusicoscope », publié le 11/05/2010) ; n° 34 : Florilège de printemps (Actu disques et DVD, 07/05/2010) ; n° 33 :
Dites 33 (Disques et DVD, 05/05/2010) ; n° 32 : Plus vite que la musique (Disques et DVD, 04/05/2010) ; n° 31 : D’Anne Sylvestre à Olivia Ruiz (La Chanson vivante, 27/04/2010) ; n° 30 : Dvorak vs. Gainsbourg (L’Amusicoscope, 17/04/2010) ; n° 29 : Paris-Moscou (Sans frontières, 13/04/2010) ; n° 28 : La Chanson censurée (L’Amusicoscope, 11/04/2010) ; n° 27 : Une sorcière comme les autres (La Chanson vivante, 04/04/2010) ; n° 26 : In the Top of the blogs (Éditorial, 31/03/2010) ; n° 25 : Ils ont voté, et puis après ? (En bref et en vrac, 22/03/2010) ; n° 24 : Génération Chorus n° 3 (Disques et DVD, 18/03/2010) ; n° 23 : L’Adieu à Jean Ferrat (Hommage, 14/03/2010) ; n° 22 : Génération Chorus n° 2 (Disques et DVD, 11/03/2010) ; n° 21 : Génération Chorus (Disques et DVD, 08/03/2010) ; n° 20 : Vagabondages (Hommage à Roger Gicquel, 07/03/2010) ; n° 19 : Yvan Cujious aux Trois Baudets (En bref et en vrac, 02/03/2010) ; n° 18 : Hors saison (Disques et DVD, 27/02/2010) ; n° 17 : État critique (Éditorial, 24/02/2010) ; n° 16 : Alors… Chante ! (En bref et en vrac, 21/02/2010) ; n° 15 : Les Affranchis de Chant’Appart (En bref et en vrac, 13/02/2010) ; n° 14 : Cali et la Catalogne pour Haïti (En bref et en vrac, 10/02/2010) ; n° 13 : Beethoven vs. Brel (L’Amusicoscope, 05/02/2010) ; n° 12 : Étoiles des neiges (Concerts et festivals, 28/01/2010) ; n° 11 : Do ré mi fa sol… Llado (L’Amusicoscope, 24/01/2010) ; n° 10 : Luc De Larochellière (Disques et DVD, 21/01/2010) ; n° 9 : Rentrer au port (Hommage à Lhasa et Mano Solo, 15/01/2010) ; n° 8 : Ballade en mer Rouge (Reportage, 23/12/2009) ; n° 7 : Chanson d’automne (Disques et DVD, 10/12/2009) ; n° 6 : Helvétiquement vôtre (En bref et en vrac, 07/12/2009) ; n° 5 : Gilles Elbaz (Chant libre, 06/12/2009) ; n° 4 : Amélie-les-crayons (Disques et DVD, 02/12/2009) ; n° 3 : French song (Chant libre, 30/11/2009) ; n° 2 : Le Joli Fil (Concerts et festivals, 26/11/2009) ; n° 1 : En guise de prologue (Éditorial, 18/11/2009).

   

 

Vu et approuvé ? Clair et net ? Blog à part, rassurez-vous, on n’y reviendra pas, les novices en blog sommaire possédant désormais toutes les clés de cette « maison d’amour » commune (pléonasme). Suivez le fil, reliez-vous à lui et faites chorus… si ça vous chante, certes, mais en gardant toujours à l’esprit, SVP, que ce blog ne s’usera – même extrêmement fréquenté, même classé toujours dans « Le Top des blogs » – que si l’on ne s’en sert pas. Du blog et de l’usage du blog, de CE blog : allez-vous y promener à votre convenance, comme dans un jardin extraordinaire, venez-y voir les vidéos, écouter les chansons… et dites-nous que ça n’est plus de l’hébreu, de l’embrouillamini (Embrouille minet ?), du méli-mélo… dis, Boby ?!  

