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  • : SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • : Parce que c’est un art populaire entre tous, qui touche à la vie de chacun et appartient à la mémoire collective, la chanson constitue le meilleur reflet de l’air du temps : via son histoire (qui « est la même que la nôtre », chantait Charles Trenet) et son actualité, ce blog destiné surtout à illustrer et promouvoir la chanson de l’espace francophone ne se fixera donc aucune limite…
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  • Fred Hidalgo
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 09:42

...et à Autrans (38) dimanche 26 mars avec ma conférence sur le voyage extraordinaire du Grand Jacques au bout de la vie.

 

Simple info ponctuelle en vous souhaitant la bienvenue, si ça vous chante et si vous êtes dans la région (Grenoble, etc.) : il s'agit en fait d'une Valse à trois temps orchestrée par Jacques Brel dans un petit lieu de chanson hautement convivial, L’ANECDOTE.

La preuve ?
Présentée en hors-d'oeuvre à 17 heures, “la fabuleuse histoire du Grand Jacques aux Marquises” sera suivie d’une assiette gourmande avant d'attaquer le plat de résistance avec le récital Ces gens-là, composé d'une galerie de portraits signés Jacques Brel et revisitée par la Compagnie Cyrano (Maurice Hébert et Gildas de St-Albin) en piano-voix.

Au plaisir de vous y retrouver, entre amis et comme à la maison, pour ce rendez-vous à Autrans (Isère), situé exceptionnellement entre le Plat Pays et les Marquises, Hiva Oa et le Vercors...

Réservations et renseignements : Béatrice Arbet, tél. 06.88.33.41.55 ; site de L'Anecdote ; précisions sur la conférence (dérivée de mon livre Jacques Brel, l'aventure commence à l'aurore) ICI.

 

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 23:03

Je me souviens du 9/09... et du reste

 

Aujourd’hui même, Claude Nougaro aurait 85 ans. Né la même année que le Grand Jacques (qui disait de lui à Tahiti : « Nougaro ? C’est le meilleur d’entre nous ! »), il a vécu toute sa vie sous le signe du 9, ou plutôt du neuf, du nouveau, du renouveau. Véritable phénix de la chanson française, ce natif du 9/09/1929 s’est appliqué comme nul autre à renaître de ses cendres pour repartir toujours de plus belle. Une fois sa formule musicale du moment arrivée à son apogée, alors qu’il aurait pu prolonger son succès longtemps encore, il préférait tourner la page et s’attaquer à un nouveau défi – quitte à passer sans transition d’une formation rock explosive au simple piano-voix de ses débuts au Lapin Agile* ou à la fanfare de L’Enfant-phare de Paziols. L’artiste avait besoin de se remettre sans cesse en danger pour se sentir exister. C’est ce qu’il me confia, entre autres, le jour de ses 55 ans – le 9/09/1984 – où il avait tenu à m’inviter chez lui pour travailler à son premier dossier de Paroles et Musique…  

 

  

Il tournait alors avec Maurice Vander au piano, Pierre Michelot à la contrebasse et Bernard Lubat (en alternance avec Philippe Combelle ou Francis Lassus) à la batterie : « Nougaro Trio », une formule acoustique dans laquelle il se sentait particulièrement à l’aise et avec laquelle il pouvait donner le meilleur de lui-même. Je le vérifierai deux ans plus tard d’une manière on ne peut plus privilégiée en étant, ma chère et tendre et moi, les seuls journalistes à le suivre durant sa tournée d’un mois en Afrique noire. Capable de modifier son concert non seulement d’un soir ou d’un pays à l’autre mais aussi le soir même, pour mieux s’adapter au public local, Claude s’investirait comme jamais (ou encore plus que d’habitude) dans cette tournée exceptionnelle à bien des titres, pour se mettre en règle avec l’Afrique rêvée de son enfance toulousaine. Une tournée-charnière** intervenant juste après le non-renouvellement de son contrat par le label Barclay et au cours de laquelle se déciderait la suite de sa carrière, avec son départ annoncé pour New York d’où il reviendrait, six mois plus tard, avec son plus gros succès discographique…
  

