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  • : SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • : Parce que c’est un art populaire entre tous, qui touche à la vie de chacun et appartient à la mémoire collective, la chanson constitue le meilleur reflet de l’air du temps : via son histoire (qui « est la même que la nôtre », chantait Charles Trenet) et son actualité, ce blog destiné surtout à illustrer et promouvoir la chanson de l’espace francophone ne se fixera donc aucune limite…
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  • Fred Hidalgo
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.

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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 19:51

La chanson à domicile

 
Dans notre série des festivals « pas comme les autres », cette fois pas de compte rendu mais un « avant-papier » comme on dit dans notre jargon du métier. Pour informer les milliers de lecteurs de Si ça vous chante (les milliers, oui, car vous êtes déjà plus de dix mille à fréquenter ce blog, grâce au seul bouche à oreille : merci !) de la tenue, en février-mars dans les Pays de la Loire, de la quinzième édition d’un festival qui s’est affranchi de toutes les règles de consommation massive et passive en se donnant une dimension de convivialité d’autant plus authentique qu’elle s’inscrit naturellement dans sa formule : de la chanson à domicile.

 


Au programme (vous avez jusqu’au 29 mars pour aller y faire un tour, physique ou virtuel : quatre-vingts spectacles donnés, dans trois ou quatre lieux différents par jour, par une trentaine d’artistes et de groupes de toutes générations, de tous genres musicaux… et de tous pays de l’espace francophone. De France, de Belgique, de Suisse ou du Québec, ce sont les affranchis de Chant’Appart : une fois qu’on a goûté au plaisir (et à la difficulté) de chanter dans ces conditions, impossible en effet de ne pas reconsidérer – pour le meilleur – la façon de pratiquer votre art.

 


La preuve ? La plupart des nouveaux talents de la scène francophone sont passés par cette école d’humilité et d’apprentissage à la fois (Aldebert, Thomas Pitiot, Agnès Bihl, Benoît Dorémus, Jeanne Cherhal, Damien Robitaille, Saule, Fabiola Toupin, Dikès, Les Blaireaux, Thierry Romanens, Thérèse, Bertrand Belin, Pierre Lapointe…) : difficile de se retrancher derrière des prétextes professionnels pour excuser une prestation bancale ou de parvenir à masquer ses faiblesses quand vous chantez quasiment les yeux dans les yeux de votre public. Mais se produire à hauteur d’homme, cela peut également devenir un besoin ; raison pour laquelle des Leprest, Jehan, Laffaille, Romain Didier, Bïa, Favreau, Pierron, Joyet, Sarcloret, Francesca Solleville, Gérard Morel, Rémo Gary, Chloé Sainte-Marie, Jofroi, Cujious, Baguian, Bühler, Paule-Andrée Cassidy, Lacouture, Pascal Rinaldi et bien d’autres du même acabit acceptent de venir et même de revenir à Chant’Appart.


« Chanter autrement » : j’ai utilisé à dessein cette expression à propos du Festival de la chanson française de Risoul (cf. « Etoiles des neiges »), car le métier de la chanson se diversifie de plus en plus, face à la faillite des modèles imposés du star-système et du show-business, à la crise du disque ou en réaction aux émissions miroir aux alouettes d’une prétendue télé-réalité dont les promesses… surréalistes n’engagent que ceux et celles qui veulent bien les croire. Le métier se diversifie… ou revient à ses fondamentaux en trouvant des débouchés de proximité.

 


C’est, en l’occurrence, ce qui constitue la spécificité de Chant’Appart dont les initiateurs, en 1995 (Bernard et Dany Kéryhuel en tête, fondateurs historiques de l’association Chants Sons, qui ont passé la main cette année à Christian Gervais et à son équipe de bénévoles passionnés), ont eu le souci et l’intelligence « d’amener la chanson là où se trouve le spectateur et non l’inverse ». Autrement dit « en appart’ », chez des particuliers pour la plupart mais aussi dans des petits lieux, en milieu rural ou quartiers périphériques. Au fil des années et des éditions, les « accueillants », comme on nomme ceux qui ouvrent leur maison – qui leur salon, qui leur salle à manger, qui leur grange – aux artistes et au public (amis, parents et voisins pour l’essentiel), ont été de plus en plus nombreux à manifester leur désir de participer à la fête.


Les demandes d’artistes (sélectionnés par un comité d’écoute) se multipliant également, le festival qui au départ rayonnait seulement en Vendée, autour de La Roche-sur-Yon, s’est progressivement implanté dans l’ensemble de la région des Pays de la Loire. En 2010, du 6 février au 29 mars, ce sont ainsi quatre, six voire huit concerts qui ont lieu chaque jour dans cinq départements de la région (17, 44, 49, 53 et 85), dessinant une véritable toile d’araignée musicale (Vairé, Saint-Nazaire, Clisson, Saligny, La Rochelle, Pornichet, Haute Goulaine, Nantes, Carquefou, Saint-Michel en l’Herm, La Guérinière, Aubigny, La Roche-sur-Yon, Les Sables d’Olonne, Loiré, Saint-Jean de Mauvrais, Luçon, Cosse-le-Vivien, etc.). Un co-plateau est systématiquement à l’affiche chez l’habitant qui, non content d’accueillir tout le monde chez lui (et d’y héberger les artistes), se charge également de proposer un buffet autour duquel spectateurs, chanteurs et musiciens font connaissance et discutent chanson de la plus agréable des manières – la régie technique, elle, étant assurée par les responsables du festival.


Pour cette quinzième édition, les affranchis de Chant’Appart se nomment Hervé Akrich, Samuel B., Balmino, Christophe Belloeil, Alain Brisemontier, Cabadzi, Céline Caussimon, Eric et les Berniques, Evelyne Gallet, Manu Galure, Gurval, Karpatt, Sophie Kay, Le Magot de Mémé, Les Hommes Beiges, Les Mauvaises Langues, Les Pieds d’dents, Liz (la sœur cadette de Jeanne Cherhal), Paul Meslet, Benoît Paradis, Jean-Michel Piton, Presque Oui, Fred Radix, Pascal Rinaldi, Sylvain Sanglier, Caroline Thomas, Béa Tristan, YMH… ainsi qu’Alcaz’ et Barcella (vus en janvier à Risoul). Pour le plaisir de la découverte et plus si ça vous chante, vous trouverez ici chansons et vidéos de certains d’entre eux… Sachant que rien remplace et ne remplacera jamais le contact direct entre l’artiste et son public, entre la scène et la salle… surtout si ça se passe à la maison ! Faites-en l’expérience (tous les contacts figurent sur le site du festival car il est indispensable de réserver), vous serez conquis… à l’instar des organisateurs belges, suisses et québécois qui adoptent à leur tour (et en partenariat avec lui) la formule de Chant’Appart.

