Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • : Parce que c’est un art populaire entre tous, qui touche à la vie de chacun et appartient à la mémoire collective, la chanson constitue le meilleur reflet de l’air du temps : via son histoire (qui « est la même que la nôtre », chantait Charles Trenet) et son actualité, ce blog destiné surtout à illustrer et promouvoir la chanson de l’espace francophone ne se fixera donc aucune limite…
  • Contact

Profil

  • Fred Hidalgo
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.

Site de Fred Hidalgo

Journaliste, éditeur, auteur
À consulter ICI

Recherche

Facebook

La Maison de la chanson vivante
   (groupe associé au blog)
 

Jean-Jacques Goldman, confidentiel
  (page dédiée au livre)

Livres

20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 14:48

Au printemps, de quoi rêvais-tu ?

 

oiseauJe vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns. Je vous souhaite d’aimer ce qu'il faut aimer, et d'oublier ce qu’il faut oublier. Je vous souhaite des passions. Je vous souhaite des silences. Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants. Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence, aux vertus négatives de notre époque. Je vous souhaite surtout d'être vous...

Ces paroles ne m’appartiennent pas, elles sont de Jacques Brel (merci à Odile de me les avoir rappelées), mais je fais miens ces vœux bien actuels qu’il avait formulés à l’aube de… 1968. Comme une profession de vie. Pour ne parler que de ce blog qui n’existe que… si ça vous chante, mon silence de ces dernières semaines, personnellement nécessaire (« je vous souhaite des silences »…), est dû au fait qu’après la « petite mort » (salut la Souche !) que m’a valu la disparition d’une certaine revue (« On arrive parfois aux confins de soi-même / Solitaire et glacé pour un dernier baptême / Debout démaquillé par l’ennui du voyage / On ne sait plus très bien déchiffrer son visage… »), j’ai toujours plein de rêves en moi et surtout une envie plus que furieuse d’en réaliser et d’en faire partager encore quelques-uns. 
 

 

Survivre de silence et crier et se taire
Un grand cœur éclaté dans ce corps à colère
Survivre de couleurs et de mots attendus
Survivre à la blessure qui dure tant et plus

 Survivre de musique dans l’ombre et la maigreur
Les doigts nus et cloués au clavier des douleurs
Survivre à mains tendues et si vivre nous ronge
Laisser fleurir enfin le chant qui nous prolonge…
(Jean Vasca, Survivre, 1968)

J’essaie donc d’oublier ce qu’il faut oublier, de résister à l’enlisement, à l’indifférence… et de rester moi-même, âme et vent debout, un « passeur » avant tout ; mais aussi un témoin privilégié, ayant vécu de près et de l’intérieur plusieurs décennies de l’histoire de la chanson francophone… Une expérience dont je n’ai guère eu l’occasion de parler, ayant été tout ce temps accaparé à corps perdu et cœur battant par la découverte et le partage, par le bonheur de porter voire de susciter et même d’accompagner la parole (et la musique) des autres. fleurPeut-être le temps est-il venu de partager maintenant ma petite musique à moi ? Ne serait-ce que pour donner à la suite de ce blog (si ça vous chante ?) une portée définitivement complémentaire de tout ce qui existe déjà de pertinent sur la toile... 