 

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 12:20

Rapport d’enquête

 

L’inspecteur DorémifasolLlado au commissaire blogueur,

Je me suis délecté à la lecture des différents commentaires sur les rapprochements musicaux que j’ai proposés dans « L’Amusicoscope » (celui concernant Brel et Beethoven a fait du « buzz » jusque dans les pays anglo-saxons !). Et si la plupart des autres ressemblances évoquées par les lecteurs ont déjà été traitées dans mes chroniques sur Europe 1, il y a néanmoins des pistes de réflexion musicale et chansonnière très intéressantes que je ne manquerais pas d’explorer…

 

six-notes.jpg

 

Merci, par conséquent, de prier nos « honorables correspondants » de bien vouloir poursuivre leurs filatures, tous azimuts, afin de nous permettre d’ouvrir de nouvelles enquêtes (ou de rouvrir des « enquêtes classées » faute d’éléments suffisants) que j’essaierai de faire aboutir en y apportant les indices nécessaires et probants.  

Ainsi, un des lecteurs de Si ça vous chante a envoyé ce commentaire (à l’article « Beethoven vs Brel ») : « J’ai trouvé des ressemblances entre Les Mains d’or de Lavilliers et le célèbre Les Yeux noirs russe. » Ce démarquage m’avait en effet sauté aux yeux (aux oreilles !) et j’en avais fait un montage diffusé en janvier 2006 sur Europe 1. Il était assorti d’une ressemblance avec une chanson interprétée par une certaine Mimi Kay intitulée Éternel dilemme. Rien ne se perd, rien ne se crée…  

Vous trouverez ici ce montage et les précisions que j’y apportais à l’époque.

 

Les Yeux Noirs, etc.

 

Amusicalement vôtre

Serge Llado

  

« On pompe, mais on n’est pas les seuls… »

La chanson Ochi Chernye (Les Yeux noirs) est un célèbre traditionnel d’Europe de l’Est. Elle appartient au patrimoine commun des folklores russe, juif et tzigane. Vers les années 1930, cette valse devient un standard de jazz (à quatre temps) grâce notamment à Louis Armstrong.  

Guy Marchand l’interprète ici, en version française [CD NostalGitan, Virgin Classics 1998], dans le style du grand Django Reinhardt, dont vous entendrez en fin de montage l’un de ses plus étincelants héritiers, le guitariste manouche Stochelo Rosenberg.  

En 2001, dans son album Arrêt sur image [CD Barclay], Bernard Lavilliers propose une nouvelle chanson, Les Mains d’or, qui emprunte – à peu de chose près – la même mélodie sur les mêmes harmonies. Si vous tendez l’oreille, vous remarquerez qu’en contre-chant de Lavilliers, le violoniste s’amuse à reprendre un refrain de Dany Brillant, Quand je vois tes yeux [CD Havana, WEA 1996], qui est une façon malicieuse de dire : « D’accord, on pompe, mais on n’est pas les seuls ! »  

Par quel mystère Les Yeux noirs sont-ils devenus Quand je vois tes yeux puis Les Mains d’or ? Je l’ignore, mais pour faire bon poids, je vous ai trouvé un album [paru en avril 2006] d’une ravissante Suédoise de 29 ans, mannequin à ses heures. Elle se nomme Mimi Kay et sa chanson Éternel dilemme est aussi un démarquage (pour ne pas dire plus !) de Ochi Chernye  

Non, décidément, rien ne se perd !

  

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 18:26

Appellation d’origine contrôlée (AOC « SÇVC ») !

   

Deux fournées coup sur coup de nouveautés du disque, présentées de façon circonstanciée… et allez savoir pourquoi, au lieu de se satisfaire (momentanément) de cette sélection, je dois faire face à une forte recrudescence de demandes ! Des attachés de presse bien sûr (dont c’est le travail), mais aussi des artistes et des lecteurs « lambda » qui m’écrivent sur mon e-mail perso. Si ce n’était le signe manifeste d’une carence dramatique existant en France et plus généralement dans l’espace francophone en matière de critique chanson, je ne le relèverais même pas, pour continuer mon petit bloghomme de chemin… Mais pour avoir tenté, trente ans durant, de rendre compte autant que possible de la réalité de la création, vous me faites culpabiliser. On ne se refait pas.  