 


C'est « un pari qui repose sur ce qu’il y a de meilleur dans l’humain, écrivait Michel Trihoreau dans Chorus n° 60 : la convivialité, la citoyenneté, le dynamisme, la solidarité, la curiosité et la sensibilité. Autant de qualités que d’aucuns croient en voie de disparition et qui ne demandent qu’à s’épanouir lorsque les circonstances le permettent. Tout ce qui fait le lien social, de plus en plus ténu aujourd’hui, ce que les politiques ne savent plus maintenir et que la communication d’entreprise détruit peu à peu ». Quinze ans après la création de Chant’Appart, on peut dire que le pari a été tenu. 

NB. Merci à Alexis HK pour son clip des Affranchis… où l’on retrouve non seulement de grands représentants de la chanson francophone (y compris le « parrain » Charles Aznavourian !) mais aussi, au passage, pas mal de jeunes talents qui ont fait leurs première
s a
rmes à Chant’Appart…

 
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Published by Fred Hidalgo - dans Concerts et festivals
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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 17:35
Risoul : le festival de la forêt blanche


Alcaz’, Barcella, Mathieu Boogaerts, Charlie, Clarika, Lili Cros et Thierry Chazelle, Émily Loizeau, Charlotte Marin, JP Nataf, Jean-Jacques Nyssen, Paris Brune, Rose, Siméo : autant d’étoiles des neiges au firmament d’un festival vraiment pas comme les autres. La preuve ? Ce reportage totalement exclusif au plan national…


Risoul

L’an dernier j’avais eu le plaisir de découvrir le Festival de la chanson française de Risoul et surtout celui de le faire découvrir – c’était déjà une première – aux lecteurs des « Cahiers de la chanson » : ça ne se sait pas, écrivais-je dans le n° 67, les médias n’en parlent pas et pourtant il existe un coin de France, au cœur des Alpes du Sud, où, une semaine par an depuis 2003, la chanson se vit autrement, sans aucune pression (malgré les 1850 mètres d’altitude !) ni envie de compétition, le plus naturellement du monde et, ce qui ne gâche rien, dans d’excellentes conditions professionnelles. Nous avons voulu y retourner début 2010 pour confirmer ce constat… et le moins qu’on puisse dire est que nous n’avons pas été déçus : à Risoul, la chanson, c’est vraiment cool ! Comment expliquer autrement qu’une Clarika, par exemple, y revienne chaque année ou presque (elle n’y a fait faux bond qu’en 2008), qu’elle soit ou pas à l’affiche du festival ?!

Clarika

« Autrement » ? Oui. Car s’il existe toutes sortes de festivals, de toutes tailles et de tous styles, thématiques, marginaux ou ratissant large dans la programmation, celui de Risoul est unique en son genre. Où, ailleurs qu’à Risoul, voit-on la totalité des artistes et groupes programmés rester sur place de bout en bout et se mêler dans l’intervalle de façon aussi étroite et conviviale au quotidien des festivaliers ? Les uns et les autres vivant littéralement en symbiose, du p’tit déj’ dans la salle commune de restauration aux concerts du soir dans la seule et unique salle de spectacles, en passant par un pique-nique collectif à 2300 mètres d’altitude ou – petit bonus réservé aux insomniaques ou noctambules invétérés – par des rencontres musicales inattendues et jouissives, dans la discothèque du troisième sous-sol, jusqu’au bout de la nuit…

Salle

Risoul ? Une petite station de ski de sept cents âmes qui accueille dix mille touristes en pleine saison. Le « Festival de la chanson française de Risoul » ? Un rendez-vous désormais traditionnel, début janvier, pour quelque cinq cents vacanciers privilégiés du Village Touristra/Léo-Lagrange (pas un de plus car il s’agit de la jauge maximale de la salle, en comptant les marches !) et des plus couru par les représentants de la « nouvelle scène » – laquelle incarne les choix de son créateur et programmateur attitré, Fred Illamola, même s’il n’est plus directeur du Village depuis l’an passé). Babx, Batlik, Berry, Jeanne Cherhal, Benoît Dorémus, Gaya, Davy Kilembé, Gérald Genty, Albin de La Simone, Manu Larrouy, Les Ogres de Barback, Christophe Mali, Fabien Martin, Mauss, Morro, Néry, No One Is Innocent, Oshen, Tom Poisson, Polo, Ben Ricour, Olivia Ruiz, Thierry Stremler… la liste est aussi longue qu’impressionnante des artistes que Risoul a séduits depuis 2003, en toute discrétion médiatique. Les raisons en sont multiples, la principale étant de se retrouver en vacances de neige, une semaine durant, avec conjoint et enfants s’il y a, mais aussi musiciens, techniciens (voire manager)… et leurs familles !


Labo in vivo

Unique, vous disais-je, d’autant plus que les rapports avec les « festivaliers », que les artistes croisent et recroisent à longueur de journée, au bar-salon du Village ou sur les pistes et télésièges de la station, sont parfaitement normaux, dénués de cette distance artificielle que star-système et show-business ont créée entre les uns et les autres. Voilà pourquoi à Risoul on ne joue pas à la star… et celui ou celle qui peut s’y risquer les premiers jours en tire aussitôt les leçons à ses dépens : belle école d’humilité. D’autant plus que chaque artiste à l’affiche assiste, parfois bluffé par sa qualité, au concert de chacun des autres… Non, pas de stars à Risoul, tout au plus peut-on y prétendre au titre d’étoile… des neiges, évidemment, si vous y brillez au ski ! Sous les flocons qui recouvrent sa « forêt blanche » de mélèzes, la chanson créée par Patrice et Mario en 1950 (une adaptation française, signée Jacques Plante, l’auteur de La Bohème pour Aznavour, d’un standard américain) est toujours d’actualité…



Unique aussi, au sens littéral du terme, la couverture médiatique de la manifestation, puisque nulle part ailleurs que dans Si ça vous chante on n’en lira de compte rendu au niveau national (seulement dans la presse régionale). Comment est-ce possible ? Tout simplement parce que l’Office de tourisme de Risoul, organisateur du festival en partenariat avec le Village Léo-Lagrange qui l’héberge, ne cherche pas à « vendre » à tout prix un événement à guichets fermés, alimenté par un vivier d’artistes déjà trop plein un an à l’avance. En fait, la mairie et l’Office de tourisme s’interrogent depuis deux ou trois éditions sur l’opportunité de passer à la vitesse supérieure, avec un chapiteau. Mais les avantages qui en découleraient (le fait de s’inscrire pleinement dans le concert des festivals, la reconnaissance des sociétés civiles, des organismes professionnels et des différentes institutions régionales, outre l’éclairage promotionnel dont bénéficierait cette jolie station familiale) risqueraient fort d’en perturber le bel (et fragile) équilibre. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

le-Village

En attendant (?), on continue comme à sa création ; ce dont, jusqu’à présent, tout le monde se félicite. À commencer par votre « envoyé spécial » pour lequel Risoul constitue un véritable laboratoire. Où l’on assiste, en vase clos et in vivo, aux discussions (toujours discrètes et jamais sans-gêne bien que directes et souvent pertinentes) entre festivaliers et artistes à propos de leur prestation de la veille au soir. Où, au hasard des conversations avec ces derniers ou entre eux, apparaissent ici une franche admiration pour le concert de tel(le) ou tel(le) collègue, là de l’indifférence, ailleurs une pointe de jalousie… Où l’on constate, en somme, que pour être artiste on n’en est pas moins homme (ou femme) avec ses défauts et ses qualités.

