Jeudi 13 juin 2013
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Pour des lendemains qui
chantent
C’est à Montauban, vers où convergent chaque année au week-end de l’Ascension la plupart des
professionnels du spectacle, directeurs de salles et de festivals, que l’académie Charles-Cros – la plus prestigieuse et ancienne institution phonographique du monde francophone – décerne ses
Coups de cœur chanson du millésime en cours. Toujours un beau palmarès qui, sans consultation préalable, évidemment, recoupe régulièrement la programmation d’Alors… Chante ! À tel point
qu’un artiste peut repartir de Montauban, doublement chargé d’un prix Charles-Cros et de Bravos des Découvertes du festival… Quand ça n’est pas du prix Raoul-Breton de la Francophonie,
récompensant un artiste « en développement » (c’est-à-dire confirmé et apprécié des connaisseurs mais encore méconnu du grand public), décroché cette fois par le plus que méritant et
talentueux Alexis HK.
Entrée libre, ce jeudi midi 9 mai, au Magic Mirrors pour la remise du palmarès 2013. Comme toujours, le coup
d’envoi est donné par Alain Fantapié, qui préside aux destinées de cette illustre académie de la chanson francophone, redisant d’emblée sa satisfaction d’être aussi bien accueilli ici, « les prix du disque Charles-Cros étant indissociables de la scène ». Autour de lui et de Thierry Créteur (directeur de la culture et du
« Festival en bonne voix » de la ville de Pessac) qui mène les débats, des membres de la commission chanson Charles-Cros et différents directeurs de festivals représentant l’espace
francophone. L’assistance est nombreuse et les artistes primés aussi (douze sur quatorze), bien que n’étant pas, pour la plupart, à l’affiche du festival. Après une brève présentation, chacun
propose à tour de rôle une chanson en mode acoustique puis répond, de façon décontractée, à quelques questions d’ordre informatif – un plus indéniable pour les festivaliers qui découvrent ainsi
les artistes au naturel.
Quatorze lauréats au total, primés certains pour leur nouvel album, d’autres pour leur tout premier. Dix
pour la création hexagonale : Askehoug, pour Je te tuerai un jeudi ; BatpointG, pour Juste une
note ; Guillaume Barraband pour L’Épopée rustre ; Iaross, pour Renverser ; Laurent
Montagne, pour À quoi jouons-nous ? ; Loïc Lantoine, pour J’ai changé ; Maissiat, pour
Tropiques ; Mélissmell, pour Droit dans la gueule du loup ; Mell, pour Relation cheap ; Sophie Maurin, pour son disque éponyme. Et quatre dans la catégorie « Coups de cœur francophones », incarnant l’Europe,
l’Amérique et l’Afrique : Marc Aymon (Suisse) et Benjamin Schoos (Belgique), étonnant personnage que ce dernier et impressionnant interprète, pour la voix et la présence, pince-sans-rire et
un brin provocateur tendance Jacques Duvall and Co ; Lisa Leblanc (Acadie), qui « éclate » en ce moment au Québec et n’avait donc pas pu faire le déplacement ; enfin une jeune
femme guitariste, Gasandji, à la voix superbe et à l’émotion à fleur de peau, représentante de cette chanson africaine, pourtant magnifique, que l’on occulte volontiers en Europe au profit d’une
musique festive et « primitive » – mais surtout commerciale à l’intention de gogos amateurs de clichés. Quelque part entre les univers d’Ismaël Lo, « le Dylan africain », et
du Gabonais Pierre Akendengué, auteur-compositeur majeur du continent noir :
née en République démocratique du Congo, Gasandji m’a d’ailleurs confié avoir passé son enfance et une partie de son adolescence au Gabon… Bref, que du bon, voire de
l’excellent, dans cette cuvée 2013 mise ici partiellement en bouteille (il y manquait entre autres Mélissmell partie préparer son propre concert au Théâtre), pardon en boîte (noire), par Francis Vernhet.
née en République démocratique du Congo, Gasandji m’a d’ailleurs confié avoir passé son enfance et une partie de son adolescence au Gabon… Bref, que du bon, voire de
l’excellent, dans cette cuvée 2013 mise ici partiellement en bouteille (il y manquait entre autres Mélissmell partie préparer son propre concert au Théâtre), pardon en boîte (noire), par Francis Vernhet.
