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  • : SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • SI ÇA VOUS CHANTE (le blog de Fred Hidalgo)
  • : Parce que c’est un art populaire entre tous, qui touche à la vie de chacun et appartient à la mémoire collective, la chanson constitue le meilleur reflet de l’air du temps : via son histoire (qui « est la même que la nôtre », chantait Charles Trenet) et son actualité, ce blog destiné surtout à illustrer et promouvoir la chanson de l’espace francophone ne se fixera donc aucune limite…
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  • Fred Hidalgo
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.
  • Journaliste depuis 1971, créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009). Editeur depuis 1984 et créateur en 2003 du « Département chanson » chez Fayard.

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 10:59

C'est un matin d'été sans doute imaginé...

 

En bonus à La mémoire qui chante, voici le deuxième épisode d’une suite d’anecdotes chansonnières que je me suis engagé à vous livrer jusqu’à la clôture, le 27 août, du financement participatif de ce livre à paraître à la mi-octobre (et dont les noms des contributeurs, je le rappelle, figureront dans l’édition originale – et seulement celle-ci...). Après Anne Sylvestre, la mémoire me chante en compagnie de Jean Vasca.

LA MÉMOIRE QUI CHANTE… AVEC JEAN VASCA

« C’est un matin d’été sans doute imaginé », dit la chanson. Merveilleuse chanson que celle-ci, au demeurant, la première de l’album éponyme de 1981 : Matinale… À vrai dire, c’était plutôt un après-midi d’été improvisé – en tout cas pour moi. Avec ma chère et tendre, nous étions de passage chez les Vasca, à l’époque où ils prenaient leurs quartiers d’été dans un superbe village préservé des estivants et de la société de consommation nommé Tharaux. Une sorte de nid d’aigle perdu dans les Cévennes, où s’achevait en cul-de-sac la route départementale. Un piton rocheux et à côté les gorges de la Cèze… Les habitants ? Moins de cinquante, peut-être, en ce milieu des années 1980.

Nous y étions venus la première fois en juillet 1982, en vue de « son » dossier de Paroles et Musique à paraître en septembre. Cette fois, on avait simplement prévu d’effectuer un crochet sur la route des vacances. Retrouvailles pour le déjeuner, après un départ de bonne heure depuis la région parisienne. Le déjeuner ? Une fête plutôt, une célébration du palais, comme toujours avec Vasca, excellent cuisinier et amateur de bonne chère et de vins fins… Après ça, reprendre la route, surtout par cette chaleur, rien que d’y penser… « Comment ça, reprendre la route ?! s’insurge Vasca. Pas question, vous passez la nuit ici. D’ailleurs, on m’attend cet après-midi à Alès pour une conférence-débat sur la chanson et j’ai annoncé que Fred y participerait avec moi. »

Ah bon ? Sympa… de me prévenir au dernier moment ! Grrrr… Moi qui me voyais déjà en vacances, j’allais retourner au turbin ! Pas moyen de faire la moindre infidélité à Madame la Chanson... Pas plus qu’à l’artisan du grand œuvre de la chanson poétique francophone. Vous pensez que je délire en écrivant ces mots ? Alors, sachez que trois autres fous étaient victimes de cette même fièvre : Jean Ferrat, Léo Ferré et Claude Nougaro qui voyaient en Vasca le Rimbaud de la chanson française – pas né pour rien à Charleville-Mézières, le bougre ! Réincarnation en chanteur, vous croyez ?

Mon chant monte vers vos silences
Entre la flamme et le couteau
Du plus lointain de mon enfance
Je suis un cri hors du fourreau
Les mots sont des soleils futurs
Qui roulent d’écho en écho
De branche en branche vers l’azur
Je suis un arbre plein d’oiseaux…

Bref… « Bon, ouais, d’accord, mais si tu me l’avais dit, j’aurais pu préparer quelque chose…

– T’inquiète, on va parler poésie et chanson, et puis métier aussi, médias et chanson, tu connais tout ça par cœur… »

Alès, première « grande » ville à proximité de Tharaux. Moins de 23 km à vol d’oiseau… Tharaux-Antraigues-sur-Volane, pas bien loin non plus, ce qui explique d’autres mémorables déjeuners ou dîners en compagnie de Jean Ferrat… Mais c’est une autre histoire.