Ce qui est surtout passionnant à observer, ce sont les réactions des spectateurs (des vacanciers qui se muent seulement le soir en festivaliers… puis le matin ou le midi en critiques !), sachant qu’ils ne sont jamais des fans inconditionnels de l’artiste en scène, quel qu’il soit. Ailleurs, celui-ci peut compter majoritairement sur « son » public, qui connaît déjà son répertoire plus ou moins par cœur. Ici, « le » public découvre chaque soir ou presque un nouvel artiste, ce qui rend particulièrement authentiques son attitude au cours du spectacle et ses commentaires ensuite. On s’aperçoit alors – quand on a, comme nous, un certain regard rétrospectif avec des milliers de spectacles au compteur – que le public (le vrai, pas celui qui juge la chanson sur ce qu’on lui vend à la télévision) a presque toujours raison. C’est loupé ou ennuyeux et la salle se vide peu à peu ou bien prend un certain recul avec la scène. C’est original et inattendu, c’est de qualité et c’est un triomphe !


Innocents amis et Lili Passion


Nous l’avions constaté en 2009. Nous l’avons vérifié lors de cette huitième édition, du 3 au 9 janvier, avec un plateau partagé chaque soir, ou plutôt une tête d’affiche précédée d’une première partie (qui, l’histoire le démontre à Risoul, revient souvent en tête d’affiche lors d’une future édition). Ainsi, c’est Lili Cros et Thierry Chazelle qui ouvraient le ban, juste avant
JP Nataf (clavier-basse-batterie, lui-même aux guitares). « L’avantage d’essuyer les plâtres, plaisantait l’ex-Innocent, c’est qu’on n’a pas à se soucier dans la journée du risque de se casser un bras ou une jambe sur les pistes avant le concert ! » Concert en l’occurrence exigeant, textes forts et musiques dessinant un univers en soi, dans lequel comme chez un Murat on se glisse ou pas, selon ses goûts et l’humeur du moment. Mais aussi intriguant et original qu’en disque, Clair – son second album solo en cinq ans (réalisé avec la participation de son « innocent ami » Jean-Christophe Urbain) – étant l’un des plus intéressants de ces derniers temps (il est sorti le 9 novembre chez Tôt Ou Tard) : écouter par exemple Viens me le dire.



À la batterie, JP s’est offert pour l’occasion les services d’une guest star, un invité de marque exceptionnel (qui n’a rien oublié de ses talents percussifs), en la personne de… Mathieu Boogaerts, revenu à Risoul pour la troisième ou quatrième fois sans y être pour autant programmé ! Comme Clarika l’an dernier ou Gaya cette année. Avant un rappel chanté en duo, JP saluera non sans ironie sa performance à la baguette : « C’est un peu comme si les BB Brunes étaient accompagnés par Johnny Hallyday à la guitare ! J’ai été impressionné ! » On retrouvera Mathieu plus tard intervenant pour le plaisir dans d’autres concerts ou faisant le bœuf avec son ami dans un répertoire de reprises rappelant les belles heures des Red Legs (JP Nataf et Jeanne Cherhal, elle à la basse, lui à la guitare et tous deux « jambes rouges et belle humeur », période 2005-2006). « L’essayer, c’est l’adopter ! nous dira-t-il. Tous les moyens sont bons pour revenir ici… »

Mathieu-et-JP-scene

En première partie (trop courte !), Lili Cros et Thierry Chazelle étaient parfaits pour inaugurer en douceur et en beauté cette semaine enchantée. Leur propre histoire est belle aussi : menant chacun sa propre carrière, avec ses propres chansons, les circonstances ont fait qu’ils se sont trouvé assez récemment réunis à la scène comme à la ville. Depuis, ce jeune couple se produit en duo, multipliant les concerts, écrivant ou composant ensemble des chansons empreintes surtout de tendresse et d’humour. Le Havre, sur le port, Clint Eastwood (à qui Lili voue une vraie passion au grand dam de son compagnon…), le « théâtre » de L’Érotika redevenu Les 3 Baudets (« Comme quoi la culture investit tous les lieux ! ») ont été spécialement applaudies. Une prestation pour l’essentiel en guitares-voix, et quelle voix que celle de Lili, aussi remarquable qu’est toute personnelle sa façon de brandir sa six-cordes. À voir dans leur concert complet, où un fil conducteur assure le lien entre leurs répertoires respectifs. Où, l’air de rien, la révolte gronde chez Lili et Thierry la Fronde… comme ils l’expliquent eux-mêmes dans leur vidéo.


Savoureuse Charlotte


Le lendemain, pendant que tous les artistes, qui ont fini d’arriver à Risoul (pas facile, alors que tombe la neige, tombent en panne les trains et sont interdits de circulation les cars), font connaissance ou se retrouvent entre eux lors d’un buffet de bienvenue avec les organisateurs et le maire à l’Office de tourisme, Paris Brune et Charlotte Marin achèvent leurs balances au Village.

Paris-Brune

Paris Brune ? Un autre jeune couple (« Cette année, avait prévenu Fred Illamola, nous avons privilégié les femmes et les couples… »), accompagné d’un guitariste et d’un batteur, qui vient de sortir un premier album dans une major, L’Œil du cyclone… après que lui eut fait ses premières armes au piano-bar du Village Léo-Lagrange de Risoul ! La prestation est verte encore, mais prometteuse dans un registre de pop légère (judicieuse métaphore entre la fameuse route Sixty-Six et leur chanson Sexy Sex) où la chanteuse évolue comme un poisson dans l’eau.

Charlotte-Marin

La salle est comble quand déboule Charlotte Marin, la tornade blonde. Je ne l’avais jamais vue en spectacle lorsque j’ai retenu son album dans ma
« Chanson d’automne », et il y a toujours un monde du studio à la scène, mais là non seulement je ne regrette pas mon choix mais je m’en félicite, car cette Charlotte-là, c’est puissance 10 sur les planches ! Savoureuse dans la provocation féministe ou carrément sexuelle, voire dans l’imitation (Vanessa, ado, chantant Joe le taxi…), ce joli brin de femme trentenaire à la silhouette aguichante fait preuve d’un abattage pas croyable ! Pour être précis, elle n’arrête pas un instant (sinon pour s’asseoir dans un coin salon ou changer de robe à deux reprises, dont une de mariée) d’arpenter la scène avec un charme fou, dansant sur ses talons hauts, dans un style qui n’appartient qu’à elle, et chantant comme si de rien n’était. C’est drôle, c’est frais et c’est joué – car on entre là dans le théâtre musical, une sorte de one-woman-show chanté – à mille à l’heure. La belle, en outre, ne manque ni de repartie ni d’aplomb, improvisant comme on écrit, quand un sampler trahit les musiciens… à tel point que nombre de spectateurs se sont demandé si c’était du lard ou du cochon. Sa prestation en tout cas est une performance, à la fois vocale et corporelle.