 

stylo fleurAlors, les disques s’accumulant à vitesse grand V jour après jour dans la discothèque de Si ça vous chante (même si tout ce qui sort dans l’espace francophone ne parvient pas jusqu’à nous) et les demandes d’info faisant florès (même si ce blog n’est pas un organe de service public), nous n’avons d’autre possibilité pour tenter de satisfaire le plus grand nombre que de lâcher la bonde ! Aux grands maux, les grands remèdes : chaque fois que nous croulerons – comme c’est littéralement le cas aujourd’hui – sous le poids de nouveautés particulièrement dignes d’intérêt, plutôt que de faire l’impasse sur les trois quarts d’entre elles (ce rendez-vous chansonnier n’étant pas ou plus l’œuvre de toute une équipe de journalistes), nous nous « contenterons » de publier une sélection, sans appréciations particulières ou fouillées, le seul fait d’entrer dans celle-ci se voulant un gage de qualité. En tout cas, le signe tout ce qu’il y a de plus officiel d’une « Appellation d’origine contrôlée “Si ça vous chante” » ! Autrement dit : on a écouté attentivement, on a fait nos choix, on aime… et donc on vous le recommande. 

 

L’iceberg de la chanson

 

À en juger par l’importance de cette sélection (d’ailleurs à suivre... sauf si elle ne générait qu’indifférence), on peut s’interroger sur le fossé énorme et qui va s’élargissant sans cesse entre la création proprement dite et la toute petite partie d’entre elle qui parvient jusqu’au « grand public ». Au mieux, elle est comme la partie émergée de l’iceberg, de quelque dix pour cent, et ce malgré l’instauration des quotas radio de chanson d’expression française (40 %) datant déjà d’une quinzaine d’années. La faute à qui, à quoi ? Vaste débat qui relève en fait d’un manque général de considération dont souffre la chanson par rapports aux arts « nobles ». Pour nos « élites » en particulier, comme pour la plupart des médias audiovisuels qui s’en servent (comme d’un robinet à générer de la pub) au lieu de la servir, elle n’est que passe-temps, un loisir parmi d’autres. Mais si ce n’est pas un art, alors il n’en existe aucun autre, la chanson n’étant rien de moins que la résultante de deux arts reconnus, et non des moindres : la poésie et la musique.

 

cigare

 

La faute à quoi ? À coup sûr – entre autres choses – à ces fameuses « play-lists » des grandes stations de radio qui, en réduisant la diffusion de chansons à quelques dizaines de titres seulement par mois dans l’ensemble de leurs programmes, constituent par définition la pire des censures. Puisque ce choix, quel qu’il soit, fait fi de la grande majorité de la création (alors que la censure politique pointait des titres précis), qu’on renvoie ainsi, l’air de rien, aux oubliettes. Comme si rien d’autre n’existait que ce que l’on diffuse. Et avec la meilleure conscience du monde, en sus, chaque radio, au moment d’établir sa play-list, obéissant simplement aux « couleurs » de son antenne… Encore heureux qu’il existe des créneaux spécialisés dans ces réseaux, œuvres de passionnés, compétents et indépendants d’esprit à la fois (comme, pour n’en citer que deux qui se complètent à la perfection, Sur le pont des artistes d’Isabelle Dhordain sur France Inter et On connaît la musique de Thierry Lecamp sur Europe 1). 

 

discours

 

Vaste sujet, disais-je, qui touche à la fois aux mentalités et à l'économie. Ce n’est donc pas ici et maintenant qu’on résoudra l’équation de l’art et du commerce (du lard et du cochon ?), de l’élitisme et du populaire, mais il n’est pas interdit d’en débattre, tout au contraire.  

 

Florilège… et utopie ?

