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  • : SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • : Parce que c’est un art populaire entre tous, qui touche à la vie de chacun et appartient à la mémoire collective, la chanson constitue le meilleur reflet de l’air du temps : via son histoire (qui « est la même que la nôtre », chantait Charles Trenet) et son actualité, ce blog destiné surtout à illustrer et promouvoir la chanson de l’espace francophone ne se fixera donc aucune limite…
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  • Fred Hidalgo
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.

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La Maison de la chanson vivante
   (groupe associé au blog)
 

Jean-Jacques Goldman, confidentiel
  (page dédiée au livre)

Livres

10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 15:02
Le temps de vivre
 
            
Pas simple de se remettre à écrire sur l’actualité « ordinaire » quand l’annonce de la mort d’un grand artiste que vous estimiez (énormément) et connaissiez (personnellement) depuis plus de quarante ans vous frappe brusquement… Mais le spectacle continue, dit-on, c’est la loi du genre ou, plus exactement, la loi de la vie. « Il » le disait lui-même : si nous avons toute la mort pour nous reposer, nous avons toute la vie pour nous amuser… et travailler. On trouvera donc dans mon prochain sujet, bien qu’avec quelques semaines de « retard » sur l’événement (et mon intention initiale), ce qu’il faut retenir de la récente édition d’un festival qui avait justement accueilli l’artiste évoqué ici en invité d’honneur de la sixième, en 1991. En attendant, voici un petit arrêt (bucolique) sur image, tout ce qu’il y a de plus facultatif… Si ça vous chante, quoi !
 
arbre
  
Il n’est pas inutile, en effet, d’apporter (ou plutôt de rappeler) quelques précisions sur les tenants et aboutissants de ce blog que vous nous faites le plaisir d’accompagner, toujours très nombreux (bien qu’un peu trop silencieusement à notre goût), depuis sa création en novembre 2009. Si, à l’origine, l’un de ses objectifs était de tenter – aussi peu que ce soit – de combler le vide laissé par la disparition brutale de Chorus (dans l’espoir aussi, non dissimulé, d’une renaissance de cette revue), avec le temps, si tout ne s’en va pas forcément, les choses évoluent. Inéluctablement. Et il faut alors tourner la page…
  
 
Mais d’abord se rendre à l’évidence, accepter l’impossibilité (physique, déjà ; d’organisation, ensuite ; de polyvalence artistique, enfin) pour un homme seul, fût-il l’ex-capitaine du navire, d’être aussi performant qu’un équipage au complet de matelots, tous aussi compétents les uns que les autres et – vertu indispensable à la pérennité et à la crédibilité de toute entreprise – aux capacités et sensibilités complémentaires. Comme une équipe de foot, pour filer une autre métaphore, composée de joueurs d’un niveau semblable mais aux caractéristiques différentes, chacun jouant son rôle spécifique, du gardien à l’avant-centre en passant par les défenseurs, les milieux de terrain et les ailiers. Un équipage d’une vingtaine de journalistes professionnels (de quoi monter deux équipes de foot !) répartis partout dans l’espace francophone et souvent à des postes-clés d’observation.
    
 
Croyez-moi sur parole, car ce n’est pas de la littérature : malgré les jeteurs de sort qui ont fini par avoir raison du « navire amiral » de la chanson francophone, peut-être parce qu’il tenait fermement son cap, qu’il se refusait à virer de bord, « son capitaine et ses mat’lots / N’étaient pas des enfants d’salauds / Mais des amis franco de port / Des copains d’abord… » Belle équipe et belle époque épique ! Mais après ? Après avoir tourné la page, après quelque quarante ans d’exercice du métier de journaliste (et la création, successivement, d’un quotidien, d’un hebdomadaire, d’un mensuel et d’un trimestriel) et vingt-cinq ans d’édition de livres sur la chanson, que pouvais-je continuer d’apporter moi-même, désormais sur le Net, à défaut de l’équivalent d’une revue de 196 pages explorant le patrimoine, l’actualité et le devenir de la chanson du monde francophone ?
 