Eglise-Affiche.jpg 

Juste pour le plaisir du partage, flash-back sur le premier concert de Claude Nougaro en terre ouest-africaine. Nous sommes à Brazzaville. La salle (du centre culturel français dirigé par Bernard Baños-Robles) est comble et surchauffée : et « comme on ne présente pas plus Nougaro qu’on ne présentait Brel ou Brassens », c’est sans autre introduction que débute le spectacle du Toulousain. Qu’il est loin son pays, ce soir-là, qu’il est loin… et pourtant qu’il devient proche lorsque, d’emblée, sa voix s’élève pour incarner la ville rose, le canal du Midi et la brique rouge des Minimes… Maurice Vander égrène les premières notes au piano, bientôt suivi de la basse de Pierre Michelot puis de la batterie, légère, du petit lutin Francis Lassus.  

 

 

Le ton est donné, le rythme infernal, les titres se succédant sans interruption ou presque – à la Brel ! Le Jazz et la Java, L’Amour sorcier, Sa majesté le Jazz, Sing Sing Song, Quatre boules de cuir, À bout de souffle, Le Rouge et le Noir… Acclamations du public noir chauffé à blanc, puis cueilli à froid par l’émotion quand Nougaro s’interrompt, au milieu de son tour, pour présenter L’Accordéoniste, les doigts de Vander seuls pour accompagner son souffle vital : « Il y a trois racines à mon arbre généalogique : la première, c’est mon père qui était un grand chanteur d’opéra, de bel canto ; la deuxième, c’est la voix de Louis Armstrong, le jazz ; et la troisième, c’est la chanson française incarnée par Édith Piaf… » Justement, après Piaf, Claude entonne Armstrong ! C’est du délire dans la salle : « Je ne suis pas noir / Je suis blanc de peau / Quand on veut chanter l’espoir / Quel manque de pot… »  

 

  
Longtemps, longtemps après, Claude reviendra pour un rappel ultime interpréter
Prométhée, un masque africain sur le visage. La salle est portée au point d’incandescence, au propre (pas de climatisation) comme au figuré, saisie, captivée, subjuguée par le rythme, la danse, les mots, la voix et les sons de ce diable d’homme. Et le ministre congolais de la Culture de répéter à qui veut bien l’entendre, dans ce tohu-bohu de plaisir indescriptible, que « c’est de loin le meilleur spectacle français qu’on ait jamais vu à Brazza ! ». Trois semaines suivront à ce rythme au cours d’une tournée étincelante, produisant des résultats surprenants, des rencontres inattendues et des spectacles hors du commun – même pour un artiste habité par le souci de donner toujours le meilleur de lui-même.

 

  

C’était le 20 octobre 1986. Mais déjà, en mars 1984, ce précurseur de la musique africaine dans la chanson française (L’Amour sorcier en 1966, Locomotive d’or en 1973…) avait atterri dans la Corne de l’Afrique, avant de faire un saut dans l’océan Indien. J’ai peu ou prou raconté l’histoire de cette première tournée qui a fait de notre ami Baños-Robles (futur directeur du CCF de Brazzaville en 86…) et de nous-mêmes des instruments du destin en permettant indirectement à Claude Nougaro de rencontrer à la Réunion celle qui deviendrait « la femme de [sa] mort » – ainsi qu’il me le confierait en octobre 1986 au cœur d’une étouffante mais émouvante et inoubliable nuit congolaise.

