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  • : SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • : Parce que c’est un art populaire entre tous, qui touche à la vie de chacun et appartient à la mémoire collective, la chanson constitue le meilleur reflet de l’air du temps : via son histoire (qui « est la même que la nôtre », chantait Charles Trenet) et son actualité, ce blog destiné surtout à illustrer et promouvoir la chanson de l’espace francophone ne se fixera donc aucune limite…
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  • Fred Hidalgo
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 09:15

Le chant quotidien des hommes


C’est un phénomène curieux : il existe beaucoup, beaucoup plus – infiniment plus ! – de chansons de circonstance que de chansons dites immortelles, et pourtant ce ne sont que celles-ci, pour l’essentiel, qui donnent matière à des livres (ou à de savants travaux universitaires). La chanson en elle-même, malgré tous ses trésors, étant majoritairement considérée comme un genre d’expression mineur, on comprend d’autant mieux que les chansons qu’on écrit pour illustrer un événement précis, ou en réaction à celui-ci, puis qu’on jette comme des objets devenus inutiles après usage, n’aient jusqu’à présent que peu inspiré le monde de l’édition… Et pourtant ! Michel Trihoreau nous montre aujourd’hui combien c’était une erreur de les ignorer.

LA CHANSON DE CIRCONSTANCE

La fonction principale de cet art millénaire (voir Il était une fois la chanson française, des origines à nos jours, de Marc Robine, que j’ai eu le bonheur – et la douleur – de mettre en forme et de publier en le complétant après la mort de son auteur) a longtemps été de refléter l’air du temps. Il arrive aussi que la chanson le précède et alors ça devient un petit miracle, mais historiquement depuis les trouvères et les troubadours, son rôle premier (à côté des romances inaltérables) était d’informer. Ou de réagir à une information, qu’elle soit d’ordre guerrier, social, culturel, religieux, érotique, politique, sportif, peu importe, et ce, sous toutes les formes, selon tous les modes, avec cependant l’humour et la révolte en tête de gondole.

Et pour que ce soit le plus efficace possible, on détournait souvent la musique d’une chanson populaire pour mieux véhiculer les paroles, le message d’actualité qu’on voulait faire passer. C’était « sur l’air de »… Sur l’air du Ça ira, du Temps des Cerises, de La Marseillaise, de La Paimpolaise, etc. Les pamphlets et satires qu’on a appelé les Mazarinades, en opposition à la politique de Mazarin, sont sans doute les plus nombreuses des chansons de circonstance : elles se comptaient en effet par milliers.

Mais cette tradition purement française existait déjà auparavant et s’est poursuivie jusqu’à notre époque, où les chansonniers surtout, ceux des cabarets, des goguettes, des caveaux (de la République) et autres greniers (de Montmartre) s’en sont fait une spécialité. Avec un génie tout particulier de l’écriture doublé d’une grande culture, ces gens-là (Jacques Grello, Robert Rocca, Edmond Meunier… puis Jean Amadou, Anne-Marie Carrière…) sont bien oubliés aujourd’hui. Fort injustement. D’autres, heureusement, ont pris la relève avec un même talent : Serge Llado, par exemple, qui signe d’ailleurs la préface de La Chanson de circonstance, le nouvel ouvrage thématique de Michel Trihoreau, après La Chanson de proximité, notamment, sorti en 2010.

LA CHANSON DE CIRCONSTANCE

Et quelle préface ! Instructive, dense, précise, drôle, elle fait d’emblée entrer le lecteur dans le vif du sujet. En montrant l’impertinence qui caractérise souvent la chanson de circonstance (à l’instar de Valls a mis l’temps, voir ci-dessous, écrite et chantée par ce même préfacier à l’issue des dernières primaires, si j’ose dire, du parti socialiste), elle annonce la couleur de ce livre, d’ores et déjà indispensable dans la bibliothèque chanson de l’Honnête Homme.

« Je l’imagine, écrit Llado à propos de Trihoreau, voyageur du temps et de l’espace, caché dans un trou de souris, transcrivant tel un greffier zélé les épigrammes, bouts rimés et autres quatrains-express qui firent la réputation des persifleurs du Pont-Neuf, des satiristes du Caveau, des pamphlétaires révolutionnaires, des sociétaires des goguettes ou bien des chansonniers du cabaret montmartrois… Les extraits de textes que nous allons découvrir ou redécouvrir dans cet ouvrage nous permettent de saluer nombre de nos aînés, auteurs-interprètes célèbres ou anonymes, témoins chantants de l’actualité de leur temps. Bravant la censure ou les foudres du pouvoir, ils nous ont transmis, parfois oralement, cette tradition railleuse, sceptique, engagée, frondeuse, humaniste, voire subversive que perpétuent aujourd’hui les plus inspirés de nos rimailleurs, pour la plupart marginaux, qui fédèrent un large public soit en café-théâtre, soit sous forme de chroniques radio, soit encore en vidéo sur internet ou DVD (généralement produits à compte d’auteur). En attendant que la télévision, toujours aussi frileuse, se décide à rattraper ses innombrables trains de retard… »

Voilà. Tout est dit… ou presque, puisque la préface compte huit pages et le livre deux cent soixante. Tout est dit, en tout cas, pour donner envie de se le procurer. Je n’en ajouterai pas moins quelques mots personnels, histoire de souligner que ce livre est unique en son domaine, rassemblant par dizaines, remis dans leur contexte, certains de ces petits airs qui valent pas « dix ronds » comme dit Ferré et qui, pourtant, vous brossent – mieux et de façon plus vivante que n’importe quel traité de sociologie – le portrait et l’évolution d’une société.