LA MÉMOIRE QUI CHANTE… AVEC JEAN VASCA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alès, donc. Un centre culturel. Personnel sympathique et compétent ; public nombreux et curieux… Nous voilà, Jean et moi, sous le feu nourri des questions après un exposé de l’auteur-compositeur sur son art et un autre de ma part, tout à fait improvisé, sur l’état des lieux de la chanson vivante. Tout se passe bien… et se prolonge jusqu’en fin d’après-midi. Plus question en effet de reprendre la route. À l’issue de la rencontre, les organisateurs remettent un cachet à l’artiste, c’était prévu comme ça pour l’avoir mobilisé tout ce temps. Puis ils me tendent une enveloppe.

« C’est quoi ?

– Ben, c’est pour votre participation. Votre défraiement. On a été ravis de pouvoir compter sur votre présence, c’était très intéressant. »

Moi, un peu gêné… J’avais accepté par amitié pour Vasca. Pour le plaisir d’être avec lui et de confronter notre parole avec celle des amateurs de chanson présents. Pas pour encaisser quelques sous… « Ne refuse pas, me dit Jean, tu vas en avoir besoin, j’ai prévu un bon restau pour ce soir ! » Ah bon ?! Tout était prévu, décidément… Scrogneugneu !

Et nous voilà vers vingt heures aux abords d’Alès. J’ai oublié le nom de l’établissement – pensez, c’était y a trente ans… – mais je peux vous dire que ça n’était pas du fast food de l’oncle Sam : au hit-parade de la gastronomie, on était au top de l’Hexagone ! Ça m’a rappelé une anecdote que m’avait confiée Vasca : « Pour moi, les grands cuisiniers sont des artistes, j’ai eu la chance d’en rencontrer quelques-uns et d’être invité chez eux : chaque fois, on a fait une véritable messe des papilles et de l’intellect, quelque chose de formidable ! » En fait, le malin avait trouvé le truc : il troquait un repas pour lui et sa chère Annie contre un spectacle. Chez les frères Troisgros notamment, à Roanne ; grandes pointures de leur art et aficionados de Vasca – honnêtes hommes, quoi ! Chez Bocuse aussi, à Lyon… « Monsieur Paul », mon rêve !

Bref, on se régale les papilles comme jamais. Jamais en effet, avec ma chère et tendre, on n’avait connu de cuisine aussi raffinée… Et quels vins ! Pas étonnant de la part de Vasca qu’il connaisse cette bonne adresse ; tout au contraire, même : n’avais-je pas conclu son dossier sur ce chapitre-là ? « La gastronomie, bien que tu n’aimes pas ce mot, disons la cuisine, apparaît comme quelque chose de très important chez toi : quand on partage un repas avec toi, on a un peu l’impression de célébrer une messe… Il n’était donc pas concevable de conclure ce dossier sans lui adjoindre une rubrique gastronomique !

– Oui, pour moi c’est quelque chose d’important, mais comme faisant partie d’un ensemble, je n’aime pas l’isoler. Ça rentre dans le grand spectre des sensations, du physique, de la sensualité, comme l’amour ou la connaissance de la nature ; c’est tout à fait important, les papilles, cela fait partie d’une culture générale au sens vrai du terme. J’y trouve un plaisir réel, mais aussi une parcelle de vérité fondamentale. Je dirai même, pour plagier un peu Aragon, que la gastronomie est l’une des formes supérieures du désespoir. »

Vers la fin du repas – que dis-je, du repas ? du festin ! –, alors que le Chef vient nous offrir un digestif maison et converser un peu avec maître Vasca, Mauricette ouvre l’enveloppe contenant mon « cachet », qu’elle avait rangée dans son sac et que j’avais presque oubliée… Elle me montre discrètement le chèque… Pas possible, ils se sont trompés ! Grosse somme... Enfin, toutes proportions gardées. Disons qu’ils avaient compté le déplacement depuis Paris plus un hébergement, repas compris pour deux. Comme si tout avait été prévu de longue date.