Il aurait suffi en effet, qu’à la demande de « BBR » qui cherchait « un grand artiste français, au cachet modeste et qui voyage léger » (la quadrature du cercle !) pour convaincre ses collègues de Maurice et de la Réunion de monter un réseau régional de diffusion, que nous lui recommandions n’importe quel autre chanteur… et cette rencontre décisive entre Hélène (alors kiné à Saint-Denis de la Réunion) et Claude (qui avait le dos bloqué à la veille de son spectacle…) n’aurait jamais eu lieu***. « Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous », disait le poète…

Mais voilà, lorsque Bernard nous passa ce coup de fil de Djibouti, à l’automne 1983, il se trouvait que l’auteur d’Armé d’amour venait de nous annoncer qu’il répétait chez lui, dans son grand atelier de l’avenue Junot à Montmartre, avec le futur Nougaro Trio. Et c’est son nom, dans l’instant, sans aucune hésitation, qui s’imposa à moi. J’appelai ensuite l’intéressé pour lui faire part de cette proposition et lui parler de Djibouti, où j’avais vécu (et sympathisé avec BBR) à la fin des années 70, puis, son accord de principe obtenu, je contactai son agent pour établir les liens nécessaires.
  

FredNougaro.jpg 

Moins d’un an après, je me retrouvai chez lui pour mettre en boîte la longue interview dont nous avions besoin pour lui consacrer un premier dossier dans « le mensuel de la chanson vivante ». Claude avait lui-même choisi la date : ce serait le jour de ses 55 ans, un dimanche ; ni la veille (où d’ailleurs il se produisit triomphalement devant plus de cent mille personnes à la Fête de l’Huma) ni le lendemain, mais le 09/09 ! Témoin de notre rencontre : le regretté photographe Jean-Pierre Leloir (celui d’ « une célèbre affiche » avec Brel, Brassens et Ferré) qui nous faisait alors l’amitié (et l’honneur) de collaborer avec nous. Une autre personne, une seule, était présente, discrètement, comme en coulisses : une certaine Hélène rentrée de la Réunion au printemps précédent, qui deviendrait son épouse dix ans plus tard et passerait avec lui les vingt dernières années de sa vie. Histoire d’un coup de foudre et d’un amour au long cours…  

 

 

Claude ne me l’avoua pas explicitement, mais je suis convaincu qu’en m’invitant précisément ce jour-là – joli privilège –, il exprimait implicitement sa reconnaissance pour avoir été en quelque sorte l’un des deux « deus ex machina » de sa rencontre avec Hélène. D’ailleurs, après le « travail » (arrosé au champagne) qui dura tout l’après-midi, Claude fouilla dans ses affaires pour me confier un manuscrit inédit en me priant de bien vouloir le publier dans « son » dossier (Paroles et Musique n° 44, novembre 1984). Pensez si j’avais besoin de me faire prier pour un inédit de Claude Nougaro !

Cet inédit, c’était le poème que Claude avait dédié à Hélène, avant qu’elle ne quitte la Réunion puis Toulouse pour le rejoindre définitivement à Paris. Une « Lettre à Hélène » dans laquelle il se languissait de la retrouver et qui, sous le titre définitif Réunion, donnerait lieu dans son dernier album chez Barclay, l’année suivante, à la tendre chanson que l’on sait. « Dans les lignes de mon avenir / Ta main est écrite dans la mienne / Sans toi c’est un exil, une île Sainte-Hélène / Ô ma lointaine longue à venir / Invente-moi encore une île mauricienne / Une Réunion pour nous unir… »  

 

  
Quoi d’étonnant alors que, trente ans plus tard – en cette année 2014 marquant les dix ans de sa disparition – je me sois retrouvé pour parler de lui, de l’homme et de l’artiste, à Paziols, ce village des Hautes Corbières où avec Hélène il avait élu domicile, chaque été, depuis 1994 ? Une petite bâtisse presque attenante à l’église au « clocher mexicain », perchée sur un roc qui domine un paysage magnifique, à perte de vue, avec le Verdouble coulant en contrebas et un château cathare à l’horizon.  