 

En attendant, voici un florilège alphabétique purement informatif – avec, le cas échéant, quelques citations éloquentes de l’artiste ou du communiqué de presse – des albums et DVD chanson parmi les plus intéressants, significatifs et/ou prometteurs de ces derniers temps. À vous de prolonger la découverte en plongeant dans les sites indiqués (où l’on peut souvent écouter des chansons)… puis en nous apportant, dans l’intérêt commun, les commentaires et appréciations qui font défaut cette fois. Ça ne serait qu’un juste retour des choses, après tout. Pourquoi ça serait toujours aux mêmes, hein, qu’on demanderait de jouer les solistes en restant passifs à leur écoute… alors qu’on peut très bien chanter en chœur ?! Ensemble, comme diraient Goldman et Leprest de concert : ensemble, s’y mettre tous ensemble… Je rêve ?  

 

ordi

 

• ANGE : Le bois travaille, même le dimanche, 12 titres, 70’48 ; Prod. Un pied dans la marge, distr. L’Autre Distribution (site).
Le 31 janvier dernier, quarante ans jour pour jour après son premier concert, Ange était à l’Olympia. Histoire de lancer sa nouvelle tournée, La 40e Rugissante. « Le dinosaure du rock français n’a pas fini d’étonner » : plus de trois mille concerts, six disques d’or, six millions d’exemplaires au total… et cet « album anniversaire » qui nous concocte « un voyage en Autarcie, pays imaginaire où l’être heureux est hors-la-loi, où le bois travaille, même le dimanche ». Hors mode, hors du temps mais d’une belle modernité, le groupe de Christian Décamps est en quête d’éternité ! 
 

• ARBON : Ça arrive à tout le monde, 12 titres, 44’08 ; Prod. P&PP/WTPL, distr. PIAS (site).
Troisième album (le premier, Être et avoir été – salué pour son écriture ciselée et ses mélodies où s’affirment son goût pour le jazz et la pop anglo-saxonne –, est sorti en 2005) « d’un fabuliste rock » dont les chansons, écrit Michel Serres, « sont intelligentes, fines, légères, secrètes ». Après un deuxième opus, Il pleut au paradis, qui lui vaut un coup de cœur de l’académie Charles-Cros en 2007, celles-ci se présentent tour à tour gaiement lucides, drôles, profondes, contemplatives, invitant à la légèreté ou au bonheur. Le tout sur des ambiances pop-rock teintées de folk et d’électro. 
 

• ARTHUR H : Mystic rumba, 2 CD, 24 titres, 54’06 + 110’09, Prod. Mystic Rumba-Polydor, distr. Universal (site).
Arthur aime le grand écart. Après l’excitant tourbillon de guitares, de machines et de groove de L’Homme du monde (Victoire de la musique 2009 de l’album pop-rock), après l’énergie explosive de la tournée qui suivit, le voici seul, en piano-voix. « J’avais besoin d’une solitude partagée, d’une intimité sensuelle, très proche des gens, de me retrouver face à moi-même, sans artifice, comme exposé sous une loupe géante. » L’album permet aussi de passer au microscope une sélection de son répertoire des vingt dernières années. Pourquoi « Mystic » ? « Pour le côté mystérieux de la musique qui relie les gens de façon sensuelle. » Et « Rumba » ? « Pour la fête, la fantaisie, le délire vers lesquels j’ai envie d’aller… » À noter qu’Arthur dédie cet album à Lhasa (voir « Hommage » dans ce blog) : « Ma sœur de rêve, vivante dans mon cœur, tu m’as toujours inspiré, et tu guides ma voix. » 
 

• ASTIER & MAC AVOY : Délires et vicissitudes de l’amour, 10 titres, 33’56 ; Prod. Encore Merci/Cristal Records, distr. Rue Stendhal (site).
Un cocktail de duos délirants qui mettent en scène un couple déjanté en pleine crise, qui règle ses problèmes en chansons. « Elle (Dominique Mac Avoy) est folle, il (Claude Astier) est terrorisé. Elle est indifférente quand il brûle d’amour. Elle devient nymphomane, il jette le gant. Elle s’envoie en l’air avec le boucher. À la Fête de l’Huma, elle le trompe avec un bossu. Il craque, devient hypocondriaque, se ruine chez un  psychiatre lacanien, déprime et finit par se suicider au gaz. » Le précédent album d’Astier (sans Mac Avoy mais avec les Frères Sakarine), La Lune au fond du verre, était sorti en 2006. 
 