En fait, cela s’est dessiné tout seul ou presque, peu à peu, en écrivant par exemple sur Alain Bashung, Guy Béart, Georges Brassens, Cali, Jean Ferrat, Léo Ferré, Paco Ibañez, Lhasa et Mano Solo, Anne Sylvestre, Charles Trenet, mais surtout depuis ma lettre ouverte à Claude Nougaro, mon hommage à San-Antonio (« fait chorus »…) et ma trilogie sur Allain Leprest ; jusqu’à Leny Escudero, plus récemment, et bien sûr Georges Moustaki. En décidant de livrer, à propos d’événements d’actualité touchant à la chanson (dont hélas trop de disparitions), des souvenirs voire des confidences, un témoignage en tout cas que personne d’autre ne puisse apporter à notre place, s’agissant de pans de vie vécus en commun avec l’artiste concerné, et seulement avec lui, et lui seulement avec nous – ou via nos journaux de chanson Paroles et Musique et Chorus dans les décennies 1980, 1990 et 2000.
   
 
Si notre désir initial en prenant le risque de créer le mensuel Paroles et Musique (décision prise par « Mauricette et Fredo » à l’époque PM6où Gilbert Laffaille chantait Le Président et l’Éléphant… et que nous vivions encore en Afrique) était seulement de partager le plus largement possible notre passion de la chanson francophone, dont une bonne part de la création, alors, était occultée par les grands médias (rien de nouveau sous le soleil, n’est-ce pas ?), très vite les circonstances de la vie nous ont fait en devenir des acteurs et plus seulement des observateurs. Des chanteurs ont pu retrouver le chemin des studios, des producteurs ont réédité de grands albums oubliés, des concerts ont été organisés, des festivals se sont créés, des tournées se sont montées (rappelez-vous, pour les plus anciens de nos lecteurs, la « campagne » africaine de Nougaro – en trio avec Lassus, Michelot et Vander – dont nous fûmes partenaires et les seuls témoins objectifs, un mois durant, et qui allait déclencher toute la suite « nougayorquesque »)…
 
Nougaro-Abidjan.jpg
           
Autant de réalisations, concrètes, qui n’auraient jamais eu lieu sans Paroles et Musique puis Chorus agissant comme un lien tendu entre toutes les parties composantes de la chanson,Chorus60.jpg comme ce fil enchanté dont parle Souchon, ce « joli fil entre nos cœurs passé ». Un Fil, soit dit entre parenthèses, qui figurait dans C’est déjà ça (à côté notamment de Foule sentimentale…), classé en première position (par l’équipe précitée) de tous les albums de chanson parus dans l’espace francophone entre le premier et le soixantième numéro de Chorus (été 2007), lequel marquait les quinze ans de nos « Cahiers de la chanson ». Quand nous lui apprîmes la nouvelle, l’intéressé en fut aussi ému que surpris : « Je suis touché, vraiment touché… Parce que j’apprécie beaucoup le jugement des gens qui connaissent bien la chanson, qui l’aiment profondément, qui vivent en écoutant tout le temps des chansons, en y trouvant du plaisir. […] Vraiment, vous faites un boulot formidable, je suis épaté et je veux qu’on le sache. Comme je tiens à dire, c’est important car c’est la vérité, que chaque fois que je vais dans les médias, Chorus est présent ; c’est une véritable bible pour tous les médias. »  
 
Souchon-Fred.jpg 
              
Fin de la parenthèse et du flash-back. Retour au présent pour mieux préparer le futur, certains visiteurs de Si ça vous chante nous ayant récemment interpellés – pour ne pas dire enguirlandés – parce que nous n’avions pas présenté tel ou tel album, annoncé tel ou tel spectacle, rendu compte de tel ou tel festival, prévenu de telle ou telle disparition… Qu’on me permette donc de remettre quelques points sur les i, puisque cela semble nécessaire sur le Net, tellement plus volatile – et moins efficace – qu’un journal de référence (même si la toile permet d’ajouter du son et de l’image animée – ce qui n’est finalement pas un progrès révolutionnaire : dans les années 80, les abonnés de Paroles et Musique ne recevaient-il pas déjà des cassettes, labellisées « Chanson vivante », qui leur faisaient découvrir les découvertes mensuelles du magazine ?) : 1. Si ça vous chante n’est pas un organe de service public financé par la collectivité nationale ; 2. Si ça vous chante n’a pas vocation à couvrir toute l’actualité de la chanson francophone ; 3. Si ça vous chante n’a jamais prétendu jouer un rôle encyclopédique. Et on n’est pas là – ni lecteurs ni blogueur – pour se faire engueuler, pas vrai Boris ?!
  