 

  

C’était juste en face d’une jolie maison aux volets bleus faisant office de restaurant et de café-théâtre à la fois. Le Merle Bleu. Les murs de celui-ci sont encore imprégnés de la présence du Petit Taureau qui aimait à y inviter ses amis artistes de passage : Marti, Leprest, Vander, Gougaud, Cujious, Jehan, Vassiliu…
  

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La maîtresse des lieux, Jacqueline Delpey, organisait cet été avec la municipalité de Paziols un hommage vibrant à son hôte le plus célèbre (qui lui avait d’ailleurs dédié une « fable » – voir ci-dessous). Concerts des chansons de son répertoire (notamment avec La Rouquiquinante), exposition de poèmes et de dessins inédits à la salle des fêtes, projection d’un court métrage du spectacle que le chanteur avait offert ici même aux habitants pour les remercier de leur accueil… et finalement, le samedi 30 août au Merle Bleu, petite causerie de votre serviteur.
  

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Surprise pour les amis et admirateurs de Claude, des curieux aussi, avides d’en savoir plus sur lui : prolongée jusqu’à plus soif et plus faim (tapas et sangria à volonté !), cette rencontre aussi informelle que conviviale allait bénéficier de la présence rare d’un certain Bernard Baños-Robles… L’occasion de reconstituer symboliquement notre duo de « la campagne d’Afrique » comme disait le « Nègre grec », incarnation même du mot qui chante et qui danse.
  

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Trente ans après la rencontre de l’artiste avec sa muse, à laquelle il ne consacrera pas moins de quatre chansons : Réunion en 1985, Kiné en 1989, L’Irlandaise en 1993 et L’Île Hélène en 2000 – si ça n’est pas de l’amour sourcier, ça, rien ne le sera jamais ! Trente ans après… et à deux pas de leur maison d’été, sur la place Claude-Nougaro de Paziols… Voulez-vous que je vous dise ? Ce soir-là, sans parler de l’émotion, l’âme du cantor cathare – celui qui, en ces lieux de soleil et de tramontane, écrivit la plupart des chansons de son album L’Enfant-phare – était attablée à nos côtés. 

(Photos de Bernard Baños-Robles et Mauricette Hidalgo)

 

 
*C’est au Lapin Agile que Nougaro choisira recevoir le 23 mars 1998 la médaille d’officier de l'ordre national du Mérite (cf. le document audio-vidéo ci-dessus). **J’ai publié le reportage de cette tournée dans le n° 66 de Paroles et Musique (janvier 1987), repris (sans les illustrations) dans mon livre Putain de chanson (1991). ***On lira le détail de cette rencontre, sous forme d’un entretien entre Hélène Nougaro et moi-même dans le n° 68 de Chorus (été 2009). 


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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 09:20

Bienvenue à la Maison (de la chanson vivante) !


On me fait l’amabilité de m’écrire en privé pour regretter la fréquence « trop espacée » entre les sujets de ce blog : des « messages personnels » assez nombreux pour que je me permette d’y répondre globalement en public… en rappelant un article précédent, intitulé « Le Jardin extraordinaire ». J’y expliquais en effet que
Si ça vous chante allait prendre une orientation (et donc une périodicité) différente de celle de ses débuts, où l’objectif était de compenser aussi peu que ce soit – au plan de l’actualité chansonnière de l’espace francophone – la cessation brutale de parution de Chorus (Les Cahiers de la chanson) en juillet 2009… il y a déjà cinq ans.


Cette revue, dont le rôle référentiel s’accompagnait d’importantes et incessantes retombées pratiques pour le disque et la scène, n’ayant pas été remplacée, et la presse dans son ensemble s’enfonçant dans un marasme sans précédent, c’est tout logiquement, avec le temps, que les blogs et sites ne demandant pas le même investissement, ni financier bien sûr ni même pratique et technique, se sont multipliés ; en particulier ceux dédiés au suivi discographique et scénique, d’aucuns, qui plus est, animés en équipe. Dès lors, l’intérêt pour moi de poursuivre en solitaire ce travail de promotion critique de l’actualité de la chanson n’avait plus de réel intérêt, alors que j’avais sans doute mieux à faire en tentant d’apporter un petit plus, lié à mon expérience du « métier » et à ma connaissance des artistes.
 