On en reparlera après la fin (prochaine) de ma saga sur Brel aux Marquises : celle-ci tarde d’autant plus que j’ai beaucoup de mal à me résoudre à le quitter… Né en 1929 (comme Nougaro), le 8 avril prochain il aurait eu 83 ans… Imagine-t-on le Grand Jacques en « vieillard tonitruant », lui qui a tiré sa révérence à l’âge de 49 ans ?! Pas son genre, non, de « Cracher sa dernière dent / En chantant “Amsterdam” »… Mais il reste pourtant bien présent dans la mémoire collective, dans le cœur des gens : après deux ou trois épisodes, une lectrice a laissé un commentaire souhaitant que ce sujet se prolonge sur sept, huit, neuf volets… voire plus ! L’ensemble de vos réactions poussant dans le même sens, je me suis pris au jeu… et « nous voilà, ce soir », au seuil, déjà, du neuvième épisode ! Mais aujourd’hui, je me rends compte que continuer sur cette lancée nous mènerait trop loin. En tout cas pour un blog sur « la » chanson et non seulement sur Jacques Brel. D’avance, donc, je prie ceux et celles qui ont apprécié tel quel mon récit de bien vouloir m’excuser de précipiter sa fin. Je vais en effet griller les étapes pour achever ce qui, au départ, devait être un « simple » reportage sur les souvenirs que le Grand Jacques a laissés à Hiva Oa et qui est devenu, au fil des épisodes, un carnet de voyage au bout de la vie. J’aurais bien plus, beaucoup plus à écrire sur le sujet que vous n’en lirez finalement, mais je vous promets néanmoins de belles surprises. « Survivre à mains tendues et si vivre nous ronge / Laisser fleurir enfin le chant qui nous prolonge… » 

 

 

À propos de chant partagé, il y a exactement vingt ans qu’avec ma chère et tendre (qui renaît à chaque printemps nouveau : bon anniversaire, ma douce !) nous rêvions à une revue improbable qui, à la fois, revisiterait le patrimoine, défricherait le terrain des talents en herbe et rendrait compte de l’actu de la chanson francophone sous toutes ses formes… et ceci à chaque saison nouvelle et – marque de fabrique assumée – dans l’éclectisme de qualité le plus total. Et l’on nous traitait de rêveurs indécrottables... Mais si Les rêves sont en nous, chantait Pierre Rapsat, « Il suffit d’une étincelle / Pour que tout à coup / Ils reviennent de plus belle / Au plus profond de nous » en attendant de s’incarner pour de bon. Justement, puisque le printemps est là et qu’il n’est jamais trop tard, pas plus en 2012 qu’en 1992, pour que le rêve devienne réalité (pas vrai, Grand Jacques ?), je vous renvoie à la question que posait Jean Ferrat en 1969 (plus précisément, ici, le 16 mars 1969, dans L’Invité du dimanche, une émission qui ne fut pas sans conséquences sur la suite de sa carrière fantomatique à la télévision : voir « Jean Ferrat : la bio » où il discute avec Brassens de l’engagement dans la chanson) : Au printemps, de quoi rêvais-tu ?

 

Muguet.jpg

 

Mon ami Jean Vasca, grand poète s’il en est (et grand ami lui-même de Jean Ferrat avec qui j’eus plusieurs fois l’occasion de discuter en privé de Jacques Brel, notamment à propos d’Orly et de La femme est l’avenir de l’homme…), l’a écrit (et chanté) mieux que quiconque : rêve… ou meurs. Car « On déracine en vous des arbres à venir / On ausculte vos nuits avec des computeurs / On vous démâte on vous muselle on vous déglingue / Ô tous mes frères-bombes qu’on a désamorcés / Mais bientôt nous serons cette pure transhumance / De cris de chants d’images de gestes de musiques / Voyageurs-voyagés ondes parmi les ondes / De mouette en mouette monte en nous la marée… » Oui, « Rêve ou meurs ! »

J’en profite pour saluer la mémoire d’un rêveur de Liberté, messager de tous les printemps, Claude Vinci, grand ami des deux Jean cités ci-dessus, qui nous a quittés mercredi 7 mars à Paris (ses obsèques ont eu lieu mardi 13 mars au crématorium du Père-Lachaise). Une nouvelle « partagée » aussitôt sur ma page Facebook avec ce commentaire : Tristesse… Vinci.jpgAu-delà de l’artiste (et du syndicaliste) dont il y aurait beaucoup à dire, je me souviens surtout aujourd’hui de l’homme. Celui-ci nous a accompagnés, fidèlement, durant trente ans. Deux images de sa présence chaleureuse et enthousiaste à nos côtés me reviennent spontanément : près de Brezolles, lors de notre fête des cinq ans de Paroles et Musique en juin 1985 (en compagnie de Graeme Allwright, Guy Béart, Louis Arti, Leny Escudero, Allain Leprest, Anne Sylvestre, Gilbert Laffaille, etc.), et à Paris, lors d’une réunion préparatoire à la création de Chorus au printemps 1992 (bientôt, « Ça fera vingt ans / Quand j’y pense… »).