La nôtre, en l’occurrence : cet ouvrage thématique (et historique : il commence au temps de l’Inquisition et s’achève avec la présidence actuelle, celle de ce Mec si beau vanté par Serge Llado qui nous offre ainsi, sur l’air du marianesque Mexico, une autre illustration parfaite de la chanson de circonstance !) présente, analyse ou commente en effet plus de trois cents chansons francophones entrées furtivement, comme « par mégarde dans la postérité ». Et pas n’importe lesquelles, celles qui racontent par exemple des « attitudes croustillantes », dénoncent des « mesures scandaleuses » ou caricaturent « des inventions géniales ». Autant d’« anecdotes truculentes ou satires vigoureuses » que ces chansons qui ont fait de « multiples ricochets au gré de l’actualité, souvent avec humour parfois avec humeur ».

Deux autres motifs de ne pas louper ce bouquin ? Primo : les (bons) livres sur la chanson ne sont pas si légion que ça (en regard des biographies, dont beaucoup trop ne sont que de tristes copiés-collés) ; secundo : son originalité, car c’est le seul, à ma connaissance, spécifiquement consacré à ces petites chansons futiles en apparence mais qui accompagnent, ont toujours accompagné, la vie des gens au quotidien, depuis qu’on chante, c’est-à-dire depuis que l’homme existe. Sans parler du superbe dessin de couverture de Bridenne, l’un de nos meilleurs illustrateurs de presse (et de disques : voir entre autres Marc Robine et sa collection L’Anthologie de la chanson française), ni reparler de la préface parfaitement complémentaire de Serge Llado.

Précision : Michel Trihoreau a été membre du comité de rédaction de Chorus jusqu’à son dernier jour, trois décennies après ses débuts, lorsque cette revue s’intitulait encore Paroles et Musique (la différence entre les deux titres n’étant ni la composition de leur équipe ni – encore moins – l’esprit qui les animait, seulement la périodicité et la pagination). Entre autres contributions, Michel avait la responsabilité des rubriques « Chanson autour d’un thème » et « Chanson et Histoire ». Voilà qui suffit à situer sa compétence (et son éclectisme aussi naturel qu’obligé) en matière d’histoire et de thématique de la chanson, des plus nécessaires pour proposer une telle somme.

LA CHANSON DE CIRCONSTANCE

Également auteur d’un beau livre, La Chanson de Prévert, sur le poète qui voyait plus haut que l’horizon (« la nouveauté, c’est vieux comme le monde », disait celui-ci pour se moquer de l’aveuglement, du manque de recul et de perspective de notre société du spectacle – ce que les animateurs télé qui ne présenteront jamais La Chanson de circonstance, obsédés qu’ils sont par l’actualité éphémère, devraient méditer un peu), Michel Trihoreau a choisi la chronologie pour nous dévider le fil thématique de ces chansons pas comme les autres.

Œuvres d’artistes célèbres, méconnus ou anonymes, elles nous parlent de la guerre, de la Madelon, d’Hitler, des jeux de massacre au nom de Dieu, des têtes couronnées et des têtes coupées, de Rome et des instruments de pouvoir, de « la pompe à phynance », des lois et des réformes, du carnaval politique, du monde qui bouge, de la société en marche, de l’environnement, du divertissement, du sport, du star-system, du temps des images, j’en passe et des meilleur(e)s. Par exemple deux chapitres spécifiques et fort instructifs sur « les Marseillaise(s) de circonstance » et sur « Léo Ferré chansonnier », sans doute l’auteur parmi les géants de la chanson le plus prolifique en chansons de circonstance.

Les Temps difficiles bien sûr, avec ses trois versions successives écrites au fil du temps en fonction de l’actualité (Bernard Joyet aujourd’hui a pris la suite avec le talent qu’on lui sait – on retrouve d’ailleurs le texte de sa version 2008 réactualisée en 2014 en annexes, après un indispensable index), mais aussi avec d’autres chansons qui, elles, ont passé avec succès l’épreuve de l’immortalité tout en étant de vraies chansons de circonstance. Par exemple L’Affiche rouge (Aragon-Ferré) sur un fait historique précis (quasiment « un détail », dirait l’ex-président d’honneur d’un parti « bien d’chez nous ») du second conflit mondial. À rapprocher de mon sujet précédent, Le Siècle des réfugiés, car ses malheureux « héros » étaient tous des « migrants » (comme ils disent dans un autre parti qui se distingue aussi par sa xénophobie et n’affiche guère plus beL airR aujourd’hui que l’autre aux relents nationalistes nauséabonds), venus d’Arménie, d’Espagne, d’Italie, de Hongrie, de Pologne…

Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu, des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos : morts pour la France…

Autre intérêt de La Chanson de circonstance : bien qu’original, extrêmement érudit (mais toujours agréable à lire, car sous des dehors d’historien objectif, le père Michel, qui n’a rien de l’amer Michel, se permet en cours d’écriture quelques saillies qui font le sel de la vie, tant il est vrai que l’humour, on le sait au moins depuis Bergson, est le propre de l’homme), ce livre s’inscrit dans la lignée de ses grands aînés, auxquels il faut rendre justice. En particulier l’Histoire de France par les chansons en huit tomes de Pierre Barbier et France Vernillat (Gallimard, 1956-1961). Ou les deux gros volumes de Serge Dillaz, Vivre et chanter en France, ou le quotidien des Français par les chansons, de la Libération à l’après-Mitterrand (Fayard/Chorus, 2004 et 2007).