Alors, bien sûr, les grincheux, les habituels pisse-vinaigre y trouveront à redire, et ils auront tort car tout cela est fait sans se prendre au sérieux, au second degré, musicalement y compris, histoire de se gausser des clichés sur la femme libérée (« Cellulite finale », ose-t-elle le bras tendu sur l’air de L’Internationale…) – blonde et sexy qui plus est ! Le seul argument que je veuille bien entendre est celui de l’après : comment cette délicieuse Charlotte prendra-t-elle le virage de ce spectacle-concept ? Mais on rejoint là bien d’autres précédents : Jeanne Cherhal et ses nattes seule au piano, Anaïs et son Cheap Show… et bien avant elles Jean Guidoni avec son Crime passionnel. Certes, ce dernier exemple est différent, l’artiste avait déjà un répertoire indépendant de cet opéra-rock, mais je le cite à dessein, car Charlotte à la ville, en l’occurrence au Village, m’a fait la même impression que Guidoni jadis : aussi réservée, discrète et à l’écoute qu’explosive, époustouflante, extravertie à la scène.

Charlotte-et-Marion

J’arrête là. Qu’il vous suffise de savoir que le public lui a fait un triomphe et que l’intéressée m’a confié qu’avec Marion Michau, qui coécrit ses textes (et assure son management), elle va publier un roman au printemps, premier tome d’une trilogie, dont l’héroïne est le personnage des chansons qu’elle incarne avec tant de brio sur scène.

Oiseaux rares


Étonnante programmation, dans sa qualité comme dans la façon de procéder, que celle de ce festival qui s’effectue souvent grâce au bouche à oreille, les artistes, techniciens ou musiciens passés par là ne manquant pas d’en parler autour d’eux en cours d’année, voire par cooptation, tel artiste recommandant directement un collègue à Fred Illamola, lequel n’a plus que l’embarras du choix pour boucler son édition. C’est d’ailleurs ainsi qu’une Émily Loizeau, malgré sa notoriété et son succès (elle a remporté cet automne le Prix Constantin pour son second album, Pays sauvage), s’est retrouvée à Risoul le troisième soir. Pour un concert d’autant plus intéressant qu’elle s’y sentait détendue comme jamais, prête à tout tenter…


Mais d’abord, la soirée s’ouvrait avec Siméo. Seul en scène ou presque, avec tout un matériel électronique qui, faisant office de studio d’enregistrement, lui permet de proposer une prestation très dense. Le public, intrigué par ces bidouillages techniques, a l’impression d’entrer dans les coulisses de sa création. L’exercice n’est pas dénué d’intérêt, qui vous mène de l’esquisse à la mise au net, mais a tendance à créer une sorte de fossé difficile à franchir entre une chanson « en boîte », électro, et une chanson « live », acoustique, où l’auteur-compositeur-interprète laisse sa voix à l’étendue surprenante épouser une simple guitare sèche. Pourquoi ressent-on, dès lors, l’impression que là se situe le véritable Siméo ? Celui encore à naître sur scène car le spectacle-concept actuel (déjà vu aux découvertes 2007 des Musicales de Bastia 2007 où il obtint le 1er prix du jury des jeunes) a forcément une durée de vie limitée. « J’ai essayé de monter un concert avec des musiciens, nous dira l’intéressé le lendemain, lors du pique-nique collectif « au sommet », mais cela n’a pas été concluant. »


Simeo.jpg

Dans l’attente donc d’une éventuelle mue scénique, on peut le voir en première partie de la tournée actuelle de Benjamin Biolay – un artiste qu’il admire pour son côté novateur. Comme il admire Brel par-dessus tout : « Je l’écoute régulièrement, en boucle, sans jamais me lasser. Plus encore que Brassens… J’aime bien les artistes qui ouvrent des voies. Comme Camille ou comme M qui est aujourd’hui ma référence absolue. » À noter, car c’est beaucoup plus rare qu’on le pense, et c’est à mettre au crédit de ce jeune artiste sympathique, son ouverture aux autres : « Je vois environ cinquante concerts par an… » Sympathique et (il l’avouera en scène) faisant partie de la confrérie des Timides, auxquels il consacre une chanson dans son troisième et récent album, Sous un ciel trois étoiles


Le temps d’installer le matériel et les instruments (clavier pour elle, violoncelle, guitare-batterie, violon-banjo pour ses trois musiciens, Olivier Koundouno, Cyril Avèque et Jocelyn  West – des pointures qui vont causer l’admiration de leurs collègues présents dans la salle : « La vache, ils ont mis la barre très haut ! » me soufflera spontanément l’un d’entre eux) et voilà Loizeau qui se pose devant le micro. Le choc, instantané ! Parfois, souvent, vous avez besoin – que vous soyez artiste ou spectateur – de deux à trois chansons pour installer un climat, établir la jonction. Rien de tel avec
Émily Loizeau. Dès les premières secondes de sa première chanson, Fais battre ton tambour, elle scotche chaque spectateur à son siège. Conscient, chacun, d’assister à quelque chose de rare.



La qualité de la chanson, bien sûr, sa mise en musique, le chant convaincant de l’interprète, un cri qui vient de l’intérieur et vous envahit doucement mais sûrement (« Je sens les larmes qui montent / Mais je vais pas pleurer / Je sens ma peine qui gronde / Je vais la chanter… / Fais battre ton tambour / Fais-moi danser / Qu’il sonne ton tambour / Jusque dans mes pieds… »), mais plus encore, peut-être, la « vision » de ce chant de plus en plus rauque qui s’élève et à la fois s’enracine dans les pieds dansant sur place, comme dotés d’une vie autonome, de plus en plus vite, de plus en plus fort. Comme tous les tambours réunis de Doudou N’Diaye Rose. Ou comme le rouleur maloya de Danyel Waro (avec qui Émily a d’ailleurs enregistré un duo). Une sorte de zapateado flamenco, mais sans quitter le micro. Impressionnant ! Le temps semble suspendu… jusqu’à ce que la chanteuse elle-même libère le public en reprenant enfin sa respiration : « Voilà ce que c’est, rigole-t-elle, essoufflée, de faire l’intéressante à deux mille mètres d’altitude ! »


Emily-et-musiciens

L’altitude, c’est le mot. On ne redescendra de son petit nuage, chacun et chacune, qu’après les trois morceaux donnés en rappel et sans micro, Émily assise au bord de la scène, avec deux musiciens autour d’elle et le violoncelliste derrière. Le public, lui, est debout, débordant d’enthousiasme. On appelle ça le talent. Immédiatement évident, qui n’est pourtant rien d’autre que du savoir-faire (n’est-ce pas, Grand Jacques, qui n’as pas hésité à tout plaquer quand tu as senti l’habileté prendre le pas sur la sincérité ?) sans la générosité et la complicité du partage. Chapeau bas, mademOizelle !