Je n’oublie pas non plus qu’il collabora à Chorus dès le n° 1 (!), puisque c’est lui qui me proposa de rédiger le compte rendu de la première édition du festival de Barjac… On le voit d’ailleurs dans cet article aux côtés de Francesca Solleville, Marc Ogeret, Jean Vasca, Jean Ferrat, le maire Édouard Chaulet et Bernard Haillant. Sa conclusion était comme une profession de foi envers la chanson : « À Barjac, la Chanson conserve sa majuscule qu’on ne devrait pas lui enlever. Il y aura assurément un Barjac n° 2 en 1993. Puisse ce festival être suivi en exemple ! »  Merci et au revoir, Claude.

Pour mémoire (et pour ceux et celles qui ont le privilège de posséder la collection complète des « Cahiers de la Chanson »), je rappellerai enfin qu’un « Chant des artisans » lui fut consacré dans le n° 46 de l’hiver 2003-2004 (avec François Béranger et Lynda Lemay en dossiers) à l’occasion de la sortie d’un double CD intitulé Quarante ans de chansons. C’est pour cet article (signé Daniel Pantchenko) que fut prise (par Francis Vernhet) la photo ci-dessus. Salut l’artiste !

 

 

 

« Où vont les rêves quand on les oublie ? » chante Michel Jonasz qui, lui, fut à la Une du n° 1 de Chorus. « Tous ces désirs inassouvis qui s’amoncellent » ? Réponse : « Ils se baladent au cœur de la nuit / Derrière la lune suspendue / Gardant l’espoir que l’on se souvienne / Entre deux étoiles ils dansent / Et ils attendent qu'une mémoire ancienne / Leur accorde une dernière chance… » La dernière et la « première », à en croire le Grand Jacques saluant le sacre du printemps : « Vois ce miracle / Qui devait arriver / C'est la première chance / La seule de l’année. » 

 

 

Repost 0
Published by Fred Hidalgo - dans En bref et en vrac
commenter cet article
4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 10:00

« Il était une fois la chanson française », suite

 

Après l’exposition Il était une fois la chanson française, dont le texte était signé Marc Robine, voici 80 ans de chanson française, du microphone au MP3, un second volet écrit par Jacques Vassal qui réactualise et complète en quelque sorte le premier : en dix-huit panneaux retraçant l’histoire de la chanson francophone moderne, cette nouvelle exposition conçue et produite par Dazibao est appelée à tourner largement – et pour un bon moment – dans le circuit culturel de l’espace francophone.

 

expo02

 

Dazibao accompagnait déjà Paroles et Musique dans les années 1980 en publiant, à l’attention des abonnés du mensuel, des cassettes audio (labellisées « La Chanson vivante ») destinées à favoriser la promotion des découvertes les plus intéressantes de notre équipe – parmi lesquelles, j’ai plaisir à le relever, bien des artistes devenus incontournables aujourd’hui. Toujours important de remettre les choses dans leur perspective historique, quand il s’agit de juger de la pertinence et de l’authenticité d’une démarche.

 

 

Quoi de plus naturel, dans ces conditions, que la conception et l’écriture de la première exposition de Dazibao, en 1998, aient été confiées à Marc Robine dont on connaissait les qualités d’historien de la chanson. Il faut d’ailleurs rappeler que, pour lui rendre hommage après sa disparition en 2003, le texte développé de cette expo (qui devait lui-même constituer les bases d’une grande histoire de la chanson française en plusieurs volumes) donna lieu à un ouvrage posthume, Il était une fois la chanson française, des origines à nos jours, chez Fayard/Chorus (2004).

 

expo07.jpg

 

D’excellente facture, cette exposition n’a cessé d’arpenter le territoire francophone, des années durant, jusqu’à ce que le besoin de lui donner une suite se fasse sentir. Cette fois, Dazibao a confié à Jacques Vassal (ex-Paroles et Musique et Chorus, comme on le sait, ainsi qu’auteur tout récent du Brassens, homme libre dont on a signalé ici la rare valeur) le soin de synthétiser l’histoire de la chanson française contemporaine, autrement dit l’histoire de la chanson enregistrée, celle qui s’inscrit en effet entre la mise en service du microphone et l’invention du mp3.