C’était la première surprise. La seconde n’allait pas tarder à nous exploser à la figure avec la note finale. Pour le coup, c’était vraiment la douloureuse ! Je ne sais plus pour Vasca, habitué des lieux il devait être habitué à ça aussi, mais nous on a écarquillé les yeux en découvrant le résultat chiffré de nos agapes…

LA MÉMOIRE QUI CHANTE… AVEC JEAN VASCA

« Être gastronome, avait poursuivi le chantauteur dans Paroles et Musique, c’est faire et c’est consommer : j’aime faire la cuisine et j’aime la partager – parce qu’on ne consomme pas seul. Dans le fait de manger des plats élaborés, étonnants, il y a ce côté convivial, fraternel, qui est important ; c’est la fête qui conduit à une espèce d’ébriété, d’excitation nécessaire pour aller vers l’autre. Je ne suis pas en train de prôner les drogues dures [rires], ce n’est pas ça, je pense simplement que la gastronomie est un moyen privilégié pour s’évader de ce quotidien trop dur…

» Ce qui est monstrueux, parce que l’homme ne mérite pas d’être sanctionné à ce niveau-là, c’est que ça revient TRÈS cher ! »

Cher, très cher… Ô combien ! Ce soir-là, il a fallu qu’à mon cachet on rajoute un chèque conséquent. Si j’avais su, j’aurais proposé de revenir le lendemain à Alès pour une seconde conférence, histoire de compenser un peu la différence !

« La poésie fout l’camp, Vasca ! » te disait Léo… Peut-être, c’est à voir. Mais pas la mémoire. En aucun cas la mémoire. Ni le reste, invisible aux yeux, malgré le temps qui passe ; n’est-ce pas, ami, frangin, camarade…

NB. Vingt-six albums au compteur (le dernier, paru fin 2015, s’intitule Saluts !) et cinquante ans de « poèmes et chansons » rassemblés dans un ouvrage de 640 pages : La Concordance des temps (1964-2014). C’est peu de dire qu’il s’agit d’un ouvrage rare et d’une œuvre unique. Disques et livre à commander chez l’auteur.

VASCA AU PANTHÉON DE CHORUS :
Pour mémoire, quinze ans après celui de Paroles et Musique, aujourd’hui épuisé, nous avons consacré un autre dossier important à Jean Vasca dans le numéro d’hiver 97/98 de Chorus (avec Jean-Jacques Goldman en couverture). Curiosité : il s’agissait dans les deux cas du numéro 22. Il nous reste quelques exemplaires « collectors » de celui de Chorus (d'où est tirée la photo d'ouverture de ce sujet), que vous pouvez demander en « contrepartie » (voir le site d’Ulule pour les modalités) de votre contribution à l’édition de La mémoire qui chante.

POUR RAPPEL, SI ÇA VOUS CHANTE :
Outre les tarifs dégressifs et les contreparties dont vous pouvez bénéficier (voir le détail précis sur Ulule), n’oubliez pas que vos nom et prénom figureront dans l’édition originale de l’ouvrage au titre de contributeur… mais seulement si vous souscrivez avant le 27 août au soir, date de clôture définitive du financement participatif.

• Le lien direct vers les contributions au livre (tarifs dégressifs et contreparties offertes : allez-y voir).
• Le lien vers
l’article expliquant les tenants et aboutissants de ce financement participatif.
• Le lien vers
l’article suivant, après avoir atteint en moins de 48 heures (un record !) le seuil minimum initialement fixé.