Emily-et-Cyril

Une seule autre chose à dire, au plan professionnel : si son dernier album est très réussi, à l’image de Fais battre ton tambour, ne vous y fiez pas vraiment, c’est cent fois mieux sur scène avec un spectacle inclassable. Et puis, au plan personnel, cette confession pleine d’humilité d’Émily me remerciant d’avoir organisé une rencontre exclusive, un an plus tôt, entre elle et Jane Birkin (un « Duo d’artistes » réalisé par Stéphanie Thonnet et Jacques Vassal, cf. Chorus 66, hiver 08-09) : « Ce que je regrette énormément, c’est de n’avoir pas pu écouter son album avant la rencontre, alors que Jane avait pris le temps de décortiquer le mien. J’en suis toujours confuse… » Comment ne pas suivre Émily, si elle nous le propose, jusqu’à L’Autre Bout du monde ?

Bonnes nouvelles des étoiles

Lili-et-Thierry

Mercredi 6. On est rendu à la mi-festival. Un pique-nique géant est organisé le midi à 2300 mètres. La plupart des artistes et leurs équipes s’y retrouvent avec plusieurs dizaines de festivaliers, les uns venus à ski, les autres (une minorité : c’est plus long et fatigant…) à pied ou à raquettes, comme la charmante Lili Cros dont on comprend mieux la qualité du souffle. Thierry Chazelle, lui, a opté pour le ski. Nous en profitons pour prendre une photo de groupe autour de l’incontournable Fred et discutons à bâtons rompus avec les uns et les autres, avec Rose notamment en s’étonnant de la trouver là, visiblement pas stressée pour un sou, alors qu’elle chante ce soir et que Jean-Yves Liévaux et Vyvian Cayol (Alcaz’), qui passent en première partie, sont restés au Village en l’attente des balances...

le-groupe

Avec JP Nataf, nous parlons de la situation du métier, de la crise du disque : « De toute façon, m’assure-t-il, il y avait trop d’argent dans ce milieu et trop de gens qui n’avaient rien à y faire. On se recentre aujourd’hui sur l’essentiel : le plaisir de jouer partout où l’on peut. Mais comme la crise touche aussi la scène, il faut s’adapter : pour ma part, je chante indifféremment avec mes musiciens, ou en duo ou bien seul à la guitare, et je passe sans problème ni état d’âme d’une grande salle parisienne à un bar de province. La chanson est un métier à risque, une vocation, un sacerdoce. On le savait au départ, il n’y a rien de nouveau sous le soleil… à part ces dramatiques émissions de téléréalité qui peuvent donner l’impression qu’on va être aussitôt riche et célèbre. L’important, toujours, c’est de continuer à jouer et d’aller à la rencontre de gens passionnés. »


Rose-et-JP-Nataf

On prend des nouvelles de
Mathieu Boogaerts : « J’ai terminé ma tournée en novembre, je vis ma période en jachère entre deux albums et j’aime ça. Je me laisse deux ou trois mois pour recharger les accus avant d’attaquer l’écriture du prochain. » De Gaya, elle aussi revenue cette année à Risoul sans y être programmée, mais compagne de Phil Desbois, guitariste et arrangeur de Clarika qui va clôturer l’édition : « J’arrive à donner cinq ou six concerts par mois, entre les petites salles et les premières parties. Donc tout va bien. Bientôt, il sera temps, avec Phil, de songer à mon second album… »

Gaya

On fait la connaissance de Charlie qui avait découvert Risoul l’an passé avec Mauss dont elle était la voix féminine de Je recherche, succès radio qu’on retrouve d’ailleurs dans son premier album paru en juin 2009 chez At(h)ome. Charlie nous parle des Rencontres d’Astaffort où elle a été stagiaire, de sa tournée actuelle et nous annonce que le nouveau CD de son copain Fabrice (Mauss), concocté avec Da Silva, devrait bientôt sortir chez Tôt Ou Tard.


Pas de Rose sans épines

Alcaz

Alcaz’ existe depuis sept ans. Vyvian Cayol était déjà musicienne et chanteuse, mais aussi et surtout comédienne et humoriste. Jean-Yves Liévaux a tracé ses premiers sillons dans le rock (plusieurs albums dans les années 80 avec son groupe Liévaux-Transfo) puis a continué en solo. La rencontre de la Marseillaise et du Parisien a donné lieu à ce duo pétillant à la scène… comme à la ville. C’est dire qu’à eux deux (ce sont à la fois les « régionaux » et les « doyens » de l’édition, vivant à Marseille, à deux heures de Risoul, et Fred étant un « vieux » fan de la période Liévaux solo), ils ont plus d’une corde à leur arc. En fait, comme le montre ici la vidéo (réalisée lors d’une tournée récente au Canada où ils se rendent régulièrement – ils en ont profité pour enregistrer en 2008 leur troisième album, On se dit tout, à Philadelphie),
Alcaz’ est un groupe… qui s’adapte aux circonstances. En l’occurrence à une première partie à Risoul. Avec le souci artistique de donner en moins de trente minutes une image représentative d’un concert qui, d’habitude, suit un fil conducteur, et le souci technique d’avoir attendu, dans le stress, jusqu’à plus de 19 h, pour faire la balance. Comme quoi Rose, victime elle aussi de soucis techniques dans l’après-midi, d’où le retard, aurait mieux fait de couper au pique-nique…


Conclusion : une prestation mitigée, due peut-être aussi à un mauvais équilibre dans le choix de chansons (C’est extra de Ferré est certes joliment théâtralisée par Vyvian, mais c’était au détriment de leur propre répertoire) et à une interprétation trop appuyée. Le public néanmoins se prenait progressivement au jeu, frappant des mains sur leur chanson fétiche, Marseille la nuit, placée avant le rappel.

Perturbé par les problèmes techniques, après l’arrivée in extremis, déjà, de son quatrième musicien, le concert de Rose laissait lui aussi – et à la chanteuse en premier lieu, déstabilisée – une impression mitigée. À dominante nostalgique, son répertoire de chansons d’amour, de chagrins et de souvenirs d’enfance, est moins léger (et même assez sombre et grave parfois, ce qui lui vaut peut-être ses chansons les plus belles et touchantes, sur sa sœur Hannah par exemple) que ne le laisse penser sa coloration uniformément folk (elle s’accompagne elle-même le plus souvent à la guitare acoustique). Si bien que le public ne se manifeste vraiment qu’à l’occasion des deux tubes de son premier disque (2006) : La Liste et Ciao Bella. Des avantages et des inconvénients d’avoir l’oreille des médias.


Rose-et-Clarika

Son second album, Les Souvenirs sous ma frange, paru cet automne, a été suivi de la création de ce nouveau concert à la Cigale, à la mi-décembre, qu’elle tourne à présent dans toute la France (voir son
site). Sans la participation toutefois – car seulement à Risoul ! – de Clarika à une chanson (invitation rendue le dernier soir) et l’intervention presque au final (outre d’un excellent musicien de celle-ci à l’accordéon, Hubert Harel, déjà présent dans le concert d’Alcaz’) d’un jeune tromboniste de dix ans.