Mais aussi, parmi d’autres ouvrages de référence, Les Histoires d’amour de l’Histoire de France, de Guy Breton, qui a permis par exemple de se faire une autre idée des puissants que celle véhiculée par l’Histoire officielle. « Lecture hautement instructive, précise Serge Llado dans sa préface : j’y découvris entre autres un François 1er très éloigné du portrait qu’en faisaient nos braves professeurs » :

L’an mil cinq cent quarante-sept
François mourut à Rambouillet
De la vérole qu’il avait…

Vous savez l’essentiel pour vous faire votre propre religion… et vous procurer l’ouvrage sans avoir à passer par la case confession : forcément peu et mal distribué, mieux vaut le commander chez votre libraire ou directement chez son éditeur L’Harmattan (en cliquant sur ce lien). Voire chez l’auteur à partir de sa page « Chanson de circonstance » où il annonce aussi les dates et lieux de sa conférence éponyme. Pour ma part, empruntant au préfacier son éloquente conclusion, « je m’éclipse sur la pointe des pieds et je vous laisse – je l’espère – en son enrichissante compagnie. Vous avez bien de la chance ! »

Quand même, pour finir en beauté, je ne peux m’empêcher de vous offrir un bonus personnel (grâce à Christian M. que je remercie en toute amitié) en forme de chanson de circonstance : une vidéo quasiment inédite où l’on voit un Jacques Brel complice en compagnie d’un Jean Poiret invoquant Aznavour, Bécaud, Brassens… pour lui rapporter ses bonbons, « parce qu’y a pas d’raison / d’favoriser les confiseurs / plutôt qu’une autre profession » ! Avec en prime, à la suite, une interprétation des Timides par son auteur, petit chef-d’œuvre en soi, où le comédien faisait déjà plus que percer derrière le chanteur d’exception. Bientôt, ces deux-là, le chanteur et le comédien, feraient place à l’aventurier des Marquises : rien de prémédité, simple concours de circonstances…

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Published by Fred Hidalgo - dans Actu livres
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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 11:24

...et faites chanter les voiles !      

 

Trois mois après la sortie de Jacques Brel, L’aventure commence à l’aurore, il est temps de remercier les médias qui ont bien voulu s’y intéresser pour leur accueil enthousiaste. Les médias d’ici et d’outre-mer (voir une partie de la revue de presse sur mon site)… et ses lecteurs surtout, comme autant de matelots embarqués « toutes voiles dehors » dans ce voyage au bout du monde. Des lecteurs « franco de port, des copains d’abord » touchés par cette histoire méconnue d’un artiste hors normes métamorphosé en aventurier rayonnant d’empathie et de tendresse, par colère et générosité combinées ; sorte d’Homme révolté à la Camus revu et corrigé par Cervantes. Alors, aujourd’hui, qu’on se le dise au fond des ports, les lecteurs sont à la manœuvre ! « Hissez le petit pavois / Et faites chanter les voiles / Mais ne vous réveillez pas / Partez pêcher les étoiles… » car« voici le Pacifique / Longue houle qui roule au vent / Et ronronne sa musique / Jusqu’aux îles droit devant. »     

 

 

François Morel a été le premier à donner publiquement le « la » : « Fred Hidalgo, a-t-il écrit, vient de sortir un livre magnifique sur Jacques Brel, indispensable à tous ceux qui l’aiment. Son livre est superbe, il nous rend l’homme très proche. »  

Rendre l’homme très proche, aller au cœur de l’homme (et de l’œuvre aussi, forcément, puisque Brel aux Marquises a réalisé la jonction entre l’homme et l’artiste), c’est bien le pari que j’ai tenté, après avoir été immergé (et submergé d’émotion) dans ces îles où rien n’a vraiment changé, couv biaisoù l’on croise des habitants qui le côtoyaient au quotidien, où l’on ressent presque physiquement l’impression qu’ « il » va surgir d’un instant à l’autre au coin de la rue, l’air rêveur ou le verbe tonitruant…  Le pari de faire renaître l’homme et de restituer aussi précisément que possible l’humanisme qu’il incarnait dans cette terre « posée sur l’autel de la mer » ; comme s’il était là, toujours à nos côtés… Et je suis heureux que, dès les premières réactions, on ait mis l’accent dessus.

Voici donc un petit florilège de commentaires (publiés sur les réseaux sociaux ou qui m’ont été adressés directement, d’anonymes, d’artistes ou de professionnels) sur ce récit vécu où je me suis senti contraint de m’impliquer personnellement (et comment faire autrement vu l’enchevêtrement étonnant des destins qu’il relate ?). Est-il nécessaire de le préciser ? Jamais, au grand jamais, je n’aurais osé imaginer que ce livre – au-delà du crédit de tendresse que son « héros » continue de posséder dans l’opinion publique – engendrerait une telle adhésion et susciterait pareille déferlante d’émotion…

• « C’est justement ça qui est intéressant dans votre livre – qui utilise la narration interne, diront les spécialistes, le “je”, ce qui n’est pas courant et peut même être imprudent dans une biographie ! Ce sont ces liens dans l’espace et le temps qui font son originalité, ces liens tissés entre les hommes, leurs influences mutuelles qui rendent les choses possibles. Enfin, pour ma part c’est comme ça que je le reçois... » (Valérie Fromont)

• « Excellent, passionnant. Je l’ai lu d’une traite. Ce livre nous embarque, jusqu’aux aux Marquises, et nous fait découvrir l’homme derrière le chanteur. » (Stéphane Hubert)    

 

 

• « Il fallait s’appeler Fred Hidalgo pour oser cela… et le réussir, à mon humble avis ; car Brel commençait à m’emmerder alors que ses héritiers, Claude Semal et bien d’autres artistes, sont toujours vivants... Mais seul l’humain peut réconcilier l’Humain. Merci, Fred ! » (Berty Delchambre)

• « Magnifique ! C’est un beau cadeau que nous fais là, Fred. Oui, trente-cinq ans après, le Grand Jacques “frère” encore. » (Jo Masure)