            
D’ailleurs, ces interrogations, sur la nécessité – dans l’absolu – de continuer à promouvoir le meilleur de la création contemporaine de l’espace francophone (Afrique, Antilles et océan Indien inclus), sur disque et sur scène, comme le faisait Chorus, je me les étais posées moi-même, ne constatant que trop le désarroi des jeunes artistes en particulier (de la découverte desquels Chorus s’était précisément fait une spécialité), en manque croissant de débouchés médiatiques et d’avis professionnels pertinents. Et j’y avais apporté des éléments de réponse dans un sujet spécifique, « Le jardin extraordinaire » (à lire ou à relire ici), où j’annonçais en parallèle la création d’un groupe ouvert « à tous les artistes, professionnels et amateurs éclairés de la chanson vivante », sur un réseau social, associé au blog et sous-titré « La maison de la chanson vivante ».
 
maison-chanson-vivante.jpg
   
Après la disparition de Chorus/Les Cahiers de la chanson pour la presse et de Pollen/Les Copains d’abord de Jean-Louis Foulquier pour la radio, les espaces d’information sur la chanson et d’exposition des artistes ne cessant de se réduire comme peau de chagrin (au point, à présent, d’amputer massivement l’audiovisuel public : on annonce pour la saison prochaine la non reconduction de Taratata, Chabada, CD’aujourd’hui, Sous les étoiles exactement, Le Pont des artistes…), guitare.jpg il paraissait pour le moins nécessaire d’ouvrir (et d’inciter à l’ouverture) de nouvelles portes, fussent-elles seulement virtuelles, de nouveaux espaces de liberté.    
 
Tel est le cas, depuis, de ce groupe qui fonctionne en toute autonomie comme une auberge (espagnole) de la chanson (francophone), où chacun de ses pensionnaires apporte et vient chercher ce qui l’intéresse (annonces de concerts et de festivals, sorties de disques et de livres, disparitions passées inaperçues… comme récemment celles de Michel Tonnerre et de Castelhémis), et tous ensemble de le commenter, de dialoguer, d’échanger en permanence (avec des vidéos en illustration, des liens vers des articles de presse, d’autres sites, blogs ou groupes dignes d’intérêt, etc.). Résultat : c’est souvent là qu’il faut se rendre pour obtenir l’information au quotidien, qu’il s’agisse du passage d’un chanteur dans les médias, de la diffusion d’un documentaire ou d’une émission spéciale sur la chanson, de la tenue d’une manifestation comme, par exemple, les « États généreux de la musique » qui auront lieu à Bruxelles le 21 juin prochain... À ce jour, « Si ça vous chante » (le groupe) compte quelque mille huit cents inscrits.
   
Bar.jpg
            
Pour sa part, Si ça vous chante (le blog) se propose tout simplement d’apporter, de loin en loin – quand l’actualité s’y prête (pour ne pas verser dans un recueil gratuit de souvenirs) –, un témoignage inédit sur le monde de la chanson francophone. Dans l’espoir, bien sûr, d’apporter un plus à la mémoire collective, à la découverte ou la redécouverte d’un artiste que nous avons eu la chance de fréquenter de près et non pas seulement à titre professionnel. Et sans rien s’interdire pour autant, ni d’aller réaliser un reportage hors du commun à l’autre bout du monde (comme nous l’avons fait en partant sur les traces de Jacques Brel),mineur ni de faire part d’une rencontre inattendue, ni de présenter un album, un livre ou un spectacle (cf. L’Affaire Brassens dans le sujet précédent) que nous avons apprécié.
              
Toutes ces précisions paraîtront superflues à certains (tant mieux). À d’autres, cela permettra de ne pas attendre de ce blog plus qu’il ne peut en apporter – et en aucun cas la couverture de l’actualité. Il y a maintenant d’autres blogs et sites pour cela et il y a le groupe associé à celui-ci dont la devise pourrait être : aide-toi et le ciel t’aidera. Pendant trente ans, nous immergeant dans la mine du verbe pour illustrer au mieux « l’art mineur », nous avons tenté le pari non pas de l’exhaustivité (qui pourrait y prétendre ?!) mais d’offrir en partage la fine fleur de la création francophone ; et pendant ces trois décennies nous sommes restés assujettis – à creuser encore et encore et toujours plus profond – aux drastiques « dead lines » (les contraintes de parution à date fixe), de la conception de chaque numéro jusqu’au dernier bon à tirer. Au fond de la mine ou sur le pont, quoi qu’il arrive et trop souvent exposés aux coups de grisou ou voguant contre vents et marées... Alors, aujourd’hui, sans renoncer à rien et surtout pas à continuer de défendre et d’illustrer la chanson – qui court encore dans les rues, « longtemps, longtemps, longtemps / après que les poètes ont disparu » –, après le temps de faire Chorus, il est quand même venu, le temps de vivre…
   