Pour leur part, les artistes et groupes sélectionnés pour les Découvertes du festival – programmées
l’après-midi sous le même Magic Mirrors, à raison de trois par jour, de 14 h 30 à 17 h 30 environ – sont passés dans cet ordre : Charles-Baptiste, Jur, Patrice Michaud
(Québec), Strange Enquête, Blanche (Belgique), les Échappés de Sangatte, Lia (ex-Félicien Donze, Suisse), Laura Cahen, Yordan, Iaross, Face à la mer, La Mine de rien. Et puis le public a voté et
les professionnels ont délibéré. Avec un résultat beaucoup moins évident et unanime que les années précédentes où, souvent, les prix se recoupaient. Signe sans doute qu’aucun artiste ou groupe ne
s’est vraiment dégagé du lot comme ont pu le faire par le passé des Jeanne Cherhal, Jamait, Amélie-les-Crayons (photo ci-dessous), Renan Luce, Presque Oui, Carmen Maria Vega, Vendeurs d’Enclumes,
Chloé Lacan…
Les Bravos des professionnels, devant Jur et Strange Enquête, ont distingué le trio Iaross (déjà primé par
l’académie Charles-Cros) : « De la chanson dans la tradition du verbe avec une large place laissée à l’improvisation. Une inspiration puisée aussi bien dans la musique savante que dans
la chanson rock, laissant la part belle au texte. Un univers bâti autour de chansons cassées, de poésie et de violoncelle. » Les Bravos du public, devant Yordan et Face à la mer, sont allés
au duo Strange Enquête : « Tchatche et contrebasse, polar et humanités. Textes noirs et riches, espoirs ténus ; villes grises et histoires de pauvres… » Comme à l’accoutumée,
ces lauréats ont été présentés au public d’Eurythmie le dernier soir, entre la prestation du lauréat 2012 des Bravos du public, Tiou, et le concert de Tryo, avant de participer avec les autres
artistes et groupes sélectionnés – de minuit à trois heures et demie au Magic – à la bien nommée « Nuit des Découvertes ». Plus tôt dans la semaine, le jeudi, c’est la lauréate des
Bravos des Professionnels 2012 qui s’était retrouvée en première partie d’une des têtes d’affiche de l’édition, en l’occurrence Liz Cherhal avant Olivia Ruiz dans son nouveau spectacle aux accents cubains. Une Liz –
c’est inné dans la famille ! – aussi à l’aise devant une foule immense qu’au Magic Mirrors l’an dernier. Accompagnée d’un seul musicien, elle a enflammé la salle
par son enthousiasme, sa malice, sa drôlerie et sa folie communicative. À la fin de la soirée, les spectateurs se pressaient dans le hall pour se faire dédicacer son album…
Pour les festivaliers, après le trio quotidien de découvertes, le chemin est tout tracé jusqu’au Théâtre
Olympe de Gouges, au centre-ville, pour y assister quatre jours d’affilée (de 18 h à 20 h 30 environ) à deux nouveaux concerts : Askehoug (patronyme norvégien d’un ACI
inclassable mais à suivre, récent lauréat du prix Moustaki) en première partie de Didier-Guidoni-Jamait dans le spectacle Leprest (voir sujet précédent) ; Imbert Imbert (toujours égal à
lui-même) et Mélissmell (victime ce soir-là d’un problème de son intempestif qui a frustré le public) ; la jeune Maissiat (piano-voix) et le bientôt quadragénaire Alexis HK (il est né le 2
avril 1974) ; Julien Fortier (régional de l’étape, venu de Montpellier) et la gracieuse Amélie-les-Crayons (qui, soit rappelé en passant, avait participé de bien jolie manière, avec l’émouvante Arrose les fleurs , à l’album
Chez Leprest…).