• « Je viens de terminer L’aventure commence à l’aurore, merveilleux livre que j’ai lu presque d’un trait, ne pouvant le quitter. Je suis tellement bouleversé de bonheur à la lecture de cette édifiante histoire que ma vie a changé et que j’ai grandi de quelques centimètres. C’est du tout Brel. […] Je l’entendais presque me parler. Je n’ai pas eu l’impression d’être un lecteur mais bien un spectateur qui écoute la prestation d’un conteur de haute voltige. J’avais l’impression de vivre ce que vous décrivez et d’être embusqué près des personnages. Il me plaît de penser que, cette fois-là, Neptune s’est pris un peu plus au sérieux et vous a insufflé l’envie de constituer cet immense trésor et de le partager avec tous ceux qui n’ont pas oublié la grandeur de l’enfance et les frissons de l’imprudence. […] J’espère que cet ouvrage trouvera multitude de preneurs ; il m’est difficile de concevoir que celui ou celle qui a aimé Brel ne soit pas intéressé(e)… Des millions de mercis. » (Jean Lusteau)

• « Ce livre est vraiment très émouvant. Je mesure la chance de ceux que Jacques Brel avait choisis pour être ses amis. Regretté et inoubliable... » (Dominique Lavorel)

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• « Il est certain qu’il existe un paradis. Je le sais parce que Jacques Brel et les meilleurs du genre humain s’y trouvent et qu’ils y sont peinards. Dieu ne peut pas avoir raté le monde dans lequel nous vivons et avoir foiré aussi le paradis. Il est tout aussi certain qu’avec ce que tu as fait pour la chanson et pour ce que tu es, tu y seras bien accueilli sans passer par les formalités d’usage. Quel beau livre tu as fait ! » (Albert Benloulou)

• « Ce livre est l’un des deux meilleurs sur Brel à ma connaissance, avec le Grand Jacques de Marc Robine. Pour avoir présenté l’œuvre de Jacques Brel depuis maintenant vingt-cinq ans, avoir contacté la Fondation, rencontré Maddly, mais surtout avoir travaillé avec Jean Corti, je ne peux que vous remercier du remarquable travail effectué, et surtout du tact observé au fil des pages. “Comment était-il, Jacques Brel ?” demanda un jour une organisatrice à Jean Corti avant une soirée. “Comme vous et moi, Madame, mais avec le talent en plus...” répondit l’intéressé. » (Gérard Michel)

• « Bravo pour ton intime éclairage des Marquises... Une jolie pierre de plus à l’édifice brélien ! Livre – à dévorer – qui aide à mieux comprendre le MONSIEUR. » (Jean-Michel Piton)

• « L’aventure commence à l’aurore est un livre extraordinaire qui m’a fait découvrir l’autre côté du Grand Brel et combien il pouvait être généreux, tout en ayant son p’tit caractère. Bravo Monsieur Hidalgo pour ce livre ! » (Nicole Dussault)    

 

 

• « Ce bouquin est formidable. Mais comment as-tu fait pour être aussi près de Brel ? Sans voyeurisme. Le lecteur est là, comme une sorte d’ami qui partage des moments de bonheur et d’autres de douleur. Une approche presque intime du dernier album (un monument) ! Je t’imagine hanté par cette présence pendant des années... et je te redis mon bonheur d’avoir lu ce livre. Merci ! » (Jean Bonnefon)

• « Cher Fred, je viens de terminer ton voyage avec Brel. Je suis complètement dans l’émotion. Un jour peut-être, je t’en dirai plus. Aujourd'hui je te dis simplement Merci. Je l’ai lu étant moi-même en voyage au Viêt-Nam et je ne voulais pas que ce livre se termine. Tu sais, comme ces romans dont on appréhende le déroulement et la fin... Mais Brel n’est pas mort, ni l’artiste ni l’Homme. Il vit en moi comme chez beaucoup. » (Christian Camerlynck)

• « Enfin, un livre qui parle de Brel le Polynésien ! Je suppose que les Marquisiens vous seront reconnaissants de ce travail. » (William Kromwell)

• « C’est un ouvrage passionnant… Sa manière de décrire les lieux m’a beaucoup touchée ; c’est plus qu’un récit sur Brel, c’est une immersion dans l’Histoire de ces îles. Et je suis vraiment émue, maintenant, de réécouter le dernier disque de Brel avec un autre regard intérieur... » (Élizabeth Gagnon)    

 

 

• « Merci pour votre ouvrage que je viens d’achever. Extraordinaire. Qu’est-ce que ça m’a fait du bien de replonger dans la vie du Grand Jacques. Que d’émotions ! Votre livre, Fred, n’est pas seulement la somme d’un travail présent mais bien le fruit de trente ans de richesse, de patrimoine de Paroles et Musique, Chorus et Si ça vous chante. […] Pour moi, vous êtes le plus brélien de tous les journalistes. Il en a fallu du courage pour partir à l’aventure de la création de ces deux revues (sans parler de L’Union au Gabon !). […] Et ce dernier ouvrage me marquera. En le lisant, j’avais sans cesse en tête les Jaurès, Les Marquises, Jojo, Orly… Je l’ai lu en grande partie dans une chambre d’hôpital où j’étais pour une simple opération. Mon voisin de chambre s’appelait Jacky (si, si !). Une jeune infirmière a vu votre livre que j’avais laissé sur une tablette pendant des soins. Devant son intérêt, on a commencé à échanger sur Brel et les Marquises. Elle m’a avoué venir des îles et que son père l’avait emmenée sur la tombe de Jacques Brel, avant d’ajouter : “Ce n'est pas pour rien si je m’appelle Mathilde !” » (Emmanuel Guilloteau)

• « Immense voyage intérieur au petit pays des grands espaces, à ne pas manquer... Et un livre à lire de toute urgence ! » (Bernard Baños-Robles)