 

expo13.jpg

 

L’ensemble se décompose en dix-huit panneaux illustrés avec pertinence (photos de Francis Vernhet pour l’essentiel), chacun d’entre eux brossant un chapitre important de l’évolution de notre chanson ; celle de l’Hexagone bien sûr mais aussi de la Francophonie tout entière, et sans exclusive de genre musical. Disponible depuis la fin octobre, destinée en priorité aux bibliothèques, médiathèques, maisons de jeunes, instituts culturels et autres lieux de spectacles et festivals, elle s’adresse à tous les amateurs de chanson, peu ou prou connaisseurs, car elle fait œuvre de vulgarisation tout en présentant un large panoramique de la création, médiatisée ou pas.

   

 

Qu’on en juge par l’énoncé de ses différents « chapitres », après un panneau introductif résumant l’évolution de la chanson française depuis le Moyen Âge : 1. Un air de liberté (un son nouveau venu d’outre-Atlantique, avec l’essor de la radio et l’utilisation du micro) ; 2. Quand notre cœur fait boum ! (Charles Trenet, père fondateur de la chanson moderne) ; 3. Chantons sous l’Occupation (les heures sombres, entre souffrance et espérance) ; 4. À Saint-Germain-des-Prés (la chanson se réinvente sur un air de liberté) ; 5. La Galaxie Piaf (la chanteuse qui transcende son époque et révèle les talents) ; 6. Les « Exotiques » (la chanson française à l’écoute du monde) ; 7. Le règne des A-C-I (les auteurs-compositeurs-interprètes de Montmartre à la Rive Gauche) ; 8. La tornade jeune (de nouvelles idoles pour la génération du baby-boom) ; 9. L’après yé-yé : les survivants (sans les copains… de nouveaux amis) ; 10. Des carrières au long cours (ils ont résisté à l’âge et au temps) ; 11. Rire et chanson (le rire est le propre de l’homme, il l’est souvent, aussi, de la chanson : de l’art de brocarder les puissants, simples moqueries ou vrais cris de révolte selon l’air du temps) ; 12. Les années télé (les « variétés » vues à travers le petit écran) ; 13. Dans les marges du showbiz (une génération en révolte et en pleine recherche) ; 14. La « Nouvelle Chanson Française » (avec Alain Souchon en figure de proue) ; 15. La langue de chez eux (ailleurs qu’en France, on chante en français) ; 16. Un rock « made in France » (comment faire swinguer la langue de Molière) ; 17. La « Génération Chorus » (la chanson se réinvente sans cesse : « cette génération est aussi celle que, de 1992 à 2009, a régulièrement décrite, présentée, relayée et analysée la revue trimestrielle Chorus. Une expérience de presse indépendante dont les dossiers, interviews, reportages et rubriques constituent rétrospectivement, peut-être, la meilleure photographie chansonnière de la période »).

 

 