Un régal, une jubilation permanente que ceux d’Alexis et d’Amélie. Dans leur nouveau spectacle, chacun à sa
façon, avec son langage propre et sa personnalité, ils s’imposent sans forcer, tout naturellement, sans jamais prendre le public par la main comme on s’adresse à des débiles ou à des moutons, et
c’est ainsi que se crée la véritable communion entre la scène et la salle. Par la magie de l’univers proposé qui ne ressemble à aucun autre. Par la qualité de l’écriture, les histoires racontées
(une caractéristique millénaire de la chanson, bien rare pourtant en ces temps étranges où le réel s’efface devant le virtuel, où la banalité de la prose se substitue à l’art du conteur). Par le
bonheur des mélodies. Par la qualité aussi – et la chaleureuse complicité ! – des musiciens.
Humour et grande classe avec Alexis, sans le moindre cynisme malgré le côté détaché du personnage, élégant
et dandy. Comme échappé de son clip Les Affranchis (que j’ai plaisir à remettre ici en mémoire), où défilent nombre de ses collègues en chanson, à
commencer par le « parrain » Charles Aznavour – à moins que ça ne soit un certain Jean-Louis Foulquier ! –, plongés dans les années cinquante. Passé, présent, avenir, Alexis HK
balaye toute la gamme. Son nouvel album, Le Dernier Présent, évoque la fin des temps… pour mieux sourire aux lendemains. Fraîcheur et tendresse avec
Amélie, dont le charme mélancolique et souriant n’empêche pas le côté déjanté de prendre soudain le dessus, quand elle se lance par exemple dans une danse bretonne endiablée – il faut dire que
notre Lyonnaise préférée est maintenant installée en Bretagne ; son nouveau disque s’intitule d’ailleurs Jusqu’à la mer… Tout cela, qui se veut
sans prétention, est pourtant des plus réjouissant et intelligent. Surtout, c’est bâti sur du solide, avec beaucoup de métier derrière et, normalement, tout l’avenir devant. Du tout bon, aux
antipodes du tout-venant, et c’est peut-être bien pour ça qu’on n’entend ni ne voit suffisamment leurs auteurs dans les médias.
Justement, c’est pour pallier un peu les carences de l’audiovisuel grand public que les jurés du prix
Raoul-Breton de la Francophonie (soit les membres de la Fédération des festivals de chanson francophone, en association avec les éditions Raoul-Breton, Alors… Chante ! et la Sacem) ont
choisi d’élire cette année Alexis HK. Et à l’unanimité s’il vous plaît ! Après Pierre
Lapointe en 2011 et Presque Oui en 2012. La remise du prix – qui
récompense « le travail d’un artiste francophone pour la qualité d’écriture de ses œuvres et pour l’originalité de sa proposition artistique à un moment charnière de sa carrière » – a
eu lieu sur scène, pendant le concert du récipiendaire. Pour le plus grand plaisir du public, il faut le dire, tant Alexis est désormais à l’aise sur les planches, quelles que soient les
circonstances. Gérard Davoust, président des Éditions Raoul-Breton, Jo Masure et Lilian Goldstein, responsable de l’action culturelle de la Sacem, s’en sont aperçus !
Ce rappel quand même, simplement pour info (et aussi pour rafraîchir un peu des mémoires parfois trop
courtes) : les premiers articles de Chorus spécifiquement et respectivement consacrés à Alexis et Amélie, éminents représentants de la
« Génération Chorus », remontent déjà à dix ans (n° 42, hiver 2002-2003, et n° 44, été 2003). Dix ans (suivis bien sûr de portraits et de rencontres), soit le temps qu’il
fallait jadis – disons jusqu’à la génération 70-80 (Le Forestier, Renaud, Sanson, Souchon, Chedid, Jonasz, Cabrel, Goldman…) – pour passer de l’état de découverte à celui de vedette. Mais
aujourd’hui… ? Sauf exception, aujourd’hui, un artiste ne cesse de débuter !