Published by Fred Hidalgo
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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 11:04

On ne devrait permettre que les lettres d’amour…

 

Chose promise (dans mon sujet précédent), chose due. En bonus à La mémoire qui chante, voici le premier épisode d’une suite d’anecdotes chansonnières : un feuilleton (certes anecdotique mais authentique !) que je me propose de vous livrer jusqu’à la clôture, le 27 août, du financement participatif de ce livre. Pour débuter (… par le moment où, pour nous, tout a débuté), la mémoire me chante en compagnie d’Anne Sylvestre.

Première quinzaine de mai 1980. De retour de Djibouti où nous travaillions le soir au projet du « mensuel de la chanson vivante » et d'où nous avions correspondu avec elle, je me rends chez Anne Sylvestre pour réaliser l’entretien du dossier du premier numéro de Paroles et Musique à paraître à la mi-juin. Là-bas, au cœur de l’Afrique orientale – détail mémorable et d’apparence surréaliste dans ce décor lunaire écrasé de chaleur –, nous avions passé une soirée formidable à discuter de la chanson française avec Benoîte Groult qui partageait notre admiration pour l’auteur de Non, tu n’as pas de nomUne sorcière comme les autres ou C’est la faute à Ève… À Paris, le jour de ma première rencontre avec Anne, un seul souci prévalait chez moi : assurer le meilleur entretien possible.

LA MÉMOIRE QUI CHANTE… AVEC ANNE SYLVESTRE

Concentré à fond sur le propos, je n’avais pas prévu de prendre de photos. Il nous en fallait pourtant, des photos inédites, en particulier pour la couverture. En lui posant la question d’un rendez-vous ad hoc, la grande dame de la chanson francophone (dont Barbara et Pauline Julien, au début des années 60, furent les premières à interpréter ses chansons) m’avait informé – et je n’en revenais pas – que cela constituerait sa première couverture de magazine… malgré, déjà, vingt-trois ans de carrière !

« Le mieux serait que vous veniez à mon prochain concert et vous pourrez prendre toutes les photos que vous voudrez.
– D’accord ! Où et quand ?
– Dans quelques jours, à la mi-mai. C’est en plein air, à Presles, pour la fête de Lutte Ouvrière. »

Presles, petite ville du Val d’Oise, située à trente kilomètres au nord de Paris. Nous y sommes, ma chère et tendre et moi… Un grand parc, un sous-bois, un château… Des dizaines de spectacles et des milliers de spectateurs qui, pour la plupart, étaient des militants du parti mené par Arlette Laguiller, mais aussi des amateurs de cette chanson qui n’avait pas voix au chapitre médiatique… Nous retrouvons Anne Sylvestre et je prends toutes les photos dont nous avons besoin avant et pendant ses balances. Réduites à leur plus simple expression, les balances, car Anne se produit en guitare-voix, accompagnée seulement du contrebassiste Henri Droux. C’est l’époque encore où, comme Brel avant que François Rauber ne l’incite heureusement à l’abandonner, Anne ne quittait jamais sa six-cordes.

LA MÉMOIRE QUI CHANTE… AVEC ANNE SYLVESTRE

Finalement, les photos posées, les portraits notamment, ne serviront pas à la Une : pour symboliser la chanson vivante dont Paroles et Musique allait devenir le flambeau, nous choisirons une image prise en cours de spectacle. Et je dois à la vérité de dire que ce choix s’effectuera en toute liberté, sans même que la chanteuse ou son entourage ne demande à voir nos photos.

Voilà toute l’histoire de la Une du premier numéro. Mais elle ne s’arrête pas là puisqu’un mois plus tard, tout juste sorti des presses, nous allions présenter pour la première fois Paroles et Musique en public : c’était durant le week-end des 14 et 15 juin 1980 au Parc de la Courneuve, à la fête du PSU qui nous avait aimablement cédé un stand (merci Huguette B. !). Grande banderole, grand succès de curiosité d’abord… puis plein d’abonnements ! Je suis sûr qu’ici, il y a encore des fidèles qui s’en souviennent (pas vrai Emmanuelle et André ?).