Voilà pour le scénario de cette grande histoire de la chanson française moderne, qui va en gros de Charles Trenet à Thomas Fersen et aurait sans doute fait le bonheur d’un François Truffaut. « Bonheur fané, cheveux au vent, baisers volés, rêves mouvants, que reste-t-il de tout cela, dites-le-moi… » expo14.jpgQuant à sa distribution, elle pétille (champagne !) de talents en tout genre : Jean Sablon, Jean Tranchant, Mireille et Jean Nohain, Pills et Tabet, Gilles et Julien, Charles et Johnny, Ray Ventura et ses Collégiens, Georgius, Milton, Marie Dubas, Maurice Chevalier, Mistinguett, Fernandel, Georges Guétary, André Dassary, Rina Ketty, Léo Marjane, Germaine Sablon, Anna Marly, Juliette Gréco, Boris Vian, Jacques Douai, Stéphane Golmann, Mouloudji, Renée Lebas, Cora Vaucaire, Catherine Sauvage, Les Frères Jacques, Édith Piaf, Yves Montand, Raymond Asso, Michel Emer, Charles Aznavour, Gilbert Bécaud, Georges Moustaki, Charles Dumont, Les Compagnons de la Chanson, Francis Lemarque, Bernard Dimey, Georges Brassens, Jacques Brel, Guy Béart, Léo Ferré, Jean-Roger Caussimon, Monique Morelli, Anne Sylvestre, Ronnie Bird, Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et Les Chaussettes Noires, Dick Rivers et Les Chats Sauvages, Claude François, Richard Anthony, Françoise Hardy, Sylvie Vartan, Sheila, France Gall, Claude Nougaro, Jean Ferrat, Barbara, Leny Escudero, Henri Tachan, Adamo, Christophe, Antoine, Michel Polnareff, Nino Ferrer, Jacques Dutronc, Serge Gainsbourg, Jane Birkin, Michel Delpech, Michel Sardou, Maxime Le Forestier, François Béranger, Catherine Ribeiro, Gérard Manset, Renaud, Jacques Higelin, Brigitte Fontaine, Colette Magny, Bernard Lavilliers, Hubert-Félix Thiéfaine, CharlElie Couture, Jacques Bertin, Jeaexpo15.jpgn Vasca, Gilles Elbaz, Jean-Max Brua, Bernard Haillant, Môrice Bénin, Alan Stivell, Malicorne, La Bamboche, Mélusine, Alain Souchon, Laurent Voulzy, Francis Cabrel, Michel Jonasz, Alain Bashung, Jean-Jacques Goldman, Yves Duteil, William Sheller, Louis Chedid, Michel Berger, Véronique Sanson, Catherine Lara, Gilbert Laffaille, Téléphone, Starshooter, Trust, Indochine, Garçons Bouchers, Mano Negra, Pigalle, Manu Chao, Louise Attaque, Noir Désir, La Tordue, Têtes Raides, Allain Leprest, Juliette, Thomas Fersen, Bénabar, Vincent Delerm, Cali, Jeanne Cherhal, Olivia Ruiz, Dominique A, Renan Luce, Arthur H, Matthieu Chedid, Thomas Dutronc, Ours, Izia, Tino Rossi, Dario Moreno, Luis Mariano, Eddie Constantine, Dalida, Graeme Allwright, Joe Dassin, Manu Dibango, Pierre Akendengué, Francis Bebey, Dick Annegarn, Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Robert Charlebois, Claude Léveillée, Beau Dommage, Michel Rivard, Richard Séguin, Diane Dufresne, Fabienne Thibeault, Richard Desjardins, Lynda Lemay, Julos Beaucarne, André Bialek, Christiane Stéfanski, Claude Semal, Arno, Maurane, Jofroi, Michel Bühler, Sarcloret, Stephan Eicher, Henri Salvador, Bourvil, Boby Lapointe, Ricet Barrier, Pierre Vassiliu, Richard Gotainer, Annie Cordy, Les Frères Jacques, Les Quatre Barbus, Au Bonheur des Dames, Odeurs, la Confrérie des Fous… et bien d’autres encore !

 

 

Difficile de faire plus et mieux dans le cadre d’une exposition, par définition synthétique et non exhaustive. Gageure au départ, cette véritable quadrature du cercle a été résolue grâce à une maquette intelligente (de Gaston Riou) jouant avec des encadrés mettant en valeur certains « épiphénomènes » du moment et affichant une volonté d’esthétique qui ne sacrifie pas le fond à la forme (les illustrations proviennent du Studio Viollet pour la période précédant la « nouvelle chanson française », et des archives de Jean-Louis Rancurel et de Francis Vernhet pour celle des yé-yés à nos jours).

  expo17.jpg

 

Cerise sur le gâteau : comme pour chacune de ses expositions (voir Il était une fois… la chanson russe dans ce blog), Dazibao propose en complément de celle-ci une conférence de Jacques Vassal qui, c’est le moins qu’on puisse dire, vaut le détour. En attendant l’occasion d’y assister, allez déjà jeter un coup d’œil au synopsis de 80 ans de chanson française, du microphone au mp3 et à ses différents panneaux, en cliquant ICI. Et ne manquez pas (mais vous connaissez la musique !) de faire chorus, « pour chanter le fil enchanté / Le joli fil entre nos cœurs passé / Le fil de nos sentiments enlacés / Le fil tendu entre nous comme un lien / Le fil qui nous tient, nous retient… »

_______ 

Toutes précisions auprès de Dazibao Expositions, 4 rue de la Tour, 34500 Béziers (tél. 04 67 62 56 18 ; dazibaoexpo@gmail.com ; site).