Du temps au temps


Jeudi 7 janvier : petit bout de femme très à l’aise sur scène (elle a remporté le tremplin 2008 des Muzik’Elles de Meaux), avec une formation pop-rock (guitare, basse, batterie, claviers),
Charlie possède déjà un répertoire qui « fonctionne », mais il faudra patienter pour connaître ses potentialités réelles de « développement ». Pour l’instant, si l’on se fie à ce seul concert, c’est quand elle reprend une chanson de Souad Massi qu’elle semble donner la pleine mesure de son talent. Comme sa voix, alors, échappe enfin au timbre lassant de la femme-enfant. Oui, laissons le temps au temps !

Barcella

Ce soir-là, c’est Barcella, totale découverte, qui remportait en champion la palme du public. Barbe de trois jours, fichu comme l’as de pique, ce jeune homme dégingandé, originaire de Reims, se présente tout seul à la guitare, mais avec plein de mots et de textes savoureux dans la besace. Piochant au besoin, pour les illustrer, dans le tango ou la valse. Drôle, incisif, satirique, il renouvelle le genre (mi-slam mi-chanson) à sa façon : pince-sans-rire. Ce faisant, même si on s’éclate (cf. La Queue de poisson, sur un appendice des plus personnel, ou cette autre chanson toute en rimes piscicoles, justement…), des facilités percent encore çà et là que le temps, toujours lui, et l’expérience devraient parvenir à éviter à l’avenir. Et si tout cela se bonifie (sans exclure pour autant d’autres thèmes moins rigolos, à l’instar de cette Salope qui, son titre ne l’indique pas forcément, est une chanson sur la mort, ou plus tendres, telle Mademoiselle), on devrait bientôt entendre parler de lui. Comme quoi la simplicité suffit – un texte, une musique, un instrument – quand le talent est là, évident, pour créer une communion instantané entre la scène et la salle.
Barcella : retenez ce nom !
   
 
   

Vendredi 8. C’est déjà le dernier jour. Ça papote d’autant plus dans le Village. L’unanimité se fait autour de Barcella. Jean-Yves Liévaux félicite Charlotte Marin pour sa prestation, laquelle explique qu’elle a dû « ramer » le temps que les problèmes techniques soient résolus. « Pourtant, lui assure Vyvian, on pouvait croire que cela faisait partie du spectacle, tellement c’est passé comme une lettre à la poste. » Quel regard portent donc les artistes sur le travail de leurs collègues ? demandons-nous à la cantonade. Pour Émily Loizeau, c’est d’abord et avant tout, « un regard humain, simplement. Sans arrière-pensées. Ensuite, bien sûr, il y a l’appréciation purement technique… »

Une affaire de famille


Clarika-et-JJ-Nyssen

Et quand on partage à la fois l’affiche et la vie de l’autre ? Car ce dernier soir est une affaire de famille :
Jean-Jacques Nyssen en lever de rideau, Clarika en clôture de l’événement. « Le compositeur de la plupart de mes chansons… et accessoirement l’homme de ma vie », remerciera-t-elle. « Je cède la place à la vedette… qui est quelqu’un que j’apprécie bien », glissera-t-il à l’issue de la première partie. Un « concert » de vingt minutes, contre la montre (un écran égrène à ses pieds le compte à rebours), ou plutôt un long sketch, seul à la guitare électrique, prenant à témoin le public des nombreuses difficultés rencontrées par les « artistes émergents ». Surtout quand ils ne bénéficient que de vingt minutes pour s’exprimer !

Nyssen

C’est drôle et fin, aussi tordant que pertinent, le public se demandant au début de quoi il retourne, quel peut bien être cet énergumène qui fait tache dans la programmation, impatient malgré tout, on ne sait jamais, de l’entendre chanter ; sa première chanson étant systématiquement avortée par son bavardage intempestif... Il faudra attendre la fin du compte à rebours (scandé par les spectateurs, entrés rapidement dans le jeu) pour que la première partie ait droit à un « rappel » – chanté ! – de cinq minutes, au rythme des battements du cœur. Épatant Nyssen, aussi extraverti à la scène, excellent comédien, que discret à la ville.


Clarika ! Un cinquième album au printemps 2009, Moi en mieux (un Cœur Chorus d’ailleurs), et un nouveau concert qui atteint des sommets. Et pas qu’à Risoul ! C’est que l’artiste a largement confirmé toutes les promesses qu’on plaçait en elle dès ses débuts, l’année (1992) où l’on créait Chorus et où le jury du Tremplin de la chanson du festival homonyme des Hauts-de-Seine lui attribuait un prix spécial, deux ans avant son premier album, J’attendrai pas cent ans ! Lucide, la jeune femme savait ce qu’elle voulait et surtout ce qu’elle valait. Par bonheur, elle n’a pas attendu cent ans, ni même vingt, pour devenir probablement l’auteur(e)-interprète la plus « importante » de sa génération. Je ne voudrais froisser personne, car d’autres que Clarika ont vendu davantage de disques, mais il est bien rare de trouver chez un seul et même artiste pareil talent d’écriture, dans la forme comme dans l’étendue de l’inspiration, pareille façon jubilatoire d’investir la scène et pareilles émotions suscitées par l’ensemble, sans parler du chant sensible qui les porte.

Clarika-et-ses-musiciens

Avec ses musiciens (un quartette de pointures menées par Phil Desbois), elle émeut, amuse, fait sourire ou réfléchir. Virevoltante, naturelle, elle voit aussi le public se lever, spontanément, pour reprendre en chœur « Rien de tel qu’une p’tite chanson / Pour vous remonter l’moral ». Elle est irrésistible quand elle joue à la diva pour de rire, histoire de dédramatiser le show à la façon d’un Souchon. Grave dedans, léger dehors. Capable de faire le grand écart sans fausse note, passant des Garçons dans les vestiaires (« mon presque tube ! » ironise-t-elle) aux grands titres de son dernier album (Lâche-moi, Escape Lane, C’est l’hiver, Je ne serai pas…). Sans oublier le non moins excellent Bien mérité, subtilement humaniste : « Et tant pis pour ta gueule / Si t’es né sous les bombes / Bah ouais / Tu l’as bien mérité / T’avais qu’à tomber du bon côté de la mappemonde… »
 

Le final de son concert, qui vit tous les artistes présents dans la salle la rejoindre sur scène, mit fin de même à la fête générale. À cette huitième édition d’un festival, vous l’avez compris, « vraiment pas comme les autres ». Ne restait plus alors qu’à quitter la bulle de Risoul pour retrouver la vie quotidienne, ce qui ne fut pas des plus aisé. Ni dans l’esprit ni dans la pratique : la neige, redoublant d’ardeur, bloqua les trains en rase campagne, des heures et des heures durant… Que croyez-vous que firent Clarika et Jean-Jacques Nyssen tout ce temps-là ? Ils prirent sereinement leur mal en patience, avec leur équipe, en jouant… au jeu des chansons, à qui trouverait le premier des noms d’interprètes et des titres de chansons. Des heures et des heures durant, oui. Quand on aime, on ne compte pas ! Clarika devrait être de tous les festivals francophones de l’été : ne la manquez pas, c’est tout le mal qu’on vous souhaite en ce début d’année.