• « J’attendais la sortie de ce “Jacques Brel” et, te connaissant, je savais, j’étais assuré que cette monographie serait un ouvrage définitif. Elle est passionnante, nourrie d’informations que j’ignorais totalement sur Jacques Brel. Et aussi, dans la finesse et la sensibilité avec lesquelles tu dis les choses, je te retrouve, toi, constamment. » (Alain Fantapié)

• « J’ai dévoré ton livre… et j’ai adoré ! » (Jean Humenry)

• « Magnifique ouvrage sur Jacques Brel. En vous félicitant pour la qualité de ce travail remarquablement documenté, je vous remercie pour ce très beau cadeau, en espérant vous rencontrer à nouveau sous le ciel polynésien. » (Jean-François Lejeune)

 

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• « Je me suis fait “chiper” votre beau livre sur Brel... par mon mari ! Et à voir son air quand il le lit, il me tarde qu’il l’ait terminé !!! » (Christine Fabre)  

• « Je suis en train de le lire, que dis-je, de le savourer... Un livre qui vous donne des ailes et du baume au cœur. » (Nicolas Céléguègne)

• « Dans mon Panthéon de ma correspondance brélienne et ses amis, il y a une lettre de Ferrat, une autre de François Rauber, plusieurs de son épouse Françoise, des photographies avec Isabelle Aubret et Bruno Brel... et deux lettres de Fred Hidalgo ! Quel bonheur que ce livre sur le Grand Jacques aux Marquises !!! Et comme un bonheur brélien ne vient jamais seul, voilà la nouvelle intégrale, Suivre l’étoile, avec plein de belles choses et surtout le tout dernier concert de Roubaix, le 16 mai 1967, avec un Brel à moitié aphone ! Vraiment, un superbe mois de septembre ! » (Bruno Decriem)

• « Prenant, passionnant. Cet excellent livre nous fait découvrir Jacques Brel sous un nouveau jour. Je l’ai dévoré d'une traite ! » (Stéphanie)

• « Merci beaucoup pour votre travail remarquable ! Pour ma part, je suis passionné par tout ce qui tourne autour de cet homme depuis l’âge de 14 ans. Et j’ai eu le bonheur de le voir à Roubaix le 16 mai 1967 lors de son dernier tour de chant, puis à Paris le 28 décembre 1968 dans L’Homme de la Mancha. Je dois dire que son talent de créateur de chanson ne laisse pas de m’émouvoir, même après tant d’écoutes... Merci encore. » (Christian Marichal)    

 

 

• « Permettez-moi de vous adresser toutes mes félicitations pour votre excellent livre. Je me suis régalé d’un bout à l’autre de votre merveilleux document. J’ai connu Jacques Brel en 1960 sur les planches de l’Olympia, j’avais 18 ans. Ce fut pour moi un choc émotionnel d’une rare intensité. En octobre 2008, invité par le ministre des Dom-Tom, Yves Jégo, j’étais membre de sa délégation qui se rendit aux Marquises pour l’inauguration du nouvel aéroport “Hiva Oa-Jacques Brel” et pour les célébrations du trentenaire de sa mort. C’est ainsi que, le 9 octobre, en présence du ministre, des autorités françaises et marquisiennes, de Madame Jacques Brel (qui n’était jamais venue sur la tombe de son époux), de nombreux journalistes français (PPDA), belges et américains, j’ai eu l’immense privilège d’interpréter a capella La Quête devant la tombe de Jacques Brel. » (Philippe Callens).   

• « Merci. Ce livre est une merveille ! » (Véronique Dupiré)

• « Je voudrais te dire avec quelle émotion je referme ton livre après l’avoir dévoré. Je me sens comme si j’étais de retour d’un fabuleux voyage aux Marquises et comme si j’y avais partagé le quotidien de l’artiste que j’admire le plus au monde. C’est son humanité et sa générosité qui me touchent le plus, mais j’ai aussi partagé grâce à toi les secrets de sa création. C’est un grand livre que tu signes là. » (Gérard Jacquet)

• « Très émue par ce que je viens de lire… On y découvre l’HOMME Jacques Brel, très loin du milieu du spectacle, une vie au service des autres. Un être humain qui méritait la note maximum, le triple A : Amour, Amitié, Altruisme. Un livre désormais incontournable et une très belle idée de cadeau pour les fêtes de fin d’année. J’aimerais bien à l’occasion d’une rencontre avec vous dans un festival, un salon ou un concert, vous le faire dédicacer… » (Annie Lapeyre)

• « Je ne veux pas commencer par “Bonjour Monsieur”, j’aurais l'impression d’être pédant ou de ne pas vous connaître après avoir été abonné à Paroles et Musique pendant plusieurs années puis à Chorus durant toute sa “vie” ; j'aurais pu commencer par “Bonjour Fred”, mais impossible pour moi, par pur respect (ce qui manque à beaucoup de personnes dans notre monde de dingues). Juste une petite question avant de me procurer votre livre : aurez-vous l’occasion de le dédicacer dans un point de vente, une bibliothèque, une librairie ? Allez, larguez les amarres, que “l’aventure commence à l’aurore” d'une ère que l’on voudrait plus dirigée par le bon sens que par la finance... » (Yves Barberon)

 

UN LIVRE DÉDICACÉ POUR LES FÊTES ?

Comment ne pas être sensible (euphémisme) à de tels messages ?! J’espère pouvoir y répondre de vive voix à l’occasion de rencontres professionnelles ou de conférences à venir (leurs dates seront annoncées sur mon site dans la rubrique ad hoc). En attendant, pour répondre déjà à la question des dédicaces, si vous souhaitez acquérir cet ouvrage signé par votre serviteur ou si, l’ayant déjà, vous désirez en offrir un exemplaire dédicacé à des parents et/ou amis (à l’occasion des fêtes de fin d’année par exemple), rien de plus simple : contactez-nous sur sicavouschante.info@orange.fr pour obtenir l’adresse postale où nous envoyer votre commande et celle-ci sera honorée sous quarante-huit heures.