             
Pas plus que ce blog n’est obligatoire ni encore moins à péage – parbleu, ici tout est facultatif, même si ça m’enchante de savoir que ça vous chante (en très grand nombre) de rester à l’écoute –, il ne saurait davantage répondre aux exigences (et encore moins céder aux injonctions) des inévitables grincheux égocentriques de naissance ou de profession, qui ont l’art de passer leur vie à côté de la plaque. Je le répète : libre à chacun d’emprunter et d’apprécier ou pas nos chemins buissonniers, c’est seulement Si ça vous chante ; mais, tout mineur de fond et de mots que l’on soit et que l’on reste au service de la collectivité, ici c’est aussi et d’abord si ça me chante.
    
   
NB. Un grand merci à Michel Bridenne pour ses dessins, ainsi qu'à Francis Vernhet pour ses photos, qui ont accompagné Chorus de bout en bout et dont la fidélité n'a d'égale que le talent. Fidèles, ils sont restés fidèles, comme le chante à quelque chose près Charles Trenet, fidèles « à des riens qui pour moi font un tout »
 
      
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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 14:27

Des chants et des rires d’enfants…

 

C’est déjà la trente-troisième occasion qui m’est donnée d’adresser mes vœux enchantés, noir sur blanc ou par écran interposé. Alors, avec Jacques Brel, en cette période qui a tant besoin d’émules et d’alter ego de Don Quichotte, je vous souhaite de poursuivre la quête d’un « impossible rêve » jusqu’à son accomplissement – l’« impossible » ou l’utopie n’étant que ce qu’il nous reste à réaliser –, mais avant tout et sans attendre « des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants »  

 

 

Trente-trois tours plus tôt, durant l’hiver 1979-1980, nous travaillions à l’élaboration du « mensuel de la chanson vivante » destiné à combler une invraisemblable lacune : l’absence totale en France (et dans ce qu’il est convenu d’appeler l’espace francophone) de tout journal « sérieux » consacré à la chanson d’expression française (et des langues régionales ou vernaculaires de France et dudit espace francophone). À son origine indirecte : Jacques Brel. C’est en effet une phrase du Grand Jacques, extraite d’un chef-d’œuvre de son dernier album, qui allait finir de nous décider : « Nous savons tous les deux (lui et Jojo, mais c’était comme si cela s’adressait aussi à « Mauricette et Frédo ») que le monde sommeille par manque d’imprudence. »  

 

 

 Nous décider… et nous apporter la motivation nécessaire – car il en fallait de la motivation pour lancer un magazine mensuel à vocation internationale sans financier ni sponsor ni groupe de presse, sans être reconnus ni même connus du « métier » (de la musique) et de la profession (journalistique). Là encore, c’est une assertion de Brel qui contribuerait à nous faire passer le pont : « Le talent, c’est d’avoir envie. » Or, si les finances nous faisaient bien défaut, il y avait une chose en revanche qui ne nous manquait pas, mais vraiment pas, c’était l’envie, justement…

Restait à constituer l’équipe (de talent) pour nous accompagner dans notre quête. Car nous avons toujours été persuadés pour notre part que, dans une entreprise collective, le talent c’est aussi de savoir s’entourer. Et c’est là un talent qu’a posteriori nous revendiquons sans fausse modestie. Ainsi nous honorons-nous d’avoir compté (par exemple) sur la participation de Jean-Pierre Leloir au comité de rédaction de Paroles et Musique, lequel nous offrit (par exemple) de nombreuses photos inédites de Jacques Brel dans notre premier numéro consacré à celui-ci, en juin 1982 (comme celle de sa couverture prise à l’Olympia 1964, lors de la création d’Amsterdam).

