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  • : SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • : Parce que c’est un art populaire entre tous, qui touche à la vie de chacun et appartient à la mémoire collective, la chanson constitue le meilleur reflet de l’air du temps : via son histoire (qui « est la même que la nôtre », chantait Charles Trenet) et son actualité, ce blog destiné surtout à illustrer et promouvoir la chanson de l’espace francophone ne se fixera donc aucune limite…
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  • Fred Hidalgo
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.

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Jean-Jacques Goldman, confidentiel
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29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 09:45

Il faut tourner la page

 

Cinquante articles (éditoriaux, critiques de disques et de concerts, comptes rendus de festivals, reportages, hommages, etc.) en un peu moins de trente-six semaines : un tous les cinq jours en moyenne, de façon toute naturelle, sans jouer au mineur stakhanoviste, rien que pour le plaisir du partage de l’Art (mineur ?) de fond qu’est la chanson… Cinquante articles : une simple étape, un jalon symbolique, un aboutissement ? L’heure de tourner la page ? « Est-ce bien sérieux d’ailleurs / Passé les soixante berges / De pratiquer l’art mineur / Qu’a illustré le beau Serge ? »

 

Mission accomplie ? Au départ, après une période de deuil forcé, la création de ce blog – conçu un peu comme un journal – était nécessaire pour renouer le fil entre rédacteurs et lecteurs de Chorus, abandonné comme un chien sur le bord de la route, en plein été, alors que nous avions déjà en ligne de mire son vingtième anniversaire… et la somptueuse fête qu’il méritait de connaître. Mais au fil des mois, Si ça vous chante a largement transcendé le « cas » Chorus, pour devenir un support à part entière, un lien nouveau entre amateurs de chanson francophone à travers le monde. Alors, aujourd’hui, à l’issue de ces cinquante rendez-vous proposés sur le net comme on tend une main fraternelle à qui veut bien la saisir (ou comme un Souchon lance ses « balles »), je me pose la question de son avenir, à la façon de Nougaro s’interrogeant sur son rôle : « Pourquoi suis-je et à quoi sers-je / Dans la mine où je m’immerge / Charbon rouge de mon cœur / Un projecteur sur le front / Comme au casque du mineur / Artiste mineur de fond… »

À bout de souffle ?

Je vous dis tout, je ne vous cache rien : aurai-je le loisir de poursuivre ce blog (de plus en plus prenant) encore longtemps ? Des livres à éditer (ma seconde activité depuis 1984 ; le prochain paraît à la fin de l’été dans le Département chanson que j’ai créé en 2003 chez Fayard), d’autres à écrire… et différents projets (conférences, exposition…) m’obligent en effet à déterminer des priorités. Et dans l’affirmative – puisque sa fréquentation (cf. son classement persistant au Top international des blogs francophones) montre une véritable attente –, selon quelle périodicité ? Le sprint final étant exclu, du demi-fond au marathon, tous les rythmes sont possibles, tant que le souffle ne fait pas défaut.

 

 

À vrai dire, au-delà de ces considérations pratiques, je crains surtout – étant habitué depuis des lustres (1975 !) à animer une rédaction – de me lasser de la solitude du blogueur (mineur ?) de fond, alors que Si ça vous chante se voulait collectif dès l’origine (notamment avec sa rubrique « Chant libre » qui, c’est le moins qu’on puisse dire, n’est guère utilisée). L’envie d’avoir envie ne va-t-elle pas disparaître, finalement, faute de « partenaires actifs »… voire de commentaires réactifs (même si le fait de s’être inscrit soi-même à ce blog, et surtout de le rester, est un évident indice de satisfaction) ? Pour détourner un vieux slogan publicitaire, Si ça vous chante ne s’use que si l’on ne s’en sert pas… « Pourquoi suis-je et à quoi sers-je / Dans la mine où je m’immerge ? »

Or, il est essentiel d’aller toujours de l’avant, quitte à suivre le même sillon, en creusant plus à fond la même veine, de ne jamais se reposer sur ses lauriers pour mieux faire fructifier son talent (au sens biblique du terme). Un jour, Claude Nougaro, véritable Phénix de la chanson, m’a dit : « Quand j’arrive au bout de quelque chose, il faut tourner la page*. La veine est épuisée, si tu veux… Moi, ma carrière, finalement, c’est en termes de minerais qu’il faut l’évaluer, c’est une carrière de craie. » C’était joliment exprimé, selon son habitude, et surtout, il avait raison – pour autant, bien sûr, que l’on cherche à vivre sans cesse de nouveaux lendemains qui chantent.

  

 

Alors ? Serions-nous en passe de parvenir au bout du voyage de Si ça vous chante, après celui de Chorus, brusquement interrompu en pleine traversée ? Certes, cher Claude, il faut savoir tourner la page. Quand la veine est effectivement épuisée. Mais, pour reprendre ta métaphore, si la mine regorge encore de pépites ?! Quel serait ton conseil aux mineurs de fond qui se shootent au charbon du langage, toi qui faisais si volontiers chorus ? Stop ou encore ? S’il s’agit d’aborder de nouveaux rivages – et il n’en manque pas dans la chanson française, dont l’horizon continue de s’élargir autant qu’il reste de territoires à (re)découvrir –, j’ai comme l’impression solidaire qu’aujourd’hui, « ami chemin », tu nous dirais : « Embarquement immédiat »… et vogue la galère !