En témoignent notamment nos conversations avec les responsables de la FFCF, lors de cette semaine passée à
Montauban : la chaîne de la découverte, ou plutôt celle du « développement » de l’artiste, est aujourd’hui complètement grippée. Si le vivier de talents prometteurs se renouvelle
sans cesse, s’il y a toujours des lieux et des professionnels compétents pour les accueillir, de moins en moins de tourneurs ou de producteurs sont prêts à les prendre en charge au-delà de la
période concernée. Autrement dit : « on » fait de l’argent avec des « révélations » tant qu’on peut profiter de la filière musicale constituée pour cela, du réseau des
salles et des festivals, mais dès qu’il faut passer à l’étape suivante, celle de la confirmation avec un nouveau spectacle voire un nouvel album, il n’y a plus personne ! Personne ou presque
pour accompagner l’artiste qui se voit dès lors livré à lui-même et au bon vouloir des programmateurs (comme Montauban, fidèle à ses découvertes, invitant à nouveau Mélissmell, Imbert Imbert,
Jamait, Liz Cherhal, Valérian Renault ou Barcella cette année), dans l’indifférence de la majorité des médias nationaux.
Quadrature du cercle qui empêche la plupart de franchir un cap pour mener une véritable carrière. La chanson
serait-elle vouée à devenir, en dehors du cercle réduit des professionnels de terrain et des amateurs éclairés, une expression artistique destinée à la seule et unique nouvelle génération du
moment, alors qu’elle a toujours été comme un pont jeté entre les générations ? La question se pose désormais avec acuité, et voilà pourquoi on ne peut que se réjouir de voir des Alexis HK
et des Amélie-les-Crayons évoluer aussi bien et toucher tous les publics. Comme un Valérian Renault, l’excellent auteur-leader des Vendeurs d’Enclumes qui se produit aussi en solo et a bénéficié
d’un passage remarqué au Magic Mirrors (c'est ma mention spéciale de l'édition) ; ou comme un Barcella...
De Barcella, voici ce que je disais ici même en janvier 2010 après l’avoir découvert par hasard à Risoul, au « festival de la forêt blanche », aux côtés d’une bien belle équipe
(Clarika, Émily Loizeau, JP Nataf, Lili Cros et Thierry Chazelle, Rose, Mathieu Boogaerts, Alcaz, Davy Kilembé…) :
« Ce soir-là, c’est Barcella, totale découverte, qui remportait en champion la palme du public. Barbe
de trois jours, fichu comme l’as de pique, ce jeune homme dégingandé, originaire de Reims, se présente tout seul à la guitare, mais avec plein de mots et de textes savoureux dans la besace.
Piochant au besoin, pour les illustrer, dans le tango ou la valse. Drôle, incisif, satirique, il renouvelle le genre (mi-slam mi-chanson) à sa façon : pince-sans-rire. Ce faisant, même si on
s’éclate (cf. La Queue de poisson, sur un appendice des plus personnels, ou cette autre chanson toute en rimes piscicoles, justement…), des facilités
percent encore çà et là que le temps, toujours lui, et l’expérience devraient parvenir à éviter à l’avenir.
» Et si tout cela se bonifie (sans exclure pour autant d’autres thèmes moins rigolos, à l’instar de
cette Salope qui, son titre ne l’indique pas forcément, est une chanson sur la mort, ou plus tendres, telle Mademoiselle), on devrait bientôt entendre parler de lui. Comme quoi la simplicité suffit – un texte, une musique, un instrument – quand le talent est là,
évident, pour créer une communion instantané entre la scène et la salle. Barcella : retenez ce nom ! »
Pas grand-chose à ajouter, sauf qu’en l’espace de trois ans, non seulement la barbe a pris du galon, mais
l’artiste aussi comme nous le pressentions. Jusqu’à obtenir en 2012 le prix Barbara et devenir début 2013 le parrain du prix… Georges Moustaki. Son nouvel album s’appelle Charabia ; tel un art dans lequel Barcella est passé maître. Mais à la façon d’un Raymond Devos, d’un Leprest mâtiné de Lantoine, ou parfois d’un Souchon
croisant Higelin chez Renaud qui se souviendrait de Brassens (lui-même, on le sait, inconditionnel de Trenet) – eh oui ! la chanson étant une chaîne sans fin dont chaque nouveau maillon
hérite peu ou prou des précédents. D’un prince de la langue, quoi ! De son maniement aussi, avec une élocution confondante.