 

couv-PM21-copie-1.jpg 

On jugera plus globalement de ce talent d’équipe par le « générique » (ci-dessous) de nos collaborateurs au long de ces trois décennies passées à faire chorus en paroles et musiques… Autrement dit, à faire Paroles et Musique dans les années 1980 puis Chorus (Les Cahiers de la chanson) dans les années 90 et 2000. En paroles et musiques mais aussi en illustrations avec certains des meilleurs photographes de la scène française (outre Leloir, Rénald Destrez, Claude Gassian, Jean-Louis Rancurel, Pierre Terrasson… et Francis Vernhet) et de formidables dessinateurs et graphistes : Bridenne, Cabu, Glez, Hours, Margerin, Plantu… ou Quinton à qui l’on doit la pleine page d’ouverture du dossier Brel déjà cité.

 

dessin-Brel 

Sans oublier nos duettistes du Plat Pays : Frédéric Jannin (ex-assistant et ami de Franquin) et son scénariste Serge Honorez qui souhaitaient à leur façon (voir ces deux planches extraites d’une BD exclusive et à suivre intitulée La Cité Soupir, présentées ci-dessous l’une au-dessus de l’autre) la bonne année aux lecteurs de Paroles et Musique en janvier 1988… il y a exactement un quart de siècle.

L’occasion de les remercier publiquement (une nouvelle fois) et de leur adresser notre amical et fidèle souvenir, en les réunissant ici (pour la première fois) tous ensemble, collaborateurs attitrés et autres compagnons de route réguliers, occasionnels ou exceptionnels de Chorus et de P&M :

Cécile Abdesselam, Jean-Pierre Andrevon, Antoine, Michel Arbatz, Louis Arti, Luis Eduardo Aute, Olivier Bailly, Noël Balen, François-Régis Barbry, Geneviève Beauvarlet, Christian Bedei, Jean-Daniel Belfond, François Bensignor, Laurence Berthier, Jacques Bertin, Pascale Bigot, Yves Bigot, François Blain, Danièle Blanchard, Cécile Bonzom, Marie-Agnès Boquien, Jean-Michel Boris, Valérie Bour, Michel Bridenne, dessinJean-Dominique Brierre, François-Xavier Burdeyron, Anne Bustarret, Francis Cabrel, Cabu, Olivier Cachin, Louis-Jean Calvet, Richard Cannavo, Bernard Capo, Jean-Claude Catala, Francis Chenot, François Chesnais, Jeanne Cherhal, Alain Cinquini, Philippe Claudel, Bernard Clavel, Gérard Cléry, Thierry Coljon, Caroline Collard, Philippe Conrath, Philippe Cousin, Jean-Louis Crimon, François-René Cristiani, Jean-Loup Dabadie, Didier Daeninckx, Marcel Dallaire, Nicolas Dambre, Gérard Davoust, Michaël De Montzlov, Patrice Delbourg, Thierry Delcourt, Guy Delhasse, Yannick Delneste, Gérard Delteil, Mario De Luigi, Jean-Claude Demari, Richard Desjardins, Rénald Destrez, Christian Deville-Cavelin, Bertrand Dicale, Serge Dillaz, Alain Dister, Jean-Pier Doucet, Dominique Dreyfus, Dominique Duchesnes, Jean-Jacques Dufayet, Yves Duteil, Jacques Erwan, Mathieu Fantoni, Guy Fasolato, Jacques Favart, Pierre Favre, Jean Ferrat, Gilles Floersheim, Jean-Louis Foulquier, Maurice Frot, Élizabeth Gagnon, Claude Gassian, Anne-Marie Gazzini, Denis Gérardy, Loïck Gicquel, Monique Giroux, Damien Glez, Jean-Jacques Goldman, Jean-Michel Gravier, Eve Griliquez, Salah Guemriche, Audry Guiller, Michel Hamel, André-Georges Hamon, Pascale Hamon, Jacques Hébert, Bernard Hennebert, Serge Honorez, Olivier Horner, Roland Hours, Christian Jacot-Descombes, Françoise Jallot, Frédéric Jannin, Alain Jeannet, Jean-Jacques Jelot-Blanc, Jofroi, Michel Jonasz, Thierry Jonquet, Bernard Joyet, Michel Kemper, Kent, Bernard Kéryhuel, Claude Klotz (alias Patrick Cauvin), Rémy Kolpa-Kopoul, Christian Laborde, Yann-Fanch Langoët, Pascale Lavergne, Olivier Lebleu, Thierry Lecamp, Yves Lecordier, Jean-Marie Leduc, Marc Legras, Valérie Lehoux, Anne Le Lann, Jean-Pierre Leloir, Claude Lemesle, Allain Leprest, Rémy Le Tallec, Michel Létourneau, Bernard Lopez (alias Bernard Maryse), Agnès Mabille, Pierre Mahier-Chopin, Monique Malfato, René Maltête, Frank Margerin, Guy Melki, Alain Meilland, Régine Mellac, Hervé Moisan (alias Achème), Jacques Mondoloni, Catherine Monfajon, Richard Montaignac, Jean-Pierre Moreau, Annie Morillon, Christian Mousset, Christine Mulard, Lucien Nicolas, Michèle Oster, Daniel Pantchenko, Jacques Perciot, Pascal Perrot, Catherine Pinot, Didier Pinot, Plantu, Patrick Poivre d’Arvor, François Possot, Alain Poulanges, Jacques Poustis, Patrick Printz, Miquel Pujado, Philippe Quinton, Jean-Louis Rancurel, Évelyne Reb, Éric Rémy, Renaud (Séchan), Alexandre Révérend, Philippe Richard, Robin Rigaut, Lucien Rioux, Marc Robine, Fabienne Roche, Daniel Rossellat, Didier Sandoz, Jean-Marc Sandoz, Robert Schlockoff, Patricia Scott-Dunwoodie, Thierry Séchan, Laurent Séroussi, Yves Simon, Mano Solo, Alain Souchon, Frank Tenaille, Pierre Terrasson, Françoise Ténier, Jean Théfaine, Marc Thirion, Maryo Thomas, Stéphanie Thonnet, Marc Thonon, Michel Trihoreau, Hélène Triomphe, Michel Troadec, Caroline Vanbelle, Didier Varrod, Jean Vasca, Jacques Vassal, Jean-Marie Verhelst, Francis Vernhet, Gilles Vigneault, Bernard Villiers, Éric Vogel, Albert Weber (en caractères italiques, les membres de nos comités de rédaction).