• BAZBAZ : La Chose, 11 titres, 35’33 ; Prod. Sakifo Records, distr. Wagram Music (site).
Né en 1967, Camille Bazbaz participe à son premier concert en 1986 avec le groupe Le Cri de la Mouche. Son premier album, Dubadelik, paraît dix ans plus tard, en 1996, année de sa première tournée. Après diverses collaborations dont la composition de plusieurs B.O.F., suivront Sur le bout de la langue en 2004 et Le Bonheur fantôme en 2007. Entre-temps il a écrit aussi neuf chansons pour Sandrine Kiberlain et a donné 120 concerts lors de sa tournée 2007-2008. Il reprend aujourd’hui la route avec ce quatrième opus plein de vie et de tumultes amoureux, La Chose, produit par un label de la Réunion où il s’est posé le temps de l’écrire. « Sa musique un peu rauque ’n’ drôle n’a pas besoin d’assistance électronique pour tenir la route. Ça groove : basse asiatique, batterie africaine, percu caribéenne, guitare post-ibérique… »  

 

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• ALEX BIANCHI : Silence on pense, 14 titres, 56’30 ; Prod. Cosmopolite Records-Bianchimusic, distr. Mosaic Music (site).
« À l’instar de l’atmosphère ambiante de notre société, où la parole et les effets d’annonces sont les maîtres-mots de nos maîtres du jeu politique et économique, Silence ! On pense… est un appel à tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de l’ouvrir. » Un premier album résolument optimiste, d’un artiste « à la voix rauque, au répertoire à fleur de peau, écrit Albert Weber dans les DNA : reggae, rock et blues colorent ses chansons françaises aux allures de passerelles : besoin de dialogue, d’échange et de fraternité pour ce citoyen du monde alsacien aux racines italiennes ». 
 

• CENDRIO : Ma route, 11 titres, 37’32 ; Lest Production, distr. Mosaic Music (site).
Trois albums auparavant sous son vrai nom (Emmanuel Travier), puis virage à 41 ans, ou plutôt retour aux sources pour cet Italien d’origine installé à Angers qui a choisi de s’appeler désormais Cendrio. Des chansons « où les mélodies et les textes se rencontrent avec force et sensibilité : Cendrio trace sa route, traverse son époque et nous surprend en nous laissant conter ses histoires drôles et graves à la fois, ses ressentis et ses sentiments vécus ou imaginaires, ceux que l’on rencontre tous un jour ou l’autre ». 
 

• COKO : Tango des organes se départageant le corps de l’homme, 12 titres, 49’08 ; Prod. Sur l’air de rien, diffusion@corentin-coko.fr (site).
De nombreuses premières parties (Arthur H, Da Silva, Loïc Lantoine, Alexis HK, Guidoni, Rémo Gary, Laffaille…) et ce premier album « parrainé » par Michèle Bernard (« Enfin un jeune homme en colère, mais qui n’oublie pas d’avoir de l’humour, et de faire de ces deux atouts une arme redoutable et décapante contre la bêtise humaine ») : ni guitare, ni batterie ni basse électrique mais une équipe de douze musiciens acoustiques représentant tous les instruments d’un orchestre classique. « Tout cela afin de mieux servir les textes qui, ironiques, poétiques ou écolo-rigolos, témoignent d’une écriture mûre et affinée ».

 

• COUP D’MARRON : Pour les chiens, 14 titres, 49’22 ; Prod. La Souris, distr. Mosaic Music (site).
Cinq musiciens dont un ACI, Wilfried, venus de La Rochelle, et troisième opus après Atoll à terre (2005) et Emporte (2007), « entre murmures et coup d’gueule extrêmes », notait alors Chorus... Un album Pour les chiens, « un titre qui est tout autant un hommage qu’un slogan », qui cherche « à s’amuser avec folk, rock et acoustique “à la française” » et à s’affirmer toujours plus « dans la chanson à texte : petites confessions poétiques, humanistes et emportées ». 
 

