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  • : SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • : Parce que c’est un art populaire entre tous, qui touche à la vie de chacun et appartient à la mémoire collective, la chanson constitue le meilleur reflet de l’air du temps : via son histoire (qui « est la même que la nôtre », chantait Charles Trenet) et son actualité, ce blog destiné surtout à illustrer et promouvoir la chanson de l’espace francophone ne se fixera donc aucune limite…
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  • Fred Hidalgo
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 10:50

L'été meurtrier 

Le 21 juillet dernier de sinistre mémoire, funeste conjonction, on nous informait à la fois de l’acte de décès de Chorus (alors que la réalisation du numéro d’automne battait son plein) et de la mort, trois jours plus tôt, de l’auteur-compositeur-interprète Gilles Elbaz (qui formait avec Jacques Bertin, Jean-Max Brua, Jean-Luc Juvin et Jean Vasca une famille poétique qui a beaucoup compté dans la « Fine Fleur de la chanson française » des années 70). Nous le savions victime de la maladie depuis deux ans, de « ce mal mystérieux dont on cache le nom », et cependant Gilles continuait de vaquer presque normalement à ses activités d’artiste (et accessoirement de conférencier-chanteur sur l’histoire de la chanson française – il avait d’ailleurs participé en son temps à l’enregistrement de la fameuse, que dis-je, de l’exceptionnelle Anthologie de la chanson française traditionnelle imaginée et produite chez EPM par François Dacla sous la houlette artistique de notre si regretté Marc Robine).



Il nous avait appelés au début du printemps pour nous annoncer quelques concerts prochains, une série de conférences chantées à la Manufacture Chanson, à Paris, et surtout qu’il mettait avec bonheur la dernière main au travail de réédition d’un de ses albums majeurs, un 33 tours de 1976, Les mots sont de la musique. Nous avions convenu d’en parler avec lui une fois sorti des presses… dans notre numéro d’automne. Mais la maladie l’a rattrapé et dépassé avant même qu’il puisse découvrir le fruit de son labeur. Il est décédé à Lorient où il habitait depuis bien des années le 18 juillet 2009 à l’âge de 63 ans (il était né à Castres le 14 juin 1946).

 

 


Pour mémoire, on trouvera dans le n° 20 (été 1997) de Chorus une « Rencontre » (signée Daniel Pantchenko) récapitulant la vie et l’œuvre de Gilles Elbaz, commentées par l’intéressé. Y figurait également le détail de sa discographie composée de huit albums : Les Quatre Éléments, 1970 ; Le Miroir de l’arbre, 1972 ; Le Vent aux ailes, 1974 ; Les mots sont de la musique, 1976 (dont on peut désormais commander le CD sur son site officiel) ; Paradis terrestre ou la condamnation d’Ève, 2x30 cm, 1979 ; Le Reflet dans la vitrine, 1984 ; Rue des Envierges, 1988 ; Ici (Ballades, sonnets, sonnailles et autres villanelles…), 1996.

 

Aujourd’hui, ses amis se préparent à le chanter et à chanter pour lui. D’abord à Paris les 18 et 19 décembre à l’Espace Christian-Dente (124 av. de la République, 11e – tél. 01 43 58 19 94), puis à Lorient, les 30 et 31 janvier, à la P’tite Chimère (12 rue Colbert, tél. 02 97 64 38 65) où il donna, à la mi-mai, ses deux derniers concerts. À Paris comme à Lorient, l’entrée est libre mais sur réservation obligatoire, car il n’y aura évidemment pas de place pour tout le monde. Mais d’ores et déjà, Jean Vasca, l’auteur-compositeur d’Amis soyez toujours (en écoute sur « Le Joli Fil ») et d’une vingtaine d’albums parus entre 1964 et 2007 (dernier en date : Un aller simple pour Mars), a tenu à lui rendre l’hommage qui suit.

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Chant libre – 2

FRAGILE ELBAZ

Par Jean Vasca

 

Triste privilège que vieillir et survivre, voir les amis quitter la scène avant terme. C’est ainsi, le fleuve obstinément continue sa course, avec ses remous, ses tourbillons, son inexorable flot charrieur de boues et d’étoiles. C’est ainsi…

Le 18 juillet dernier, c’est notre Gilou qui s’est barré en douce, un accroc de plus dans la vieille tapisserie des fraternités. C’est le troisième mousquetaire de la bande des cinq qui s’en va, sale affaire, après Brua et Juvin.
Gilles avait trouvé son frère musical en la complicité de Siegfried Kessler, pianiste de génie s’il en fut, qui lui aussi s’est éclipsé, il y a quelques années.