On le sait, à ce niveau d’incandescence, quand la forme et le fond se rejoignent, et que
le grave a l’élégance de se présenter sur les pointes, quand la folie ne craint pas de côtoyer la mélancolie (L’Âge d’or…), ça fait des étincelles
dans les oreilles, ça prend feu dans la tête et ça se propage dans les cœurs… C’est ce qui est arrivé au Magic Mirrors où, le vendredi 10 mai « autour de minuit », le public, unanime, a
fait un triomphe à l’artiste, accompagné d’un seul musicien. Et celui-ci le lui a bien rendu, en allant jusqu’au bout du bout, jusqu’à s’installer au milieu de la salle, grimpé sur un tabouret.
Pour repartir de plus belle dans son ascension de la note et du verbe, avec son drôle d’accent aux origines transalpines. Amoureux de la parole, chaleureux, généreux… et visiblement heureux de
l’être.
« Barcella : retenez ce nom ! » écrivais-je il y a trois ans et demi. Barcella,
oserai-je aujourd’hui : d’ores et déjà, à trente-deux ans, un des tout meilleurs de la chanson actuelle. N’attendez pas plus longtemps pour aller à sa rencontre. En disques (ils sont
très réussis : le premier, La Boîte à musiques, paru en 2010, comme le second, primé en 2012 par l'académie Charles-Cros), mais avant tout et surtout en scène où il est
irrésistible.
Voilà, j’arrive moi aussi au bout. Non pas de l’édition (il y aurait encore tant à dire, à parler de la
programmation enfants, des « Mômes en zic » avec Bïa, Michèle Bernard, Alain Schneider… ; d’une belle et belge soirée avec Françoiz Breut, Vincent Delbushaye et Peter Bultink,
ex-Orchestre du Mouvement perpétuel ; des excellents et transversaux Lo’Jo qui renvoient les chapelles musicales aux oubliettes ; parler aussi des artistes qui viennent à Montauban rien que pour le plaisir de rencontrer ou découvrir leurs collègues, comme le
groupe Entre 2 Caisses, Xavier Lacouture, Gérard Morel ou Pascal Mathieu – lequel vient enfin de sortir un nouvel album, Sans motif apparent, etc.), mais au bout de mon
charabia à moi. Lequel ne vaut que par votre écoute… et l’écho que vous choisirez ou non de lui donner. Chanter ou déchanter, voilà la question !
Publié dans : Concerts et festivals
-
Par Fred Hidalgo
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où Gilbert Laffaille chantait Le Président et l’Éléphant… et que nous vivions encore en Afrique) était seulement de partager le plus largement possible notre passion de la chanson
francophone, dont une bonne part de la création, alors, était occultée par les grands médias (rien de nouveau sous le soleil, n’est-ce pas ?), très vite les circonstances de
la vie nous ont fait en devenir des acteurs et plus seulement des observateurs. Des chanteurs ont pu retrouver le chemin des studios, des producteurs ont réédité de grands albums
oubliés, des concerts ont été organisés, des festivals se sont créés, des tournées se sont montées (rappelez-vous, pour les plus anciens de nos lecteurs, la « campagne »
africaine de Nougaro – en trio avec Lassus, Michelot et Vander – dont nous fûmes partenaires et les seuls témoins objectifs, un mois durant, et qui allait déclencher toute la
suite « nougayorquesque »)…
comme ce fil enchanté dont parle
Souchon, ce « joli fil entre nos cœurs passé ». Un Fil, soit dit entre parenthèses,
qui figurait dans C’est déjà ça (à côté notamment de
il paraissait pour le moins nécessaire d’ouvrir (et
d’inciter à l’ouverture) de nouvelles portes, fussent-elles seulement virtuelles, de nouveaux espaces de liberté.
ni de faire part d’une rencontre inattendue, ni de présenter un album, un livre ou un spectacle (cf.
Paco Ibañez, oui… avec qui tu as tant partagé, à la
ville comme à la scène.
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