• LES COWBOYS FRINGANTS : En concert au Zénith de Paris, 13 titres, 58’26 ; Prod. La Tribu, distr. Wagram (site).
Quiconque a déjà vu les Cowboys Fringants sur une scène est pour toujours frappé par la puissance de ce groupe québécois : une force qui combine musicalité, intensité, énergie physique, esprit festif, engagement, mais surtout, communion avec le public. Les Cowboys Fringants, c’est Marie-Annick Lépine au violon, à l’accordéon, à la mandoline et à la flûte, Jean-François Pauzé aux guitares et à l’écriture des chansons, Jérôme Dupras à la basse et à la voix et Karl Tremblay au chant principal. Sur scène, ils sont accompagnés par deux autres musiciens, à la batterie, aux guitares, à la mandoline et au piano. Comme ici, lors de ce concert enregistré un soir de novembre dernier au Zénith de Paris : « un instantané d’émotions, la capture d’un moment unique, d’une célébration par la chanson sans pareille dans la francophonie ». 
 

• CRISTINE : Hors-piste, 12 titres, 45’14 ; Prod. Les Viveurs, distr. Coop Breizh-Avel Ouest (site).
Après dix ans et deux albums en duo (Sedrenn) avec la chanteuse grecque Elisa Vellia, harpiste comme elle, Cristine relève le défi de rendre harpe celtique et chanson française compatibles. C’est en Bretagne qu’elle rencontre sa famille musicale et sort un premier album, Les Chaussures, en 2007. Celui-ci, produit par le label lyonnais Les Viveurs, confirme sa trajectoire d’artiste hors normes, « affranchie et rêveuse, entre Adèle Blanc-Sec et Philémon ».  

 

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• HENRI DÈS : Carte blanche à Henri Dès au Festival Mino, avec Geneviève Laloy, David Sire, Alain Schneider et Steve Waring, 17 titres, 70’09 ; Production Mary-Josée, distr. France : Universal (site).
Consacré au jeune public, le festival Mino, qui a lieu chaque année à Paris en décembre, aime proposer un moment unique propice aux rencontres entre artistes. Pour l’édition 2009, Mino avait choisi d’offrir une carte blanche à Henri Dès qui a rassemblé autour de lui Alain Schneider, David Sire, Steve Waring et le « coup de cœur » et grand prix Mino 2009, la chanteuse belge Geneviève Laloy. À concert exceptionnel, CD exceptionnel enregistré à l’Espace Cardin le 5 décembre dernier : 17 chansons (dix d’Henri Dès dont une Petite Charlotte en grande forme) interprétées en solo par leurs auteurs, en duos ou reprises en chœur. Une vraie réussite ! 
 

• SANDRINE DEVIENNE : Chante Marie-Josée Neuville, 10 titres, 28’22 ; Autoproduit, en vente chez Les Amis de Georges www.lesamisdegeorges.com ou Le Mot de Passe, 13 av. Pierre Brossolette, 94400 Vitry-sur-Seine (site).
Interprète des poètes (Verlaine, Nadaud…) ou de Brassens, Sandrine Devienne reprend cette fois le répertoire de celle que l’on surnommait à l’époque (elle n’avait que dix-sept ans) « la Collégienne de la chanson » : neuf titres tirés de ses trois premiers disques de 1956 et 1957 et le dernier, Johnny Boy Song, extrait du CD Couleur sépia enregistré par Marie-Josée Neuville en 1998 (avec quinze inédits), plus de trente ans après ses derniers disques. « J’ai tout de suite été séduite par ses chansons espiègles, drôlement impertinentes, précise Sandrine ; j’ai éprouvé beaucoup de bonheur à les chanter. Elles sont le reflet de toute une jeunesse qui aspirait à plus de liberté d’expression. » Les orchestrations et la réalisation sont signées Yves Uzureau. 
 