  

MaisonChansonVivante.jpg

 
Mais dans ce même « Jardin extraordinaire » du 9 juillet 2012, pour ne pas tourner le dos à l’évolution et à la vie pratique de la chanson, j’annonçais la création sur Facebook d’un groupe portant le même nom que ce blog mais sous-titré « La maison de la chanson vivante ». Destiné à mettre en relation (et plus, si affinités) le public amateur (mais éclairé) de chanson, les artistes et les professionnels (agents, éditeurs, producteurs, responsables de salles et de festivals…), il fonctionne aussi bien que possible avec près de 3000 «
 pensionnaires » aujourd’hui répartis dans l’espace francophone pour l’essentiel. Son mode de fonctionnement s’apparente à une auberge espagnole où chacun vient proposer ou chercher les menus ou ingrédients qu’il souhaite, modernes, d’avant-garde ou traditionnels, au-delà bien entendu des découvertes inattendues, qu’on soit fin gourmet et/ou amateur de mets plus populaires, qui s’offrent à tous. J’y interviens moi-même régulièrement, beaucoup plus qu’ici, dès que j’ai une information d’intérêt général à partager, mais sans user ni abuser de ma tâche d’« aubergiste » ou, comme une aimable lectrice me qualifia un jour, d’« échanson de la chanson ».

Entre autres, et pour exemple(s), en guise d’invitation à franchir – si ça vous chante – le seuil de notre Maison de la chanson, outre des annonces de festivals, de sorties de livres ou de disques, j’y ai tout récemment mis en ligne ces informations (ou compléments de sujets au blog) : 

• La création d’une licence chanson d’expression française à l’Université Bordeaux-Montaigne (une première en France !), dont le cursus entre déjà, en septembre prochain, dans sa troisième année et dont la mise en œuvre avait été précédée de ce clip décapant, génial détournement (d’un extrait de La Chute, le film d’Oliver Hirschbiegel) qui voyait le führer en fureur (pléonasme) opérer un constat chansonnier plein de lucidité pour déplorer finalement de futurs lendemains qui chantent : « Bientôt tous les jeunes écouteront à nouveau Léo Ferré… et cesseront d’écouter nos merdes » !
(Tous renseignements et ou inscriptions, jusqu’au 25 août prochain, sur ce site). 

 

 

• La parution d’un petit livre d’après une chanson de Luc Romann, disparu en début d’année. S’il n’a pas fini de nous manquer (pour rappel : La Désespérance et La reconnaissance du cœur), aujourd’hui l’un de ses amis de longue date, Jacques Coustals, vient nous donner indirectement de ses nouvelles, en nous offrant un conte inédit inspiré par l’une de ses chansons les plus tendres et jolies, Le Petit Cheval et la Fleur. Il aurait aimé, c’est sûr. Doublement même. Parce que le conte et son écriture, tout de charme et de poésie, sont au diapason de son univers. Et parce que ses illustrations, aussi naïves que colorées, sont l’œuvre des élèves d’une école primaire qui accueillit naguère et avec bonheur notre auteur-compositeur. Racontant l’histoire de Zino, un jeune enfant du voyage qui va rencontrer le petit cheval, cet ouvrage de 40 pages à l’italienne s’accompagne d’un CD de deux chansons de Romann : celle dont il s’inspire et, de façon judicieuse, celle consacrée à ses Amis du voyage. En vente uniquement par correspondance (chèque de 16 €, port compris, à l’ordre de Jacques Coustals) en adressant directement la commande à l’auteur : route de Darnac, 09000 Serres-sur-Arget.
 

Coustals_Romann.jpg

(Pour mémoire, Jacques Coustals est le coauteur avec Luc Romann, qui a toujours été très proche dans l’esprit et dans son œuvre des gens du voyage, de La Pancarte, récit d’une action menée il y a près de trente ans, mais hélas toujours d’actualité, pour faire annuler un arrêté municipal et une pancarte discriminatoires. L’ouvrage de 96 pages, illustré par dix artistes peintres est toujours disponible chez Jacques Coustals – 8 € l’exemplaire, port inclus).
  