 

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Dernière chose à propos du Grand Jacques que l’on retrouve ici à trois reprises en bonne compagnie (c’était cinq ans et demi pile avant de hisser les voiles pour son voyage au bout de la vie) : merci à l’auteur de la page « Chanson de proximité », créée sur Facebook, de nous avoir autorisé à reproduire les montages qu’il a réalisés et « postés » sur le Net après sa lecture du livre ; à ma grande surprise d’abord, doublée d’une grande confusion, mais aussi, je l’avoue volontiers et sans fausse modestie, avec une certaine jubilation, ayant moi-même été l’éditeur de cette table ronde réalisée par mes amis François-René Cristiani et Jean-Pierre Leloir… J’aime d’ailleurs à penser que les membres de cette célèbre affiche, comme le chante Renaud dans son Bistrot préféré, auraient eux-mêmes souri à la découverte de ce malicieux clin d’œil…  

__________________ 

NB (qui n’a rien à voir). À propos du contenu musical de Si ça vous chante, je voudrais signaler la désinvolture de certains serveurs capables de vous retirer sans préavis des fonctionnalités qu’on vous recommandait vivement la veille. Ainsi toutes les chansons mises en ligne sur tous les blogs (hébergés par Overblog) depuis des années via Deezer – serveur audio privilégié par les blogueurs puisque censé respecter les droits d’auteur – ont-elles disparu subitement, « remplacées » d’un coup de baguette merdique par des rectangles blancs ! On a beau nous dire que la situation sera « prochainement » rétablie, elle dure déjà depuis près de trois mois… et on ne voit (ni surtout n’entend) toujours rien ! Révoltante façon de considérer les gens et leur travail – et ceux et celles auxquels celui-ci s’adresse – comme quantité négligeable.

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Published by Fred Hidalgo - dans Actu livres
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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 10:00
L’aventure commence à l’aurore
 
   
« En somme, après Brel le chanteur et Brel l’acteur, voici Brel l’aventurier, dans ce qui sera le premier livre consacré à sa vie d’après… » C’est mon éditeur de L’Archipel (le bien-nommé pour une histoire qui se déroule pour l’essentiel dans celui des Marquises !) qui a réagi ainsi après avoir lu mon manuscrit. Bien vu. S’il n’y avait évidemment aucun intérêt à écrire une nouvelle biographie de l’artiste (d’autant moins que, sur plusieurs dizaines de titres consacrés à Brel depuis 1964, il en existe trois ou quatre vraiment excellentes parues depuis sa mort, dont celle de Marc Robine que j’eus le bonheur d’éditer moi-même en 1998), en revanche il y avait urgence à raconter enfin « sa vie d’après »…
  
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Sa vie d’après sa vie d’artiste. Celle qu’il a vécue dans une ’île de l’archipel le plus isolé au monde. Urgence, oui, car on l’ignore encore, mais aux Marquises, où gémir n’est pas de mise, Jacques Brel a réalisé pour de bon ce qu’il s’était « contenté » jusqu’alors, avec le talent immense que l’on sait, de mettre en musique. Après les paroles, les actes ! Don Quichotte dans les îles comme jadis à la scène. Ce faisant, il a fait de sa vie l’égale de son œuvre : un chef-d’œuvre !
 
Ce qu’il avait rêvé éveillé tout enfant (« L’enfance / C’est le droit de rêver / Et de rêver encore… »), puis théorisé de façon si brillante – imprimé sur papier, gravé sur disque, interprété sur scène, porté à l’écran (Le Far West…) et, bien sûr, proclamé haut et fort dans ses interviews –, il lui a fallu moins de trois ans, ses trois dernières années, pour le mettre en pratique aux Marquises. Loin d’être une sorte d’appendice à sa vie d’artiste, parachevée avec sept ou huit chansons majeures, sa vie d’être humain dans cet archipel nommé par ses premiers habitants Fenua Enata, c’est-à-dire la Terre des Hommes (inconditionnel de Saint-Ex’, pareil « hasard » n’a pu que conforter Jacques dans sa décision de s’y installer), aura été plus qu’un aboutissement, un véritable accomplissement.
 
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C’est là, aux Marquises où « passent des cocotiers qui écrivent des chants d’amour », où « la mer se déchire infiniment brisée / Par des rochers qui prirent des prénoms affolés », que l’œuvre de Jacques Brel a pris tout son sens, comme on transforme un essai, légitimée et validée rétrospectivement par ce voyage au bout de la vie. Là, enfin, qu’en allant au bout de sa quête altruiste, au bout de lui-même, l’homme a définitivement fusionné avec l’artiste.
Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d’une possible fièvre
Partir où personne ne part…
 
 
C’est en Polynésie en effet que Brel, touchant le rivage d’Hiva Oa pour se reposer le temps d’une escale et finalement installé à demeure sans l’avoir prémédité, réalisa l’essentiel de ses rêves d’enfant, à la fois Mermoz, Saint-Exupéry et chevalier errant dans le ciel agité des Marquises. Mais surtout – c’est à croire que les Marquises étaient un lieu prédestiné pour le Grand Jacques –, c’est là qu’il se métamorphosa, tel un papillon sortant de sa chrysalide. Artiste majuscule, Jacques Brel l’était déjà avant de quitter le Vieux Monde. Sans les Marquises, il serait resté l’un des géants de son art, au firmament de la chanson. Certes… mais rien d’autre que cela : un auteur, un compositeur et un interprète, aussi brillant fût-il. Aux Marquises, après une période de purgatoire maritime, sans jouer au bon Dieu pour autant (d’ailleurs, a-t-on jamais entendu jurer autant que Brel dans son paradis terrestre ?), il est devenu bien plus et beaucoup mieux qu’un artiste : loin de l’artifice des planches, loin du commun des mortels, Jacques Brel est devenu un Homme.    
           