 

Bref. L’anecdote !

La chanson, alors, était au cœur des fêtes de ces partis politiques qui voulaient changer la vie. Pas n’importe quelle chanson, la chanson que l’on soutenait, que l’on voulait promouvoir : de Morice Benin à Claude Nougaro ou Danielle Messia en passant par Jacques Higelin, Leny Escudero et Colette Magny, y avait pire ! Et cette année-là, surtout, il y avait Anne Sylvestre qui devait chanter à nouveau en plein air, sur la grande scène cette fois.

Bonheur de la réentendre, mais d’abord et surtout de lui remettre en mains propres « son » numéro ! Je vous passe les détails, son regard de joie et de fierté, quand elle l’a feuilleté… pour en venir au spectacle qui, en dernière minute, avait dû être rapatrié sous un grand chapiteau. Pas le choix : des trombes d’eau s’étaient subitement abattues sur la fête.

LA MÉMOIRE QUI CHANTE… AVEC ANNE SYLVESTRE

Et voilà Anne qui entre en scène, toujours et seulement accompagnée de son contrebassiste. Spectacle totalement acoustique, bien sûr, dans le bruit de la pluie battante sur la toile, sous un chapiteau censé héberger exclusivement les concerts électriques de rock… Choc des cultures, collision frontale, chahut, tohu-bohu, public décérébré (eh oui, même à la fête du PSU !), enfin une partie du public… Anne m’avait proposé de l’accompagner et je me trouvais en coulisses sur le côté de la scène quand elle a entamé sa prestation.

Je ne me souviens plus du groupe attendu alors par le public, peut-être Trust, mais je me souviens à jamais de ce qui a suivi : sifflets immédiats, boucan, raffut, vacarme, quolibets en tout genre… J’étais malheureux et furieux en même temps, mais Anne ne se démontait pas ! Plus elle chantait et plus les hurlements s’élevaient sous le chapiteau (genre 1 500 personnes debout, dont une bonne part trépignante d’intolérance) ; la pluie, les cris, le chant, plus personne ne s’entendait.

Incroyable mais vrai. Des perles précieuses sur scène : Lazare et Cécile, Un mur pour pleurer, Clémence en vacances, Les gens qui doutent, J’ai de bonnes nouvelles, Mon mystère, Me v’là… et puis Frangines ; oh ! Anne ma frangine Anne, comme j’étais chagrin…

…des merveilles de délicatesse sur les planches et des insanités dans le public ! Car plus Anne insistait, moins elle se « dégonflait » et plus le public devenait agressif, réclamant à cor et à cri son départ et la venue du groupe de rock (qui devait être dans ses petits souliers). On en était aux : « La chanteuse à poil ! À poil la chanteuse ! » Si, si, j’vous jure, j’y étais, je vous dis, aux premières loges même. Et comment qu’j’y étais ! Impuissant mais n’en pensant pas moins. Quels abrutis !

Forcément, ça ne pouvait pas durer jusqu’au terme du récital. Alors, au bout d’un moment, ne trouvant pas d’autre moyen de la faire lâcher prise, les rockers virils se sont mis à balancer des bouteilles d’eau et des canettes sur la scène. Fou ! Comme si le déluge extérieur ne suffisait pas. Et bien sûr ce qui devait arriver arriva : une bouteille ouverte encore à moitié pleine frappa l’artiste…

On ne devrait permettre
Que les lettres
D’amour
On ne devrait écrire
Que pour dire
Bonjour

C’en était trop : choc physique et moral… Anne Sylvestre quitta la scène dans l’instant et comme j’étais là, légèrement en retrait, elle se jeta dans mes bras en s’exclamant dans un mélange de sourire et de stupéfaction (des mots que je conserve exactement gravés dans ma mémoire) : « Fred ! C’est la première fois que je me fais baptiser sur scène ! »

C’était en juin 1980, il y a trente-six ans. Depuis, les affreux du chapiteau sont retournés aux oubliettes de l’histoire (peut-être qu’ils sont allés nuire ailleurs, chez les pseudo-supporters de foot par exemple), mais Anne Sylvestre, elle, chante encore !