 
 Un mini compte rendu du 29
e festival de Montauban, où (n’ayant pu assister qu’à la moitié de la manifestation) j’ai toutefois vu et apprécié la prestation d’une « Demoiselle inconnue » Demoiselle-inconnuequi a emporté l’adhésion du public entre toutes les découvertes en lice l’après-midi, sous le Magic Mirrors (seize cette année au lieu de douze auparavant). Gageons que La Demoiselle inconnue en question, qui gagne à être connue, ne le sera sans doute plus très longtemps, d’autant que le label « Mon Slip » des Têtes Raides (une garantie de qualité et d’originalité) l’a prise en production. En revanche, j’ai manqué le passage du groupe Peter Peter, également distingué en soirée parmi les douze découvertes complémentaires (tendance plus électrique) de cette vingt-neuvième édition.    

 

 

Pour le reste, j’ai bien ou particulièrement aimé, disons un peu, beaucoup, énormément (passons sur les pas du tout) les concerts des Ogres de Barback (très tendu en permanence), de Jacques Higelin (très grognon contre la société actuelle, avec un Champagne final éblouissant), de Thomas Fersen (très intelligent et jubilatoire en solo, en piano-voix ou simple diseur magnifique),Higelin des Innocents (dans un retour très attendu et, pour les ex-fans des eighties, très apprécié), de Christian Olivier dans un (très surprenant) exercice de lecture de chansons… Et j’ai regretté d’avoir manqué tout ou partie des spectacles d’Aldebert, de Jeanne Cherhal, de Florent Marchet, de Renan Luce ou de Zaz, faute d’horaires concordants, les uns chevauchant les autres, la faute souvent, en cascade, au surplus – finalement superflu – de découvertes. L’édition 2015, la trentième d’Alors… Chante !, n’en sera que plus attendue et, on le souhaite ardemment, que plus réussie.

  

Fersen

 

 L’affiche des dixièmes « Rencontres Marc-Robine », du 15 au 19 juillet prochains à Blanzat (63), auxquelles j’aurai le plaisir de participer. Consacrées à notre ami et collaborateur de Paroles et Musique et de Chorus (plus de vingt ans de compagnonnage étroit…), disparu en août 2003 (voir « Le Colporteur de chansons » et « La Chanson du passeur »), on y retrouvera Batlik, Jacques Bertin, Laurent Berger, Frédéric Bobin, Michel Bühler, Kent, Oriane Lacaille, Loïc Lantoine, Moran et Les Tit’ Nassels. Et on y parlera chanson en permanence, on en écoutera et on en débattra, avec une chorale (dirigée par Frédéric Bobin et Rémo Gary), un atelier d’écriture (dirigé par Emile Sanchis) qui reprendra le répertoire de Marc Robine, un plateau découvertes, des émissions de radio en direct… et la conférence de Jacques Bertin sur Félix Leclerc à l’occasion du centenaire de la naissance du « Roi Heureux » (le 2 août 1914, à La Tuque, en Mauricie).   

 

 

Pour ma part, et à la demande des organisateurs, j’y proposerai deux causeries de circonstance, l’une sur Marc Robine, bien sûr, et l’autre sur Jacques Brel aux Marquises, puisque je me suis délibérément inscrit dans les pas de Marc pour compléter et prolonger son formidable travail sur la vie et l’œuvre du Grand Jacques (…ou Le Roman de Jacques Brel) dont je fus l’éditeur heureux en 1998. (Contacts et programme détaillé ici en cliquant sur « Les Rencontres Marc-Robine » en colonne de gauche de l’affiche).

 

AfficheRencontres.jpg

 

• Une chanson de circonstance, pour illustrer le sujet précédent de ce blog (« Chantez-vous franglais ? ») sur la maltraitance actuelle du français et le reniement de certains, dans la chanson comme dans les médias, au profit de l’anglais. Une affaire qui ne date pas d’aujourd’hui si l’on en croit cette « toune » on ne peut plus d’actualité… bien que datant de… 1931 ! Une chanson écrite et interprétée dans la langue du peuple (québécois), par la reine de la turlute, j’ai nommé La Bolduc !