• MONIQUE HUTTER : Courrier du cœur…, 12 titres, 38’ ; Prod. Daniel Huck, en vente sur (site).
Monique Hutter écrit et compose, Daniel Huck est non seulement le brillant saxophoniste alto que l’on sait mais aussi un scatteur fou ! Ensemble ils ont déjà sorti deux albums « où ça swingue sévère entre deux morceaux musette ou bossa nova ». Voici le troisième, sans esbroufe, aussi sobre que juste dans l’interprétation et l’orchestration (outre Daniel Huck, Daniel Colin au piano et à l’accordéon, Michel Altier à la contrebasse et Patrick Diaz à la guitare). Auprès de ses propres chansons, sarcastiques, narquoises, nostalgiques, pétulantes, toujours touchantes, des reprises superbes de Barbara (Vienne), de Brassens (Pénélope) et une de Brel, mi-dite mi-chantée (La Chanson des vieux amants). « Puisqu’il paraît que les bipèdes sensibles vont vite faire échapper la chanson au collagène, aux fumigènes et aux machines de scène, ils vont écouter Monique Hutter », rendre justice à ses chansons et à son chant… 
 

• JOFROI : Les Plus Belles Chansons de Jofroi pour les enfants, volume 2, 17 titres, 46’11 ; Productions du Soleil, distr. DJP (site).
Belge du Sud (il vit dans le Gard), ACI à double casquette (pour adultes et jeune public), directeur artistique du festival Chansons de Parole de Barjac, Jofroi a écrit de nombreux contes musicaux pour les enfants, émaillés de chansons drôles, tendres et fantaisistes, pétillantes de vie et d’invention. Tirées de leur contexte, ces chansons composent à elles seules un répertoire riche et entraînant, dont ce volume 2 vient compléter (après la réédition, l’automne dernier, du volume n° 1) un joli florilège. 
 

• KATEL : Décorum, 11 titres, 38’33 ; Prod. V2 Music, distr. Universal (site).
« Au printemps 2006, c’est Yann Tiersen qui a compris le premier le diable qui dormait en Katel. Il venait de la voir sur scène aimanter le public avec les chansons de ce qui deviendra quelques mois plus tard le mini-album, Raides à la ville, et l’avait conviée en première partie de ses concerts. » Dans la foulée, Katel a écumé les salles de France pendant deux ans, seule d’abord « avec sa guitare rock de gauchère, toute en retenue et en tension, quelque part entre Dominique A et PJ Harvey » puis avec son groupe. Decorum est son premier véritable album, qu’elle a voulu « plein, total, cérébral et jouissif ». À signaler la participation de Jeanne Cherhal et de Nosfell aux chœurs. 
 

• ROMAIN LATELTIN : Le Râleur made in France, 11 titres, 32’27 ; Autoproduit, distr. Mosaic Music (site).
« Chanson française baignée d’humour et de dérision, saupoudrée de quelques touches d’électro : attention, Romain Lateltin est un artiste à suivre. Sa spécialité ? L’album conceptuel, à écouter impérativement dans sa chronologie, et qui raconte l’histoire d’un personnage inventé, auquel chacun pourra s’identifier ». Ce Râleur, joyeux et ensoleillé, est le troisième CD de Romain, après À l’intérieur de soi-même (2004) et Elle veut de l’homme (2006).  

 

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• PAUL MESLET : Les jours qui tanguent, 12 titres, 43’07 ; Prod. Le Chant des Hommes (site).
Son premier album, Drôl’ de copain, date de 1981… et pourtant celui-ci n’est que le second. « À l’époque, nous écrit son auteur, j’avais eu l’honneur d’une critique assez élogieuse dans Paroles et Musique n° 19 avec Jean-Roger Caussimon en couverture. Ça m’allait bien, ce cousinage ! Vous avez assez souvent signalé mes spectacles, parlé de mes tournées et de mon passage au Printemps de Bourges. Ensuite, les années 85-90 sont passées par là, meurtrières pour beaucoup d’entre nous. Certains ont disparu complètement, d’autres ont trouvé un second boulot : Michel Boutet, éducateur ; Jacques Bertin, journaliste ; Gérard Pierron, électricien… » Et Paul Meslet, enseignant, s’occupant « avec passion, comme Rémo Gary, des éclopés du système éducatif en délicatesse avec la vie. » Mais on n’éradique pas le virus de la chanson, encore moins si Allain Leprest et Gérard Pierron vous proposent de le partager… 
 