(Toutes les photos de ce reportage sont de Fred ou de Mauricette Hidalgo)


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NB. Remerciements à l’Office de tourisme de Risoul, en particulier à Laurent Dercourt et Michèle Salignac.
 
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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 09:55

Emballage d’origine

Le joli fil entre nos cœurs passé
Oh le fil / Le fil de nos sentiments enlacés
Oh le fil nous lie, nous relie…
Le fil qui nous sert à nous resserrer
Oh le fil qui nous tient, nous retient
Le fil tendu entre nous comme un lien…
(Alain Souchon, Le Fil, 1993)


Alain Souchon – Le Fil
   

Tout d’abord, un grand merci pour vous être aussitôt inscrits en grand nombre… et de partout, de tout l’espace francophone et d’ailleurs, à « Si ça vous chante ». Des milliers de connexions déjà ! Et ça n’est sans doute qu’un début, puisque chaque jour qui passe voit sa liste d’« adhérents » s’accroître sensiblement. N’étant pas expert en matière de blog (après trente-huit ans de presse écrite, du quotidien au trimestriel en passant par l’hebdo et le mensuel, la reconversion a dû s’opérer sans transition…), je veux bien croire ceux qui m’assurent que son départ a été « fulgurant ». Je suis d’autant plus disposé à le croire que plus nous serons à faire ainsi chorus (chacun et chacune pouvant y aller de son petit commentaire, de ses informations et le cas échéant de ses liens vers son propre blog ou son site) et plus « notre chanson » aura de chances d’être entendue.

Ensuite, une précision qui s’impose : à la lecture des dizaines de « commentaires » publiés directement, on pourrait avoir l’impression que l’on a affaire à un rassemblement d’amis proches, tant leur tonalité dans le fond comme dans la forme le laisse à penser. Il n’en est rien : leurs auteurs sont, pour 95 % d’entre eux, inconnus de nous et inconnus entre eux ! C’est le miracle d’une chanson partagée depuis peu ou prou, pour certains depuis presque trente ans, pour d’autres depuis 2007 ou 2008 seulement. La preuve par neuf comme 2009 (n’est-ce pas Julos ?) d’une adhésion totale (et durable) à certaines valeurs humanistes véhiculées par la chanson – parce qu’elle en constitue précisément le véhicule privilégié. La chanson considérée comme un art – le plus populaire, le plus immédiat et le plus rassembleur des arts – ou du moins, pour ne pas effaroucher davantage le grand Serge, de toutes les « disciplines artistiques ».

Cela dit (une fois pour toutes), le fil qui nous liait, nous reliait est donc renoué après une période de turbulences que nous n’aurions jamais cru devoir traverser et surtout subir (car c’est bien dommage, comme le chante le même tisseur de mots, d’être au chômage à notre âge…). L’essentiel est là, le fil retrouvé, le joli fil qui va nous permettre de poursuivre le partage et de se tourner résolument vers des lendemains qui chantent.

LES MUSICALES DE BASTIA

En l’occurrence, on le sait, l’un des objets principaux de notre action de promotion de la chanson au… fil de ces décennies passées aura été la découverte et la mise en avant de nouveaux talents. Pour ce faire, pas de secret, il faut être tous les soirs ou presque sur le terrain. Ce que nous permettait jusqu’à cet été, à défaut d’ubiquité ou de disponibilité permanente, le fait de compter sur une équipe professionnellement aussi compétente que passionnée par son sujet. « Sur le terrain », c’est-à-dire dans les petites salles qui sont nombreuses dans l’Hexagone et l’espace francophone et animées par des gens de qualité, à l’affût du talent en herbe, malgré des difficultés économiques récurrentes. Et dans les festivals, évidemment, en particulier chez ceux – « à taille humaine » pour dénominateur commun, quelles qu’en soient la capacité et la notoriété – qui se sont intelligemment regroupés dans un « Collectif des festivals francophones » (on en reparlera).



Parmi ces festivals nés de la passion et de la compétence indissociables, proches de leur public et soucieux du meilleur accueil pour les artistes, il en est un en Corse, le plus ancien de l’île de Beauté, qui fait localement des merveilles. Je veux parler des Musicales de Bastia incarnées par Raoul Locatelli, un grand monsieur de la chanson, grand amoureux du beau et du signifiant, qui, pour être non-voyant, n’en est pas moins un formidable passeur de nouveaux talents. Comme l’a encore montré cet automne, du 7 au 11 octobre, la vingt-deuxième édition de ces Musicales.

Présentées à 18 h 30 dans une jolie petite salle équipée en gradins, la Fabrique de Théâtre, les « Découvertes » du cru mettaient chaque jour en lice deux artistes ou groupes dont l’éclectisme revendiqué par les organisateurs rendait a priori difficile le travail du jury : Pierre Gambini, Kabbalah, Manu Galure, Padam, La Casa, Mister Pop, Ya’zmen… À l’heure de la délibération finale dudit jury, que Raoul m’avait demandé de présider, mon choix était fait, sans l’once d’un doute, ainsi que celui d’Hassan Amrani, directeur du festival Le Sixième Son et de la salle l’Arc-en-ciel de Liévin. Mais vu la qualité d’ensemble du plateau, je craignais des discussions serrées

L’identité nationale de ces gens-là

En fait, tout s’est joué en un clin d’œil, le temps d’un seul vote à bulletin secret : ces Musicales ont accouché sans coup férir et sans escarmouche, à l’unanimité, d’une jolie promesse qui a pour nom Karimouche. Déjà remarquée des professionnels, entre autres au dernier festival Alors chante… de Montauban, la jeune femme reste encore largement méconnue du public. Mais à en croire l’accueil enthousiaste que lui ont réservé les Bastiais qui la découvraient ce 10 octobre, n’en doutez pas, elle ne tardera pas à se faire une place de choix auprès des Anaïs, Agnès Bihl, Jeanne Cherhal, Clarika, Amélie-les-crayons et autre Olivia Ruiz.



La trentaine naissante, une expérience de comédienne et de chanteuse de rue, expliquent sa maturité, son aisance sur scène, sa gouaille naturelle, la séduction qu’elle déploie et qui opère immanquablement. Auteure-compositrice-interprète, elle est accompagnée par un clavier et deux « human beat-box » (ou « beat-boxers », c’est comme vous voulez), une formule qui résume à elle seule l’originalité de son répertoire : Le Petit kawa, Raggamuffin, Je parle trop… Entre tango et hip-hop, blues et slam, toutes sortes d’influences se mêlent et s’entremêlent chez cette Lyonnaise née à Angoulême et dont les origines parentales se situent du côté de la Kabylie. Elle chante d’ailleurs une tendre berceuse en kabyle, en souvenir de ses grands-mères, mais aussi, dans le sillage d’un Abd Al Malik, un démarquage des plus personnel et actuel de Ces gens-là de Brel, D’abord