 

Repost 0
Published by Fred Hidalgo - dans En bref et en vrac
commenter cet article
17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 10:57

« Il n’y a pas qu’au Danemark… »

 

J’ai dit au sujet d’Allain Leprest qu’on risquait d’assister bientôt au bal traditionnel des faux-culs, à l’expression d’hommages posthumes émanant d’individus qui s’étaient consciencieusement appliqués à l’ignorer de son vivant. Ça n’a pas manqué ! Mais cette ronde des hypocrites sévit dans tous les domaines : on voudrait par exemple nous faire croire qu’on découvre aujourd’hui seulement, plus de cinquante ans après « le temps des colonies », les méthodes maffieuses de la Françafrique… Petit intermède d’actualité, si ça vous chante, à propos de ce que le journaliste d’investigation Pierre Péan appelle La République des mallettes dans son nouveau livre. À la barre des témoins, en paroles et musiques : Pierre Akendengué, Francis Bebey et Leny Escudero.

 

PMLeny.jpg


Des chefs d’États africains auraient contribué à financer certaines de nos campagnes présidentielles ? « Que dites-vous là ? » Des valises pleines de billets auraient transité, des années durant, de Libreville, Abidjan, Dakar ou Brazzaville à Paris ? « Quelle imagination ! » On aurait utilisé de l’argent détourné – l’argent extorqué aux peuples africains, l’argent du développement – pour payer les campagnes présidentielles de certains partis français ? « Pas possible ?! » Eh bien oui, c’est possible.. comme est bien réparti, aussi, l’art consommé de la comédie dans le monde politicien.

On fait semblant de tomber des nues, alors que tout observateur un tant soit peu informé du fonctionnement de la Françafrique sait, ne serait-ce que par ses lectures, que ces pratiques n’ont pas tardé à se mettre en place après les indépendances des années 60 et qu’elles étaient devenues monnaie courante – c’est le cas de le dire – dès les années 70. Des preuves ? Comme vient de le dire un de ces « éminents » porteurs de valises, d’un président l’autre, le propre de ce système était de ne pas laisser de trace. La seule nouveauté dans cette affaire, c’est précisément qu’un de ces hommes de l’ombre, adoubé en France comme en Afrique, ait décidé de vendre la mèche. Pourquoi ? Et pourquoi maintenant ? Amertume d’avoir été mis à l’écart et vengeance consécutive ? Menaces indirectes ? Conscience à soulager ? On laissera à la justice, puisqu’elle est saisie, le soin d’en juger.

 


Une chose est sûre : il s’agissait depuis longtemps d’un secret de polichinelle pour les médias, les hommes de pouvoir et les partis politiques. Alors, les cris d’orfraie entendus ces jours derniers, les cris de surprise et d’indignation, n’en croyez rien. De là à dire que tout le monde en a croqué, que tout le monde est compromis, il y a un grand pas qu’il faut se garder de franchir. En revanche, comme l’écrivait en 1978 Leny Escudero dans Sacco et l’autre, il est certain qu’« il n’y a pas qu’au Danemark / Que quelque chose soit pourri ». Souvenir personnel : cette chanson provoqua un long délire d’applaudissements doublé de manifestations d’enthousiasme, au moment où l’artiste, se produisant un soir de la fin des années 70 sur le continent noir, lança ces couplets : « Patrice Lumumba / L’Afrique a émigré / Paris paye ses bras / Pour se faire une beauté / Tes frères de Soweto / Meurent en criant ton nom / Que tu es mort trop tôt / Et que l’Afrique est en prison… » J’en frissonne encore.