Au départ, mes amis de Si ça vous chante le savent bien, j’étais parti sur les traces du Grand Jacques jusqu’en Polynésie, sans idée préconçue et surtout sans autre objectif que de faire un beau voyage, rêvé depuis trente ans, et d’en proposer ici le reportage. On est partageux ou on ne l’est pas, moi je ne sais pas aimer sans partager. « Y en a qui ont le cœur dehors / Et ne peuvent que l’offrir… » Je n’ai jamais compris « ces gens-là » qui prétendent aimer en gardant tout pour eux et en eux, en onanistes satisfaits et apparemment comblés.    
Allons, il faut partir
N’emporter que son cœur
Et n’emporter que lui
Mais aller voir ailleurs…
        
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Une fois sur place, nous avons découvert ce que nous ne soupçonnions pas, du moins pas à ce point-là ! Non, impossible d’imaginer à quel point Jacques Brel a marqué l’histoire des Marquises, où l’homme, on ne peut plus simple et modeste que les habitants d’Atuona croisaient chaque jour dans les rues du village, est devenu aujourd’hui un mythe. En fait, « il l’était déjà de son vivant », m’a assuré son ancien imprésario et fidèle ami Charley Marouani, impressionné par le chagrin profond des autochtones le jour où ils l’accompagnèrent à sa dernière demeure, là-haut, au cimetière du Calvaire, tout près de Gauguin. Après le Grand Tiki d’Hiva Oa, effigie géante d’un ancien dieu des Marquisiens, le Grand Jacques d’Atuona... Et ce qui devait n’être qu’un reportage ponctuel, sur les lieux où le « géant » Belge, « flamand et d’origine espagnole », vécut les dernières années de sa vie, s’est transformé au retour de ce long séjour en Polynésie, en feuilleton à suivre, plusieurs mois durant ; à suivre… et suivi à chaque épisode par davantage de lecteurs. Avides d’en savoir plus, réclamant impatiemment la suite et laissant des commentaires passionnés.  
    
Un « feuilleton » parce que je ne savais pas – je ne pouvais pas ! – résumer, expédier, en un seul sujet le portrait qui s’est esquissé puis dessiné très vite sur place, d’un homme au comportement vraiment et définitivement extraordinaire. À l’écoute des autres bien que grande gueule, au service des autres l’air de rien… mais prêt, toujours, à affronter les éléments pour effectuer avec son bimoteur des évacuations sanitaires d’urgence ou transporter jusqu’à Papeete, distante de 1 500 km, des femmes dont l’accouchement risquait d’être délicat… Toujours de façon désintéressée, bien sûr, et toujours bénévolement, est-il utile de le préciser ? Sans parler du reste, du courrier postal, du ravitaillement en vivres et en médicaments, de son engagement dans le développement sanitaire et culturel d’Hiva Oa… Si ça n’est pas de l’altruisme, tout cela, de la fraternité comme on en manque tant aujourd’hui, qu’est-ce donc ?! « Quand on n’a que l’amour / À s’offrir en partage… » Bref ! Bien que s’étant étalé sur quinze épisodes, le « feuilleton » a dû faire l’impasse sur de grands pans de cette vie si méconnue d’un homme qui n’a jamais tant mérité qu’aux Marquises son surnom de « Grand » Jacques, et j’ai dû me résoudre, au prix d’une terrible frustration, à « rentrer chez moi » le cœur en déroute et quantité d’anecdotes et de témoignages sous le bras.
     
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Seulement, cette frustration, je n’allais manifestement pas être le seul à la ressentir... Outre les commentaires internes au blog allant dans ce sens, au fil du temps de plus en plus de gens m’ont fait part de leur envie d’en apprendre plus, faisant monter la pression en moi. Déjà que l’envie ne manquait pas... Malgré tout (j’en sais quelque chose pour avoir accompagné « mes » auteurs dans l’élaboration de leurs propres ouvrages durant un quart de siècle), on doute toujours de soi, c’est humain. Alors, vous vous branchez surtout à l’écoute de vos amis les plus fiables, c’est-à-dire les moins intéressés et flatteurs qui soient. Les amis, quoi. À la vie, à la mort. Les copains d’abord ! Entre autres et surtout de Jean Théfaine qui, à force d’insister, à force de l’entendre me dire qu’il fallait absolument publier ce récit, a fini par me faire promettre au printemps 2012 – trois mois avant sa mort – « d’en faire un livre ». Promesse tenue, cher Jean. J’espère que quelque part, là-haut, ailleurs, tu expliques au Grand Jacques que tu en es le principal responsable…
    
D’autres journalistes encore, anciens de Chorus également, en lesquels vous avez entière confiance, qui savent de quoi ils parlent quand ils parlent de chanson, de livres... et de Brel : Serge Dillaz, Marc Legras, Jacques Vassal… Et puis des professionnels que vous respectez infiniment, comme Jean-Michel Boris qui assista à tous ses spectacles à l’Olympia, toujours avec lui en coulisses. Des artistes aussi, dont l’un des principaux de la chanson francophone contemporaine (que je tiens en haute estime car, à l’instar du Grand Jacques, l'homme est en phase avec son œuvre) m'écrivant ceci (dans un courrier privé, je ne citerai donc pas son nom) : « Où qu’“il” soit, je suis sûr qu’il est heureux, et peut-être même un peu fier, de votre beau travail. Bravo. À quand le livre ? » Ou encore – cerise inattendue sur la Madeleine ! – Didier Daeninckx, l’un de mes écrivains préférés, me confiant qu’il attendait « maintenant le livre », n’ayant cessé, « passionné par le feuilleton », d’inciter au fil des épisodes tous ses amis à le découvrir sur Si ça vous chante
 
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Et nous voilà ce soir, comme disait « un certain »... Après une longue enquête complémentaire du reportage initial, qu’elle enrichit de plus de deux cents pages par rapport à l’ensemble de la saga bloguesque. Avec un ouvrage que j’ai voulu comme un document, dans le fond, mais traité comme un roman dans la forme. Nous voilà donc ce soir, oui, ou plutôt ce matin – comme l’indique le texte de quatrième de couverture établi par l’éditeur – puisque l’aventure commence à l’aurore.
 