Un CD vient juste de sortir (Les mots sont de la musique) qui fut un 30 cm BAM important à l’époque quant à l’originalité de la démarche autant pour le texte que pour l’accompagnement musical.

Quelques images me reviennent.

Un concert dans une MJC en Normandie dans les années 70 où il assura ma première partie (régional de l’étape). Tout de suite, l’oreille aux aguets, et le poil qui se lève : enfin, il se passait quelque chose, une façon originale d’aborder la chanson, un lyrisme étrange porté par une musique répétitive (Le Bal masquéLes Sept Soldats, etc.).

Puis la période BAM, Luc Bérimont notre enchanteur, le prix de « la Fine Fleur » à Bobino, l’amitié, les soirées de rigolade, les moments poétiques…

Avignon, aux heures pâles de la nuit place de l’Horloge, Lavilliers invectivant un quidam aviné et agressif, son muscle fraternel et protecteur : « Touche pas au p’tit », en parlant bien sûr de Gilles qui avait sûrement provoqué le pochtron…

Quelque part dans Politis, dixit Bertin : « Une décontraction de joueur de flipper. »

Reste une bouffée de tendresse et de fragilité, une œuvre/chanson discrète et pourtant essentielle dans notre galaxie. Nous, ses amis, écouterons encore longtemps cette voix, sa petite musique coulant comme de l’eau de source. (J.V.)
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NB de F.H. : merci à Jean Vasca pour ce beau texte, qui appelle bien d’autres commentaires en hommage à l’auteur du Vent aux ailes (dont est tirée la chanson Québec, visible ici dans un passage télé (Libre parcours, d’Ève Griliquez) de 1973 : un véritable document tant il est vrai que les grands médias s’ingénièrent à « oublier » systématiquement Gilles Elbaz)… Et merci à tous, d’autre part – vous commencez à connaître la chanson ! – de bien vouloir faire chorus aussi largement que possible en amenant vos amis, relations et réseaux divers à découvrir ce blog, à s’y inscrire si affinités… et – si ça leur chante, bien sûr – à y participer : plus nous serons nombreux à apporter notre pierre à l’édifice et plus notre « maison de la chanson » se fera accueillante…

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Published by Fred Hidalgo - dans Chant libre
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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 10:00

Chant libre - 1

Eh bien voilà, c’est parti ! La première contribution extérieure à « Si ça vous chante » nous vient d’un songwriter anglais et elle parle de francophonie. C’est une réaction, en fait, au « Carnet de notes » de Jean-Michel Boris publié dans l’ultime numéro de Chorus, chronique d’un acteur du métier on ne peut plus « autorisé » (quarante ans et des poussières directeur artistique de l’Olympia…) sur une certaine dérive anglomaniaque de la jeune chanson française…


Comme le seront toutes les contributions futures à cette « maison de la chanson » (lire « Le Joli Fil ») – telles autant de pierres apportées à l’édifice collectif pour le rendre de plus en plus accueillant –, elle est repérée et repérable en tête d’article par la mention « Chant libre » et le logo spécifique (dû à Damien Glez). J’y ajouterai simplement, pour plus de convivialité encore, quelques chansons et/ou vidéos qui me semblent bien illustrer le propos, voire le dépasser, en montrant au passage qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil. « La nouveauté ? disait Jacques Prévert. C’est vieux comme le monde ! »

Quoi de mieux en l’occurrence que de convoquer les « grands anciens » ? Léo Ferré avec La Langue française (1962), Julos Beaucarne avec Nous sommes 180 millions de francophones (1974), Jean Ferrat avec Pour être encore en haut d’l’affiche (1980) ou Claude Nougaro avec Vive l’alexandrin (1989). À ces plats de… résistance, un zeste de Daniel Lavoie et de Philippe Léotard pour faire bonne mesure (Jours de plaine et Ch’te play plus, 1990). En dessert savoureux, enfin, une spécialité d’outre-Quiévrain, La Sanchon sans fraises (1981), concoctée par André Bialek. On pourrait bien sûr compléter le menu, le prolonger à l’infini, le transformer en festin (de Juliette ?) – de la méconnue French Song (1987) de Mouron et Romain Didier jusqu’à l’incontournable Langue de chez nous (1985) d’Yves Duteil – mais ne risquons pas l’indigestion, il faut savoir rester sur sa faim.