***

À suivre… si ça vous chante que je continue de faire chanter ma mémoire, en compagnie de certains des artistes au sommaire de La mémoire qui chante. En vertu simplement de ce qui suit, que je m’efforce d’appliquer depuis la création du blog : ce que tu partages fleurit, ce que tu gardes pour toi moisit !

Écrire pour ne pas sombrer
Écrire au lieu de tournoyer
Écrire et ne jamais pleurer
Rien que des larmes de stylo
Qui viennent se changer en mots
Pour me tenir le cœur au chaud

Écrire pour tout raconter
Écrire au lieu de regretter
Écrire et ne rien oublier 

NB. Outre les tarifs dégressifs et les contreparties dont vous pouvez bénéficier (voir le détail précis sur Ulule), n’oubliez pas que vos nom et prénom figureront dans l’édition originale de l’ouvrage au titre de contributeur… mais seulement si vous souscrivez avant le 27 août au soir, date de clôture définitive du financement participatif.

Pour rappel, si ça vous chante :

Le lien direct vers les contributions au livre (tarifs dégressifs et contreparties offertes : allez-y voir).
Le lien vers l'article expliquant les tenants et aboutissants de ce financement participatif.
Le lien vers l’article suivant, après avoir atteint le seuil minimum initialement fixé au bout seulement de 48 heures.

Published by Fred Hidalgo - dans Actu livres
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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 13:16

Merci de faire chorus pour accroître sa diffusion

 

100 % de l’objectif fixé en moins de deux jours, c’est incroyable, formidable ! VOUS êtes formidables... et vous pouvez être sûrs, à présent, de n’être pas remboursés (mais de recevoir l’ouvrage à domicile), car La mémoire qui chante sera bien autoédité à la rentrée !

Ça n’est pas une surprise, mais quand même : si nous étions globalement confiants, nous partions dans l’inconnu avec cette formule inédite pour nous de financement participatif. Arriverions-nous au seuil minimum nécessaire pour faire exister le livre... ou pas (auquel cas les contributions versées auraient été remboursées) ? Et si oui, au bout de combien de temps ? C’est pourquoi un délai assez long de 58 jours (période estivale n’aidant pas) avait été prévu pour nous donner toutes les chances d’y parvenir.

LA MÉMOIRE QUI CHANTE… EN CHŒUR

En définitive, il nous aura fallu MOINS DE DEUX JOURS, c’est fou, puisque la souscription, mise en ligne vendredi premier juillet à 16 h environ, a atteint et même dépassé la barre fixée dimanche 3 à 15 h 29 !!! C’est « un record », paraît-il... mais il faut dire que Dieu, aussi, y a mis du sien en franchissant lui-même la  barre du record ! Alleluia ! Dieu existe, nous l’avons rencontré et Il a souscrit à La mémoire qui chante ! Précision à l’usage des incrédules – la preuve qu’Il existe bien, sinon comment le saurions-nous ? –, son petit nom est Jean-Luc.

Bon, trêve de théologie, passons à la philosophie : ce livre a pour postulat, thèse, antithèse et synthèse de partager tout simplement mais le plus largement possible notre passion commune pour la chanson francophone vivante. Alors :

1. Bonne chose de faite : grâce aux premiers souscripteurs, la sortie du livre est assurée. Son expédition postale (en France, dans les Dom-Tom, en Belgique et en Suisse, mais aussi – et déjà parmi les premières commandes – en Argentine, en Espagne, au Japon et bien sûr au Québec... en attendant le reste du monde) aura lieu comme indiqué dans mon sujet précédent aux alentours de la mi-octobre.