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Qu’ajouter à cela ? Rien, évidemment, qui concernerait la « qualité » éventuelle du résultat, ça n’est pas à moi de le commenter. Mais quelques précisions. Pour rappeler, primo, que Jacques Brel est, a toujours été et restera entre tous mon artiste de prédilection, comme je l’explique dans le premier chapitre (« Du Plat Pays aux Marquises »). Pour avouer, secundo, que ce récit, né d’un reportage effectué en septembre et octobre 2011 – où s’impose le parallèle avec Gauguin, défenseur acharné des Marquisiens, où l’on croise Antoine, Barbara, Brassens, Ferrat, Gréco, Lama, Perret, Reggiani, Salvador, Ventura… et François Mitterrand –, m’aura envoûté, corps et âme, durant dix-huit mois (automne 2011-printemps 2013). Demandez-le à mon entourage !
 
Chemin faisant, comme dirait Gilles Vigneault, le livre – qui reconstitue les quatre dernières années du Grand Jacques (et revient en flash-back sur des pans incontournables de sa carrière d’artiste) – passe évidemment par l’enregistrement de son dernier album, narré dans le détail (chapitre 17, « Quelques chansons marines »), et malheureusement par l’évolution de sa maladie et les circonstances encore bien méconnues de sa mort à Paris (ch. 20 et 21 : « Ne me quitte pas » et « Mourir pour mourir »), alors que, quelques semaines plus tôt, Jacques formait encore bien des projets, dont ceux de continuer à écrire des chansons, mais oui, peut-être même une comédie musicale ainsi qu’un livre dont il avait déjà le titre : Comment écrire une chanson. « Mais je ne parlerai jamais ni de musique ni de music-hall ni de chansons. Ce serait une dizaine de nouvelles d’après ma vie, des choses que j’ai faites. Ce serait la vie. Toutes ces chansons, on ne peut les écrire qu’en vivant… »
 
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La Camarde aura fauché net toutes ces envies, bien avancées déjà, comme celle, aussi, de monter un (ou plusieurs) spectacle(s) en plein air à Hiva Oa… Jacques Brel est mort à Paris de s’être « trop meurtri », de s’être « trop donné ». Non pas de cette maladie dont on cache le nom, comme l’écrivait Brassens, non pas du cancer « par arrêt de l’arbitre », mais d’une embolie pulmonaire consécutive à la chasse éhontée dont il avait été l’objet – et la victime – de la part des paparazzi...
 
« Last but not least », comme aurait dit Gainsbarre : le chapitre 16 (« Avec l’ami Jojo ») revêt une importance particulière dans le livre, grâce à la découverte à Hiva Oa (ô sublime cadeau du destin !) d’une cassette enregistrée par Brel lui-même dans son salon ! Une cassette où il chante avec une voix impressionnante de puissance, malgré la qualité technique médiocre du son, en s’accompagnant à l’orgue électronique ! Des esquisses de La ville s’endormait (encore sans le coup de griffe à Jean Ferrat !) et surtout de Jojo, qui montrent combien l’auteur-compositeur avait besoin de remettre sur le métier son ouvrage, pour transformer ses premières approches, des plus « scolaires », en chefs-d’œuvre immortels.
 
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Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter bon voyage, je l’espère, dans le sillage du Grand Jacques. Du Plat Pays jusqu’aux Marquises, d’Askoy en Jojo, tous deux miraculeusement retrouvés, préservés et restaurés. Sur les traces de celui qui avait « le cœur si large » qu’on y entrait « sans frapper » et qui, ayant « le cœur dehors », ne pouvait « que l’offrir ». Ce voyage, j’y ai mis moi-même tout mon cœur (et ma chère et tendre, le sien) pour rendre cet homme, terriblement attachant dans ces lointaines contrées posées « sur l’autel de la mer », aussi proche que possible du lecteur. Alors, si ça vous chante d’en être, je vous convie amicalement à bord. Pour que l’aventure, qui commence à l’aurore, dure... et se poursuive longtemps encore.
L’aventure commence à l’aurore
À l’aurore de chaque matin
L’aventure commence à l’aurore
Et l’aurore nous guide en chemin...
 
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• Jacques Brel, L’aventure commence à l’aurore, de Fred Hidalgo, 384 pages (format 154 mm x 240), chez L’Archipel (en librairie le 4 septembre en France, Belgique et Suisse, fin septembre au Québec… ou par correspondance via les sites web). Outre un cahier photo couleur hors texte de 12 pages sur le voyage au bout de la vie de Jacques Brel (avec son bateau, son avion, ses amis…), le livre propose en annexes une chronologie (complétée de propos de l’artiste en situation) et une discographie très détaillées, une filmographie complète, une bibliographie sélective, ainsi qu’une présentation des Éditions Jacques-Brel. Le corps du récit lui-même se compose de vingt-cinq chapitres, dont un prologue (« Le principe d’imprudence ») et un épilogue : « Il pleut sur l’île d’Hiva Oa… »
 
 
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Published by Fred Hidalgo - dans Actu livres
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