 

  
Bonne écoute et bon appétit avec cette « assiette anglaise » mitonnée l’été dernier par Jean-Michel Boris et réchauffée aujourd’hui par le chef britannique Stephen William Rowe.

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Assiette anglaise

Par Stephen William Rowe

La chronique « anti-anglais » de Jean-Michel Boris dans le tout dernier numéro de Chorus a attiré mon attention. Étant moi-même Anglais et de surcroît auteur-compositeur, la tendance des jeunes Français à favoriser ma langue pour s’exprimer en chanson ne m’a pas échappé non plus. Je présume qu’ils l’emploient en pensant ainsi pouvoir toucher une plus large palette de chasseurs de talent. J’espère que c’est bien ça… car l’autre terme de l’alternative serait qu’ils s’en servent pour cacher un manque chronique d’inspiration voire pour camoufler des insuffisances linguistiques. 
  

 
 

Dans mon cas, même habitant la France depuis longtemps, l’idée d’écrire dans une langue autre que la mienne ne me venait pas à l’esprit. Je n’en ressentais pas le besoin. Et quand, finalement, l’envie de m’essayer à la langue française me vint, j’avoue que je ne me sentis pas à la hauteur et j’abandonnais rapidement le projet. Cependant, il y a quelques années, des paroles pour une nouvelle mélodie ont fini par se matérialiser directement et tout naturellement en français. Même ainsi, pourtant, j’ai longtemps hésité avant de les enregistrer. En effet, comment savoir de quelle façon ces paroles peuvent être perçues par les autres, quand la langue employée n’est pas la sienne ?... Sont-elles mièvres, puériles, paraîtront-elles insipides, ennuyeuses ? Comment savoir si les sentiments exprimés l’ont été de manière convaincante ?!

 

Malgré ces doutes, j’écris maintenant en français chaque fois que le thème traité me semble plus naturel dans cette langue subtile. Il est vrai, aussi, que je maudis souvent la grammaire française et le genre, car à eux deux ils interdisent souvent des rimes qui m’auraient bien arrangé...

Cela me paraît étrange mais je suis convaincu que nombre de mes chansons n’auraient jamais été écrites si j’avais eu seulement l’anglais à ma disposition. Nous Anglais, avons-nous donc perdu l’habitude d’aborder des thèmes profonds en chanson ? Avons-nous peur de nous ridiculiser ? Avons-nous perdu nos âmes de poètes ? Bien sûr que non, mais en France, en revanche, vous avez su conserver un genre musical qui n’existe ni en Angleterre ni aux USA et qui tire fortement la qualité des paroles vers le haut. Il s’agit évidemment de ce que vous appelez « la chanson à texte ». Un des piliers de la culture française, à protéger à tout prix car il s’agit d’un patrimoine unique autorisant une étendue d’expression sans égale.


Cela dit, j’ai appris à ne pas tenter d’imposer une langue sur une nouvelle chanson, car le résultat est rarement satisfaisant. Par exemple, récemment, j’avais décidé d’écrire d’office une chanson en français, mais une fois terminée ses paroles ne m’ont pas du tout semblé convaincantes. En anglais, par contre, la chanson s’est écrite presque toute seule et aujourd’hui, au lieu de s’appeler « Au sud de la Loire », elle s’intitule « South of the Loire »...

Bref, j’avoue être en accord total avec Jean-Michel Boris. Les jeunes doivent être encouragés à explorer toutes les possibilités offertes par leur propre langue avant d’en utiliser une autre qu’ils maîtrisent insuffisamment. Je refuserais ainsi des paroles anglaises dans des concours de chanson francophone, tout en favorisant la rencontre entre musiciens et paroliers (Sir Elton John semble avoir pas mal réussi en n’écrivant pas lui-même ses propres paroles…).

 
Si certains d’entre vous sont curieux de voir ce qu’un Anglais est capable de faire avec leur belle langue, vous pouvez vous en faire une idée en visitant mon
site  ou mon myspace. (S.W.R.)

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NB de F.H. : merci de cette première contribution qui appelle sans doute bien des commentaires. À vos pl…, pardon, claviers, et comme disait l’autre Boris, en avant la zizique ! Merci aussi – vous connaissez la chanson – de faire chorus aussi largement que possible en amenant vos amis et relations à découvrir ce blog et – si ça leur chante, bien sûr – à s’y inscrire voire y participer : au rôle de soliste, en effet, j’ai toujours préféré celui de chef d’orchestre.

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Published by Fred Hidalgo - dans Chant libre
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