L’occasion aussi de penser à nos chers disparus (François-Régis Barbry, Jean-Pierre Leloir, Régine Mellac, Marc Robine et Jean Théfaine), et de souhaiter à tous les autres le meilleur pour les douze mois à venir, en continuant de « vivre debout »… si toutefois ça veut bien chanter pour la planète. L’occasion enfin de vous souhaiter, « lecteurs » réguliers ou intermittents de Si ça vous chante (dont certains nous sont fidèles depuis le premier numéro de Paroles et Musique, il y a donc trente-trois millésimes de cela : champagne, dirait Higelin !) nos vœux aussi fraternels que possible en ce monde où l’égoïsme et la duplicité, la frime et le profit sans partage gagnent chaque jour du terrain, au détriment du bien commun, comme une vieille maladie poisseuse (salut, la Souche !). En quelques mots, plus d’actualité que jamais, voici tout ce que nous vous souhaitons… et que je me permets d’emprunter au responsable indirect de ces trente-trois dernières années passées à élever pierre après pierre notre Maison d’amour de la chanson vivante :  

 

  

Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir,
et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns.
Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer,
et d’oublier ce qu’il faut oublier.
Je vous souhaite des passions.
Je vous souhaite des silences.
Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants.
Je vous souhaite de résister à l’enlisement,
à l’indifférence, aux vertus négatives de notre époque.
Je vous souhaite surtout d'être vous...

Des vœux de Jacques Brel (prononcés le jour de l’an 1968), comme autant de maillons d’une chaîne solidaire reliant les hommes et les femmes de bonne volonté (souvenez-vous du « Fil de Chorus »…), qui sont aussi ceux de vos serviteurs Fred et Mauricette Hidalgo pour 2013. Ou plutôt, comme le chantait Gilbert Laffaille dans son succès satirique de 1977, Le Président et l’Éléphant (à l’époque où nous vivions justement en Afrique dans le pays où ledit « Président » venait chasser discrètement « l’Éléphant »), vos amis « Mauricette et Frédo »… qui, pensant déjà à créer un journal de chanson, commençaient alors à faire leurs gammes et à « se gratter » le do !  