• PAULINE PARIS : Le Grand Jeu, 14 titres, 48’06 ; Prod. Quart de Lune, distr. Rue Stendhal (site).
Second album d’une jeune femme à l’allure de titi… Parisien, mais qui aime à brouiller les pistes. Après Sans sucre, s’il vous plaît (2006), Le Grand Jeu a tout d’un parcours aussi déroutant que jubilatoire. « On dit parfois qu’un album doit être homogène, qu’il doit y régner une atmosphère particulière tout du long. Dans celui-ci, j’ai voulu donner à chaque titre un univers particulier. Alors nous avons travaillé sur les arrangements, le choix des instruments (cordes, batterie, percussions, cuivres, claviers, harmonica…) et le mixage. On s’est bien amusé à faire ça et j’espère que les gens s’amuseront aussi ! » Les titres sont éloquents : Un pour deux, Corrida, Amor à mort !, Mamzelle de Machin-Chouette !, Aux armes Paname, Me prends pas l’chou Jack, X… Pauline Paris se fiche des modes et des barrières entre les styles : ses influences-révérences vont de Brel à Rita Mitsouko, de Billie Holiday à Gainsbourg... 
 

• PIGALLE : Des espoirs, 14 titres, 43’39 ; Prod. Saucissong Records, distr. L’Autre Distribution (site).
Boucherie Productions (qui produisit notamment le premier album de Clarika), Les Garçons Bouchers, Pigalle… Tout cela et pas que, c’est François Hadji-Lazaro, auteur, compositeur et interprète, un pan à lui tout seul de l’histoire de la chanson et du « métier ». Il y a deux ans, Pigalle était réapparu avec un album d’anciens titres parsemé de nouveautés, Neuf et occasion, et une tournée de 80 dates. Celui-ci propose treize chansons originales du « Gros François » qui déclinent de façon non moins originale, en sous-titres, le titre de l’album (Des espoirs de douceurs, Des espoirs nostalgiques, Des espoirs déçus, Des espoirs d’ailleurs, Des espoirs rêveurs…) et se moquent comme toujours des limites et des étiquettes, assemblant toutes sortes de familles musicales, de sons et instruments hors des normes habituelles. À noter la reprise rock totalement déjantée du tube de Graeme Allwright, Il faut que je m’en aille
 

• JEAN-PIERRE RÉGINAL : Fragile accalmie, 14 titres, 48’10 ; Prod. Romane Disques (site).
« Si l’on devait résumer en une phrase la carrière de Jean-Pierre Réginal, on pourrait dire qu’elle est celle “d’un auteur-compositeur, d’un pianiste-chanteur, arrivé au fil du temps à façonner avec rigueur et patience ses textes et ses musiques, en s’appuyant sur l’héritage de la chanson française de qualité” ». Un parcours « d’artisan de la chanson », d’artiste de scène avant tout, sa discographie se réduisant à cinq albums : trois 33 tours (1975, 1978 et 1981), un CD En concert enregistré à la radio sarroise en 2000 et celui-ci, arrangé par Jean-Luc Arramy (piano, accordéon, cordes, cuivres), où il nous fait partager « ses variations barométriques, ses zones de turbulences, ses escales sous le soleil exactement, ses émotions drôlement tendres, et quelques fragiles accal­mies ». 
 

• ALAIN TREMBLAY : Langue de bois, 11 titres, 39’12 ; Prod. L’Assoc’ Québéchoise (site).
Québécois d’origine et Ardéchois d’adoption, cet ACI se fait volontiers appeler « le Québéchois ». Alain Tremblay (qui « a écrit à ce jour plus de 150 chansons, donné des centaines de concerts dans la francophonie ») fête ses vingt ans de carrière « entre légèreté et engagement » avec ce second album qui souhaite « faire la synthèse de son parcours artistique commencé au Québec au début des années 90 et poursuivi en France depuis » (Cuvée 2001 des « Astagiaires » d’Astaffort ; premier album, Acoustique, la même année ; prix du public au Trophée Radio France 2003 de Périgueux…).

 

(À SUIVRE… ?)

NB. Merci à Bridenne pour ses illustrations.

   

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Published by Fred Hidalgo - dans Actu disques et DVD
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