Pour avoir vécu une première vie de journaliste d’information générale en Afrique de l’Ouest puis de l’Est (voir « En guise de prologue » dans ce blog), je peux témoigner de ces pratiques, largement connues et reconnues, et d’autres encore que nous dénoncions déjà, ma chère et tendre et moi, au milieu des années 70 : cela nous valut d’ailleurs, naïfs (et jeunes !) que nous étions, d’être finalement déclarés persona non grata dans un pays dont nous nous considérions pourtant citoyens d’adoption et pour le développement duquel nous nous battions sans rechigner à la tâche. C’était sans… compter sur les forces de corruption au service de la Françafrique ; sans les porteurs de valises (ouh ! les vilains…) que d’aucuns (ouh ! les menteurs…) prétendent découvrir aujourd’hui.

On ne refait pas l’histoire, mais au moins peut-on saluer ceux qui n’étaient pas dupes et tentaient chacun à sa façon, et souvent à leurs risques et périls, d’éveiller les consciences. Parmi ceux-ci, deux grands artistes, auteurs-compositeurs-interprètes, deux voix intègres qui, bien que peu diffusées en France par le passé et encore moins (voire plus du tout) aujourd’hui, font partie du panthéon de la chanson africaine. Quelque part entre Brassens et Atahualpa Yupanqui pour le premier, entre Pierre Perret (ou Bourvil) et Narciso Yepes (ou Andres Segovia) pour le second.

 


 

D’abord la voix « considérable » (titre d’une de ses plus belles chansons) du Gabonais Pierre Akendengué, que nous eûmes la chance de découvrir à Libreville trois ans avant la sortie de son premier album (Nandipo, chez Saravah) : c’était il y a quarante ans, en 1971… Trente-quatre ans plus tard, dans un album intitulé Gorée (« L’Europe a organisé la traite des esclaves et les rois et les chefs africains l’ont alimentée », écrit-il comme une métaphore de la Françafrique, « d’où, de part et d’autre, la nécessité d’un travail de mémoire et d’un devoir de vigilance »), la chanson ci-dessus témoigne de la fidélité du poète, alors âgé de 62 ans, à ses idéaux. Son titre ? Békélia, c’est-à-dire « Espérance »…

Ensuite la voix, tendre et malicieuse tour à tour, du Camerounais Francis Bebey qui nous honora de son amitié et nous manque chaque jour davantage depuis qu’il s’en est allé rejoindre ses ancêtres (Ah ! si les Gaulois avaient su…), il y a dix ans, le 28 mai 2001.  

 

 

Francis Bebey dont il faudra bien, un jour ou l’autre, reconnaître le génie artistique ; d’auteur et de compositeur bien sûr – et pas seulement de chansons (il mena une admirable carrière parallèle d’écrivain et de concertiste international) – mais aussi d’humaniste pétri d’humour et de bon sens, comme l’illustre l’une de ses ultimes créations (Le Nacapella, 1997), histoire de mallette avant l’heure : « Le père nous a raconté aussi / L’histoire de l’homme qui était parti / En emportant avec lui / La caisse du pays / Tout le monde se lamentait / Du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest / En accusant le bonhomme / Comme s’il avait emporté avec lui / Le pays tout entier dans la caisse / Alors que la vraie caisse du pays était restée là : / C’est la population et le travail que fait / Chaque citoyen chaque jour dans son propre domaine… »   

 

PMBebey.jpg

  

Une petite dernière, encore, pour la route (et le bonheur de réécouter Francis Bebey) : ce délicieux Travail au noir d’un Noir d’ébène accusé de faire travailler des Blanches au noir… « Quand on aura vu ça / On aura vraiment tout vu / Après ça y aura plus rien à voir. » Pas même les valises baladeuses d’argent blanchi, puisque renvoyées à un passé révolu ; forcément révolu, vu la morale stricte régissant aujourd’hui les règles économico-libéro-politiques de la mondialisation... 

 

 

 

Repost 0
Published by Fred Hidalgo - dans En bref et en vrac
commenter cet article