Particulièrement heureuse de cette distinction (et surtout de son caractère unanime), qui lui vaudra de revenir l’an prochain aux Musicales sur la scène du Grand Théâtre, Carima Amarouche (de son vrai nom) nous confiait qu’un journaliste lui avait reproché récemment de ne pas chanter davantage ses racines. « Vous voulez dire que je devrais écrire des bourrées charentaises, auvergnates… ?! » La fine mouche ne manque ni de repartie ni d’humour. « Moi, mes racines, c’est Piaf, c’est Brel… Je sais d’où je viens, mais je suis d’ici avant tout. » À l’heure où l’on débat de façon souvent polémique et stérile de la question de l’identité nationale française, on serait mieux avisé de mettre simplement en avant ces vécus qui forgent et enrichissent sans cesse notre culture. Et n’ont cessé de l’enrichir dans le passé. Rien que dans la chanson, hein, les Alexis HK, Dick Annegarn, Aznavour, Baguian, Barbara, Bénabar, Brassens, Carla Bruni, Cabrel, Cali, Manu Chao, Chedid, Nilda Fernandez, Ferrat, Ferré, Nino Ferrer, Gainsbourg, Goldman, Jonasz, Juliette, Kacel, Émily Loizeau, Montand, Mouloudji, Moustaki, Nougaro, Piaf, Polnareff, Reggiani, Catherine Ribeiro, Olivia Ruiz, Sanseverino, Sapho, William Sheller… tous (et la liste est loin d’être exhaustive) ont une ascendance au moins à-demi étrangère (non francophone) et malgré cela (grâce à cela ?), comme le chantait Maurice Chevalier, au final Ça fait d’excellents Français !

On s’égare ? Croyez-vous ? Le premier album de Karimouche, réalisé actuellement par Mouss et Hakim (ex-Zebda), paraîtra chez Atmosphériques (le label indépendant qui a révélé Louise Attaque, les Wriggles, Joseph d’Anvers… et autre Abd Al Malik) le 25 janvier prochain. Gageons qu’il sera, à l’image de l’artiste, gorgé d’émotion et d’énergie. Son titre ? Emballage d’origine

Un mot encore à propos de cette édition. Pour dire que la deuxième place des « Découvertes » est revenue au jeune Manu Galure (qui, seul au piano, s’est risqué en rappel et avec succès dans une chanson érotique comme on n’ose plus en faire depuis des lustres), ex-aequo avec La Casa (aux rythmes et cuivres luxuriants, façon Mariachis, western spaghetti ou Calexico) mais premier du prix du public (devant Karimouche !). Que Carmen Maria Vega, autre Lyonnaise pas franchement « Française de souche », confirme tout le bien qu’on pensait d’elle il y a déjà plus d’un an (voir Portrait dans Chorus n° 65) : pour peu que ses chansons prennent davantage de hauteur (son premier album vient de sortir), cette toute petite bonne femme de 25 ans à la voix d’airain et au tempérament de feu, qui brûle les planches, deviendra grande. Qu’Alain Sourigues, pince-sans-rire et Pierrot lunaire entre Boby Lapointe et Dominique Scheder (un chanteur suisse que j’adorais, hélas prématurément disparu), embarque son monde dans un univers de poésie naïve et drôle, trop rare aujourd’hui, qui lui avait valu de rafler aux Découvertes 2008 les prix du public et du jury à la fois.



Et puis Vincent Delerm, peut-être l’auteur-compositeur-interprète le plus controversé de sa génération – on aime ou on déteste – qui démontre en tout cas à chaque nouveau spectacle qu’il est impossible (et souvent injuste) de se faire une opinion sur la valeur réelle d’un artiste tant qu’on ne l’a pas vu sur scène. La création avec laquelle il tourne actuellement, qui n’a rien d’un simple concert, rend hommage au cinéma avec un casting musical de premier ordre. Et l’amoureux de Fanny Ardant, l’admirateur de Trintignant (et de Woody Allen, Humphrey Bogart, Lauren Bacall…), de jouer dans un décor approprié de velours rouge, entre piano et pupitre, musiques et paroles… et de se jouer de lui-même à l’écran en acteur noir et blanc de cinéma muet. Malgré ce nouveau générique, on continuera à dire et à penser ce qu’on veut de lui, chacun fait c’qui lui plaît-plaît-plaît, mais son spectacle est bougrement intelligent qui ne manque ni de classe ni de finesse.


Abd Al Malik, enfin, apparaît tel qu’en lui-même, puissant, impressionnant, convaincant tant par sa gestuelle caractéristique (Soldat de plomb…) que par son discours qui rend caduc le débat sur l’identité nationale. Musicalement aussi, orchestralement (Gérard Jouannest est passé par là), C’est du lourd… D’un charisme rare à la scène, mais presque timide à la ville quand, à l’heure de prendre le même avion pour Paris, l’homme de Gibraltar qui clôtura la veille au soir ces Musicales de Bastia nous avoua son désarroi quant à la disparition de Chorus… tout en nous réitérant sa confiance en l’avenir.


Dans ma maison d’amour
L’avenir ? Maintenant que le fil est renoué pour de bon, même si on n’a pas assez d’essence pour faire la route dans l’autre sens, j’aimerais que ce blog devienne vraiment une maison où la chanson se sentira chez elle. Alors, c’est sûr, on y trouvera des disques, des vidéos, des livres, on y annoncera ou commentera des spectacles et des festivals, on y proposera des reportages… mais on y invite aussi, d’ores et déjà, tous les artistes et professionnels qui le souhaitent ; on y convoque toutes sortes de contributions à la promotion de la chanson française (et de l’espace francophone, n’oublions pas les chansons en langues dites vernaculaires), pourvu seulement qu’elles soient exclusives.
Ainsi, d’un sujet de fond à l’autre et d’une rubrique d’actualité à l’autre, on fera çà et là un arrêt sur image. Une sorte de « Chant libre » : autrement dit, ça ne doit et ça ne peut pas fonctionner à sens unique. Ma maison d’amour sera donc (aussi) comme une auberge espagnole où l’on se nourrit de ce qu’on y apporte. « Il y a des maisons, disait le grand Félix, où les chansons aiment à entrer. » Chez moi, chez nous, chez « Mauricette et Fredo », cela a toujours été le cas. La poésie et la musique nous sont aussi indispensables et familières que le boire et le manger. Peut-être davantage, qui sait.

 


Aujourd’hui, nous ouvrons grand les portes de cette maison d’amour. Cela suppose de faire chorus, chacun de son côté, autant que possible. D’élargir le cercle. De partager avec le plus grand nombre au lieu de se replier sur soi. « Ne verrouillez jamais la vie à double tour, a écrit le poète. Soyez toujours ces voix sur l’autre rive / Qui prolongent dans moi la fête et la ferveur / Amis soyez toujours l’ombre d’un bateau ivre… » (Jean Vasca, Amis soyez toujours, 1977). Des droits et des devoirs en somme, règle élémentaire pour vivre en bonne harmonie. L’identité nationale, ça n’est rien d’autre. C’est construire et avancer ensemble. C’est à cette seule condition qu’on s’inventera des lambeaux d’avenir. Mais moi, ce que je vous en dis, « pour moi quoi, Makaya Hidalgo ! », c’est rien que… si ça vous chante.


Jean Vasca – Amis soyez toujours
   

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