2. Puisque la formule est ainsi conçue et qu’il faut aller au bout du délai fixé sur le site Ulule (au terme duquel, seulement, nous sera versé le montant des contributions), loin de se démobiliser, il faut en profiter au contraire pour multiplier voire décupler, d’ici au samedi 27 août exactement, le nombre de souscriptions. Le tirage et donc la diffusion du livre en seront augmentés d’autant.

 3. Si vous n’avez pas encore souscrit et que ça vous chante, bien sûr, vous pouvez le faire tout l’été soit par Internet sur la page concernée d’Ulule (si vous réglez par carte bancaire), soit en nous adressant directement votre commande si vous êtes en France et souhaitez plutôt régler par chèque. Dans ce cas, contactez-nous à l’adresse suivante et nous vous indiquerons les modalités par retour de courriel – sachant, pour rappel, que le livre, rendu chez vous, est proposé à un tarif unique, pour tous les pays, de 30 € port compris.

4. Si vous l’avez déjà fait, vous pouvez toujours contribuer à un tirage accru de La mémoire qui chante en diffusant l’information autant que possible, notamment sur les réseaux sociaux (pages personnelles, groupes, sites et blogs dédiés à la chanson francophone et aux artistes au sommaire du livre, etc.).
MERCI !

Promesses, promesses…

Puisque j’ai annoncé sur la page Facebook de « Si ça vous chante » que « l’échanson de la chanson » vous servirait une bonne rasade de vers et de notes pour le cas où l’on parviendrait à 100 % du seuil fixé en moins de deux jours – et que vous m’avez pris au mot ! –, me voilà pris moi-même à mon propre piège ! Alors, attendez-vous dans les prochains jours et les suivants à un feuilleton chansonnier inédit. Un bonus à La mémoire qui chante, en somme, car je vais jouer les cigales en continuant de la faire chanter tout l’été, avec des anecdotes inédites vécues en compagnie de certains artistes au sommaire du livre. 

Attention, aucune ambition particulière là-dedans, simple (et modeste) façon de vous remercier pour l’accueil réservé à ce qui n’était encore qu’un projet il y a moins d’une semaine... et n’aurait sans doute jamais vu le jour sans vous.

 

Extrait du prologue, en avant-première

C’est un livre sur la vie, l’amour, l’argent, les amis et les roses, comme dit la chanson. Un livre sur les choses de la vie… et de la mort aussi. Un livre, surtout, qui donne à voir la couleur des choses à travers le prisme de la chanson, de ceux qui en vivent et en meurent, dans les fastes de la célébrité ou le drame de l’anonymat. C’est le journal d’un passeur, ou plutôt « la chanson d’un échanson, au sens où celui-ci a pour vocation d’offrir le nec plus ultra de son expérience, le plus raffiné, le plus délectable dont on puisse gratifier le palais des sens, situé quelque part entre l’âme et le cœur.

Si tu aimes la chanson de son hameçon
Si tu aimes le son, le son de son âme
Elle te servira comme un échanson

Rayonnez, fleurissez, soyez des échansonnes
De rêve, d’un sourire enchantez un trépas,
Inspirez-nous des vers… mais ne les jugez pas !
 