 

*« Cette chanson, me confia-t-il, je l’avais écrite avenue Junot [sa maison de Montmartre, avant de partir pour New York début 1987]. Je venais de me faire opérer d’une hernie discale qui m’avait martyrisé pendant deux semaines et, comme la souffrance purifie, quand je me suis retrouvé dans ma maison, quittant l’univers clinique et douloureux, j’ai écrit cette chanson comme on écrit un poème. »

 

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22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 15:48

La vie, l’amour, l’argent, les amis et les roses…

 

Comme le fabuleux interprète de cette chanson, le temps qui passe ne faisant rien à l’affaire, je continue de m’interroger (et d'apprendre) sur la vie, l’amour, l’argent, les amis et les roses. En particulier en ce 22 juillet (« remember » l’an dernier ?), où cinquante articles exactement sonnent à l’horloge de Si ça vous chante

Cinquante « numéros » déjà ?! À quoi bon, tout ça, dirait Gainsbourg ? Je sais seulement que la vie est plus forte que tout… et que la chanson en est sa plus belle expression, le plus beau réceptacle de nos sentiments. Alors, sans autre commentaire, je nous offre ce merveilleux moment de tendresse (signé Jean-Loup Dabadie pour les paroles et Philip Green pour la musique : merci messieurs !), qui date de 1974. « No comment » ? Un avertissement quand même : que celui ou celle qui n’a jamais versé une larmichette à l’écoute de cette chanson passe son chemin, il ou elle n’a rien à faire ici. Ça oui, au moins, je le sais !

 



NB. Cinquante articles déjà : c’est le Top 50 de Si ça vous chante ! Créé le 18 novembre 2009 (voir « En guise de prologue »), cet outil de promotion de la chanson, qui fait suite à la cessation de parution prématurée de la revue Chorus (voir « C’était menti »), est entré dès la mi-mars 2010 dans le « Top des blogs » francophones (classement international réalisé et réactualisé tous les quinze jours par l’ensemble des hébergeurs de l’espace francophone), sans autre soutien que votre bouche à oreille ! Non seulement il y est entré, mais il y reste ! Cela vaut bien une « spéciale dédicace » : un grand MERCI à vous tous qui le fréquentez avec assiduité, qui lui êtes fidèles et, mieux encore, qui ne cessez d’en parler autour de vous et d’inciter vos amis et relations aimant la chanson à s’y inscrire – bref, de faire chorus avec Si ça vous chante… comme l’ami Boby Lapointe et sa leçon ludique de blog sommaire (cf. « Blog, mode d’emploi »).
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10 juillet 2010 6 10 /07 /juillet /2010 12:31

La machine à remonter le temps

 

Petite récréation entre un reportage en Gaspésie et une prochaine sélection estivale de nouveautés phonographiques, grâce à Serge Llado qui nous a fait parvenir deux documents fort intéressants et instructifs. Le premier nous rappelle les conditions d’enregistrement d’antan, tous ensemble, tous les musiciens derrière et l’artiste devant – ce qui permettait une convivialité qui n’existe plus guère en studio. Le second nous fait prendre conscience que, tout succès « immortel » qu’elle soit devenue par la suite, une chanson donne d’abord lieu à bien des balbutiements. Mais place aux artistes (et aux précisions de notre « inspecteur DorémifasolLlado »), et pas n’importe lesquels, à Édith et John…

 

La machine à remonter le temps nous transporte en 1962. Nous sommes des petites souris cachées dans un studio d’enregistrement. Les « overdubs » n’existent pas encore : le chanteur est accompagné en direct par l’orchestre au grand complet. La deuxième prise est en général la bonne. On en fait quelques autres au cas où il y aurait un « petit quelque chose » en plus. Entre les prises, les musiciens et l’interprète se parlent, alors qu’aujourd'hui il arrive que les musiciens enregistrent la bande-orchestre pour des artistes qu’ils ne rencontreront peut-être jamais.

Ce document sonore a été retrouvé par hasard au Marché aux Puces et a été publié par un producteur anglais dans l’album The Rare Piaf. Car la chanteuse, j’allais oublier, se nomme Édith Piaf…

 

Edith Piaf Séance d'enregistrement

Miracle de la machine à remonter le temps… et de Si ça vous chante, nous vous proposons maintenant un petit bond instantané en avant pour découvrir la version définitive de la chanson en question : Fallait-il ?

 

 


Help !

Un titre indémodable, une naissance difficile : une fois décidé le titre du film que les Beatles sont en train de tourner, John Lennon se précipite chez lui pour composer la chanson-titre et  griller la politesse à Paul McCartney. Help est une ballade tristounette qui commence par le couplet (c’est l’époque où John s’ennuie « grave » avec sa femme). En studio, c’est – comme souvent à leurs débuts – leur directeur artistique George Martin qui décide que le refrain fera une meilleure « accroche » et surtout que le rythme doit être beaucoup plus enlevé. Le célèbre riff de guitare, difficile à arpéger en vitesse réelle, est enregistré au ralenti en overdub par George sur une Rickenbacker. J’ignore combien il y a eu de prises, ce document étant une copie des… douze premières ! Mais celles-ci, on s’en rendra compte à l’écoute, ont une valeur beaucoup plus historique que musicale...

 

Les Beatles Enregistrement de Help 

 

L’occasion de vous offrir une vidéo rare de cette chanson (beaucoup moins connue que celle où l’on voit le quatuor en formation de scène, les trois devant, John, Paul et George, à la guitare et Ringo derrière à la batterie), une fois les affres de la création et de l’enregistrement passés. Et de souhaiter un bon anniversaire à l’un des deux survivants, Ringo Starr, 70 ans depuis le 7 juillet dernier (John, lui aussi, aurait eu 70 ans le 9 octobre prochain, alors que George Harrison nous a quittés le 29 novembre 2001 à l’âge de 57 ans et que Paul en a eu 68 ce 18 juin 2010). Mais disparus ou septuagénaires, les Beatles sont toujours bien vivants, tout comme Édith Piaf, étoile à jamais immortelle au firmament de la chanson.

 

 

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