 

 

PS. Avec toutes nos excuses, par avance, à ceux que nous aurions (involontairement) oubliés dans notre liste de collaborateurs « papier ». Qu’ils n’hésitent pas à nous contacter (et nous les y rajouterons volontiers). Pour le Net et Si ça vous chante, je tiens également à saluer et à remercier Serge Llado (… qui nous adressait d’ailleurs ICI ses vœux « présidentiels » de nouvelle année, toujours d’actualité).

 

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 11:52

La vie devant soi

 

Tout ce que tu m’as dit
C’était menti
Tout tout était menti
Alain Souchon

 

Pour tout le monde, hier, c’était la Fête de la Musique. Pour nous, c’était aussi (surtout ?) le jour « anniversaire » d’une certaine Défaite de la chanson. Un an auparavant, en effet, se tenait l’ultime réunion de l’équipe de rédaction de Chorus (nos retrouvailles trimestrielles s’étalant toujours sur un week-end, celui des 20 et 21 juin 2009 en l’occurrence). Mais une réunion dont le seul objet, comme les dizaines qui l’avaient précédée depuis juin 1992, était de déterminer le sommaire du numéro suivant (celui du n° 69 de l’automne 2009, à paraître le 21 septembre), et d’en répartir les tâches.

 

Un mois après, le 22 juillet, alors que chacun d’entre nous vaquait normalement à son travail, à travers l’espace francophone, on apprenait, incrédules, que la société éditrice, pourtant nouvellement reprise, était placée en liquidation judiciaire.

 

 
Suite à cette disparition, et sans parler des sentiments de ses journalistes qui ont eu beaucoup de mal à se relever du choc subi, d’autant plus violent qu’il était inattendu, on a pu entendre sur Europe 1 les réactions unanimes des artistes de la chanson francophone, tous genres musicaux et générations confondus, lors de l’émission spéciale de deux heures du 10 octobre 2009 intitulée On connaît la musique fait chorus. Quant à ses lecteurs, on a mesuré l’importance de leurs regrets et de leur incompréhension à la lecture des innombrables lettres pétries d'émotion qui ont suivi la non parution (ou la non réception pour ses abonnés) du n° 69, mais aussi, depuis lors, des commentaires spontanés qui continuent d’apparaître ici et là, notamment dans les blogs des différents ex-journalistes de « la revue de référence de la chanson francophone ».
  

Thiefaine.jpg

Ce rappel, non pour remuer le couteau dans la plaie de qui que ce soit – même si aucun membre de la Rédaction de Chorus n’a pu faire l’impasse sur cet « anniversaire » : pensez, un an plus tôt, nous bâtissions un formidable sommaire (Manu Chao en dossier exclusif, Romain Didier et Allain Leprest en « duo d’artistes », Michel Jonasz, M, etc. : 196 pages de chanson vivante, jusqu’à notre lot habituel de découvertes francophones, une bonne dizaine de portraits de nouveaux talents), sans pouvoir imaginer que ce numéro ne paraîtrait jamais… Non, comme on l’a vu depuis avec les activités de chacun d’entre nous, la cause est désormais entendue : plutôt que de déplorer ad libitum la disparition d’un titre reconnu dans le monde entier depuis plus de quinze ans, l’important est d’aller de l’avant, d’envisager des lendemains qui chantent… et les projets ne manquent pas : écriture et édition de livres, conférences sur la chanson contemporaine à travers l’histoire de Paroles et Musique et de Chorus, chroniques radio spécifiques…

La vie est ainsi faite, avec ses coups bas et ses déceptions, il n’y a (hélas) rien de nouveau sous le soleil : si la vie est dure aux tendres, elle est toujours devant soi, comme disait Romain Gary. Une volonté d’avancer coûte que coûte (sans rien oublier pour autant du passé) qui rejoint « la pédagogie de l’enthousiasme » prônée par Aragon (et que j’essaie modestement, depuis mes débuts « dans la carrière », de mettre en pratique : voir « État critique » dans ce blog), ou la philosophie positive de Rudyard Kipling : « Si tu peux supporter d’entendre tes paroles / Travesties par des gueux pour exciter des sots / Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles / Sans mentir toi-même d’un mot… / Si tu sais méditer, observer et connaître / Sans jamais devenir sceptique ou destructeur… / Tu seras un homme, mon fils. »  

Aux anciens abonnés de « Chorus »