» […] Ce livre n’est pas, ni ne se veut, une somme de notices biographiques, encore moins une approche encyclopédique de la chanson (pour cela on consultera avec bonheur et profit les collections du magazine Paroles et Musique et de la revue Chorus), mais un carnet du temps qui passe et retrace au passage, d’une chanson l’autre, de Léo Ferré à Cali ou de Leny Escudero à Olivia Ruiz, une histoire familiale marquée par la guerre d’Espagne et la Retirada ; un carnet de bord qui nous mène de l’Île Saint-Louis de Moustaki à l’Île d’Orléans de Félix Leclerc, de la mer Rouge de Monfreid et de Manset aux Marquises de Gauguin et de Jacques Brel ; un carnet de notes pour nous empêcher d’oublier Victor Jara, mutilé puis exécuté dans le grand stade de Santiago de Chile, ou Cabu et ses copains de Charlie Hebdo abattus dans leur salle de rédaction parisienne…

» C’est tout cela à la fois : un calepin que l’on feuillette pour découvrir ou retrouver des artistes hors normes, du plus francophone des chanteurs néo-zélandais, Graeme Allwright, au plus français des chanteurs espagnols, Paco Ibañez, mais aussi d’autres passeurs dont les traces ne sont pas prêtes de s’effacer : Jean-Louis Foulquier, Jean-Pierre Leloir, Marc Robine… Et puis Frédéric Dard, qui aimait tant la chanson ; Bernard Giraudeau, qui s’y était essayé, avant de “faire” écrivain de marine… Tous et toutes embarqués à mon bord, tous gens de mon pays, comme Nilda Fernandez avec qui je partage une certaine croyance en “l’organisation du hasard” que ce livre, si besoin était, pourrait du reste illustrer.

» Qui sait, même, par les connexions improbables et parfois déterminantes qu’il révèle l’air de rien, s’il n’aurait pas fait le délice d’Éluard ou de Jung ? Organisé au petit bonheur (ou chagrin) d’un désordre apparent, il jette ou plutôt laisse naturellement apparaître des passerelles, parfois étonnantes mais bien réelles, entre les êtres et les destinées ; lesquels vont jusqu’à dialoguer d’un continent à l’autre à plusieurs générations de distance. Ainsi Bernard Dimey, prince des poètes de la Butte Montmartre, infatigable résistant au travail de sape du français par le franglais, rejoignait-il la “reine de la turlute” québécoise, La Bolduc, qui, dès les années 1930 à Montréal, montait au créneau avec son franc-parler : “Je parle comme l’ancien temps / J’ai pas honte de mes vieux parents / Pourvu que j’mets pas d’anglais / J’nuis pas au bon parler français.”

» La francophonie, justement, occupe une place importante dans ces pages, tant il est vrai, comme le dit joliment Yves Duteil, que “le français n’est pas un Goncourt de circonstances” et que “sa poésie ne joue pas petit bras face aux géants culturels”. De même que les rêves, omniprésents car indispensables à l’accouchement du réel : “Où vont les rêves quand on les oublie ?” chante Michel Jonasz qui fut à la Une du premier numéro de Chorus“Tous ces désirs inassouvis qui s’amoncellent ?” Réponse : “Ils se baladent au cœur de la nuit” en espérant “qu’une mémoire ancienne / leur accorde une dernière chance”… » Une mémoire qui chante, peut-être ?

• Plus de 650 pages, grand format (152 x 240 mm) ; 87 chapitres divisés en 4 parties, plus un avant-propos, un prologue, un épilogue et des annexes ; des centaines de chanteurs (et professionnels) évoqués dont une cinquantaine « en haut de l’affiche ».

____________

NB. On nous a déjà posé plusieurs fois la question. Pour les numéros de Chorus offerts en « contreparties », comme précisé sur le site d’Ulule (sous l’intertitre « Le projet »), il suffit de nous communiquer votre choix par courriel à souscription.hidalgo@orange.fr (où l’on arrive directement en cliquant sur le lien « cette adresse », en gras et marron dans ledit projet : « En fonction de votre choix de contrepartie, merci de nous adresser un mél à cette adresse pour indiquer le ou les numéros de Chorus souhaités » ainsi que vos nom et coordonnées postales pour éviter toute erreur). Et pour accéder à la liste des numéros disponibles, il faut cliquer sur « liste » (en colonne de droite du site)… ou bien ICI.

Published by Fred Hidalgo - dans Actu livres
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