Écoutez mes bons amis la chanson que j'vais vous chanter…
Je vous dis tant que j’vivrai
J’dirai toujours « moé » pis « toé »
Je parle comme l’ancien temps
J’ai pas honte de mes vieux parents
Pourvu que j’mets pas d'anglais
J’nuis pas au bon parler français…  

 

 

La Bolduc en 1931 défendait déjà sa culture et sa langue à la radio. En 2014, Gilles Vigneault continue de tracer le même sillon avec un rare bonheur et un talent inépuisable. Avec Vivre debout, extraite de son nouvel album, ce grand « chansonnier » devant l’Éternel réussit l’exploit de prolonger la chanson éponyme de Jacques Brel (de même que celle de Leny Escudero, Vivre pour des idées). Et de quelle façon, en alexandrins, s’il vous plaît ! « Pour défendre trois mots que disait mon grand-père / Apportés par chez nous au temps de Rabelais / En forme de rondeau, ballade ou triolet / Pour que mon petit-fils apprenne au secondaire / Que c’est en perdant ça que les peuples se meurent... »

Vivre debout et prêt à partir à toute heure
Boire, dormir debout comme font les chevaux
Le pas de liberté inscrit dans leurs sabots
Puisqu’il y a toujours péril en la demeure
Vivre...
Vivre debout...
Pour me survivre, délesté de mes vieux tabous
Le cœur toujours prêt à suivre le pas pressé
Du caribou
Vivre...
Vivre debout !  

 

 

Voilà pour expliquer un peu ma « discrétion » croissante ici… et vous conseiller – si bien sûr ça vous chante d’être informé(e) ainsi de l’actualité, d’y contribuer vous-même ou de participer aux débats constructifs qui caractérisent cette auberge ouverte aux quatre vents de la chanson – de frapper à sa porte. Entrée libre à ceux et celles qui demandent leur admission. On y accède ICI (si l’on est déjà inscrit à Facebook ou en s’y inscrivant).

Pour le reste, je continuerai d’alimenter ce blog avec (et seulement) des sujets plus ou moins personnels, mais toujours développés (à l’exception peut-être de certains compléments d’information). Quitte à ce qu’ils soient de plus en plus espacés... « On n’a tous que deux vies, disait Confucius, et la deuxième commence le jour où l’on réalise qu’on n’en a qu’une. » Comme le note l’excellent Arbon qui a délaissé subitement sa vie de chef d’entreprise pour se lancer corps et âme dans la chanson, la véritable passion de sa vie : « Nombreux sont ceux qui, à la suite d'une maladie ou d'un accident, mettent de l'ordre dans leur existence, questionnent leurs choix passés, se libèrent d'entraves inutiles, s'efforcent d’aller à l’essentiel, et commencent leur deuxième vie. Ce n’est pas un hasard. Ils se sont, comme le dit Confucius, rendus compte qu’ils n'en avaient qu’une. Il se peut que le choix, au fond, soit de vivre deux vies, ou aucune. Deux vies, en prenant conscience de sa finitude. Aucune, en vivant sans réaliser qu’on vit. »

Ce n’est pas un hasard, assure Arbon. Et Romann, lui, que disait-il, déjà ? « C’est pas par hasard, pas par hasard, c’est pas par hasard, pas par hasard… »  

 

 

Arbon

(PS. Si vous ne connaissez pas Arbon, lui aussi gagne à être connu… comme le public gagne à le connaître ! Allez donc écouter ses chansons sur son site – il publiera à l’automne son troisième album – et lire par exemple ce qu’en dit Michel Serres, de l’Académie française : « Les chansons d’Arbon sont intelligentes, fines, légères, secrètes, un peu comme la musique de Couperin, un peu comme du La Fontaine, un peu comme la poésie de Brassens. Et renouer avec cette tradition, avec une légèreté et une fraîcheur contemporaines, est d'une certaine manière un chef-d’œuvre. »)



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