Alors, pourquoi, pour quoi faire, ce rappel ? Parce qu’il est l’occasion, justement, d’aller de l’avant en essayant – entre-temps – de réduire aussi peu que ce soit (un peu comme on réduit une fracture… pour repartir du bon pied) l’amertume des anciens abonnés de Chorus, soudainement orphelins de leur revue, pendant que ses journalistes, eux, devaient se résigner à faire connaissance avec Monsieur Paul Emploi… On le sait, une décision de liquidation judiciaire (toujours en cours) a aussitôt suivi le dépôt de bilan de l’éditeur. Or, la société éditrice possédait à son actif des stocks d’anciens numéros qu’elle n’a pas souhaité utiliser et dont le « mandataire de justice » chargé de la liquidation a déclaré nous laisser libre usage, suite à une démarche de notre part avant pilonnage pur et simple.  

collection.jpgNous avons en effet pensé que les anciens abonnés (et parfois les « nouveaux » abonnés ou réabonnés récents qui n’ont pas même reçu un seul numéro) seraient sans doute heureux d’obtenir gratuitement, en lieu et place de ceux dont ils ont été privés, l’équivalent en numéros anciens de leur choix (voir la liste des « numéros disponibles » en pages 190-192 du n° 68). Même si plusieurs centaines d’entre eux au moins – fidèles entre les fidèles – possèdent la collection complète, ils pourront toujours offrir à des amis ces numéros de remplacement, sachant, justement, qu’ils sont appelés à devenir des pièces de collection…

Conscients que cela risque de nous valoir un travail assez considérable avec, au bout du compte, quelques milliers d’exemplaires à mettre sous pli, affranchir et déposer à la poste, nous ne pourrons évidemment pas assumer, en plus, les frais d’envoi correspondants (les chèques d’abonnement ou de réabonnement encaissés l’ayant été par la société éditrice domiciliée à Nantes, où se situe toujours la « maison mère », et dont nous étions nous-mêmes de simples salariés). Nous prierons par conséquent nos interlocuteurs, pour répartir en quelque sorte les « charges », de bien vouloir nous adresser le montant de ces frais sous forme de timbres-poste.

Difficulté de l’opération (on a beau être disposé à faire confiance autant que possible, chacun sait qu’il y a toujours des « profiteurs ») : dans la mesure où nous n’avons pas accès au listing des abonnés, il nous est impossible de savoir combien il restait à chacun de numéros à recevoir. Nous aurons donc besoin d’un document faisant foi du règlement, comme par exemple la photocopie du relevé bancaire indiquant le montant (pour un an ou deux ans d’abonnement) et la date d’encaissement dudit règlement.  

Duteil.jpg

Voilà. Sans préjuger de l’avenir, nous espérons que cette initiative de notre part sera favorablement accueillie… et que les intéressés voudront bien être indulgents quant aux délais d’expédition. Il est en effet probable – n’ayant certes plus d’obligations strictement professionnelles, nous continuons néanmoins à suivre de près l’actualité musicale (très fournie l’été, avec les festivals…), ne serait-ce que pour la faire partager ici – que l’opération se prolonge jusqu’à la rentrée prochaine. Donc, « paciencia », comme disait Léo Ferré.  

Merci à ceux et celles qui sont concernés de nous contacter – via cet e-mail : sicavouschante.info@orange.fr – et nous leur communiquerons alors l’adresse postale ad hoc. À ce sujet, attention à ne plus écrire à « Chorus (Rédaction), BP 28, 28270 Brezolles », car tout courrier expédié à ces coordonnées devenues caduques « est mis au rebut » ou dans le meilleur des cas retourné à son expéditeur. Et merci à tous ceux et celles qui en ont l’occasion (notamment nos amis des médias) de bien vouloir répercuter ce message (avant qu’il soit trop tard), de façon à tenter d’informer le maximum d’anciens abonnés de Chorus, dont une majorité, c’est certain, ignore encore l’existence de Si ça vous chante.
  

 

   

 

« Sans préjuger de l’avenir », disais-je : non seulement parce que nous avons déjà été échaudés et que, comme le chantait admirablement Jean Ferrat, empruntant les mots d’Aragon, « Rien n’est précaire comme vivre » ; mais aussi, en se situant à l’inverse dans une perspective optimiste, que s’il est « long de renoncer à tout », nous n’avons renoncé à rien… « Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie / Et sans dire un mot te mettre à rebâtir / Tu seras un homme, mon fils. »

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Published by Fred Hidalgo - dans Éditoriaux
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